REFLEXION

DOTER MOSTAGANEM D’UN CENTRE ANTICANCEREUX : Ces cancéreux qui meurent en silence à Mostaganem !

Un petit service anti-cancer à bout de souffle pour une wilaya de près d’un million d’habitants, un secteur médical qui ne peut se libérer de l’assistance du secteur sanitaire d’Oran en ce qui concerne les interventions chirurgicales. Un hôpital central ‘’Che Guevara’’ qui roule avec une seule ambulance d’occasion et une ‘’mammographie’’ en quête d’un technicien pour la faire démarrer et un nouveau qui tarde à voir le jour, et des centaines de cancéreux qui meurent en silence chaque année, voici donc, l’état des lieux de la couverture sanitaire à Mostaganem, en attendant que le nouveau directeur de la santé puisse faire quelque chose … Témoignages :



Une cancéreuse à bout de souffle raconte
Mme DB H, a voulu témoigner dans le but de solliciter les âmes charitables et responsables concernés de prendre en charge cette maladie qui continue à sévir afin de doter Mostaganem d’un centre anticancéreux. Cette pauvre femme, en quelques mots a pu expliquer les obstacles auxquels elle est confrontée, dont cette prise en charge en matière de médicaments qui parfois font défaut, des contrôles, visites médicales, cures de chimiothérapie, de Radiothérapie et dont les durées de rendez-vous sont très éloignées etc…. Cette dame au bout du désespoir a aussi parlé de la cherté des analyses et radiographies, biopsies etc… dont ne disposent  pas les structures hospitalières et qui sont effectuées chez le privé et à quel prix?
L’un des autres soucis majeur de ces patients, c’est l’absence de transport  qui les oblige à recourir aux bus etc… Elle dit que nul ne peut échapper à son destin. Sans aucune ressource, mariée ayant des enfants à sa charge,  abandonnée par son mari qui a fuit sa souffrance, cette dernière brise son tabou et dit que c’est grâce à la charité des bienfaiteurs qu’elle a pu survivre jusqu’à aujourd’hui. Elle ajoute que l’avenir est terne pour elle.

Témoignage d’une femme atteinte d’un cancer du sein
Une mère de famille M. KF, atteinte d’un cancer du sein, nous a sollicités pour exprimer son désir de contribuer modestement à la campagne  de la lutte contre le cancer en apportant son témoignage. Elle déclare, « je suis très heureuse de l’intérêt que suscite notre cas parmi les associations, les citoyens et certains responsables locaux et politiques qui ne sont plus insensibles à notre douleur et à notre calvaire. « Cette campagne, j’en suis convaincu, nous profitera à nous et  à tous les malades de l’Algérie atteints de cancer et qui rencontrent des difficultés en matière de prise en charge relatifs au transport, à l’éloignement, ‘’au parcours du combattant’’, aux examens tels que Scanners, radios, échographies etc… et qui sont effectués au grand regret de ces malades à l’extérieur des structures hospitalières étatiques, et dont les prix dépassent tout entendement. » Cette femme ajoute qu’à chaque fois qu’elle tente de se rapprocher des centres étatiques spécialisés dans ce genre d’examens, c’est le black out total et c’est toujours la même réponse,  ou bien les appareils sont en panne,  ou ils sont réservés exclusivement aux malades hospitalisés etc…  « Enfin, c’est un grand soulagement pour moi d’extérioriser cet ‘’handicap’’, dit elle, avant  cette campagne je me sentais prisonnière et je perdais toute confiance en moi,  tout espoir de guérison, je me sentais très seule avec ma maladie, je me taisais, j’avais honte de dire que j’étais cancéreuse, je vivais seule mon calvaire, maintenant tout a changé pour moi et pour les autres malades aussi, car cet élan de solidarité a brisé le tabou et a réuni tout le monde pour une même cause et qui est la lutte contre le cancer».          

Une femme pleure sa fille  décédée d’un cancer du sein
C’est avec des sanglots entrecoupés que cette pauvre femme désemparée, raconte le parcours  qu’elle a vécu tout au long de la maladie de sa fille atteinte d’un cancer du sein. Très mal vêtue, on sentait que cette pauvre misérable  était vraiment dans le besoin. Nous lui avons demandé si on pouvait l’aider en quoi  que ce soit. Elle répondit ‘’ moi je n’ai besoin de rien, et j’accepte ma destinée, par contre il faut aider les cancéreux, ces malades qui souffrent de mal, qui ont besoin d’affection, d’aide, de secours, de tout. ‘’ Après quelques minutes de silence, cette bonne femme nous demanda un verre d’eau, que nous lui offrîmes sans hésiter. Pour nous, il s’agit tout simplement d’une pause. Après s’être désaltérer, elle commença à narrer son histoire, qui ne laissa personne parmi nous indifférents ou insensibles, tellement son intervention était poignante. ‘’ Vous savez, quand j’ai appris que vous parliez de cancer dans votre journal, je me suis permise d’apporter ma maigre contribution pour m’associer et me solidariser à vous  en lançant un appel à toute âme charitable et bienfaitrice lui demandant de s’impliquer et de participer à la lutte contre le cancer qui fait des ravages parmi la population’’. Sans désemparer, cette dernière pleurant à chaudes larmes se mit à parler: ‘’Imaginez un peu que vous êtes veuve, sans ressources, que vous vivez une vie de misérable, que vous n’avez pas de quoi manger, ni où habiter, et qu’un jour le toubib vous annonce que votre fille est atteinte d’un cancer, quelle est votre réaction en apprenant cette nouvelle destructrice?  Tout de suite vous penser à la fatalité, à la mort  et du jour au lendemain votre vie bascule. Multiples interrogations se posent dans votre tête. Car dans ma situation, vous allez vous demander quoi faire  en évaluant vos faibles moyens financiers récoltés à gauche et à droite chez des âmes charitables et qui malheureusement ne vous permettent pas d’être pris en charge en matière d’examens, de radiographies, de cytologies, de biopsies, de scanners, et je ne sais quoi encore aux honoraires qui vous saignent à blanc. Ajouter à cela le moyen de transport qui vous fait défaut et qui vous oblige à prendre les taxis, les bus transportant une fille malade qui agonise. » Un de nos  collègues lui demanda d’arrêter de pleurer, elle répondit ‘’Je ne pleure pas les morts qui ont quitté ce monde sans pitié, mais je pleure ces malades du cancer qui souffrent et qui agonisent attendant un dénouement.’’    

 

Réflexion
Dimanche 23 Novembre 2014 - 18:11
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