REFLEXION

CONTRIBUTION : Les impacts du tourisme sur le développement de la wilaya de Mostaganem


A l’occasion de la journée nationale du tourisme, célébrée chaque année le 27 septembre, l’association du renouveau apporte par le présent document sa contribution pour un développement durable du tourisme à Mostaganem.



Acteurs, issus de la société civile, et  en tant que force de propositions que nous sommes, guidés  par une vision écolo-citoyenne  au développement durable, nous cherchons  à démontrer à travers notre présente contribution,que les impacts du tourisme, qu’ils soient positifs ou négatifs s’effectuent au détriment de l’environnement.  Effectivement, le tourisme de masse est accusé d’être un puissant facteur de destruction.
Les impacts environnementaux  sont principalement dus au fait que les touristes augmentent les besoins en ressources naturelles sans que les quantités des ressources disponibles n’aient augmentées.
L’étude du schéma directeur  du tourisme qui est à sa 4ème phase,après avoir visionné le projet de l’étude, sur CD que la direction du tourisme a eu l’amabilité de nous le transmettre, pour participer au débat lors de sa présentation, il est mis en évidence, la réalisation en étude d’aménagement de 6 ZETen cours sur le 16 projetées.
Deux font l’objet  d’approbation  par décret. Celle de cap ivi et AbaneRamdane, ajoutée à  l’activité balnéaire de 27 plages autorisées sur une façademaritime de 124 km.
 Selon  cette étude,il est planifié une distraction  sur le cordon  dunaire du littoral totalisant 27.043 ha,une superficie de 4339 ha soit 16% de ce cordon dont 41 % de cette superficie sera constructible pour faire réaliser 42734 lits.
Les ZET dans la daïra de Sidi Lakhdar  (Hadjad Kef Lasfer, petit port,et  Ain Brahim totalisent à elles seules  38 %de la superficie retenue, soient 166 ha.
Notre littoral qui constitue certes un espace touristique dans toutes ses dimensions,  et que ce dernier repose bel et bien sur ses dotations et ses atouts  naturels et culturels,ne se dirige-il pas  vers une exploitation sans limites et sans respects de celui-ci.
Ce qui  entrainera irrémédiablement un épuisement et par conséquent une répulsion à la recherche uniquement de la rentabilité maximale de l’espace ?
 Parce que l’implantation irréfléchie d’équipements touristiques trop lourds modifie également l’équilibre du milieu naturel.

« Trop d’impôts tuent l’impôt »
 
 Pour me faire mieux comprendre, j’utiliseraile langagedes économistes, que « trop d’impôts tuent l’impôt », il est vrai aussi que trop de tourisme tue le tourisme.
Selon le programme des nations unis pour l’environnement les ¾ des dunes de sable du bassin méditerranéen ont disparu en raison de l’urbanisation touristique. Nous ne souhaitons en aucun cas que notre littoral soit avalé par le bêton
Dans tous les cas nous estimons que la réalisation des 16 ZET  ce sont des capacités insupportables sur un littoral reposant sur un éco système fragile et dunaire de 124 Km de longueur. Le discours de  l’ex- Ministre du Tourisme, dira qu’il faudra encourager dans le balnéaire les investissements  saisonniers à l’instar des camps de toiles et des bungalows utilisant des matériaux amis de la nature eu égard à la fragilité de ces zones.
 Il précisa également lors de la cérémonie d’ouverture de la saison estivale d’El-Tarfde 2013, sur la « nécessité de respecter les spécificités environnementales de la wilaya pour sa fragilité de ses écosystèmes » En effet, ces côtes que ce soit à l’est ou à l’ouest du pays, présentent  la même configuration d’un cordon dunaire très fragile.
Nous l’avons  signalé avec insistance et nous réitérons ce que nous avons toujours affirmés, notre conscience et l’amour pour notre  ville et dans le souci de laisser à notre génération future une ville saine protégée et préservée, ne nous permet pas de suivre les pouvoirs publics dans ce projet de réalisation de 16 ZET.
D’ailleurs la classification des 16 ZET date de 1988 à l’époque où le monde touristique était tourné vers le balnéaire. Il faudra impérativement respecter la limite des capacités d’accueil de ces sites qui ne peuvent subvenir aux besoins d’un trop grand nombre de personnes ou dont les infrastructures ne peuvent soutenir une masse aussi grande. Imaginons la réalisation de quatre ZET dans la seule Daïra de Sidi Lakhdar une bourgade de 28.000 habitants.

