REFLEXION

CONTRIBUTION : Que reste-t-il donc au préparatoire des pharmacies hospitalières !!

Si l’on compare l’activité dans les pharmacies du pays à différents stades de développement, on constate que l’activité du préparatoire au niveau des hôpitaux est sensiblement en raison inverse du degré d’industrialisation pharmaceutique à l’échelle nationale.



Dans les pays où l’industrie pharmaceutique produit une gamme considérable du médicament, comme en France par exemple, le préparatoire à l’hôpital a été réduit à sa plus simple expression. Seuls quelques préparatoires de pharmacies hospitalières exécutées à la demande et quelques préparations spéciales.
Le cas est différent chez nous : notre approvisionnement dépend complètement de l’étranger, le nombre de médicaments importés est fixé par une nomenclature officielle et notre propre industrie ne nous a pas encore inondés  de spécialités abondantes, pouvant répondre à tous les types de demandes.
Cette situation est rendue parfois précaire par des pénuries qui se produisent au niveau des approvisionnements, en particulier des produits conseil ou de grand  public.
C’est ce qui incite de nombreux confrères à se tourner vers le préparatoire pour pallier à ces insuffisances, malheureusement à ce niveau aussi des pénuries existent rendant la formulation très aléatoire.
Cette situation de tensions caractéristique aussi bien des  approvisionnements en médicaments que de celui des matières premières, explique le désir de nos collègues de voir leurs préparatoires redynamisé grâce à des fournitures plus régulières des composants nécessaires à la confection de préparations.
Un préparatoire bien approvisionné peut suppléer en partie et combler quelques lacunes, mais les ressources d’un préparatoire hospitalier sont limitées et ne peuvent faire face à toutes les exigences de la thérapeutique actuelle.
.De l’époque de la thériaque à celle des antibiotiques, le préparatoire a bien évolué sans entrer dans le détail de cette évolution, on peut dire que l’histoire du préparatoire a été marquée par trois périodes caractéristiques par l’origine des drogues utilisées au cours de l’histoire de la médecine.
-La période des drogues naturelles brutes (végétales, animales et minérales).
-Une deuxième période marquée par l’utilisation des premiers procédés de chimie  extractive, appliqués aux drogues naturelles.
-La troisième période celle que nous vivons, a vu le déclin de certaines drogues naturelles (végétales en particulier) et l’apogée des principes actifs de synthèse.
-La prochaine  sera  probablement marquée par les principes actifs obtenus à l’aide de manipulations génétiques
L’activité du préparatoire a subi les contrecoups de ces changements dans la nature des principes actifs des pharmacopées au cours de leur évolution.
Un confrère  ayant une quarantaine d’années d’exercice peut témoigner de ces changements.
Aux environs des années 60, l’activité du préparatoire était fébrile tant les formulations magistrales étaient nombreuses.
Je me rappelle bien des petits paquets de théobromine-Lactose associés à des purgations composées d’eau de vie allemande et de sirop de nerprun. Ces préparations associées à un régime désodé, constituaient l’essentiel des prescriptions destinées. L’avènement des diurétiques modernes a relégué ces formules aux archives.
Les cachets, paquets ou pilules d’oxalate ferreux associé à la poudre de rhubarbe une des plus anciennes médications martiales ; les paquets de santonine-calomel qui, avec l’oxyde stanneux furent pendant longtemps les seuls médicaments vermifuges. Ces préparations font maintenant partie de l’histoire du préparatoire.
Le chloroforme et d’autres organohalogènes tels que le bromoforme ont été rayés des pharmacopées à cause de leur effet toxique cumulatif.
Les gouttes à base de passiflore, d’aubépine et de valériane, sont aussi devenues des préparations historiques et appartiennent maintenant à la pharmacopée traditionnelle. Certaines se sont maintenues mais leur importance est devenue secondaire.
Un sirop antitussif de composition souvent complexe se voulait à propriétés sédatives, expectorantes et antiseptiques de l’appareil pulmonaire.
Cet effet était recherché par l’association  de drogues diverses et nombreuses : extraits végétaux aromatiques, composés de synthèse et sédatifs centraux et antispasmodiques. La pharmacologie moderne se basant sur la physiopathologie, bien connue maintenant, de la toux, traite séparément les différentes étiologies de cette affection.
