REFLEXION

DEVELOPPER LA COMPETITIVITE DES ENTREPRISES : L’information stratégique comme outil d’aide à la décision

Cet article propose de voir le rôle du management de l’information , communément appelé intelligence économique et compétitive dans la perception des changements économiques, politiques, et sociaux. Ceci afin de trouver les réponses appropriées aux problèmes desquels sont confrontées les entreprises.



Toute la question est de trouver la bonne information qui correspond au contexte dans laquelle elle évolue. Cela revient à modifier la façon dont nous observons la réalité, il convient que la vision devienne une vision proactive, c'est-à-dire anticiper les changements pour contrer toute éventualité.  
Une méthode managériale qui propose de trouver la bonne information mais aussi de l’exploiter afin d’anticiper les événements futures. Cela permet au service de l’organisation (entreprise, association, etc) d’être en intelligence avec son environnement. Justement l’environnement comme terrain d’adaptation et d’épreuve ; là où les dirigeants devront appliquer un service d’intelligence économique et compétitive  qui s’adapte à la culture de l’organisation, capable d’affronter les contraintes mondiales comme la compétitivité des

 1Un processus qui consiste à chercher analyser et traiter les informations afin de dégager du sens pour la prise de décision et/ou action.  Cela revient à définir des priorités de recherche (veille concurrentielle, économique, marketing, informationnelle, produit, brevet, etc) et d’analyses (comprendre l’information en relation avec le contexte présent).
2Cela revient à valoriser la culture de l’information ainsi que la communication et son rôle dans les différentes phases de la production afin d’encourager la compétitivité des entreprises algériennes.

entreprises ou encore l’innovation produite, l’exportation, et la production nationale. D’autre part il convient de s’interroger sur les liens qu’entretient l’information avec la décision. Quelle place occupe l’information dans le processus décisionnel ? Quels sont les besoins en informations, répondent-ils aux attentes ? Quelles relations entre les décideurs et les services de renseignement ? L’information est toujours prise en considération, ou bien est-elle mise de côté et pourquoi ? Dans une démarche de Veille Action la prise de décision est la finalité d’un travail d’équipe qui débute par une Recherche, se poursuit par une Analyse, se complète par un Traitement et se conclut par la Diffusion de l’information stratégique qui conduit à une prise de décision.
La question de la maîtrise de l’information stratégique demande de faire la lumière afin d’éclairer les relations entre information et décision. Nous allons voir que l’un des premiers modèles à percevoir le lien entre information et décision est Herbert Simon (1976). Dans une partie de ses travaux il s’interroge sur le processus décisionnel et la résolution des problèmes dans l’organisation. Le modèle de Simon  dit (processus rationnel) explique que la décision est perçue comme un ensemble d’étapes logiques, et c’est à partir de ces étapes que le décideur va sélectionner l’information la plus juste pour l’action. Selon le modèle simonien la relation entre l’information et décision est basée sur la notion de « bonne information » chose pas souvent facile à obtenir dans la mesure où d’autres éléments rentrent en scène afin d’orienter la décision. Et c’est à cette étape dite de recherche de la bonne information que les managers devront faire attention à l’objectif de cette information qui sera traduit en connaissances pour la production, l’innovation, la compétitivité, la performance, ou l’exportation, etc. D’autres travaux sont venus affiner la vision de Simon en proposant un ensemble de processus décisionnel - étape d’identification des problèmes – étape de développement d’alternatives et une étape de sélection.
Pour les managers, l’information permet de comprendre le passé pour bien anticiper les actions futures. Cela revient à être vigilant vis-à-vis de son environnement en mettant des priorités de recherche (surveiller les informations qui concernent la production de l’entreprise) mais aussi de recourir et entretenir un réseau d’experts, formels ou informels (comptables, fournisseurs, échange lors de conférences, réunions, collègues, etc). Entre autres les managers devront faire attention aussi à d’autres critères qui peuvent influencer le couple information/décision comme le moment d’arriver de l’information – l’existence d’autres décisions – l’attention des décideurs – les informations négliger voire oublier. Bref, le processus dé
Eviter les erreurs de jugement pour  gagner du temps
Afin d’éviter les erreurs de jugement sur l’utilité d’une information par rapport à une autre, il convient de comprendre l’origine de cette anomalie. Certaines anomalies dans le processus décisionnel sont d’ordre cognitif, par des fautes de raisonnement des décideurs . Ces variables cognitives concernent les modalités de traitement de l’information. C’est donc par effet de consistance ou de dissonance  que des fautes de raisonnement peuvent orienter une action. Une autre relation s’explique à travers la notion de « besoins »  la relation est fondée sur une demande ce qui implique de définir les besoins en termes d’information. Ici alors faut-il que les besoins soient définis en amont afin d’éviter des recherches sur de fausses pistes. Il importe désormais pour toute personne qui souhaiterait picorer une information stratégique de discuter avec son équipe et préparer un plan de recherche avec des objectifs à atteindre. Les NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication) ont un rôle dans le partage et la diffusion de l’information, l’entreprise doit marquer sa présence et soigner son identité numérique.
L’information stratégique, comme outil d’aide à la compétitivité. La vision proactive.
Un lien vigoureux unie l’information et l’économie du savoir. La bonne information permet à l’organisation d’être complétive, performante, innovante mais aussi d’encourager la production locale, anticiper les attentes du marché, etc. La valorisation de l’information a un rôle important d’autant plus que nous sommes dans une société où le numérique couvre le paysage économique et social. Et est considéré par des experts comme un espace riche par

