REFLEXION

Camus entre colonialisme et guerre d’independance

La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil (René Char)



Le 04 janvier 1960 disparaissait  Albert  Camus. Quelque  part  dans l’ Yonne,  sur  une  route de Villeblevin , un destin  hors du  commun  venait  de se briser. Une fin tragique  pour  un homme irréductiblement libre  dont la vie aura  eu pour credo « le refus de mentir et la résistance à l’oppression » ; existence brève  , mais qui aura été  « embarquée »  dans  le courant  tumultueux  de  l’Histoire .
Auteur  d’une œuvre qui se particularise  par un  style, et  par une approche  philosophique qui tente de  « donner un  sens au monde  et  à l’existence »  et  qui lui vaudra  à 44 ans , le prix Nobel de littérature , Camus  était  resté  un  homme  controversé  aussi bien  en  France  qu’en Algérie  , où il  était né  le 18 novembre 1913 , dans le  village de  Mondovi ( actuel  Dréan près de Annaba ).
Mais au-delà  des  controverses , qu’elles  soient  d’ordre  littéraire , philosophique  et   a fortiori politique , Camus  le français  d’ Algérie  et Camus  l’écrivain universel ,continue  de nourrir une intarissable passion  pour  la simple  raison ,écrira  Conor Cruise O’brien   qu’ «aucun auteur européen de son temps n’a  si  profondément marqué l’imaginaire et aussi  la  conscience morale  et politique de sa  propre génération  et de la suivante » (1)
En témoigne  les  nombreuses  publications ,  productions  littéraire et  même filmique ainsi que les séances  thématiques qui  lui ont  été  consacrées  depuis  sa tragique  disparition, et qui  toutes reviennent  sur la  vie et le parcours  pour le  moins  singulier  d’un auteur  et  d’un homme qui  captivait autant  qu’il  dérangeait. En Algérie  , l’intérêt  qu’aura   susciter  le roman  de  Kamel  Daoud  « Meursault contre-enquête  » publié en 2013  ,vient  corroborer un engouement  encore  très  vivace pour tout ce qui renvoie à l’ univers camusien .
Ecrivain , philosophe  , essayiste , dramaturge , nouvelliste , journaliste  militant  ,  il  fustigera   dans  son discours  qu’il prononcera  lors de la remise du Nobel  ,  toutes «ces  idéologies exténuées » et  s’élèvera contre  « ces pouvoirs  qui  peuvent  tout détruire mais  ne savent  plus convaincre » , tout  comme  il  dénoncera  « ces  techniques devenues  folles » ,condamnant  l’usage de la bombe atomique sur  Hiroshima,  dans un éditorial   publié  dans  le journal  Combat  …comme il  s’attaquera  au franquisme , au stalinisme et à  l’enfer des  goulags , au  nazisme  et  ses camps de la mort…Il est ouvertement  antimilitariste , pacifiste  , humaniste … Dans  « l’homme révolté » paru en 1951 ,il récusera  des  théories  comme l’existentialisme et  le marxisme  ,comme  il  contestera  toute idée  de révolution  ,ce qui  lui  vaudra anathèmes et diatribes des  philosophes communistes  parisiens , qui lui reprocheront de «faire une révolution délibérément  statique» , attitude qui  le  mettra  également  en  porte-à-faux  avec la révolution  armée  algérienne.
Si certains auteurs  se sont attelés  à mettre  en exergue  l’originalité  d’une œuvre  et sa  puissance, , d’autres  s’attacheront  à démonter  cette  même  œuvre pour en  débusquer   les non-dits  et  autres antinomies ; à essayer d’analyser  une  dialectique anti-colonialiste qui pour être bien réelle n’en  était pas moins  pusillanime  ;  à analyser comme le  fera  Michel Onfray  , une  pensée philosophique qui penchait  plutôt vers le  libertaire  , principe  qui  s’ancre  dans  le  réel  et  qui mènera Camus à « jouir  avec sérénité  du  pur plaisir  d’exister » et  à  souscrire à  l’invite : ni dieu  ni maître.  C’est  peut-être  parmi les  ruines de  Tipaza , qu’il retrouvera  ce  plaisir hédonistique et c’est dans  ces  moments  de contemplation  extatique , qu’ il sublimera  les merveilleuses « noces »  de la lumière  et du « ciel bleu  écru » ,et qu’il  célèbrera  dans une prose chatoyante  , le printemps  de Tipaza  où « les  dieux  parlent  dans  le  soleil  et  l’odeur  des  absinthes » .Mais  le magnifique soleil de  l’antique  Césarée  ne l’empêchera  pas  de  décrier  en son temps  l’injustice  faite aux  « arabes » soumis à un régime d’esclavage , mais  la critique  n’améliorera en rien  les  souffrances  de  l’« Arabe » , qui restera  enchaîné à sa condition inhumaine .  Quant à  l’ idéal  d’indépendance  qui  faisait  battre le  cœur de  ce même « arabe »  ,il ne pouvait se  résoudre à cette  idée qui le rebutait  tout  comme  elle rebutait  de toute  évidence  tous les  pieds noirs , pour qui « l’Algérie c’est la France » comme le martèlera en pleine  guerre d’indépendance , François Mitterrand , alors  ministre de l’intérieur .
