REFLEXION

DE DAMAS A AMMAN, EN PASSANT PAR LE MAROC : Les régimes arabes toujours loin de l'ouverture politique

Si les pouvoirs en place lâchent du lest sur l'économie ou le social pour calmer leurs populations, les régimes ne s'aventurent pas à ouvrir leur système politique.



DE DAMAS A AMMAN, EN PASSANT PAR LE MAROC : Les régimes arabes toujours loin de l'ouverture politique
De Damas à Amman, en passant par le Maroc, les pouvoirs en place allument des contre-feux pour calmer leurs populations, qui se prennent à espérer après la «révolution de jasmin» tunisienne. Mais, pour l'instant, dans le monde arabe, les régimes autoritaires ne s'aventurent pas à ouvrir leur système politique, préférant lâcher sur l'économique ou le social. En Jordanie, le roi Abdallah II a décidé une baisse des taxes sur l'essence et un ajournement des impôts, tout en ¬accordant une prime mensuelle de 25 euros aux militaires. Dans un pays dépourvu de matières premières, sa marge de manœuvre est réduite. D'où les dernières décisions prises par le monarque: engager de larges consultations politiques, et surtout se déplacer hors de la capitale, Amman, pour reprendre langue avec les tribus bédouines, garantes de la stabilité d'un fragile royaume peuplé d'une majorité de réfugiés palestiniens. Après les dernières manifestations de solidarité avec la Tunisie, qui ont éclaté à Maan, au sud d'Amman, d'autres rassemblements sont prévus ce vendredi, à l'appel des Frères musulmans, la principale force d'opposition. «Tant que le roi n'aura pas répondu aux signaux que les mécontents lui adressent ces dernières semaines, la grogne va continuer», prévient sur place un diplomate, qui ajoute : «Le pays ne bouillonne pas encore, mais il frémit.» La principale «réponse» attendue d'un souverain proche de l'Occident est qu'il engage «un vrai combat» contre la corruption et l'affairisme, deux fléaux qui se sont aggravés au gouvernement et dans son entourage ces dernières années. En Syrie, voisine, aucune effervescence, en revanche, n'est perceptible. Pourtant, en coulisses, le régime s'agite, trahissant une fébrilité inhabituelle de la part d'un pouvoir qui prend toujours son temps avant de réagir aux événements.

La Syrie sur ses gardes
Pour calmer son peuple, le président Bachar al-Assad a lui aussi délié les cordons de la bourse, octroyant une augmentation de «l'allocation mazout» à ses concitoyens et créant à la hâte une caisse d'assurance sociale, qui bénéficiera à 420.000 familles. Sous la partie émergée de l'iceberg, il y a surtout ces réunions à répétition entre le leader syrien et ses chefs des services de renseignements, auxquels le message suivant a été transmis: «Pas question de laisser la situation nous échapper. Occupez le terrain. Les Syriens ne doivent pas s'imaginer qu'ils peuvent faire quelque chose», raconte une source informée. Et pour que la société civile continue d'être solidement encadrée, al-Assad a également reçu les grands oulémas du pays et tout ce que le régime baasiste compte de leaders syndicaux, estudiantins ou d'associations professionnelles. Sans oublier «les intellectuels» d'Alep, ville volontiers frondeuse au nord de la Syrie. À tous a été délivré le même mot d'ordre: «Prêchez la bonne parole, rassurez la population.» Une population, qui a vu son accès à l'information réduit, comme en témoignent une accélération des retraits de paraboles sur les toits (tolérées jusqu'alors) ainsi que le verrouillage de plusieurs programmes utilisés par la jeunesse pour chatter sur les téléphones portables. «Tout cet activisme du pouvoir surprend, dans la mesure où la rue ne montre aucun signe de vouloir bouger», observe un analyste. Seul un ancien militaire s'est immolé par le feu le week-end dernier à Hassakeh, au nord-est de la Syrie. Sans que personne n'en parle, bien sûr. Au Yémen, en Algérie et au Maroc, les dirigeants ont également consenti des aides à la population. Mais, là encore, sans déverrouiller le système politique. Un choix impossible, avertit un autre diplomate. «Les régimes arabes seraient emportés s'ils décidaient une ouverture politique. Ces pouvoirs, issus souvent de minorités, n'ont pas ou peu de légitimité. Ils savent très bien qu'en cas d'élections démocratiques, ils ont peu de chances d'être élus.» 

Ismain
Vendredi 28 Janvier 2011 - 23:01
Lu 58100 fois
A LA UNE
               Partager Partager

A LA UNE | ACTUALITÉ | MOSTAGANEM | RÉGION | CULTURE | SPORTS | CHRONIQUE | DOSSIERS | ISLAMIYATE | Edito | RAMADANIATE | NON-DITS | DÉBAT DU JOUR | TRIBUNE LIBRE | PUB | Spécial 1er Novembre 54 | Aidons-les ! | MOSTA-HIER | بالعربي






Edition du 06-012-2016.pdf
3.51 Mo - 06/12/2016





Flux RSS


Retrouvez-nous sur Google+