REFLEXION

DES SPECIALISTES ALGERIENS SE PENCHENT SUR LA QUESTION : L’origine du terrorisme en Algerie !

Les années noires de la décennie 1990 ne seront pas refermées avant que les algériens n’étudient les causes profondes du terrorisme et utilisent les médias pour faciliter son éradication, a conclu un colloque organisé cette semaine à Alger.



DES SPECIALISTES ALGERIENS SE PENCHENT SUR LA QUESTION : L’origine du terrorisme en Algerie !
Le terrorisme ne pourra être éliminé qu’avec une plus forte implication des médias et des études plus poussées sur ses causes profondes, ont indiqué les journalistes et les universitaires réunis mercredi 7 avril pour un colloque à Alger. «L’Algérie a atteint une étape importante dans sa lutte contre le terrorisme, mais n’en est pas encore à l’étape la plus importante, qui consistera à traiter le phénomène en s’attachant aux causes qui ont favorisé son apparition», a expliqué le chercheur Ahmed Adhimi lors de ce colloque, organisé par le Centre d’études de l’organe de presse du gouvernement, Al-Shaab. Le terrorisme pourrait faire sa réapparition après quinze ans ou plus s’il n’est pas traité de manière approfondie en tirant les leçons du passé par des études et des réflexions, a expliqué Adhimi. Les rapports gouvernementaux faisant état d’un accroissement des trafics d’armes par les narcotrafiquants ne font que renforcer ces préoccupations. Les participants à ce colloque se sont attachés au rôle des médias et des canaux de communication dans la lutte contre le terrorisme. Ils ont également parlé de l’origine du discours radical, qui a conduit certains Algériens à devenir des kamikazes et des terroristes actifs durant les années 1990. Leurs recommandations officielles portent sur la fin de la domination de l’Etat sur la sphère audiovisuelle, l’octroi d’une plus grande participation du secteur privé dans les médias, et l’accent mis sur le rôle des intellectuels dans la formation de l’opinion publique. Certains participants ont toutefois expliqué que faire appel de manière plus active aux médias pour combattre le terrorisme serait plus facile à dire qu’à faire. «En Algérie, les médias se sont retrouvés devant un choix très délicat - rapporter les informations des sources de sécurité et être alors accusés de promouvoir les groupes extrémistes, ou éviter ces informations et laisser les chaînes satellitaires étrangères les analyser au travers de regards non algériens», a expliqué le journaliste Samir Kateb. «Le rôle d’un journaliste est de rapporter des faits aux gens, même si cela n’est pas toujours bien vu dans les milieux officiels pour des raisons tenant à la sécurité publique», a-t-il ajouté. Les médias eux-mêmes ont été la cible de certains des participants à ce séminaire. Mohamed Semim, un professeur qui étudie les groupes islamistes, a déclaré à Magharebia que «les médias en Algérie se sont contentés de fournir des informations sur la sécurité et les opérations terroristes, sans tenter de comprendre les causes de l’extrémisme religieux ni la nature de l’idéologie qui alimente ces groupes». «L’Islam politique en Algérie ne disparaîtra pas sans que l’on identifie les causes qui ont conduit à son apparition et qui, en un temps relativement court, l’ont transformé en une violence et un extrémisme qui ont tué des Algériens», a-t-il expliqué. «La baisse de… la violence en Algérie ne signifie pas que la menace terroriste s’est évanouie. Bien plus, cette période nécessite un effort de réflexion au vu des progrès sécuritaires pour tenter de déraciner l’idéologie extrémiste... en ouvrant des canaux de dialogue». Pour assurer le suivi des recommandations de ce colloque, le Dr Adhimi a souhaité «la mise en place de centres de recherches spécialisés dans l’étude et le traitement des causes du terrorisme», qui serviraient de «‘balises’ à l’Etat pour déraciner l’idéologie terroriste». Etudier les causes de l’apparition et de la propagation du terrorisme «est la seule manière d’empêcher la réapparition de cette crise après plusieurs années, notamment parce que nombre des questions liées à ce phénomène n’ont pas été posées jusqu’à aujourd’hui», a-t-il déclaré. La mosquée est le principal canal de communication, a indiqué le Dr Adhimi, car elle attire plus de 14 millions d’Algériens. Il a appelé de ses voeux la création d’une commission «composée de spécialistes en psychologie, en religion et en politique et chargée d’écrire le discours de la mosquée pour éradiquer complètement l’idée du terrorisme et de la violence dans la pensée des Algériens, de les sensibiliser au phénomène et d’instiller une culture de la tolérance.»

Mehdi
Dimanche 11 Avril 2010 - 09:40
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ACTUALITÉ
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