Bien que  le  débat  soit  tranché –sur la question de savoir si Camus était-il colonialiste- ,nous  rappellerons dans  ce  bref  exposé  , quelle avait  été la position  de Camus  vis-à-vis de  la colonisation  et  comment  il  se  figurait  la  cause  algérienne  en  nous référant  à ses  déclarations  et à  ses  écrits  sur  la question algérienne , tout  en  exposant  les critiques que  son positionnement politique aura  suscité  , sans  nous hasarder ici  dans un  énième procès envers  l’écrivain , qui  fut  d’après  Latifa Benamar Benmansour « le  premier  intellectuel français d’Algérie à avoir  défendu  les  algériens  à  visage  découvert , sans  peur  et  en  toute  conscience »(2) ,ni  de  revenir sur  ce crime  perpétré  par Meursault  contre  un « Arabe » ou sur l’étrange  indifférence qu’il  affichera lors de  l’enterrement de sa  mère –c’est  en  fait cette impassibilité « amorale » qui le  mènera tout droit à l’échafaud et non  le  fait  d’avoir  buter  froidement  et de cinq balles un Arabe sur une plage  ensoleillée  - ni d’entendre encore une fois  le  coupable  nous cingler  , juste  avant  l’inéluctable  châtiment  , de « sa » seule vérité   : «j’étais sûr de moi , sûr  de  tout …sûr de  ma  vie  et de cette mort  qui allait  venir … j’avais  eu raison ; j’avais encore  raison ; j’avais toujours raison » ,  considérations philosophiques  , morales et littéraires sur lesquelles auront  déjà planchées camusiens  et  spécialistes . Pour notre part, avant d’introduire  notre thème,  il nous  faudra revenir sur le parcours  de Camus  et  sur  son engagement  politique .en re-feuilletant  les pages  d’une  Histoire  tourmentée.
C’est en  adhérant  au   parti communiste algérien en 1935 que  le  jeune Albert  Camus  , alors âgé de  22 ans , découvre dans  l’effervescence de  ces  années , l’engagement  militant .Pour cet  enfant  de Belcourt , qui  aura grandi   dans  la  pauvreté ,  et  qui  sera même écarté  du  concours  d’ agrégation , parce  que  phtisique  ,rejoindre   le  parti  équivalait  à  retrouver  ses  propres idéaux de  justice  et de liberté , mais s’apercevant que  le  parti  ,déviait  de sa ligne, et  se désolidarisait  des nationalistes du PPA, il  le  quittera , au  moment  où  nombre d’entre  ces derniers  étaient   poursuivis  et emprisonnés  et  dont  il  prendra  la  défense.
Après une  licence  en philosophie , sa joie  sera  de  courte  durée , car sa  maladie -incurable à l’époque- ne lui  permet pas  d’accéder à  l’enseignement. Au sentiment d’injustice qui le  meurtri  et  qui l’empêchera  de prétendre  à un cursus  plus  abouti  , voilà  que  s’ajoute  l’imminence  de la mort  .  Révolté par cette cruelle  vérité  , il s’accrochera de toutes ses  forces  à  la vie , déployant  une admirable débauche  d’énergie  dans le  but  de contrer  cette  fatalité  et de  « tracer une route  existentielle ».
Il  s’investit  alors  dans  le  bouillonnement culturel  et politique de l’époque , et  le  théâtre , l’engagement  politique , la philosophie , les essais , la littérature , le journalisme ...l’empêcheront  de sombrer  . Pour lui, désormais le verbe  se fait  « chair, acte, action » selon la formule du philosophe Michel  Onfray.
En 1938, il  rejoint le journal « Alger Républicain », journal  proche  du  front  
populaire ,où il  ressentira,  dira-t-il   ,une  sensation  de liberté  ,  liberté  de   vivre  le journalisme  selon ses  propres  convictions  d’homme  résolument à gauche , de par  une  enfance  d’orphelin  pauvre  vécue dans un quartier ouvrier .  « L’envers et l’endroit » publié deux  ans  plutôt  chez  l’éditeur algérois Edmond  Charlot ,  préfigure  déjà un style  et  une  philosophie : «  Pour  moi , je  sais  que  ma source  est  dans l’Envers  et l’Endroit , dans ce  monde de  pauvreté   et  de  lumière où  j’ai longtemps vécu...»

Camus le journaliste engagé
Journaliste  à  Alger-Républicain  ,il se  démarquera  assez  vite  d’un  journalisme  sans relief  au service exclusif d’un landernau pied-noir , auquel  il  substituera  un engagement  où se retrouveront  un  humanisme , une soif  de  justice ,  qu’ alimentera  une  perpétuelle révolte  , celle  « qui  confère à la  vie  son prix  et sa  grandeur » comme  il n’aura de cesse  de  répéter .La révolte  comme  première  prise de  conscience  contre l’absurdité  de  la  vie .
