REFLEXION

DES ENFANTS PRIVES DE LEUR INNOCENCE : Plus de 300 000 enfants exploités en Algérie

À 12 ans, Oussama est un chef de famille, il ne va plus à l’école et ne joue plus. Il travaille comme mécanicien dans un atelier près de chez lui. Son père est mort après une longue souffrance avec son cancer, alors qu’il était en bas âge. Il aide sa mère qui est devenue femme de ménage à subvenir aux besoins de sa famille.



DES ENFANTS PRIVES DE LEUR INNOCENCE : Plus de 300 000 enfants exploités en Algérie
Le travail des enfants a existé de tout temps dans les différentes civilisations. Ce n’est que récemment qu’il a été considéré comme un problème social, représentant un obstacle au développement harmonieux de l’enfant. En raison de l’actualité de ce fléau et l’apparition d’une nouvelle pauvreté, le travail des enfants refait surface dans la région de Guelma. L’exploitation des enfants au travail prend de plus en plus racine dans les quartiers les plus pauvre de la ville. Face aux difficultés économiques, les parents pauvres n’hésitent pas à faire travailler leurs enfants dans une diversité d’activité apparentées au travail allant d’une aide apportée dans les tâches domestiques et ménagères jusqu’au travail dans les entreprises ou les exploitations agricoles familiales ou bien encore le travail en dehors du milieu familial. Certaines activités sont pires que d’autres pour leur développement physique et moral et pour leur intégrité. Ils sont des fois astreints aux pires formes de travail telles que les travaux dangereux, la traite des enfants, le travail forcé et la servitude pour dette, la prostitution et autres activités effectués dans des conditions d’exploitation.Une enquête récente menée par la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (Forem) indique que, sur un échantillon de 3000 personnes âgées de moins de 18 ans, révèle que 2,89% d’entre eux travaillent.

Ainsi, sur les 10 millions d’enfants que compte l’Algérie, plus que 300 000 travaillent.

On les trouve un peu partout dans les rues, ils exercent une activité laborieuse. Il s’agit en fait d’une incessante quête quotidienne pour trouver de quoi subsister non seulement pour eux-mêmes mais aussi, le cas échéant, pour leur famille, cette dernière organise leur travail et l’enfant devient le vecteur économique de celle-ci à qui, il reverse la recette de son activité qui est généralement issue de la vente. Ou encore il crée son propre emploi pour survivre. Ils sont sur les bords des routes : Bourara, Anouna, … aux marchés : place Harcha, rue du volontariat, … ils vendent des cigarettes ou des chewing-gums, des boureks, des chaussettes, des sachets, des rasoirs jetables, des bottes de céleri ou de persil, des fruits et légumes, et autres articles cosmétiques ou alimentaires. Ils travaillent dans les pizzerias et les restaurants ou encore ils se livrent à la mendicité. Leurs revenus sont toujours très bas et leurs conditions de travail dures et pénibles, quelque soit l’emploi exercé. Devenir adultes sans avoir été enfants, dégoûtés d’une vie qui les a écrasés précocement avec une lourde charge de responsabilités que leurs frêles épaules ne peuvent supporter, pire encore ces enfants sont menacés de mort à tous moment car ils sont confrontés à toute sortes de risques de la rue. À 12 ans, Oussama est un chef de famille, il ne va plus à l’école et ne joue plus. Il travaille comme mécanicien dans un atelier près de chez lui. Son père est mort après une longue souffrance avec son cancer, alors qu’il était en bas âge. Il aide sa mère qui est devenu femme de ménage à subvenir aux besoins de sa famille. Quant aux enfants ruraux l’exemple fréquent est celui du petit enfant qui passe les journée dans les travaux des champs en aidant son père à nourrir sa famille, les deux sexes contribuent au travail agricole et d’élevage le plus souvent en tant qu’aide familiale (garder quelques moutons à proximité de la maison), faire les petites commissions, porter l’eau, ou encore amener les repas des pères aux champs,…. Telle est la triste condition de trop nombreux enfants dont le sort ne peut laisser indifférent.

« Je m’appelle Selma, j’ai 13 ans, nous sommes dix dans la famille, je voudrais vraiment pouvoir aller à l’école un jour comme les autres filles. Je passe mes journées à garder les vaches et les chèvres de mon père. J’aide aussi ma mère dans les travaux domestiques… »

