REFLEXION

De quelle démocratie on parle ?



Lentement se dégage pour notre pays, malgré quelques vicissitudes, des constantes qui semblent recueillir un consensus pouvant être fédérateur si nous savons en faire bon usage. La première idée que personne ne semble remettre en question est l’idée d’une démocratie, avec ses institutions, parlementaires ou présidentielles, dans le respect de ces mêmes institutions qui garantissent les droits et les devoirs de chaque citoyen. Ce n’est pas aussi simple car il s’agit d’admettre que chaque individu est porteur de légitimité et que le respect des droits de chacun est indivisible dans une démocratie. Une démocratie… Il faut préciser ce point car on entend tellement de sottises avec des revendications que l’on qualifie d’identitaires. La démocratie, telle que nous entendons l’appliquer, est une idée occidentale et il faut la reconnaître comme telle, n’en déplaise aux esprits chagrins si soucieux d’identité, ou alors il faut avoir le courage de bannir le mot de démocratie et de proposer d’autres systèmes pour que le jeu soit clair. Il faut avoir conscience que nous allons accomplir un bouleversement de nos mentalités. On peut le dire, la démocratie n’existe dans aucun pays arabe où se pratique des parodies de démocraties avec, à la clé, des censures nombreuses et des incessants empiétements sur les libertés individuelles. D’ailleurs, il faudrait commencer par définir cette liberté qui est octroyée à chaque citoyen. Notre démocratie encore balbutiante, a été comprise comme le droit de tout faire et l’expression de revendications individuelles. Qu’y a-t-il de plus révélateur que toutes ces grèves corporatistes qui paralysent notre outil économique, ces constructions sauvages en dépit du bon sens, ces comportements inciviques, ces politiques qui tirent à hue et à dia, pareils à des boutiquiers tournés vers leurs seuls profits, semblant ignorer la période historique que nous vivons… Que dire de nos matchs de football qui, depuis quelques mois, se jouent à guichets fermés, face à des gradins déserts, par crainte de troubles et de désordres qu’on se sait incapable de maîtriser ? Y a-t-il pire illustration de notre état d’esprit ? Le football, le sport le plus populaire et le plus ludique, pris en otage par quelques centaines de hooligans et nous l’acceptons tous comme une fatalité… Alors, cette démocratie que nous espérons, verra-t-elle le jour ? La liberté dans une démocratie est octroyée à un citoyen aimant le bien public comme son bien propre, un citoyen qui est partie prenante dans la vie de la cité, empli d’un sentiment de responsabilité, un citoyen qui accepte le respect de l’autre comme le gage de son propre respect.

Sharef Slamani
Samedi 23 Juillet 2011 - 09:42
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CHRONIQUE
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