Ainsi , après  des articles  et  tribunes littéraires , il s’écartera  des  sentiers  battus   ,  pour  prendre  ceux  plus  escarpés  qui  montent  vers  les  mechtas  de Kabylie ,où  il  y  découvre  pour  les  besoins  d’un reportage , un autre monde , un « bled »  perdu que  la  colonisation avait  jeté dans une effroyable  misère . Tout  au  long  d’une série  de onze articles parus  entre  le 5 et le 15 juin 1939 sous  le titre   « misères  de  Kabylie » , il  décrira , indigné  « l’indicible détresse » dans laquelle végétait  la population  indigène , dont  la saisissante  précarité -« un peuple qui  vit d’herbes  et  de  racines » - le  mettra face  aux « ratages » dramatiques  de la politique  coloniale  . Au terme de ce qu’il qualifiera d’ « itinéraire désespérant », il y  dénoncera le mépris et  l’injustice  imposés à  la population  berbère , y fustigeant « la logique abjecte qui  veut qu’un homme soit  sans force parce qu’il n’a  pas  de  quoi  manger et qu’on le paye moins parce qu’il est  sans  force » .Mais vouloir  rattacher  dans le reportage , cette  misère à un simple  problème  de  famine, parait  aussi  saugrenu  qu’inconséquent  : « ce qu’il faut crier  le  plus  haut  possible ,c’est  que  la plus grande partie  des  habitants d’ Algérie  connaît la  famine » affirmera-t-il .(3)
 Cette enquête   lui  vaudra  ,comme il fallait  s’en douter ,une volée  de  bois vert  de la part  de ses propres concitoyens , parce qu’il  osera  mettre sous  une « lumière  crue » , une  vérité  que  la  colonisation  n’aura  de  cesse  d’étouffer , pendant plus d’un  siècle  d’une occupation avilissante où  « l’Arabe » exproprié  et chassé  vers  des  terres  incultes   était  soumis depuis 1881 au  code de l’indigénat , un  code infamant et foncièrement  raciste  , au moment où  870.000  hectares de terre arable étaient   livrés aux  nouveaux colons entre 1871 et 1919.
Comment cette critique  de la  colonisation étalée à la une , faite  par  un  journaliste  français d’Algérie  inconnu jusqu’alors , avait-elle  été  perçue  du côté «arabe» , dans une  période caractérisée  par la  montée du  nationalisme? Citant  un article  d’Alger  Républicain  paru le 11 juin 1939  , l’historien Jacques Simon  rapporte que « les milieux arabes et kabyles  suivent  avec  un  intérêt  passionné le développement  de l’enquête de notre  camarade  Albert  Camus ».(4)
N’empêche  que  chez les autres damnés  algériens , et  précisément  ceux  « d’en bas » , la défiance était  de  mise, car pour tâter l’effroyable misère  des « indigènes » , fallait-il monter aussi haut  , vers  ces  hameaux   décharnés  de  la  Kabylie , pour se  rendre compte  de l’iniquité  du  colonialisme ? Le reportage - pour  sincère qu’il  était  - ne  remettait  cependant  pas en  cause  les fondements même du système  colonial  pourtant  à l’origine  de cette humiliante « misère »  , misère racontée certes avec beaucoup de pathétisme  mais  rapportée  curieusement  à une  cause « d’ordre purement  économique».
Avec une pareille  déduction  , la  critique  perdait  ainsi de  son mordant  et devenait  pour  le  moins  suspecte , comme  le relèvera  Abdellali Merdaci : « Camus pouvait-il s’émouvoir sincèrement –dans les colonnes d’Alger Républicain- sur les misères  de la Kabylie et en  obtenir  une  sorte de manifeste de conscience libre dans la  société  coloniale d’alors ? »(5)Quelque  part, Camus , justifiant  inconsciemment  cette  absolution  du  « système colonial »  ,avouera : « mon rôle n’est  d’ailleurs pas de chercher d’illusoires responsables et je ne trouve pas de goût au métier d’ accusateur ».Dès  cet  instant , « Camus  va se trouver  confronté à une aporie :en même temps  qu’il  dénonce  le système  colonial  dans ses conséquences  les plus inacceptables , il appartient  à ce  système auquel   il ne renoncera  jamais .Homme lucide , subtil, il fait des propositions pour l’améliorer, mais ne remet  pas en  question le  maintien  de  ce  système  » comme le soulignera  Sylvie  Gomez .(6) D’autres  critiques  donneront  une tout autre  lecture  de  la rhétorique  dont use le  journaliste dans  cette  série  d’articles . Ainsi « en dénonçant  les  abus faits aux musulmans, Camus contribue  malgré lui  à asseoir  l’autorité française. En d’autres termes , il suffirait  de  modifier  quelque peu  le comportement  des  colons , de  le rendre  plus  moral , pour que l’Algérie  continue à rester française » (7).
Mais  ce déballage  à la une de la misère  indigène , vaudra  une  interdiction au  journal   et  Camus se trouvera contraint  en 1940  de s’exiler en France , où  il entamera  une autre  expérience  journalistique, notamment  dans Paris-Soir ,  dans  Combat , le journal  de la  résistance  puis dans l’ Express.
