REFLEXION

De ces relâchements propres aux veilles d’élections



C’est devenu  presque une  coutume de voir s’installer un visible relâchement en matière de respect du dispositif législatif et réglementaire de la République, à la veille des rendez-vous électoraux. Les lois et règlements de nature à   en pâtir en pareilles circonstances particulières  sont précisément ceux    relatifs au foncier, à la construction et à l’urbanisme. Les signes de ce relâchement commencent à se faire sentir d’abord dès qu’on fait un tour dans le  commerce des matériaux de construction. Sur les lieux, on constate de ses propres yeux que ce  commerce se revitalise en la circonstance et connaît un rare pic d’activité. C’est un aspect qui ne trompe pas  et qui renseigne, on ne peut mieux, sur une activité de construction qui entame une pente ascendante et reprend de la vigueur. Cette reprise spectaculaire n’a bien sûr  rien de mystérieux. Elle est le fait du phénomène de l’illicite en matière de construction. Ce phénomène devient  encore  plus concret et étalé dans toute son ampleur et sa laideur si l’on prend la peine de sillonner minutieusement les villages et les douars. En prenant cette peine, on  verrait  ainsi s’étirer en largeur, en longueur et en hauteur des propriétés immobilières entières, à l’abri de la loi, et dans l’impunité la plus totale. Dans l’ambiance préélectorale, l’impression générale dégagée chez le citoyen lambda est que les élus et les désignés confondus ont le dos tourné et sont « distraits » par l’intense activité qui précède le grand  rendez-vous électoral qui avance à grands pas. C’est justement cette impression subjective qui fait que  les projets de construction des particuliers, mis en attente d’un moment propice, sortent  subitement des tiroirs de leurs propriétaires,  et entrent dans leur phase de réalisation à une cadence soutenue. La jalousie et l’imitation entre voisins s’invitent alors à la partie et une spirale infernale  prend forme et s’emballe. Et du coup,  c’est la frénésie de la construction qui s’empare de tout le monde. Dans la course, le domaine de l’Etat  en prend un sacré coup, et y sont souvent  dévorés par le béton même les  espaces communs et les passages publics. Mais le plus inquiétant dans cette folie de construction en marge de la loi et de la réglementation en la matière, ce n’est pas la folie elle-même qui, de nature, ne cherche que le terrain favorable pour s’y installer. Le plus inquiétant, c’est  la pesante atmosphère qui accompagne cette folie, laquelle n’est pas pour asseoir et promouvoir  la culture de la loi et l’intérêt commun. Une atmosphère qui trahit un consentement tacite, une  complicité passive  et un encouragement indirecte du citoyen à la mentalité du bien vacant, et aux comportements inciviques et irresponsables. Dit simplement, ce qui inquiète le plus et mérite d’être signalé avec vigueur, c’est  plutôt cette lourde  léthargie suspecte qui prend subitement en proie tout l’appareil qui contrôle,  inspecte et veille sur le respect du dispositif législatif et règlementaire qui cadre l’acte de construire et protège le domaine de l’Etat.                             
                                

Mokhtar Aicha
Dimanche 29 Avril 2012 - 11:33
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ACTUALITÉ
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