REFLEXION

Cimetiere de Sidi Maazouz de Tijditt : Quand les morts côtoient les animaux et les ivrognes

De tels actes ne peuvent être que l’œuvre de personnes mal intentionnés qu’on laisse faire et qui prennent un malin plaisir, à détruire nos constances en enfreignant le principe même de l’islam qui interdit de profaner les tombes quelles qu’elles soient. La profanation du cimetière de Sidi Maazouz de Tijditt met en scène cette horrible image indigne et incompréhensible, contraire à tous les principes pour observer de nos jours de telles ignominies alors que nous sommes au vingt et unième siècle.



Cimetiere de Sidi Maazouz de Tijditt : Quand les morts côtoient les animaux et les ivrognes
Tombes éventrées, pierres tombales arrachées caveaux détruits, murettes de soutènements effondrés, broussailles envahissantes, immondices le long des murs d’enceinte et pour finir des lieux de débauches aménagées pour des orgies. Le Cimetière de Sidi Maazouz, est devenu une décharge publique ni plus ni moins, et toute cette destruction ressemble à un décor fantomatique, voire inimaginable, et frise la démence et l’horreur à la vue d’un tel carnage de par le spectacle affligeant et insoutenable. Ce haut lieu de mémoire, n’a pas été épargné par les hordes sauvages qui l’on mit sens dessus dessous, sans se départir de la honte, alors que c’est un lieu sacré et qu’il abrite les tombes de nombreux saints et personnages, ce cimetière est l’histoire de la ville, celui-ci est connu et ne peut justement que nous inciter à nous élever contre cette destruction et cette humiliation préméditée et tolérée, alors que nos ancêtres y reposent et que d’aucun ne respecte. « Ce lieu de repos éternel des plus mythiques recèle en lui-même une richesse historique des plus extraordinaires et comme vous voyez il est devenu un lieu de débauche surtout le soir, toute la racaille se rencontre pour aller s’abriter derrière les mur et boire, plus aucun respect même pour les morts c’est honteux et c’est un sacrilège, je me demande ou sont les responsables et les élus pour qui nous avons voté nous dit Hadj Mohamed un sexagénaire, que nous avons rencontré aux abords du cimetière » .

Un sanctuaire sacré et un patrimoine historique
Situé à Souika Fougania le cimetière de Sidi Maâzouz, est pour les mostaganémois un sanctuaire sacré et un patrimoine historique au sens propre du terme pour les générations mais oubliée, du fait qu’il a été délaissé et que personne ne s’y intéresse. « Vous savez nous dira, une vieille femme que nous avons surpris dans le cimetière comme égaré et qui en nous voyant nous dit , depuis presque une heure, que je suis à la recherche de la tombe de ma mère mais impossible de reconnaître l’endroit ou elle est enterrée, car tout est sens dessus dessous et je n’arrive pas à la trouver, tout a été détruit, pourtant il y a un gardien, mais quand je lui ait demandé, il m’a dit qu’il était là que pour garder et que le reste ne le regardait pas», écœurée par le spectacle et pleurant à chaudes larmes, elle nous tourna le dos et partie. Un autre curieux d’âge moyen, nous voyant entrain de prendre des photos, nous dira : « Il y a de cela quelques années je venais, avec ma mère pour nous recueillir sur la tombe de mon grand père, aujourd’hui il n’est plus possible de la située ou de la retrouver c’est comme si elle avait été effacée, mais je sais qu’elle a été éventrée, comme plusieurs autres, par je ne sais qui et elle n’est pas la seule comme vous l’avez surement constaté ».

Il abrite d’imminentes personnalités sans oublier les deux grands saints
Une autre personne qui a voulu garder l’anonymat, étant donné que c’est un responsable, nous dira quant à lui : « Hélas, hélas et hélas ; ce cimetière était le fleuron de Tijditt, il était bien entretenu, les gens venaient se recueillir sur les tombes, et comme chacun le sait il abrite d’imminentes personnalités dont certaines sont très connues sans oublier les deux grands saints, Sidi Bensabeur et Sidi Maâzouz EL Bahri, ainsi que la sainte lala Khedidja , El hadj El MuphtI Kara Mostéfa et d’autres, mais comme vous voyez, même morts ils sont entrain de faire l’amère expérience, non moins significative et volontaire, par des moyens et des procédés employés par des gens qui ne respectent rien et qui sont indigne de l’être humain, La comparaison n’est pas mesurable pour faire le bilan d’un tel crime commis au su et au vu des responsables et des élus à qui nous avons fait part et en premier lieu au P.APC qui nous a envoyé baladé avec méprise surtout concernant cette cité qui est restée telle qu’elle, depuis l’arrivée de cette assemblée à la tête de l’APC de Mostaganem ». « Regardez nous dira, ce responsable furieux ce qu’est devenue la Msala, et dire qu’il y a soit disant un gardien pour guider les gens qui viennent se recueillir et entretenir les tombes, non il en a fait un chenille pour chien, et il a élevé des murs pour une bergerie, tout cela je le dis haut et fort, avec la complicité de ces élus qui persistent à fermer les yeux et ce que je peu vous dire encore, c’est qu’ils sont la cause de nos malheurs et de la destruction de la ville que Dieu les maudisse, maintenant excusez moi et régalez vous du spectacle et regardez ce qu’ils ont fait de nos ancêtres en s’éloignant et d’ajouter avant de s’en aller, nos morts côtoient même les ivrognes » . Il est vrai qu’en pénétrant dans ce cimetière, l’on est horrifié et indigné, par son aspect qui a complètement changé et lorsque l’on se trouve à l’intérieur l’on ressent une certaine affliction, qui vous étreint face à un tel spectacle de dévastations irréparables sans que personne n’y trouve à redire et l’on se croirait dans un champ de mine et si l’on ne fait pas attention ou l’on marche on risque de se casser la figure du fait des crevasses et des tombes complètement détruites.