Quelques  années  plus tard, il se souviendra  de  cet  exil  forcé. Dans le texte « la mer au  plus  près » tiré  de l’essai « l’Eté »il écrira : j’ai grandi  dans la mer  et la pauvreté m’a été  fabuleuse, puis j’ai perdu  la mer , tous les luxes m’ont paru gris , la misère intolérable . Que faire si je n’ai de mémoire que pour une seule  image ? ».*

Camus  face au  colonialisme
La notoriété  dont  jouissait  Camus  et  son  statut d’intellectuel  majeur , lui  commanderont   d’être  un acteur   de premier ordre  dans son pays  , dans cet  après-guerre  marqué par l’ écroulement  des  empires , la  fin des  colonialismes, l’émergence  des  objections de  conscience  , du totalitarisme ,et  l’ affrontement  des  idiologies
Au  sujet  de la colonisation , son  ambivalence était  intenable  , car s’il y  voyait une  profonde injustice  faite aux « Arabes » , il  souhaitait cependant « la fin du  système colonial  mais avec une Algérie  toujours française » ,vision  partagée par  presque  tous  les  colons  d’Algérie .Venant à la  rescousse  de  Camus , Benjamin  Stora dira de  ce  dernier  « qu’il n’a pas su  donner toute  sa  place aux algériens , parce  que lui-même  prisonnier de  stéréotypes  coloniaux ». C’est  ce  qui  expliquerait  peut-être  son vif  intérêt  pour le projet  assimilationniste  de Blum-Violette  , y  voyant  les prémices d’ une intégration graduelle des « sujets  français » dans le  « système  colonial »  . Rappelons  que ce projet  qui fut soumis à  débat   en  novembre 1936,  proposait  d’accorder la  pleine  citoyenneté  pour quelques 21000  algériens  sélectionnés selon des critères drastiques ( diplômes , décorations  militaires,  légion d’ honneur , certificat  de  bonne  conduite pour les sous-officiers ayant quitté  l’armée …) , offre  perfide par laquelle, le dit projet  escomptait en vérité dissocier toute une élite  de son terreau  ,c’est-à-dire  le peuple algérien  lequel ,perdant  ses porte-voix , aurait vu ses revendications  devenir complètement  inaudibles . Mais le projet  fera  long  feu  ,car  il  sera  rejeté  et  par les  indépendantistes de  l’Etoile Nord Africaine  et  par  les  milieux  ultras français où se recrutaient   de  nombreux  colons. Et à propos de colon .Camus  le français d’Algérie  qui  défendait  l’initiative  du  front  populaire  et  qui aura grandi  dans  la  pauvreté ,  ne se  trouvait  aucune ressemblance  avec le colon  qui  défendait lui  ses propres  privilèges  et  duquel  d’ailleurs ,il s’en démarquera  , quand  journaliste  à Paris , il écrira dans  l’Express  :  je  me sens plus  près d’un paysan arabe , d’un berger  kabyle ,que d’un commerçant  de  nos  villes  du  nord »(8), ce qui  ne l’empêchera  pas  de  protester  contre  la  caricature   du « pied-noir » exploiteur.
-Pour  cerner au mieux  l’idée  que  s’en  faisait Camus du colonialisme ,il  nous  paraît  plus pertinent  d’ interroger  son  œuvre , que d’aucuns auront  trouvé d’ailleurs , fort  ambigüe  sur ce  point.
Edward W.Said ,en spécialiste de littérature  comparée , nous  fourni  d’utiles  clarifications  , en   précisant d’emblée  que  le futur écrivain  « qui a grandi en Algérie en jeune français , a  toujours  été  environné des  signes  de  la  lutte  franco-algérienne. Il  semble  les  avoir  esquivé ,ou, dans  les  dernières  années  , traduits  ouvertement  dans  la  langue , l’imagerie et la  vision géographique d’une  volonté  française  singulière de  disputer l’Algérie  à  ses  habitants indigènes musulmans ». (09).
Disséquant son œuvre   et  parvenant  à en  pénétrer  la sémantique , le  chercheur   nous  révèle  que  « ses romans  et  nouvelles racontent  les effets d’une  victoire  remportée sur  une  population musulmane  , pacifiée et  décimée, dont les  droits à  la  terre ont  été  durement  restreints .Camus confirme donc et  raffermit  la  priorité  française , il  ne  condamne pas  la  guerre  pour  la  souveraineté livrée  aux musulmans algériens  depuis plus  d’un  siècle, il  ne  s’en  désolidarise  pas »(10) Pourtant  dans  ses écrits de presse , Camus  s’était toujours montré  critique  à l’égard  du colonialisme .Par  contre ,dans  ses  romans , « il  nous  décrit  un monde  où  la  présence  française  semble  aller  de  soi».