Pour un développement touristique durable ?

 
Le tourisme durable vise aussi à mieux  nous respecter dans nos espaces, en tant que populations d’accueils.
D’ailleurs  il est cité entre autre dans  la rubrique  point 9 du document de l’étude, sur  les territoires géo touristiques que «  la Wilaya de Mostaganem est dans une phase de réalisation de plusieurs programmes sans vision stratégique, ni une perspective de développement économique et social réfléchi ».et c’est le cas pour ces ZET qui furent imposées à la wilaya en 1988. Il y a cela plus de 25 ans. Alors que les goûts ont changé, le touriste aujourd’hui, cherche à découvrir d’autres segments.
L’histoire nous le dira, si le statu quo serait maintenu, et que le développement du tourisme du littoral va connaitre, au cours des prochaines années d’expansion à venir, il va être indissociable de la problématique du tourisme, se présentant en un perpétuel agent conflictuel de l’utilisation de l’espace du littoral.
Ceci étant nous préconisons que ce schéma directeur devra au contraire  viser à veiller sur la nécessité  de faire  établir  une autre stratégie par  des outils les plus adéquats  pour planifier  les voies et les moyens  dont l’objectif est de mettre sous contrôle, les effets du tourisme afin d’accroître des avantages, à prévenir, à réduire et à canaliser ses inconvénients.
 Compte tenu de ce qui précède quel type de tourisme  souhaiterions-nous voir implanté dans notre wilaya ?Et pourquoi insisterions-nous  pour un développement touristique durable ?
Mostaganem est singulière, avec des fragilités et peu peuplée par rapport à la mégapole d’Oran, donc gérable  après tout. Un taux de chômage évident chez les jeunes et les moins jeunes autour de 8,53%, un développement urbanistique parfois anarchique et pas toujours dans le respect du cadre de vie protégé comme c’est le cas dans toutes  les villes du pays ; des milieux maritimes et terrestres particulièrement fragilisés et sensibles aux impacts négatifs de par la sur fréquentation et/ou de mauvais usages du milieux.
Déjà  est-il dénombré durant la saison estivale  de cette année 2014, il est estimé  de10 à 11 millions d’estivants avec,  au départ un handicap du ramadhan.Combien seront –ils avec l’apport des  16 ZET entre estivants et vacanciers, dans une pleine saison haute ?
La vision de  ce schéma directeur, privilégie deux grandes actions :
La 1 ère, c’est l’aménagement et l’équipement des plages existantes, et la seconde, c’est  l’aménagement et l’équipement des 16 ZET qui constituent l’axe principal de l’offre touristique de la wilaya. L’étude traite la question, par un positionnement consolidé dans le balnéaire conforté par l’émergence d’autres filières à fort potentiel culturel, cultuel, et agrotourisme.
 Avec cette conception, nous irons droit  vers l’erreur fatale commise en Espagne à l’image de la costadel sol et costabrava, ainsi qu’au Maroc et en Tunisie, dans les années soixante-dix.
 Bien évidemment, le développement touristique doit être garanti certes dans l’intérêt de notre développement local, mais pas à n’importe  quel prix.
Il devra être durable et passera par  la recherche d’un équilibre difficile à trouver mais indispensable.  D’où la nécessité d’une feuille de route dans le but d’optimaliser les impacts positifs du tourisme en termes de retombées économiques et d’emplois permanents et/ou saisonniers, tout en permettant de maitriser les effets négatifs en terme de cadre de vie, de préservation du patrimoine ou de protection des paysages.

