REFLEXION

Débureaucratiser et encourager les libertés pour encourager l’investissement productif

Je ne puis qu’être d’accord avec de nombreux experts internationaux avec le premier Ministre Abdelmalek SELLAL pour qui il ne peut y avoir de développement en Algérie sans un retour à la confiance brisée entre Etat-citoyens, passant par un langage de la vérité , loin des discours démagogiques qui ne portent plus , accélérant la démotivation,, si l’on veut éviter le scénario dramatique des impacts de la crise de 1986. Cela passe par un large front national (voir à ce sujet la revue El Djeich de juillet et août 2015 et mes écrits 2010/2015) permettant une mobilisation générale de tous les Algériens tenant compte de leurs différentes sensibilités, et faire du travail et de l’intelligence pilier de l’épanouissement de l’entreprise créatrice sans distinction entre le secteur public et le secteur privé local et international.



 1- Quelles sont les sources de blocage à l’investissement ? La mentalité bureaucratise rentière est de croire qu’une loi permet de modifier le fonctionnement tant de l’économie que d’une société, alors que les pratiques contredisent souvent les plus belles lois du monde. Dans les pays développés n’existent pas  de code d’investissement mais une planification stratégique tenant compte des mutations des filières internationales en perpétuelle modification du fait des innovations technologiques continues.  L’Algérie a élaboré plusieurs  codes d’investissements depuis plus de trois décennies et le résultat est mitigé  après 52 années d’indépendance.  83 % du tissu économique est dominé par le petit commerce-services (tertiairisation  de l’économie), le secteur industriel  avec moins de 5% du produit intérieur brut(PIB), et sur ces  5%, environ 95% de petites PMI-PME peu initiées au management stratégique. Environ  97/98% des exportations  proviennent   toujours  des hydrocarbures brut- et semi brut,   plus de 50%  des 2/3% d’exportation hors hydrocarbures  étant des déchets sidérurgiques   et pétrochimiques.  Le déblocable des investissements ne réside pas  en l’élaboration d’un Code d’Investissement mais dans l’approfondissement des réformes micro-économiques et institutionnelles sans lesquelles le cadre macro-économique relativement stabilisé d’une manière artificielle par des transferts de rente, étant éphémère(1).  Je recense sept facteurs de blocage.
 - Premièrement, le  manque de visibilité et de cohérence dans la politique socio-économique  et pourquoi généraliser la règle des 49/51% aux secteurs stratégiques et non stratégiques pour des raisons essentiellement idéologiques n’ayant pas freiné les importations.   Et lorsque les USA ont interdit à certains pays du Golfe d’investir dans certains ports, ils n’ont pas  élaboré de lois. L’Algérie étant souveraine, un simple conseil  des ministres suffirait afin d’éviter par suite des débats stériles que ligote une Loi.
 Deuxièmement, à la faiblesse de l’efficacité des institutions  collant aux nouvelles mutations locales et internationales devant aller vers la régionalisation économique.
 Troisièmement le manque  de   transparence dans la  gestion passant par la démocratisation des décisions politiques et économiques devant rétablir les institutions de contrôle dont la Cour des comptes et  le contrôle parlementaire.   
 Quatrièmement, lutter contre  la   bureaucratie paralysante locale et centrale,  produit les dysfonctionnements  au sein  des  appareils d’Etat qui enfante la sphère informelle  et  la corruption. Car lorsqu’un Etat produit des lois qui ne correspondent pas  à l’état réel  de la société, (l’autoritarisme étant dépassé),  celle-ci enfante ses propres lois qui lui permettent de fonctionner dans un cadre contractuel  de confiance demandeurs/offreurs.
 Cinquièmement, reformer le  système financier, enjeux importants  du pouvoir, plus de 85% des crédits octroyés relevant des banques publiques   qui se limitent en guichets administratifs par des distributions de rente. Le danger donc des actions actuelles, en cas d’injonctions politiques d’octroi de crédits,  dans les  relations entreprises/banques est de déplacer le déficit du trésor au niveau des banques publiques, qui en cas de non recapitalisation mettrait en danger tout le système financier, ne devant pas  compter , sur le court terme,  sur bourse d’Alger en léthargie depuis 1997, du fait de la léthargie du secteur productif , le secteur industriel représentant moins de 5% du PIB et sur ces 5% 95% sont des PMI-PME peu initiées au management stratégique .
 Sixièmement, le   système socio-éducatif depuis le primaire à supérieur en passant par  la formation professionnelle, (urgence d’un grand Ministère de l’éducation nationale, facteur essentiel de synchronisation et également d’un grand ministère de l’économie pour les mêmes objectifs) qui ne répond pas aux normes  de l’économie et du social.
 Septièmement,  l’épineux problème du foncier passant par un véritable marché du foncier industriel, posant d’ailleurs la problématique du marché foncier  agricole.
