REFLEXION

CONTRIBUTION : Prochaine Tripartie : je mets en garde le gouvernement contre une dérive inflationniste incontrôlable



1.  Au vu des derniers rapports de la banque d’Algérie et du FMI qui prévoit des tensions budgétaires entre 2015-2017 (rapport janvier/ février 2014) sur l’économie algérienne, une tendance à la baisse des recettes d’hydrocarbures,  je mets en garde le gouvernement lors de la prochaine Tripartie  contre une dérive inflationniste pour des raisons électoralistes par une distribution de traitements sans contreparties productives et la généralisation des emplois rentes dans l’administration. Egalement je mets en garde le gouvernement   contre la révision brutale de l’article 87 bis  qui  ne pourront pas support les PMI_PME constituant 90% du tissu économique.  Selon certains chiffres révélés en 2005, le gouvernement estimait l’impact financier de la suppression de l’article 87 bis à 500 milliards de dinars pour l’État et 40 milliards pour les entreprises, soit plus de 7 milliards de dollars. Ces données ont été calculées avant les augmentations généralisées récentes des salaires. L’impact financier serait donc beaucoup plus important en 2014 au vu de nos extrapolations   pouvant varier entre  variant entre 9/11 milliards de dollars  au trésor public (voir mon interview à la télévision Ennahar du 21/02/2014). Cela risque  de remettre   en cause tant les équilibres macro-économiques que macro-sociaux et donc   tous les sacrifices de la population algérienne et notamment des couches défavorisées et des couches moyennes (voir mon interview à la  télévision internationale  Africa 24 en date du  20 février 2014 Paris). Tant qu’il y a la rente, la fuite en avant  est la   distribution de revenus sans contreparties productives, sacrifiant le développement du pays et les générations futures, rentrant dans le cadre d’une stabilité statique suicidaire.
2. Le dernier rapport de la banque d’Algérie est véritablement alarmant. La balance des paiements extérieurs globale a clôturé 2013 avec un excèdent de seulement 0,13 milliard DA soit un quasi équilibre après les importants excédents des années 2012 (12,6 mds de dollars) et 2011 (20,14 mds de dollars) », a indiqué Mohamed Laksaci au cours de la présentation du rapport trimestriel sur les tendances monétaires et financières du pays. Le gouverneur de la banque d’Algérie   note  une  baisse importante de la balance des paiements globale au fort recul des quantités d'hydrocarbures exportées qui ont baissé de 7,3% où en valeur. Les recettes des exportations des hydrocarbures se sont contractées de 10,2% s'établissant à 63,3 mds de dollars en 2013 contre 70,5 mds de dollars en 2012. Le recul de la balance des paiements a été aggravé par une hausse des importations de biens qui se sont chiffrées à 55,1 mds de dollars en 2013 contre 51,5 mds de dollars en 2012, auquel faut ajouter  12 milliards de dollars  d’importation de services, sans  compter le rapatriement légal des profits des sociétés étrangères. Aussi selon le gouverneur  cette situation est non soutenable.   Certes nous avons assisté  à une très légère augmentation des réserves de change  estimées à 194,012 (non compris les réserves d’or)  au 31/12/2013  contre 190,66 mds de dollars en 2012.  Avec un  niveau  de la dette extérieure   de 3,39 mds de dollars à fin 2013. Mais dont plus de 86% placées à l’étranger  à un rendement toujours selon le gouverneur  de 3,03%  pour  les emprunts publics à dix ans aux Etats-Unis  contre 1,92% pour les titres publics allemand de même maturité.
3. Le Premier ministre Abdelmalek Sellal,  en  septembre 2013,a mis en relief  les effets inattendus et «pervers» du crédit documentaire (Crédoc) qui n’aurait pas tenu ses promesses. Il y voit une des sources qui a fait exploser la facture de l’importation. Est-ce l’unique raison? Il faudrait nuancer, car 50 années après l’indépendance politique, l’Algérie n’a toujours pas d’économie productive: 97/98% des exportations sont le fait d’hydrocarbures en important 70% des besoins des ménages et des entreprises publiques et privées dont le taux d’intégration ne dépasse pas 15%. Avec la programmation de 500 milliards de dollars de dépenses publiques dont 70% pour les infrastructures, au lieu  d’avoir un équilibre en donnant la priorité  au savoir et  à l’entreprise,  la non maîtrise de la gestion des projets avec des surcoûts exorbitants, l’augmentation généralisée des salaires et traitements, faute d’une stratégie de production hors hydrocarbures, de mécanismes de régulation et d’organismes de contrôle favorisant des pratiques occultes de surfacturation, il fallait s’attendre à une explosion des importations.
4.- C’est que l’économie est gérée selon des normes administratives contredisant les lois économiques  élémentaires .Et faute d’un bilan serein, d’un dialogue   entre les différentes forces économiques et sociales représentatives,  l’on privilégie les tactiques quotidiennes  au lieu d’avoir une vision stratégique à moyen et long terme afin de développer une économie productive reposant sur l’entrepreneuriat   et le savoir. Or la  vertu des grands dirigeants n’est-elle pas le dialogue  permanent loin des décisions administratives autoritaires bureaucratiques? Le but du bureaucrate n’est-il pas de donner l’illusion d’un gouvernement même si l’administration fonctionne à vide, en fait de gouverner une population infime en ignorant la société majoritaire ? D’où cette mentalité du bureaucrate de donner l’illusion d’une bonne gouvernance par de l’activisme dans un monologue lassant avec ses propres collaborateurs, se distribuant des points d’autosatisfaction à l’image de Narcisse pouvant conduire le pays à l’impasse, voire au suicide collectif.  Le Premier ministre Abdelmalek Sellal  ainsi que bon nombre d’observateurs  impartiaux  ont reconnu   que la bureaucratie étouffante a favorisé l’émergence de «niches de corruption» dont la lutte exige la «transparence dans l’action» en fait un renouveau de la gouvernance s’adaptant tant aux mutations sociales internes qu’aux mutations mondiales afin de lutter efficacement contre la corruption, l’insécurité juridique qui sont des phénomènes qui entravent l’émergence d’un climat des affaires transparent en Algérie. Un État de droit, la valorisation du savoir, un système bancaire performant et la réhabilitation de l’entreprise créatrice de richesses sont l’épine dorsale des réformes et d’un développement durable hors hydrocarbures. On ne peut continuer dans cette voie économique suicidaire pour le devenir du pays. Attention donc à l’illusion lors de la prochaine Tripartie car nous sommes  à l’ère de nouvelles mutations géostratégiques  mondiales, socioculturelles, économiques, énergétiques, politiques, militaires, nécessitant pour l’Algérie des stratégies d’adaptation. L’on doit impérativement    privilégier  la création de  la valeur  au profit des générations futures au lieu  de s’en tenir à une   redistribution de la rente, pour une paix sociale éphémère qui ne serait qu’un report  des  véritables  reformes structurelles qui conditionnent le développement durable de l’Algérie, dont les avantages comparatifs  sont au sein des espaces euro-méditerranéens et africains.

Dr Abderrahmane MEBTOUL
Samedi 22 Février 2014 - 17:01
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ACTUALITÉ
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