-La composante infectieuse est désormais traitée par les antibiotiques. A une époque, on utilisait des injections huileuses d’eucalyptol-gaïacol-camphre dans toutes les pneumopathies tuberculose comprise.
-La composante allergique est traitée par les antihistaminiques.
-La composante sécrétoire est traitée par les mucolytiques  tels que la carbocysteine.
-Enfin, la composante nerveuse est traitée par des antitussifs de synthèse, sédatifs uniquement du centre nerveux de la toux.
Mais les anciennes formules spécialisées ou de préparation officinale quelque fois très actives, continuent à être demandées, conseillées ou prescrites. Elles font surtout partie du lot des médicaments de conseil, de moins en moins prescrites dans les ordonnances médicales.
Des composants appartenant à d’anciennes formules ont été bannis, les organochlorés tels que le DDT, le mercure de l’onguent gris, la phénacétine néphrotoxique, le phénol cancérigène largement utilisé dans certaines préparations, gouttes auriculaires, bains de bouche, etc.
Une nouvelle donnée a défavorisé le préparatoire à l’hôpital : la pharmacologie actuelle évite les associations qui étaient la caractéristique autrefois des formules exécutées dans les préparatoires.
Les médicaments récents ne contiennent plus en général qu’un seul principe actif, chimiquement défini et à activité parfaitement contrôlable. Cela rend plus aisée la surveillance des effets secondaires et évite les problèmes analytiques ardus  du contrôle de compositions complètes.
Ces nouveaux principes actifs sont mis en formes pharmaceutiques appropriées par l’usine qui les synthétise ou vendus à des ateliers de galénique industrielle pour leur façonnage. Ils sont rarement livrés aux pharmaciens d’officines à l’état de matières premières.
Des aspects commerciaux aussi interfèrent dans ce domaine : les nouveaux principes actifs sont maintenant protégés par des brevets dans presque tous les pays, et les laboratoires qui les commercialisent se réservent toute la valeur ajoutée que représente la mise en forme pour l’administration au malade : cela évite la multiplication des formes commerciales concurrentes et permet un amortissement assez rapide des frais de recherche.
Que reste-t-il  donc au préparatoire des préparations médicamenteuses ?
Chez nous, beaucoup de choses encore qui manquent, car la prochaine nomenclature officielle ne comportera que les médicaments essentiels.
Il restera un lot de médicaments ordinaires,  disons de seconde nécessité, d’exécution possible au niveau d’un préparatoire ou d’un petit atelier.
Ces médicaments se situent dans quelques groupes :
-Les préparations pour usage externe : solutions antiseptiques, liniments analgésiques, bains de bouche, inhalations, pommades, crèmes, onguents, virucides, lotions capillaires.
-Quelques préparations classiques pour ophtalmologie et ORL
-Des préparations pour usage interne, voie orale : sirop, gouttes, poudre, etc.
UN FORMULAIRE POUR LES PHARMACIENS ALGERIENS :
Comme la formulation, qui s’était développée dans des pays très avancés, tend à disparaitre il est nécessaire de mettre à la disposition des confrères intéressés  un répertoire pour éviter des formulations anarchiques ou intempestives.
Ce répertoire pourrait  servir aussi à définir une liste de produits chimiques et galéniques à importer, ou peut-être  à produire, en utilisant les ressources et moyens locaux, afin d’assurer un approvisionnement régulier du préparatoire hospitalier.
Rédiger un tel répertoire exige l’expérience de nombreux confrères, en particulier de ceux rompus au travail du préparatoire d’officine.
Il va nous falloir travailler en équipe pour trier et corriger diverses compositions empruntées aux formulaires existants ou anciens (français, belges, américains, etc..) on peut même y ajouter quelques recettes de bonne réputation empruntées aux pharmacopées traditionnelles, recettes qui figureraient en annexe de l’ouvrage à éditer prochainement.
C’est un travail auquel nous avons songé au niveau du laboratoire de chimie-thérapeutique de la faculté de médecine d’Oran et le laboratoire de biologie-réanimatrice du CHU Oran. Ce  travail est au programme de nos prochaines activités département de pharmacie d’Oran.                               

 

Yahia Dellaoui
Mercredi 10 Février 2016 - 18:13
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ACTUALITÉ
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