Sidi Maazouz devenu une décharge publique et un lieu de débauche
Un imam ; que nous avons rencontré et interrogé, nous dira : « C’est une atteinte à la Chariha et à l'intégrité de nos morts, c’est du jamais vu dans un pays musulman, et qui donne lieu à une condamnation, surtout lorsque l’on constate que Sidi Maazouz est devenu une décharge publique, un lieu de débauche et que l’on a fait de la Msala une niche pour chiens en plus de l’élevage de moutons et de poulet, C’est un manque de respect aux morts et ce qui fait mal le plus c’est que les actes commis contre ceux qui nous ont quitté ont été banalisés, c’est aussi une désacralisation de la mort, je me demande ou sont passé les autorités pour laisser faire, c’est un crime contre l’islam. Certains doivent même trouver ça drôle ». Un autre quant à lui nous dira, « Vous savez, ce qui se passe pour ce vieux cimetière n’est pas une exception, car si vous avez remarqué au rythme ou vont les choses on n’a pas fini de comptabiliser d’autres destructions, pour moi dit-il les autorités et à leur tête le P/APC, ont décidé de laisser faire et je ne sais si vous avez compris, mais le fait que personne ne veut prendre de décision c’est pour le raser un de ces jours et s’accaparer des terrains qui seront distribués au plus offrant et en même temps faire table rase de ce haut lieu de mémoire pour effacer jusqu’à son histoire ». Les curieux arrivaient, pour voir ce qu’on était venus faire, et l’un d’eux nous dira : « Vous vous cassez la tête pour rien, car nous avons frappé à toutes les portes et tout le monde fait la sourde oreille, il est trop tard de faire quoi que se soit dans cette ville, à voir le carnage qui a déferlé sur elle, il n’y a plus rien à sauver et c’est fini car tous les responsables et en premier lieu les élus actuels se foutent de ce que peut devenir ce cimetière du fait qu’ils ne sont la que pour se remplir les poches. Mais il ne faut pas oublier nous dit-il, c’est aussi la faute des citoyens qui sont la à regarder sans rien faire et à ce jour, aucun n’a osé se dresser, contre ces êtres malfaisants qui continuent à nuire à cette ville, et comme chacun le sait Tijditt a toujours été marginalisée ». Il se peut que ce citoyen en colère ait raison, et que l’idée même proprement dite de cette destruction ne soit pas le fruit du hasard, Ici encore le fait considéré paraît comme une insulte à la mémoire de nos morts, en voyant les saccages et cette destruction qui fait froid dans le dos, d’autant plus que ces agissements sont contraires à nos mœurs, de par l’état déplorable et dégradant dans lequel il se trouve, alors que des sommités et des saints, qui ont marqué l’histoire de Mostaganem et de l’Algérie même, y sont enterrés.

La Msala transformée en une SPA avec niches comprises
Un ex instituteur retraité natif de Tijditt domicilié à Oran, venu se recueillir sur la tombe de son père avec sa femme et sa fille ne pouvait contenir sa colère en voyant la majorité des tombes dévastées : « Est-ce qu’il ne reste plus de Rahma dans le cœur des hommes s’écria-t-il , même les morts subissent le courroux de ces sauvages, et voyez comment ce cimetière et devenu nous prenant à témoin, et ce qui est le plus étonnant c’est que le gardien sensé entretenir les lieux a transformé la Msala en une SPA avec niches comprises , on aura tout vu je vous demande ce que font les autorités, comme s’il se répondait à lui-même car il ajoutera ; bien sur elles s’en lavent les mains, je n’aurais jamais cru qu’on en arriverait la, ceci dépasse tout entendement, car ni les juifs ni les chrétiens n’aurait fait cela et surtout à des mort, conclu-t-il à notre intention ». « Le chao est présent à nous l’exigence du progrès moral pour la communauté mostaganémoise, si nous voulons nous respectés, car une telle calamité ne peut rester impunie.

