REFLEXION

Chère bonbonne, tu me manques énormément !!!

Paradoxalement, s’offrir une bonbonne de gaz ; dans un pays référencé parmi les géants de cette énergie dans le monde ; est un exploit de haut lieu. Avoir une bouteille de gaz dans ces rudes journées d’hiver nécessite de gros efforts. Pour en avoir une, il n’y a pas trente six chemins pour y arriver.



Chère bonbonne, tu me manques énormément !!!
Il faut se réveiller de bonne heure pour se rendre au premier dépôt de Naftal en attendant l’arrivée d’une probable livraison et s’armer de patience. Certains rusés essaient de forcer le mauvais destin en s’approchant discrètement de la porte où sortirait la fameuse bonbonne, et c’est le début de la cacophonie. Des rixes éclatent et c’est la guerre des places. Ailleurs, on se prépare depuis longtemps à l’autre guerre, celle des étoiles. Ici, les places sont chères et elles se vendent au prix fort. Dans une contrée lointaine de notre Algérie profonde, une place a été vendue à 3000 DA et sans garantie aucune parce qu’avoir une bouteille de gaz dépend de notre unique Naftal. A Nekmaria, on a  appris que des citoyens furieux et las ont détourné et pris en otage des camions transportant le gaz butane. Un nouveau genre de braquage, celui de détourner un camion de gaz.  Des individus, qui ont le courage de se lever tôt le matin, occupent les premières places de la chaine et les revendent à un prix qui varie entre 600 à 1000 DA. Quant à la bouteille, elle a atteint chez certains revendeurs illicites le prix de 1200 DA, soit le quart du SMIG national. Du jamais vu ! Un salaire équivaut à quatre bonbonnes de gaz. Mais,  à qui la faute? A l’incurie des responsables qui n’ont pas su se préparer aux conséquences prévisibles des BMS ou à l’appétit vorace et criminel des spéculateurs sans foi ni loi. L’essentiel est que le consommateur est toujours le seul dindon de la farce. Par extrême nécessité, un citoyen m’a fait la confidence qu’il a payé une bouteille de gaz à 2500 DA. Voulant avoir son avis sur un tel achat, sa réponse était simple : « Que peut bien faire le mort entre les mains de celui qui lui fait sa toilette ? ». En  ces moments de rudes épreuves, avoir la connaissance du gérant ou d’un employé de la station du coin, est la meilleure des affaires. Il est capable de te rendre un énorme service en te délivrant dans la discrétion une bouteille de gaz. Il vous serait mieux utile qu’un député. Paradoxalement, en ces moments de pénurie, notre gouvernement ; impuissant devant cette crise mais il est toujours là et compte y rester pour longtemps «skarra fina » ; nous harcèle par ses appels d’être au rendez-vous le 10 mai prochain pour exercer massivement notre droit constitutionnel. Pour gagner notre confiance, les potentiels candidats ont trouvé le meilleur slogan : « une bouteille de gaz pour chacun ». Rencontré dans une station Naftal, un citoyen nous a exprimé sa frustration et sa misère, lui qui est là depuis la prière du Fadjr.

Adda A.
Mercredi 15 Février 2012 - 10:33
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MOSTAGANEM
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