REFLEXION

DEUX SUICIDES EN UNE SEMAINE A MOSTAGANEM : MAIS OÙ VA NOTRE JEUNESSE ? : Un jeune se donne la mort à cause d’une femme

Un jeune homme âgé de 23 ans s’est immolé, ce jeudi, au quartier populaire d’El Houria. D’après des sources sécuritaires, la victime aurait agi à la suite du refus d’une famille de lui accorder la main de leur jeune fille. Une façon ‘’héroïque’’ peut-être pour lui de donner les raisons de son acte irréparable. Un acte qui a été fort condamné par l’imam d’une mosquée lors du prêche du vendredi. Cette histoire rocambolesque, est la deuxième qui se déroule à Mostaganem après le suicide en moins de 48 heures d’un autre jeune homme pour une affaire familiale au quartier de Tigditt. Mais où va notre jeunesse ?



Le suicide constitue donc un réel problème de santé publique, tant par les pertes en vies humaines qu'il provoque, que par les problèmes psychologiques et sociaux dont il témoigne. De nos jours, de plus en plus de jeunes perdent leurs équilibres psychologiques au point de les conduire au suicide. Les causes varient d’un individu à un autre : il y a ceux qui se suicident pour revendiquer un logement ou pour échapper à un scandale et il y a ceux qui se suicident pour une simple déception amoureuse et c’est malheureusement le cas de ce jeune qui s’est suicidé, ce jeudi, au quartier Houria à Mostaganem.
En effet, un jeune dénommé H.H., âgé de 23 ans, a mis fin à ses jours en s’immolant par le feu, a-t-on appris de sources concordantes. Ce suicide, dont l’imam de la mosquée ‘’Mosaab Ibn Omair’’ sise à la rue Berrais à Mostaganem lui a consacré tout le prêche du vendredi,  a mis en émoi tout un quartier, particulièrement ses amis et voisins. Selon nos sources, la cause directe de ce suicide serait le refus d’une famille de lui accorder la main de leur jeune fille (NDLR : une information à prendre avec prudence). Cependant, rien n’est encore sûr et une enquête devrait conclure si  cette affaire est véritablement l’étincelle qui a mis ‘’le feu aux poudres’’. Il est à signaler que ce n’est pas la première fois qu’on entend parler de ces suicides dont les causes sont ‘’incompréhensibles’’ pour  la plupart des Algériens.  

L’avis des spécialistes
Selon un psychologue, la banalité de la situation («une amourette qui s'achève», diraient certains) fait écran sur le vécu spécifique du jeune, un vécu réellement très éprouvant puisqu'il lui laisse penser que le monde est fini pour lui, qu'il ne sera plus jamais aimé par personne, etc. Être «largué» pour la première fois, alors qu'on pensait avoir trouvé celui qui nous était complémentaire, ce n'est pas rien! Cette perte de l'autre attaque les bases narcissiques de l'adolescent, fait vaciller son estime de soi… Surtout, les parents ne doivent pas minimiser ce qui se passe. Mais, en même temps, tous les adolescents ne plongent pas dans la dépression à cause d'un chagrin d'amour. Par ailleurs, tout le monde aurait, surement, entendu parler  de ces élèves qui se sont pendus pour une mauvaise note obtenue à l’école. Les spécialistes ont, en premier lieu pointé du doigt les parents  qui, selon eux, étaient insensibles aux problèmes de leurs progénitures. Les  pédopsychiatres et les psychanalystes disent que quand il y a persistance du mal-être dans la durée (plus de deux, trois mois), qu'une constellation de petits signes s'est mise en place (diminution de l'investissement scolaire, troubles du sommeil, désintérêt pour la vie sociale…), il peut être judicieux de proposer un accompagnement en quelques séances avec un pédopsychiatre. Mais dans ces cas, eux-mêmes, professionnels, sont  face à un diagnostic très difficile à poser: distinguer la ‘’dépressivité’’, ce mal-être quasi «normal» à l'adolescence, d'une réelle dépression qui pourrait mener à une tentative de suicide reste complexe. Quant aux antidépresseurs prescrits parfois légèrement à ces jeunes, c'est une catastrophe! On connaît leur effet désinhibiteur: ils peuvent favoriser le passage à l'acte chez un jeune désespéré.
La prévention:
Le devoir de tous
Cet acte de violence contre son corps et contre son âme, qui commence à gagner trop fort du terrain à Mostaganem comme un symptôme qui touche surtout les jeunes hommes et les jeunes filles à la fleur de l’âge  doit pousser les autorités , la société civile et les hommes de  religion  à s’ adhérer à une campagne de sensibilisation et traiter le révélateur des troubles pour l’adaptation de ces jeunes désespérés  à leur environnement social, familial ou professionnel.
C’est donc bien sur ces déterminants qu’il faut agir et pas seulement au moyen d’une approche médicale. Le suicide est en premier lieu, l’échec de la vigilance collective que chacun doit à l’autre, car toutes les études en attestent  que la majorité des tentatives de suicide s’inscrivent dans un contexte où des signes de désespoir non décryptés ou non assistés par son environnement (la famille, les amis et autres).
Très souvent, seule une approche concertée et collective peut nous amener à éviter l’irréparable. Cependant, la grande majorité de ceux qui ont des idées de suicide sont  la proie d’une difficulté psychologique individuelle, rechercher cette difficulté  et aider la personne à surmonter son problème est une phase essentielle de la prévention du suicide.

 

Riad
Vendredi 1 Mai 2015 - 19:07
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MOSTAGANEM
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