REFLEXION

DU 5 JUILLET 62 AU 5 JUILLET 2011 : L’Algérie est toujours l’Algérie, mais..!

«Autopsie d’une indépendance ». Voilà ce qu’il nous aurait fallu pour arriver à ce jour du 5 juillet 2011. Presque un demi-siècle. Que le temps passe vite. Un lieu commun. Mais comment dire autrement quand, devant vous se trouve un fil d’éphémérides long d’un demi-siècle ?



DU 5 JUILLET 62 AU 5 JUILLET 2011 : L’Algérie est toujours l’Algérie, mais..!
Quels en sont les événements marquants ? Que retenir ? Privilégier l’économique ? Le politique ? Le social ou alors le culturel ? Ou bien synthétiser le tout dans un reportage qui chante les « hier » heureux et qui promet des « demain » radieux. Ce n’était pas la solution. Enumérer ce n’est pas faire un bilan. Faire un bilan c’est trop fastidieux aussi bien pour celui qui lit que pour celui qui l’écrit. Et puis tout cela ça fait comptable et l’Algérie de 2011 a besoin d’autre chose. C’est peut-être ce que nous avons essayé de faire, en hâte, nous vous le disons tout de suite. Non que nous cherchions votre indulgence en vous prévenant mais parce que c’est dur de « descendre de vélo pour se regarder pédaler ». C’est « une halte » comme l’avait fait si bien Mostepha Lacheraf ancien journaliste du GPRA, (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne) dans sa remarquable étude au titre générique : « Aperçus sociologiques sur l’après-guerre de Libération nationale et ses retombées à long terme dans leur rapport avec la conscience révolutionnaire de sauvegarde ».
2011 regarde les années qui l’on précédé. Elle les juge, même. Elle fouille dans les moindres détails, dans le moindre de leurs jours si des fois quelque part, dans un recoin oublié par le temps balayeur d’espace, ne se cacherait pas sournoisement le mensonge, honte des Nations.
2011 regarde aussi dans les rivages de l’Algérie de Novembre, non pas les vagues de mer, mais les vagues d’hommes et femmes qui s’entassaient dans des embarcations de fortune, à destination de l’autre rive qui appartient à celui qui a colonisé leur pays durant 132 années. Nous avons tous besoin d’une profonde réflexion sur ce phénomène. Un demi-siècle après le 5 juillet 1962, où sommes-nous, comment les institutions ont-elles reçu le temps ? L’Etat fils des noces du rude Novembre et de l’ardent Juillet, mais aussi enfant du sacrifice des meilleurs enfants de ce peuple qu’on ne devrait en aucun cas sous estimer, ni les oublier c’est le peuple algérien qui est la vraie famille révolutionnaire, il doit être fier. Car c’est à l’heure de l’indépendance que la révolution connaît son moment de vérité le plus dur. Passé la lutte armée, il lui fallait tenir ses promesses, montrer que pour avoir terrassé le régime colonial, elle n’était pas moins apte à lui substituer à un autre de son crû et qui fit époque. C’est en fait sans hésitation mais non sans graves handicaps –crise de l’été 1962 dont les Algériens subissent encore les séquelles-- qu’elle engagea le pays dans la voie d’un développement indépendant. L’impétuosité de l’élan attesta la rigueur des principes, mais ne tarda pas à révéler du même coup, son insuffisance de maîtrise face aux problèmes inédits de la reconstruction. Que les hommes ne soient pas toujours à la hauteur de leur révolution, c’est un fait. Mais la révolution n’est pas une affaire individuelle, mais un mouvement collectif. Ainsi, a pu fonctionner, sous l’apparent désordre du leadership, ou du Zaïm ce que nous appelions une constante de notre révolution : La maturité du citoyen et le dévouement sans borne d’une élite militante qui a toujours et leur rendre hommage en ce juillet.