Aucune enquête n’a été ouverte au niveau de l’APC
C’est un constat outrageant, vis-à-vis des morts d’une magnitude aussi monstrueuse et que la morale réprouve, au vu d’un tel dénie et d’un tel laxisme de nos responsable qui n’ont aucune conscience ni considération pour les morts. Les malfaisants, n’ont de cesse de circonscrire la mémoire même des morts et inutile de nous complaire dans la victimisation, voire de chercher à en tirer profit, car l’horreur est à son comble et nous ne réagissons même pas, c’est le message qu’ont voulu faire passer les citoyens rencontrés! « Aurions-nous le cœur tellement endurci, pour se taire sur ce crime, nous dira un autre citoyen rencontré aux abords du cimetière alors qu’on avait terminé avec les photos, vous savez nous dit-il, personne ne viendra pour remédier à cette situation si dégradante soit elle pour un cimetière ou même pour ces quartiers ou nous vivons, nous sommes les laissés pour compte comme vous le constatez et ne comptez pas sur le P/APC, croyez moi celui s’est fait élire que pour son intérêt personnel il se fout de tout le monde et d’ajouter l’APC de Mostaganem est comme la grotte d’ALI Baba, les élus ne sont là que pour se partager le trésor, surtout qu’ils sont en fin de mandat et qu’ils savent qu’ils ne seront pas réélus, cependant je me demande pourquoi aucune enquête n’a été ouverte au niveau de cette APC, c’est ça la question que le citoyen doit se poser, car rien ne semble clair dans la gestion de cette ville martyrisée». « Avons-nous échoué dans notre volonté de transmettre autre chose que l’indécence et l’irrespect pour les morts ? nous dira une vieille femme qui sortait du cimetière au moment ou l’on allait prendre congé de toutes les personnes qui étaient venus voir ce qui se passait, les yeux humides elle nous fit savoir, qu’elle n’avait put retrouver la tombe de sa mère » Pour tout visiteur, c’est une vision fantasmatique qui s’accompagne du dégout à la vue du carnage et du tas d’immondices, pour aller de surprise en surprise en voyant l’état dans lequel se trouve le cimetière de Sidi Maazouz. Tout visiteur qui osera entrer dans ce cimetière, gardera surement cette image indescriptible, de ce lieu hautement symbolique devenu décharge publique à ciel ouvert et de ces tombent éventrées, qui étaient entretenues à une certaine époque, par des gens qui connaissait la valeur sacré de ce cimetière. « Aujourd’hui il est clair que plus personne ne se soucie de l’état de ce cimetière du fait de sa destruction totale.

Une ignominie qui se déroule sous les yeux des responsables locaux
La profanation du cimetière de Sidi Maazouz est un délit des plus odieux aux yeux de la communauté qui s’indigne du pourrissement de la situation, dans ce cas que penser de nos élus et responsables locaux qui assistent à cette ignominie qui se déroule sous leurs yeux, sans qu’aucune décision ne soit prise à l’effet d’y remédier, bien au contraire ils sont là les bras croisés à regarder ce qui n’est pas étonnant puisqu’ils sont la cause de tous les malheurs de cette ville, nous fera savoir un des présents qui se prit la tête dans les mains en vociférant ». Un grand nombre de théories, peuvent être échafaudées après notre enquête et jusqu'aux plus fantaisistes, pour essayer de comprendre les raisons d’un tel laissé aller et qui est l'un des exemples marquants parmi tant d’autres du fait de la stigmatisation de la cité de Tijdit, durablement étiqueté pour se demander pourquoi cette profanation satanique si l’on ose employer le terme, pour essayer d’expliquer les autres profils à tendance morbide de certains de nos concitoyens, pour qui le respect et le civisme n’existent plus. Si l’on juge par l’état dégradant des lieux, nous sommes enclin à nous poser la question essentielle qui fait que, la faute incombe aussi au citoyen, qui se doit de contribuer dans l’entretien de ce cimetière, qui est sacré de par son histoire et celles de ces hommes qui y sont enterrés pour nous rappeler ce lieu de mémoire et de souvenirs, afin que chacun puisse se recueillir et se retrouver dans son élément, ce qui ne peut plus être le cas lorsque l’on s’aperçoit qu’il existe encore des êtres malfaisants qui ne respectent même plus les morts, agissant en toute impunité surtout qu’il s’agit de ce vieux cimetière qui a plus de deux siècles d’existence, ne serait ce que par respect aux saints. Quant à nos élus, ils ne savent pas ce qu’est le sens du devoir, mais le citoyen s’en rappellera au moment venu. A bon entendeur.

Benyahia Aek
Samedi 17 Septembre 2011 - 22:01
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MOSTAGANEM
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