C’est donc  en interrogeant  l’œuvre de Camus  que  nous  pourrons  mieux  appréhender  cette  dualité ,  car en effet  « interpréter les romans  de  Camus ,ce  serait  voir  en  eux , non  des  textes  qui  nous  informent   sur les  états  d’âme de l’auteur ,mais des  éléments  de l’histoire de l’effort français  pour rendre  et  garder l’Algérie française »(11) .D’ailleurs ,si  Camus  militait pour  plus de  justice envers les  « indigènes » , il  ne s’imaginait  pas qu’un jour , les  pieds noirs pourraient quitter  l’Algérie. Mais  la  date du  08 mai 1945 , va opérer une rupture  .Aux   flonflons  parisiens de la victoire  répondront  des  cris inhumains , là  bas  du  côté  de  Sétif ,Kherrata , Guelma  , où  des milliers d’ Algériens  désarmés ,défilant  pacifiquement  avec des  mots d’ordre «  indépendance »  et  «à bas le colonialisme » seront horriblement massacrés dans un  assourdissant huis-clos  .Ce carnage obligera Camus à se déplacer en Algérie pour s’enquérir des circonstances  de l’effroyable tuerie . Pour les Algériens meurtris  comme pour  l’élite politique algérienne, le  temps de l’assimilation  et de l’intégration  était bel et bien fini. Pour Camus, constatant  la  fracture, le constat  sera  des  plus tragiques : « l’Algérie Française est morte » écrira-t-il dans le journal Combat. Dans  ses  carnets, il notera  avec une pointe  d’amertume que « le colonialisme  est une œuvre dont  aujourd’hui  nous ne sommes pas  fiers».
Mais tenant à une interprétation  éculée  du drame algérien  , il voit  dans  la  cause  de  ces  « émeutes » , des  raisons  économiques  , reprochant  au  gouvernement  français   de ne pas  l’avoir écouté  avant , quand dans le reportage  sur la  Kabylie,
il lançait  son cri  de   détresse .Afin de  remédier à  ces inégalités , il exhortera les responsables  français , à mettre  en  branle  sans  plus  tarder ,une plate-forme socio-économique  réellement efficiente  qui ,tout en allégeant  la  misère  indigène , permettra  aux  français « de conquérir l’Algérie une deuxième fois »

Camus  face à la  question  Algérienne  
Après le déclenchement  de  la  lutte  armée  , le discours  de  Camus , pour  contradictoire  qu’il  était  , deviendra  plus tranché  , mais  par moment  aussi, plus nuancé comme dans cette lettre qu’il  écrira à Jean  Amrouche au lendemain de  la Toussaint sanglante : « Tirer ou  justifier qu’on tire sur les Français d’Algérie et pris comme  tels, c’est tirer sur  les  miens, qui ont  toujours été  pauvres et sans haine ».
Ainsi  , l’indépendance  qui  sera  l’objectif   de la  lutte armée  va faire sortir de  ses gonds  Camus , lequel « réduira le FLN  à une bande  de terroristes » ,ne voyant pas dans le soulèvement algérien ,une aspiration à la  liberté et à l’indépendance comme  le  soulignera  Christiane Chaulet-Achour. Bien  plus,  il  dépréciera  les algériens  dans leur lutte pourtant  légitime, en écrivant  dans « l’Algérie déchirée » tirée de ses  chroniques  algériennes  : « les opprimés qui  luttent  en  utilisant  des armes  au  nom  de la  justice deviennent  des oppresseurs».
Dialectique  insoutenable  qu’il se  plaira  à appuyer par  une rhétorique poussive qui  travestit  allègrement  l’Histoire   : « En ce qui  concerne l’ Algérie , l’indépendance  nationale est une formule purement  passionnelle  , il  n’y a jamais eu encore de  nation  algérienne .Les juifs , les Turcs , les Grecs , les Italiens  , les Berbères auraient autant  de  droit  à  réclamer  la  direction  de cette nation virtuelle. Actuellement, les Arabes  ne forment pas à eux seuls  toute  l’Algérie. L’importance et  l’ancienneté du  peuplement  français  en particulier suffisent à  créer  un problème  qui  ne peut se  comparer à rien dans l’histoire. Les Français d’Algérie sont  eux aussi et  au sens  fort  du  terme  des  indigènes». Ce discours  à  consonance  algérianiste  rejoint à s’y  méprendre et à  quelques  nuances  près , celui de louis Bertrand(1866-1941) , le chantre de la  « nouvelle  race  française  d’Algérie » ,qui  écrivait  dans  son roman « Sang des races »paru en 1899 : « l’Afrique  du  nord ,pays sans unité  ethnique, pays  de passage  et  de migrations perpétuelles, est destinée par  sa  position géographique à subir l’influence ou l’autorité de l’occident  latin. Il a  fallu l’éclipse momentanée de  Rome pour que l’Orient byzantin , arabe ou turc y implantât  sa domination .Dès que l’ Orient faiblit, l’Afrique  du  nord retombe à  son anarchie  congénitale, ou  bien elle  retourne
à l’ hégémonie  latine qui  lui  a valu des  siècles  de  prospérité  , ,une  prospérité  qu’elle n’avait jamais  connue  avant ,et qui, enfin, lui  a  donné pour  la  première  fois un semblant  d’unité, une  personnalité politique  et intellectuelle».  
Cette  concordance  dans  les  discours  fera dire à  Georges-Pierre Hourant  dans  Camus  et  l’algérianisme  « qu’après 1954 , Camus , tout comme l’algérianiste Jean Pomier, voit dans la  rébellion du  FLN , la  conjonction du  communisme  arrivant  de l’ Est  et du  Panarabisme venu du Caire».