Mostaganem a besoin d’un modèle touristique

 
 Nous possédons des produits touristiques variés tant du point de vue dans l’attrait que dans l’attractivité,(culture, la nature, l’architecture, le vieux bâti du moins ce qu’il en  reste du Derb,Tabana et le vieuxTidjditt, sport, et loisirs,  l’histoire sur la lutte de libération et les centres de tortures, les grottes de Nekmaria témoins des enfumages de la Dahra,  les musées,le thermalisme local, les zaouïas, etc..).
Dans les temps présents, le touriste à notre avis qu’il soit  du pays, issu surtout de la classe moyenne ou étranger, il se base entre autre sur le patrimoine local, il cherche des structures d’accueils moins élitistes compte  tenu que le tourisme est un secteur transversal par excellence,et lui aussi sensible aux mouvements géopolitiques, économiques, sociaux et environnementaux qui bousculent les repère sil doit trouver les clés pour s’adapter à nous entrainer vers d’autres nouveaux modèles de consommations touristiques.
Il cherche aussi, le calme, la facilité de circuler, la sécurité, l’authenticité du cadre et des relations humaines, il se veut explorateur de nouvelles cultures (tradition, festival, moussems, fantasias, musées, le thermalisme), il est à la recherche d’une offre touristique variée tout en respectant l’environnement,  parce qu’il est porteur de sensibilité écologique comme  l’a si bien mentionnée l’étude en question.
Notre wilaya a besoin d’un modèle touristique qui privilégie le long terme par rapport au court terme, la qualité par rapport à la quantité, la diversité par rapport à l’uniformité.
Ce modèle devra comprendre 4 impératifs,
-1-L’équipement :C’est bien entendu les infrastructures diversifiées (routière, ferroviaire, maritime, et pourquoi pas aérienne, qui se veulent être denses, et de qualité et permettant équilibre et complémentarité des modes de transports, il y a lieu également de conduire un plan d’accueil des plaisanciers du port de la salamandre lorsqu’il sera opérationnel. Dans le domaine des équipements les progrès  sont évidents  dans notre wilaya. Les projets sont prometteurs.
-2- L’encadrement :Objectif 2015  37.000 agents seront formés à travers le pays, dans toutes les spécialités confondues;nous nous réjouissons qu’un projet  serait prévu pour la réalisation d’une école d’hôtellerie à Mostaganem.
C’est la qualité des ressources humaines qu’il faudrait mettre en avant car, l’Etat aujourd’hui l’a compris, il investit dans ce segment en priorité, il faut qu’il soit mis aussi l’accent sur le professionnalisme des investisseurs, ces derniers doivent démontrer  une agressivité dans la promotion marketing au profit de leurs établissements hôteliers par les moyens des TIC et ne pas se contenter d’être de simples loueurs de chambres et/ou des bungalows. C’est à travers la diversification des produits touristiques  qu’ils proposeraient à leurs clientèles, que les activités culturelles et touristiques seront susceptibles de booster l’économie des communes.
-3- L’événement :C’est les activités proposées susceptibles de  satisfaire les goûts.  Les Directions du tourisme et de l’artisanat ainsi que de la culture et les associations idoines, seront appelées à faire établir un  audit événementiel.
-4- L’environnement :C’est le soin apporté à l’atmosphère et à la nature car le tourisme est souvent accusé pour dégradation du paysage.Le développement des flux touristiques ne peut donc s’envisager qu’à travers une approche de la fréquentation raisonnée du territoire, du respect de l’équilibre naturel et social des espaces. Comment ?
Favoriser le maintien de  poumons verts tout en protégeant  les espaces naturels sensibles.
Sensibiliser les résidents et les visiteurs à la préservation de l’environnement, identifier les moyens de communications
 Doter  les services de la conservation du littoral d’une entité récemment créée,  avec les moyens  et des logistiques nécessaires pour mener à bien  sa mission
Autres aspects liés, et  constituant une interface :
 En effet, la qualité de séjour  d’un touriste, dépendra donc du soin apporté à la rue, de la propreté, du design dans l’expression architecturale des immeubles, des quartiers  bien gérés, la lutte contre toute pollution visuelle et sonore, la sécurité, les rues et les routes bien entretenues, des hôpitaux bien gérés et humanisés.des taxihumanisés, des schémas directeurs maitrisés en matière d’éclairage public, en matière de lieux de détente et d’espaces verts , d’enlèvement des ordures ménagères, des gares  et des stations de services humanisés.,
 Des plans de transport et de la circulation homogènes. Le futur tramway donnera une valeur ajoutée au transport et au tourisme. Les collectivités locales ont la responsabilité de bien manager leur commune pour la rendre conviviale, accueillante, bien fleurie, et bien structurée. Lancer des concours pour des émulations entre communes. Sensibiliser les habitants pour opter pour un nuancier de couleurs pour le ravalement des façades des maisons et immeubles.