3Pierre Laurent Bescos et Carla Mendoza, Manager cherche information utile désespérément, l’Harmattan, 1999.
4Léon Festinger fait ses débuts auprès de Kurt Lewin (1890-1947). La théorie de la dissonance est développée par Léon Festinger (1957) Selon la théorie de la dissonance cognitive, lorsqu’un individu est confronté à une situation de choix et afin d’éviter un état de tension inconfortable (appelé dissonance) il va tout simplement Sélectionner l’information qui ne contredit pas ses croyances. C’est un mécanisme de pensée qui convient de prendre comme paramètre dans certains projets de développement et d’innovation. Par exemple : Ce projet ne peut réussir ou encore c’est une idée sans intérêt. Toute idée à un intérêt majeur et mineur, il faut toujours voir le verre à moitié plein. C’est de cette façon que l’on avance vers l’ile de la connaissance.

l’information qu’il décèle en lui ; les tendances des utilisateurs, échange d’information, veille concurrentielle, approche marketing, les envies, les commentaires etc. Toutefois la vérification des sources est de mise.
En éveil permanent et tourner vers le monde, la maîtrise de l’information stratégique  doit avant tout favoriser un avantage concurrentiel, interne puis externe. Le cycle de renseignement (recherche, analyse, traitement, diffusion) doit être compris et appliquer en considérant l’ensemble des dimensions qui crée une action stratégique. Mettant comme objectif l’information stratégique et comme projet la maîtrise des connaissances. Une telle démarche en entreprise doit pouvoir saisir les dimensions clefs qui influencent d’une manière ou d’une autre la compétitivité. Il importe aussi de construire une réflexion sur une approche clairvoyante - cela en considérant l’ensemble des variables qui font le processus décisionnel - afin de réévaluer l’information qui se doit d’être à la hauteur des attentes des managers et décideurs.
Encourager une culture de l’information dans l’entreprise où chaque membre peut participer à ce travail pour le bien de tous. Capitaliser l’ensemble des savoirs afin d’être compétitif et garantir une meilleure gestion des savoirs interne et externe. C’est cette conception de l’organisation qui est essentielle dans la prise de décision. Rappelons qu’elle permet une  meilleure compréhension de l’environnement en question : surveillance économique – surveillance de l’environnement –surveillance concurrentielle, mais aussi une innovation produit, qui est le fruit de nombreux savoirs.

 

Samir DEBBAH
Mercredi 6 Avril 2016 - 19:03
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