Pour faire face à la pauvreté, les familles nombreuses considèrent que chaque membre doit participer à l’équilibre vital du foyer tout en donnant satisfaction à ses propres besoins. En effet, les enfants qui travaillent sont pour la plupart du temps en quête d’une situation favorable à la survie. Ils doivent lutter quotidiennement pour disposer d’un minimum vital. Pour y parvenir, ils n’hésitent pas à quitter les zones rurales pour s’installer dans les zones urbaines où ils espèrent trouver un emploi. Même si le travail des enfants est intolérable et avilissant, cette activité fait toutefois partie intégrante de la structure familiale. Il est clair que le chômage et le sous-emploi des parents sont la conséquence directe de l’exploitation économique des enfants. Dépourvus de moyens financiers pour assurer la survie de leur famille, les parents estiment qu’envoyer les enfants travailler leur permettra de répondre aux besoins primaires de leur progéniture. La persistance de la pauvreté et le manque d’éducation favoriseront toujours l’exploitation de la main-d’œuvre enfantine par le recours à de telles pratiques. Compte tenu de leur ignorance et de leur analphabétisme, les parents n’ont aucune information sur les conséquences encourues par les enfants. Ces derniers trouvent que travailler est une nécessité dans la mesure où cette activité leur permet de contribuer à la survie de leurs parents. Toutefois, le travail des enfants a une conséquence sur celui des parents ; ils participent à la détérioration de la situation des adultes travailleurs par le biais de la baisse de leur salaire, qui tend à se rapprocher de celui, miséreux, de leurs parents. Considéré comme tel, le travail des enfants est une forme d’exploitation qui perpétue la pauvreté d’autant plus que celle-ci persiste.

Quelle est la relation entre le travail des enfants et le taux de scolarité ?

Selon Mme Zaarour Rezkia Sociologue à l’université : « Le travail des enfants peut porter atteinte à la santé des enfants concernés et diminuer le développement moral, ce qui a un impact négatif sur la croissance de leur intelligence». Elle ajoute : «La majorité des enfants travailleurs, sont en rupture totale avec l’école. La principale cause de déscolarisation des enfants c’est l’échec scolaire. L’école a toujours été considérée par les sociétés traditionnelles comme une culture d’assimilation et d’aliénation. Au lieu d’envoyer les enfants à l’école, les parents préféraient les mettre au travail». « Tout d’abord les enfants qui travaillent un grand nombre d’heures ne peuvent être scolarisés et les possibilités qu’ils ont de valoriser leur capital humain sont donc limités. Cette situation pourrait se traduire par une faible augmentation de la productivité qui est à la base de l’amélioration du niveau de vie, aussi certaines formes d’activité des enfants (celles qui sont exécutées dans des conditions dangereuses) peuvent non seulement compromettre la santé des enfants et, par la même nuire à leur capital humain mais aussi raccourcir leur durée de vie. Enfin, et surtout les pires formes de travail ont des effets dévastateurs sur la santé et le développement psychologique des enfants victimes de ces pratiques ». L’éducation et la formation doivent donner à l’enfant un ensemble de compétences, de réflexes et de savoir-faire. L’enfant qui travaille, en général, considère l’école comme inutile il a toujours le sentiment de perdre son temps, d’apprendre des choses qu’il ne pourra jamais utiliser. Car les leçons sont non seulement ennuyeuses mais inutiles et loin de leur réalité et leurs préoccupations. Le besoin de travailler pour aider leur famille ou l’apprentissage d’un métier chez un artisan sont des prétextes à la liberté hors de l’école. Nombreux sont les enfants qui avouent « j’aimes pas les études », « pourquoi enseigner puisque je serais en chômage ». Les enfants actifs évoquent la pauvreté comme raison principale à leur mise précoce au travail « j’aide ma mère à nourrir mes frères sœurs ». Pour eux travailler c’est avant tout aider sa famille en gagnant l’argent. La pauvreté de la famille est autant évoquée par les enfants citadins que par les ruraux. Néanmoins, toute réflexion au sujet des meilleurs moyens d’éliminer le travail des enfants doit nécessairement amener à considérer les causes profondes du problème. Dans notre religion, l’enfant dispose d’un certain nombre de droits sacrés, dont le droit à la vie, à être traité avec affection et protégé contre l’injustice. L’enfant doit être protégé contre toute forme de négligence, de cruauté et d’exploitation. Il ne doit pas être soumis à la traite, quelque soit sa forme. L’enfant ne doit pas être admis à l’emploi avant d’avoir atteint un âge minimum approprié ; il ne doit en aucun cas être astreint ou autorisé à prendre une occupation ou un emploi qui nuise à sa santé ou à son éducation ou qui entrave son développement physique, mental ou moral. Ce problème est de plus en plus complexe, les dimensions sociales, économiques, écologiques, technologique et culturelles sont à prendre en compte avant que des solutions aux problèmes contemporains puissent être trouvées. Le fait est qu’en dépit de l’accroissement du nombre de ratifications des conventions internationales sur l’abolition du travail des enfants et malgré les compagnes de sensibilisation menées, beaucoup d’enfants continuent de travailler.

Gassem .H
Vendredi 19 Février 2010 - 23:01
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