Panne de la correction des fautes
C’est précisément, après que commença à reparaître une fois l’élan révolutionnaire parvenu à terme… ou dévié de sa destination ancienne dans ce qu’elle avait de global et de permanent, c’est-à-dire le changement profond des structures et des mentalités. Apparurent, alors, le défaut de la cuirasse ainsi que les éléments concrets à partir desquelles ce changement tant espéré pouvait être réalisé. Mais une fois la stricte discipline de la guerre de libération disparue après avoir atteint son objectif apparent : l’indépendance ; et une fois l’euphorie suscitée par cette dernière ayant pris le dessus toutes affaires cessantes et comme un paradoxal intermède paralysant de longue durée, les priorités furent perturbées et l’inventaire faussé. C’était compter, naturellement sans un réseau complexe et agissant d’intérêt et de calculs nés d’un immédiat après guerre que ceux qui avaient pris les armes ou assumé des responsabilités politiques et morales durant la lutte, dans les prisons et les camps d’internement ne soupçonnaient presque pas, cet ensemble assez touffu et parfois occulte de manœuvres, de complots, de séductions étant le fait d’attentistes patentés aux aguets, depuis longtemps sous l’aile tutélaire de l’ennemi colonial ou par simple réflexe d’exploiteur et de nationaliste de dernière heure, d’un événement de cette envergure dont-ils ne pouvaient pas ne pas escompter pour eux-mêmes et leurs clans respectifs en voie de formation, des gains et profits de toutes sortes sous forme d’alliance tactiques (même conjugales !), de services à rendre, de recettes de promotion matérielle, de promesses de fortunes faciles aux dépens des biens de l’Etat, etc..etc.
La plupart de ces attentistes et spéculateurs éprouvés de la paix revenue, dont c’était le métier d’exploiter le malheur d’autrui et d’en faire un tremplin pour l’arrivisme le plus insolent, étaient entrés dans la carrière, pénétrer et infiltrer les terrains.
Quarante neuf- années passée, il faut le dire en toute sincérité, les Algériens se retrouvent toujours à la case départ. , après le départ du colonialisme, ils se sont battus entre eux, l’industrie qu’ils avaient cru réaliser est demeurée entre les mains de très mauvais gestionnaires, la culture qu’ils avaient cru assistera les hommes de demain, n’a ramené que le Raï ! Et les boites de nuit de Riad el Feth, le dossier de la généralisation de la langue Nationale, comme stipulait la déclaration du 1er Novembre attend qu’il soit ratifié et validé depuis le 5 Juillet 1998. L’algérien la majorité appauvrie s’est orienté vers la friperie pour pouvoir s’habiller, au moment où le baril de pétrole se vendait à plus de 100 dollars. Leur pouvoir d’achat ne leur permet pas de manger deux fois par mois de la viande, ou acheter le tablier bleu pour son enfant ! Révolu le temps où le citoyen moyen pouvait pénétrer fièrement dans les marchés et remplir son couffin et ressortir avec le sourire. Sans doute seront-ils quelques uns à faire une lecture « maligne » de ce texte, mais la réalité étant ce qu’elle est, palpable et incontournable, cette réflexion que nous publions à cette occasion, pouvait peut-être remuer les esprits et réveiller les consciences dormantes qui refusaient même à participer à un éventuel redressement, dont les réformes politique décidées par le Président Bouteflika. L’homme est présent, il est là parmi nous, il demande à tous les Algériens de participer….
La première génération avait misé sur un avenir qu’elle voulait prospère, radieux et facile à vivre pour leurs enfants, c’est pourquoi elle avait fait confiance à Novembre et adopter sa déclaration. 49 ans après, ceux qui demeurent en vie attendent toujours cet avenir prospère et radieux. Ils se sont sacrifiés pour qu’il se réalise. Mais surtout pas pour qu’ils regardent impuissants leurs progénitures partir dans des embarcations de fortune vers d’autres cieux. Et les opportunistes, les arrivistes et les faux combattants et leurs enfants se sucraient de miel de ce Novembre.

A. Ben Brik
Vendredi 24 Juin 2011 - 10:38
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