 2- Que faire pour dynamiser l’investissement ?   Une  révolution culturelle  des mentalités  pour permettre à l’Algérie de surmonter la crise actuelle  est conditionnée  par  la fin de la mentalité rentière, passant par  la moralité de ceux qui dirigent la Cité. Cependant ce vœu si cher aux algériens ne pourra se réaliser  que par une profonde moralisation,  par la rénovation des institutions, la refonte du système partisan et de la société civile,  qui dépasse le cadre strictement  économique.  Par ailleurs, outre  la levée des contraintes techniques  mises en relief  précédemment qui d’ailleurs renvoie au politique , Etat de Droit, démocratie, il s’agit d’éviter les perpétuelles modifications juridiques qui démobilisent tout investisseur ne pouvant plus faire un calcul de gain dans le moyen et le long terme préférant  se réfugier dans les  activités spéculatives du gain à court terme. La dépense monétaire à travers  la dépense publique via la rente des hydrocarbures, les subventions  généralisées et non ciblées, les versements de traitements  sans contreparties  productives, des projets non  matures  ne peuvent donner que des résultats mitigés. En fin de compte le défi majeur de l’Algérie entre 2015/2020/2030,  au sein d’une région qui devrait connaitre une profonde reconfiguration géostratégique,   est d’atteindre un taux de croissance  qui puisse résoudre les tensions sociales de  8/9% cumulé sur 7/8 ans,  alors qu’il n’a  pas  dépassé 3% entre 2000/2014. Sans avoir une vision uniquement de sinistrose, car il y a eu des réalisations cette dernière décennie, mais loin des impacts de la dépense publique  et ce malgré  que les  recettes d’hydrocarbures en devises ont été  d’environ 765 milliards de dollars et les importations approchant 585 milliards de dollars en devises entre 2000/2014 , montrant que cela n’est pas  du essentiellement au capital argent , devant éviter de se focaliser uniquement sur la baisse des recettes  de Sonatrach, passe par une  profonde moralisation  de la vie politique et économique (la corruption  ayant atteint des proportions  inquiétantes menaçant le fondement de l’État algérien) et  une  nette volonté politique d’approfondir les réformes structurelles , souvent annoncées mais toujours différées. Il y a certes de la part des plus hautes autorités du pays une  prise de conscience. L’Algérie du fait  d’une dette extérieure faible ( moins de 4 milliards de dollars) de réserves de change certes en nette diminution (certainement 135/140 milliards de dollars fin 2015), devant éviter le mythe du stock d’or de 173 tonnes qui équivaut seulement à environ 7 milliards de dollars au cours actuel, a les moyens  d’éviter le scenario dramatique des impacts  de la crise de 1986.Pour cela  s’imposent une gouvernance rénovée et  le développement DES LIBERTES. La  future constitution  devra consacrer la liberté d’entreprendre  et l’irréversibilité  de l’économie de marché  concurrentielle à finalité sociale (voir programme de l’Association Nationale de développement de l’économie de marché ADEM que j’ai eu l’honneur de présider pendant 15 ans  en arabe- anglais – français diffusé au niveau national et international- USA-Europe-1992). Ainsi s’impose un changement profond de l’actuelle politique socio-économique  et le  meilleur investissement est dans la ressource humaine de qualité, la réhabilitation de l’entreprise   concurrentielle dans le  cadre des valeurs internationales, ( cout/qualité) , publique, privée locale et internationale seule à même de créer de la richesse, donc  de contribuer à la   croissance  et  d’atténuer les tensions sociales .
 (1)- Auteur de 20 ouvrages et de plus de 500 contributions nationales et internationales, dont plusieurs directions d'études  à l’Institut Français des Relations Internationales, IFRI, Membre de plusieurs organisations internationales (USA/ commission Europe Bruxelles ) et pour l’année 2015-, le  professeur des universités, expert international  Dr Abderrahmane  MEBTOUL- docteur d’Etat 1974-  après sa nomination comme membre du conseil scientifique  de la revue panafricaine  CAFRAD dépendante des Nations Unies (février 2015) , membre du conseil scientifique de la revue internationale «  Passages (juin 2015) spécialiste des questions énergétiques  que dirige E.H Malet président  du forum mondial du développement durable et ambassadeur itinérant au Tchad  France, le  professeur des universités,  a été désigné  le 16 septembre 2015  correspondant de la revue internationale  LA VIGIE  revue bimensuelle spécialisée bimensuelle dans les analyses de  stratégique géopolitique et de la stratégie militaire (Paris France). Cette revue est dirigée par le professeur Olivier KEMPF  expert des  questions de sécurité de l’aire euro-atlantique  et de la géopolitique et de cyber -stratégie  enseignant à l’IRIS, HEC, l’Ecole de guerre et l’IEP de Lille. Le rédacteur en chef  est  l’Amiral Jean DUFOURCQ, chercheur en affaires stratégiques, associé à l'Institut de stratégie comparée de l'Ecole militaire à Paris, membre honoraire de l’Académie de marine et ancien rédacteur en chef de la Revue Défense Nationale, expert de plusieurs organisations internationales dans le monde (OTAN- Asie –USA - Europe).

 

Dr Abderrahmane MEBTOUL
Mardi 22 Septembre 2015 - 18:17
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ACTUALITÉ
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