Est-ce à dire pour autant  que Camus, qui se déclarait « méditerranéen » ,se sentait quelques  affinités  avec  un  tel  courant ? Nous ne le pensons pas  quoique  certains  de  ses  arguments ont cette particularité  de dérouter et  tendraient , par  leur perplexité et leur  ambivalence , à nourrir une telle  hypothèse.  
Mais l’on reste toutefois  loin  de  la  violente sémantique  bertrandienne qui , elle, nous rappelle celle des  généraux  de la conquête :  « la véritable  Afrique , c’est  nous  les  latins, nous  les  civilisés…L’indigène m’étant antipathique en raison de son hostilité  latente et  de  la  barbarie  arriérée  où  il  croupissait , je  me  retournerai vers ceux  de  ma  race , vers  les  latins  d’  Afrique ». Concernant cette  haine raciale de l’indigène ,assimilé à une bête , l’écrivain  martiniquais Aimé Césaire dont le peuple en avaient subi  les  affres , nous en  explique  la  genèse  dans son « discours  sur  le colonialisme »  : la conquête  coloniale  fondée  sur  le mépris de l’homme indigène  et justifiée par ce mépris , tend inévitablement  à modifier celui qui l’entreprend ; le colonisateur  qui s’habitue à voir dans l’autre la  bête ,tend  à se transformer lui-même en bête».
Mais plus lucide  que  les  héritiers de  la  pensée de Robert  Randau  , il  reconnaîtra  dans un numéro de l’Express que  « le silence ,la misère ,l’absence d’avenir et d’espoir , le  sentiment aigu d’une  humiliation particulière … tout  a contribué  à  faire peser sur  les  masses algériennes une sorte  de  nuit  désespérée d’où fatalement  devaient  sortir  des  combattants»(12).               Plus près  de nous , les nostalgiques  de l’Algérie  française , regroupés  dans  le  « cercle  algérianiste » créé en 1973 , ont  essayé  de s’approprier  Camus , en envisageant de  graver sur le  « mur des  disparus » une de  ses  citations.
Catherine Camus , la fille de l’écrivain ,s’y opposa  vivement.
Mais le cours  de l’histoire  s’accélérant  , Camus a du mal  à  s’admettre  la  perte de  l’Algérie  , c’est  pourquoi  il  lancera  en octobre 1955 ,  l’idée d’une Algérie  fédérale- selon  le modèle  de l’Algérie fédéraliste de l’algérianiste Marc Lauriol-  , car selon lui , les français  et les algériens étaient  condamnés à  vivre  ensemble , comme il l’attestera: « je crois qu’il y a  une communauté possible  et  qui vaut infiniment mieux que toute  séparation  sous quelque forme qu’elle  se  fasse  ,et  cette  communauté  ne  peut être basée ,selon moi, que  sur  une solution de  fédéralisme , je  veux  dire que  chaque  communauté , qu’elle soit  arabe , française  ou  berbère , peut être représentée  sur  des  bases d’égalité et  de  justice à l’intérieur d’une  assemblée  qui  reste  à  définir ».(13)
Il  réaffirmera  cette  option  ,dans ses  « chroniques algériennes » , en  livrant le  fond  de sa  pensée  , pensée qui  parait  comme chahutée  par  une vive  préoccupation : « Une Algérie  constituée  par des  peuplements  fédérés et reliés  à  la France , me  paraît  préférable ,à  une  Algérie reliée  à un empire d’Islam  qui ne réaliserait  à l’intention  des  peuples  arabes qu’une  addition  de misères et  de souffrances  et qui arracherait  le peuple  français d’ Algérie à  sa patrie naturelle ».(14)
Ici la  rhétorique devient  manifestement  colonialiste  ,rejoignant  la pensée  d’Alexis de Tocqueville ,pour qui l’ Islam se  résume à « la polygamie et à la  séquestration des  femmes  ».
Le 20 août 1955, l’insurrection  dans  le nord constantinois
, est réprimée  sauvagement 12000 algériens  sont massacrés.
A la  suite  de  ce nouveau  carnage  , il confiera à son ami aziz  Kessous , dans  « lettre  à  un militant  algérien »  :  j’ai mal à  l’ Algérie ,en ce  moment ,comme d’autres  ont  mal  aux  poumons  .  
Devant  cette nouvelle tuerie  , Camus  répond  à  la  sollicitude  de  ses  amis , Charles Poncet et   Emmanuel  Roblès , de venir à Alger  pour lancer son « Appel  pour une trêve civile  en  Algérie » , dans une ultime tentative  de  rapprocher les  communautés .
Mais   où  tenir  une telle  réunion ? A la salle  de  la mairie  d’Alger ? Le maire  jacques Chevalier  et le gouverneur général  Jacques Soustelle en interdisent l’accès .La réunion aura  lieu finalement au Cercle  du  Progrès , siège de l’association des  Ulémas , avec un service d’ordre algérien , « devant  un parterre  de sympathisants FLN  au lieu des esprits divers  et ouverts  comme il l’aurait  souhaité ».
