REFLEXION

CONTRIBUTION : Micro entreprise : réalité et perspective

Beaucoup a été dit sur la microentreprise, depuis la mise en œuvre de ce dispositif d’insertion économique des chômeurs en auto emploi, à ce jour sans pour autant qu’il soit analysé officiellement par les pouvoirs publics à l’effet de réviser les mécanismes de financement et d’accompagnement et par voie de conséquence améliorer son rendement. Une étude d'évaluation des mécanismes de financement des microentreprises, doit être réalisée par des équipes spécialisées de financiers notamment mais aussi accompagnateurs conseillers et dont les missions consistent à concourir au développement de la microentreprise par le financement des projets initiés par des promoteurs dans le cadre de l’ANSEJ et la CNAC, visant notamment la qualité.



Les principaux objectifs de l'étude•Évaluation de l'effet des mécanismes de financement de   (création de microentreprises et d'emplois et de revenus, participation au développement local).
•Cerner les faiblesses, les carences et les points forts des deux dispositifs.
•Cerner les difficultés rencontrées ainsi que les attentes des promoteurs en matière de développement de  l’activité.
•Formuler des recommandations pour améliorer l'efficacité des deux dispositifs, révision du rôle des structures d'appui et de formation et à favoriser l'émergence de projets innovants et l'insertion des diplômés de l'enseignement supérieur.
•Recenser et faire ressortir le taux de microentreprises en activité.
•Faire ressortir le taux de survie des projets initiés et les projets en extension.
•Faire ressortir le nombre des entités en arrêt d’activité.
•Déterminer le taux d’échec par secteur d’activité et en tirer les conséquences en tenant en considération les spécificités de chaque wilaya.
•Faire ressortir le taux de qualification du promoteur des projets en échec par rapport à la nature du projet sachant que la qualification du promoteur est un gage de longévité : lorsque celui-ci a exercé une profession en relation avec la nature de l’activité du projet.
Les difficultés rencontrées par les promoteurs des projets peuvent améliorer toute nouvelle création d’activité, celles-ci peuvent se résumer en ce qui suit :
•Insuffisances des fonds de roulement.
•À la concurrence : Elle est plus intense dans les régions les plus urbanisées où les activités similaires à celles financées par les dispositifs ANSEJ et CNAC, sont suffisamment développées.
•Au manque de clients.
•Au loyer élevé.
•Aux prix des matières premières.
•Les projets initiés restent marqués par le faible volume d’investissements, par leur caractère souvent répétitif et peu innovateurs.
Domaines d'amélioration possibles
•Des investissements plus élevés,
•Un meilleur ciblage des promoteurs en favorisant ceux possédant une qualification et des antécédents professionnels,
•La priorité aux schémas de financement comprenant dans la mesure du possible des apports personnels plus élevés,
•Des fonds de roulement mieux adaptés aux spécificités des projets,
•Moins de projets répétitifs dans une même zone géographique, surtout dans les secteurs sensibles à la concurrence en raison de leur coût fixe élevé,
•Développer l’information ciblée en direction des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur et d’appuyer par des initiatives de formation à la création d’entreprises au sein des institutions d’enseignement supérieur.
• L’écoulement des produits pose problème : Les microentreprises, créées au titre des dispositifs de soutien à l’emploi de jeunes, sont –elles confrontées, dans leur grande majorité, à l’absence de débouchés pour leurs produits.
En dépit du fait qu’elles sont révélatrices d’un esprit créateur et de la capacité de la population à surmonter les effets pervers du chômage, les microentreprises sont confrontées à diverses difficultés d’ordre socio-culturel qui limitent leur expansion et leur prospérité. Il n’y a point de doute que la prospérité d’une microentreprise est tributaire de la motivation à la base de sa création. Cette motivation peut procéder soit de la recherche des voies et moyens pour assurer la survie ou la subsistance comme solution ou alternative au problème du chômage, soit d’une quête d’opportunité d’investissement pour la prospérité économique, soit encore de la combinaison de ces deux préoccupations économiques et sociales ; mais elle reste dépendante des pesanteurs socio-culturelles.
Sur ce plan, on peut dire que les microentreprises sont caractérisées par une dynamique à deux composantes : une composante qualitative et évolutive et une autre quantitative et involutive. La première fait que les microentreprises procèdent du souci de la rentabilité en même temps qu’elles répondent à une demande sociale et conduisent à l’expansion des unités économiques de production de biens et de services mieux organisées et, partant, performantes ou prospères. La deuxième composante, la plus en vogue dans nos milieux, fait que l’émergence des microentreprises relève du simple souci d’assurer la survie et la subsistance quotidienne du micro-entrepreneur et de son ménage sans répondre à une demande sociale et en générant des unités économiques de production des biens et services de moindre importance et sans prospérité. A cela s’ajoute le fait que les micro-entrepreneurs ne donnent souvent pas d’importance au temps économique au profit des relations sociales de différentes natures.
Nous pouvons dire que les données ou facteurs économiques ont une grande importance dans la fixation des prix des biens et des services offerts par les microentreprises et que les facteurs socio-culturels s’ajoutent à ces données et affectent les prix dans l’un ou l’autre sens. Autrement dit, pour fixer les prix de leurs produits, rationalité économique oblige, les micro-entrepreneurs tiennent préalablement compte des réalités économiques, mais une fois en présence des acheteurs, ils font intervenir un certain nombre d’éléments socio-culturels. Les données économiques dont les micro-entrepreneurs tiennent compte permettent de vendre leurs produits tantôt de manière à ne pas constituer le capital, tantôt en reconstituant au moins leur capital. Ce qui écarte la possibilité d’épargner et d’avoir une valeur ajoutée ou d’investir, un prérequis du progrès, de la prospérité, et donc du développement.
Les microentreprises qui disposent d’une étude de bancabilité et de marché,   ouvrent une autre voie au développement qui, pour être efficace et durable, nécessite que celles-ci soient scientifiquement, technologiquement et financièrement soutenues, loin de tout assistanat.
Si le développement vise l’amélioration quantitative, qualitative et durable des conditions de vie de ces entités, il doit se tourner essentiellement vers les universitaires capables d’améliorer le niveau de proposition des idées des projets en liaison direct avec le marché local, mais il est très important que les micro-entrepreneurs soient au préalable imprégnés d’une culture de développement.

 

Toufik Hamiani
Mercredi 27 Janvier 2016 - 17:23
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ACTUALITÉ
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