REFLEXION

Ces Marocains d’Israël...

PRES D’UN MILLION DE JUIFS MAROCAINS VIVENT EN ISRAEL

Près d’un million de juifs marocains vivent en Israël. Ils votent plus à droite qu’à gauche. Leur élite fait partie des cercles de décision. Ils sont dirigeants politiques, ministres, députés, rabbins, artistes...



Ces Marocains d’Israël...
Le nombre total des Juifs contemporains est difficile à estimer avec précision, et fait l'objet de controverses, mais, selon une estimation effectuée en 2010, il serait d'environ 13,4 millions. La majorité d'entre eux vit en Israël et aux États-Unis, et les autres principalement en Europe, au Canada et en Amérique latine.Au Maroc , des statistiques officielles parlent de 700.000 Israéliens d’origine marocaine résidant en Israël, d’autres avancent le chiffre de 800.000. Jean Daniel, le directeur du Nouvel Observateur, dans sa fameuse «réponse à Elie Weisel», s’adressait, quant à lui, aux 900.000 Marocains d'Israël.Ils seraient donc près d’un million de juifs originaires du Maroc à ancrer doucement mais sûrement leurs spécificités socioculturelles au sein d’une société israélienne élitiste. À asseoir leur présence aussi bien en politique qu’au niveau des affaires ou encore dans les milieux scientifiques.

40% DES MAIRES EN ISRAËL SONT D’ORIGINE MAROCAINE.
Un câble de l’ambassade américaine au Maroc datant de décembre 2005 et diffusé par Wikileaks, rapporte que 40% des maires de villes et des présidents de communes en Israël sont d’origine marocaine.Les juifs marocains constituent une force politique non négligeable, indique l’ambassadeur américain dans son câble, où il précise que la majorité des dirigeants du parti sioniste au pouvoir dirigé par Benyamin Netanyahou, le Likoud, sont des juifs marocains.Beaucoup de chefs religieux israéliens seraient aussi originaires du Maroc d’après le même câble, citant André Azoulay,.

ÉLITISME
L'automne de l’année 1952, date à laquelle la première liaison entre le Maroc et Israël avait été inaugurée. Mme Schramm, qui dirigeait une agence de voyage à Casablanca dans le Passage Tazi, invita le quotidien “Maroc-Presse" à déléguer un reporter à l'occasion de ce premier vol. Le journaliste, Bertrand C. Bellaigue, devait revenir avec un reportage à l’intitulé révélateur: “Que sont devenus les juifs du Maroc?”. Dire que déjà à l’époque la question faisait l’actualité. Depuis les juifs marocains ont fait du chemin. Les petits artisans de Boujaâd, les maçons de Demnate, les tanneurs de Fès ou les menuisiers de Marrakech, analphabètes, peu fortunés, assimilés à des voyous à tel point qu’on les avait surnommés les “Marokko sakkin” (Marocains à couteaux) ont laissé la place à une nouvelle race de juifs beaucoup plus à l’aise dans une société israélienne qui se complait dans la modernité.La politique a réussi à quelques-uns: Raphaël Edri est vice-président de la Knesset, Amor Shaoul, qui est également député du Likoud à la Knesset, fait partie des 36 maires d’origine marocaine dont la majorité est de la région de Boujâad. L’Etat hébreu a même élu un président d’origine marocaine, Yitzhak Navon qui a présidé aux destinées d’Israël de 1978 à 1982. Et la santé spirituelle des juifs marocains est confiée, depuis 1979, au grand rabbin d’Israël Shalom Messas. Quant à Asher Ohana, il est ministre des Affaires religieuses au cabinet de Sharon. Né au Maroc en 1945, il reste aujourd’hui l’une des plus grosses pointures du parti Shass à côté de Aryeh Deri, Marocain de Meknès, qui demeure le patron effectif de ce parti orthodoxe, malgré son incarcération depuis 2 ans pour une histoire de détournement de fonds alors qu’il était ministre de l’Intérieur.

MYTHOLOGIE
Sur cette spécificité marocaine, il n’y a pas de secret: la présence de juifs d’originaires du Maroc dans le camp ultra-orthodoxe du parti Shass s’explique autant par la volonté d’accéder à des postes politiques que par l’aversion qu’éprouve cette communauté pour les partis de gauche considérés comme anti-religieux et surtout élitistes. Les slogans caressant dans le sens du poil, le sentiment ethnique et l’aide socio-éducative efficace mise à disposition par les institutions de Shass ont fait le reste.De plus l’ultra-orthodoxie sépharade du Shass s’est faite contre le courant ultra-orthodoxe ashkenaze. Contraint de choisir entre l’identité «diasporique» et la nouvelle identité israélienne, les Marocains avaient opté pour une identité à part.Les mouvements de jeunesse correspondant aux divers courants sionistes qui sont nés au Maroc avaient réussi en peu de temps à l’époque à mobiliser une partie de la jeunesse et à la «sioniser» selon la mythologie du sionisme européen.Bertrand Bellaigue, qui a été pendant 40 ans correspondant et directeur régional de l'AFP, raconte dans son livre “Du Mellah aux rives du Jourdain": “le débarquement des bateaux de l'Agence juive et leur arrivée sur leurs petites fermes des moshavim et leur installation dans les kiboutzim de Galilée ou du Néguev”.Paysans, artisans, petits commerçants, les juifs marocains, ont été dès le départ préposés aux tâches ingrates. C’est pourquoi, ils ont gardé un ressentiment profond contre l'«establishment» travailliste, en majorité ashkénaze, qui a toujours gouverné le pays. D’ailleurs, la fameuse crise qui avait éclaté au cours du mandat d’Ehud Barak est significative à cet égard. Quand Ehud Barak s’était présenté aux élections, les Israéliens originaires du Maroc avaient même créé leur propre parti, le Gesher, (le pont).

Riad
Vendredi 23 Septembre 2011 - 10:34
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ACTUALITÉ
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