Quelle stratégie devrions-nous adopter pour que le tourisme de masse ne restera pas centré sur l’exploitation intensive du soleil, la bouffe et la mer « bronzer idiot » ?
 Car  de notre point de vue  cette attitude et ce comportement  finiront  par l’asphyxier.
 C’est là qu’interviendra comme alternative, le tourisme rural dont fait état l’étude pour la 1erè fois, il  pourra effectivement se transformer  dans le long terme une puissance écologique qui va parachever l’intérêt majeur au tourisme vert qui est cité dans l’étude.
Pour peu que cette culture imprègne le monde paysan  qui saura que cela  lui procurera à travers cette niche un revenu complémentaire à son activité agricole classique. Moralité, il y a donc beaucoup d’actions d’informations et de persuasions à mener en direction de ce segment. Mais qui va s’en charger ?
C’est vrai que l’espace rural et la montagne seront porteurs d’une demande et les potentialités en termes d’innovations et de création de produits nouveaux  seront considérables.
 Je cite, la réalisation des gîtes ruraux, l’équitation, la fantasia, les moussems,la chasse aux sangliers qui pullulent dans le Dahra,le terroir agricole : l’huile d’olive,   la vigne el3adari, la pomme de terre, le miel et divers produits  maraichers, l’élevage bovin et ovin, l’art culinaire du terroir, le four  à pain « fréna », le poisson, des viviers de crustacés à développer en priorité).
Autant de produits touristiques et gastronomiques, attractifs  classés dans le domaine matériel et immatériel à mettre en valeur. C’est valable aussi au niveau de notre paysage agricole et forestier  qui est fortement identitaire dans notre wilaya.
En tout état de cause, nos préoccupations  semblent être en osmoses avec le  Ministère du tourisme  et à l’artisanat qui   estime  selon l’APS « que l’Algérie n’est pas considérée comme une destination touristique pour le moment, l’important selon lui c’est d’opter sur la démarcation par rapport  aux autres attractions touristiques au lieu de se lancer dans la concurrence »
 « Il estime  aussi qu’il est impératif d’assurer une activité touristique à longueur d’années prônant la résilience qui est un concept nouveau dans l’économie touristique, à l’effet de s’adapter à un environnement  changeant. »
J’ai eu l’occasion de le dire et de le répéter dans l’intérêt majeur de la préservation de notre éco-système déjà fragilisé, l’association du Renouveau  lance un appel en direction des : pouvoirs publics, élus locaux, APW, société civile,  à l’effet de militer avec conviction en  faveur d’une stratégie touristique capable  de passer « du littoral au service du tourisme à  un tourisme au service  du littoral ».
A cet effet, il serait judicieux de matérialiser  dans notre wilaya deux types de tourisme : le touriste  durable qui n’est que l’alternatif du tourisme de masse qui est aujourd’hui décrié.
Ce tourisme durable désigne au fait toutes formes de tourisme qui respectent, préservent et mettent  en valeur à long terme les ressources naturelles.
Le second type c’est l’éco-tourisme qui est basé sur la découverte de la nature et notre culture traditionnelle matérielle et immatérielle qui règnent dans l’espace naturel. Là aussi il y a un important travail à réaliser d’autant plus que l’activité de cette niche est  totalement vierge.
 Il comporte une part d’éducation et d’interpellation et doit  faire prendre conscience de la nécessité de préserver le patrimoine naturel et culturel. Il s’agit là d’un tourisme centré sur l’environnement.
Notre wilaya s’étale sur une superficie totale de 35.000km2 pour une population de 750.000 habitants. Dont les 2/3 des communes du littoral sont rurales ce sont des opportunités  qui peuvent être exploitées  dans la niche de l’agro-tourisme et le tourisme  rural
Enfin nous souhaitons que le schéma de développement du tourisme  visera à juguler  l’outil de programmation  dans toute sa logique et son objectivité, Car ce schéma qui va hypothéquer le devenir du tourisme à Mostaganem,  doit assurer le développement de l’offre du territoire pour que le tourisme  dans notre ville, devienne à la fois un véritable levier de développement économique local, et un véritable levier de développement  durable dans toute sa diversité viable et équilibré.
C'est-à-dire réaliser, édifier, et construire   en harmonie avec les exigences de l’heure, mais  surtout  au profit des générations futures. C’est cela notre  vision et notre expertise sur la philosophie du développement durable dans notre belle ville que nous tentons et souhaitons préserver  aux prunelles de nos yeux.
 Par KHELIFA MOHAMED
Pdt de l’Association du Renouveau,
Cadre supérieur en retraite.
 
 
 

KHELIFA MOHAMED
Mercredi 24 Septembre 2014 - 14:22
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