REFLEXION

Crise identitaire américaine



Depuis les attentats du 11 septembre 2001, qui ont fait plusieurs centaines de morts et rasé à tout jamais les deux fameux buildings qui faisaient la fierté de la ville de New York sous le règne de George Bush juniors, ce dernier qui a bouleversé par sa politique unilatérale et aveugle la planète tout entière en envahissant l’Irak et l’Afghanistan, en menant une politique de soutien aveugle à l’état sioniste, en bafouant le processus de paix entre palestiniens et israéliens, l’Amérique ne s’est pas autant remuée sous le règne de Barack Obama qui affronte une résistance sans égale de la majeure partie de la classe américaine qui s’oppose au projet de la construction d'un centre islamique à Ground Zero (non loin du lieu de l'attentat du 11 septembre 2001) qui a profondément divisé les Américains, pour descendre dans la rue pour manifester leurs opinions. D'un côté, ceux qui sont pour, à savoir la minorité musulmane à l’exemple de ses érudits et imams tel que l’imam Johari Abdul Malik influencé par son origine afro-américaine et son expérience des droits civiques, lit dans cette polarisation le révélateur d'une nouvelle crise d'identité de l'Amérique. Ce débat est récurrent, dit-il, car l'Amérique avance par crises pour accepter ses identités multiples. «Elle a mis en doute ‘’l'américanité" des Allemands américains pendant le nazisme, puis celle des Japonais d'Amérique, puis celle des catholiques irlandais au moment d'élire Kennedy. Elle fait pareil avec les musulmans», suppute-t-il. Il croit deviner derrière ce débat l'inquiétude d'une Amérique blanche qui sent le pouvoir lui échapper sous la pression démographique des minorités, notamment latinos. «La guerre civile n'est pas terminée, car les Blancs chrétiens continuent de définir les valeurs de ce pays et ils ont peur que leur déclin ne change la matrice», estime l'imam. Face à l'empoignade sur la mosquée, les experts semblent pourtant d'accord pour dire qu'Obama a mal négocié son affaire en exprimant tout d'abord une position favorable à la construction de lieux de culte, avant de revenir sur ses propos le jour suivant pour préciser qu'il n'avait pas dit que le centre islamique était une bonne idée... «Mieux aurait valu ne rien dire, s'en remettre aux autorités locales». Le paradoxe est qu'Obama, dont on avait tant vanté la capacité à réconcilier les races en Amérique, semble aujourd'hui pris à contre-pied sur la question religieuse en raison des soupçons que nourrissent tant d'Américains sur sa religion. Alors que le républicain George W. Bush avait affirmé haut et fort la distinction entre islam modéré et extrémisme musulman au lendemain du 11 Septembre, Obama avance sur le fil du rasoir. Soupçonné d'être un musulman caché par près d'un Américain sur sept, il se retrouve presque paralysé. Incapable de combler les fossés qui se creusent.

G.A
Mardi 14 Septembre 2010 - 00:01
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CHRONIQUE
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