Le choix  du  lieu  sera compris par  les  partisans de l’Algérie Française comme un ralliement aux thèses  du FLN. Mais impassible  devant  les  injures  et autres menaces qui lui parvenaient  de  l’extérieur, proférées  par des  ultras  déchainés  , il  expose en ce 22/01/1956 son appel :« Sur cette  terre ,sont  réunis un million  de Français établis  depuis  un siècle , des  millions de  musulmans , Arabes et Berbères , installés depuis  des  siècles, plusieurs  communautés religieuses, fortes  et  vivantes. Ces hommes doivent vivre  ensemble ,à ce  carrefour de  routes  et  de  races où  l’histoire  les  a  placés. Ils le peuvent ,à  la  seule  condition  de  faire  quelques  pas  les  uns  au  devant des  autres  dans  une confrontation libre ».A  la fin du  discours , il s’expliquera : « De  quoi s’agit-il ? D’obtenir  que le  mouvement  arabe  et  les  autorités françaises, sans  avoir  à  entrer  en  contact ,ni à s’engager  en rien  d’autre, déclarent simultanément ,que pendant  toute  la durée des  troubles , la population civile soit, en toute  occasion, respectée et protégée »(15)   
 Il achèvera ,suppliant « que soit épargnée sur  un point  solitaire du  globe une  poignée de victimes innocentes).
Dans « l’Algérie  de  Camus » José Lenzini notera  que les  Algériens furent  très  étonnés  quand il entendirent  Camus  dans son Appel  , parler des « Arabes » qui se considéraient  déjà  comme des  Algériens ». En tout état  de  cause , cet Appel  n’eut  pas l’écho espéré  par  son initiateur  ,car  il  sera  rejeté  par  les  Algériens parce qu’il  ne  prenait  pas  en  considération leur légitime  revendication , et  par les  français  parce qu’ils  se  sentaient  floués par Camus qui leur donnait  l’impression  de pactiser  avec  le  FLN . Mais , quelque part à  Alger, loin de cette  cacophonie , un écrivain algérien  fulminait . Dans  son journal ,voici comment  l’écrivain Mouloud  Feraoun  commente l’Appel : « Ce pays s’appelle l’Algérie  et  ses  habitants des  algériens .pourquoi tourner  autour  de  cette  évidence ?Etes-vous Algériens ,mes amis ?Votre  place est à  côté  de  deux  qui  luttent . Dites  aux  français que  le  pays  n’est  pas  à  eux ,qu’ils s’en sont emparés par  la  force et  entendent  y  demeurer par  la  force. Tout  le reste  est  mensonge, mauvaise foi ».
Alors que beaucoup d’ intellectuels  français à l’instar de  Henri Alleg , Maurice Audin , Jean-Paul Sartre  , François Mauriac , Jean Daniel, Raymond  Aron , Emmanuel  Roblès , Jean Sénac , Jean Amrouche  … ainsi  que monseigneur Duval soutiennent l’indépendance  et que le réseau Jeanson se mettait en place pour aider le FLN-les fameux porteurs de valises -, Camus  s’en tiendra  à sa  position  « je   ne  veux  pas, je  me  refuse de  toutes  mes  forces à  soutenir  la  cause de l’un des  deux  peuples d’ Algérie, au  détriment  de  la  cause  de  l’autre ».
L’échec  de  l’ Appel  consommé , il se  mure dans le silence jusqu’au discours  de Stockholm   prononcé le 10 décembre 1957 ,lors de la remise  du  prix Nobel.
Le lendemain  , à  la  maison des  étudiants  , interpellé  par un étudiant algérien , sur le caractère  juste  de  la  lutte  pour  l’indépendance , Camus aura  cette  réponse : « en ce moment ,on lance des  bombes dans les  tramways d’Alger .Ma mère peut  se trouver dans  un de  ces  tramways. Si c’est  cela  la  justice , je préfère  ma mère  à la  justice» (16)  .
Cette  phrase qui  visait à  refuser  toute  caution  de  justice au  « terrorisme du FLN » , se  prêtera à moult  interprétations et va même « tuer » Camus . Mais loin des conciliabules, les  combattants algériens en  auront  saisi  la  vraie  signification.
 En février 1958 est  publié  le livre « la Question » d’ Henri Alleg  où le  militant  communiste , sympathisant  de  la cause nationale, dévoile l’usage odieux et dégradant de la  torture exercée  par  les parachutistes pour lesquels, tout musulman  est « questionnable »à merci  .Inculpé d’atteinte  à la sûreté de l’ Etat , Alleg  sera  arrêté  et  torturé au  centre  de  tri d’ El-Biar. Un collectif  formé d’André Malraux, Roger Martin du  Gard, François Mauriac  et de Jean Paul Sartre, demande au président de la République de  libérer  Alleg . Camus refuse  de  s’y  associer.(17) .Il sera également insensible à l’appel de Taleb Ibrahimi qui du fond de sa cellule , le pressait d’intervenir pour  atténuer les  souffrances  des prisonniers Algériens.  
Cependant en  janvier 1959 ,il interviendra en faveur  des  condamnés  à  mort algériens , en intercédant auprès  d’André Malraux  et du Général  De  Gaulle . Et avant  de s’astreindre  à  un nouveau  silence , il  rappellera  dans ses  articles  , une  position qui était  restée immuable  vis-à-vis  du drame algérien : « J’ai  choisi  mon  pays .J’ai choisi l’Algérie de la justice ,où Français et Arabes s’associeront librement » et explicitant mieux sa pensée, il énoncera  clairement : «  je décide l’autonomie, je  réclame l’indépendance dans l’interdépendance ». Une position tranchée et on ne  peut  plus incisive, qu’il aura  gardée ,imperturbablement,  jusqu’au bout.
CONCLUSION :
Camus humaniste  , il  l’était  assurément  ,quoique  pour  certains  , cet  humanisme  tirait , par  son utopisme  , vers  un  humanitarisme  stérile.
Camus  colonialiste ?Malgré  le fait qu’il ait dénoncé  les ratages  dramatiques de  la  colonisation  dans ses  écrits journalistiques ,il était resté , à l’instar de tous les colons d’Algérie , fermement  accroché à l’Algérie  française et au système colonial , et donc farouchement  opposé à  l’idée d’indépendance .N’est-ce-pas là , la définition même  du colonialiste ?Car  c’est dans cette  attitude que  se définit le colonialiste , même  s’il arrive à ce dernier de  s’apitoyer –par  pure compassion – sur le vécu dramatique  enduré stoïquement par  l’indigène , une « générosité âme » qui  n’aura  jamais rien  changé  à la  condition de l’opprimé comme nous l’avions  étayée plus haut. En fait, la formule  qui sied le mieux  à  ce  cas  de  figure , est résumée  par  Raymond  Aron lequel voyait  en Camus  « un colonialiste de bonne  volonté ».
Moins nuancé dans ses propos car Algérien dans les tripes ,Kateb Yacine avec  son franc parler ,fera cette  mise  au  point , à  José Lenzini  : « Camus  est  avant  tout  un  écrivain  français  de notoriété  internationale…et malgré ses airs d’anticolonialiste ,les Algériens étaient absents  de l’œuvre de Camus pour qui
l’Algérie c’était Tipaza, un paysage .Il était plus Français qu’Algérien .On ne peut  le lui reprocher ,mais il faut  en  finir  avec le  mythe de « Camus
l’Algérien ».
Camus  écrivain  colonial ? Sans aucun doute, comme nous l’explique Edward W.Said : Comparés à la littérature  de décolonisation de l’époque française ou arabe
-Germaine Tillion ,Kateb Yacine, Frantz Fanon , Jean Genet-, ses écrits ont  une  vitalité négative ,où la tragique densité humaine de l’entreprise  coloniale accomplit  sa  dernière grande  clarification  avant  de  sombrer ».
Pour  Camus le philosophe  , le  moraliste  , quoi  d’intéressant  que de  lire  cet extrait  d’un  écrit  du philosophe engagé Jean-Paul Sartre , publié  le 07 janvier 1960 , dans « France Observateur »,à quelques  jours  du  tragique  décès  de  l’écrivain, dans  lequel  il  rend hommage à son ancien ami , avec sa  verve  assassine  :
Son humanisme têtu, étroit et pur, austère et sensuel, livrait un combat douloureux contre  les  évènements massifs  et  difformes de  ce temps. Mais inversement , par l’opiniâtreté de ses refus,  il réaffirmait ,au  cœur de  notre  époque, contre les  machiavéliens ,contre  le  veau d’or du réalisme, l’existence du  fait  moral ».
 Dr. Mahfoud  BENTRIKI
 Médecin-Radiologiste

 Notes  de  renvoi
1-9-10-11 Albert Camus ,ou l’inconscient  colonial in « Culture et impérialisme »Fayard-Le Monde Diplomatique.
(http://www.monde-diplomatique.fr/2000/11/SAID/2555)
2-(Camus l’écrivain controversé sur l’indépendance de l’Algérie- El-Watan
 07 novembre 2013)
3- Crise en Algérie in Actuelles III.Chroniques algériennes(1939-1958). Gallimard, Paris, 1958.page 97
4- Jacques Simon . Albert Camus : un libertaire révolutionnaire http://www.siwel.info/CONTRIBUTION-Albert-Camus-un-libertaire…
5-( le soir d’algérie du 15/03/2010. abdellali merdaci : à  propos de la caravane camus :une inquiétante  célébration).
6-( Appel à  la trêve  civile :  naissance d’une morale tragique) . http://www .fabula.org/colloques/document1329.php    7-(http://salon.literraire.com/fr/albert-camus/content/1811029 -albert-ca ...)
8-Camus ,cahiers Albert Camus 6, « Albert Camus éditorialiste à l’Express »,Gallimard,1987,p.39.
12-Volume II, bibliothèque  de  la  Pléiade  , page 1868  
13- Tragédie  du  bonheur  Documentaire  de Jean Daniel
14-( Camus, Albert. « Avant-propos » in Actuelles III .Chroniques algériennes (1939-1958).Gallimard,Paris ,1958 .)
15-(Camus,Albert.Actuelles III.Chroniques algériennes(1939-1958). Gallimard, Paris ,1958.page 173
16- http://vendangeslitteraires.overblog.com/camus-l-algerien
17-(Jean-Paul  Sartre et la guerre d’ Algérie par  Anne Mathieu , le monde diplomatique , novembre 2004 )

 

Dr Mahfoud BENTRIKI
Dimanche 4 Janvier 2015 - 11:06
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