REFLEXION

CONTRIBUTION : Les Soufis "serviteurs du souffle"

L’instruction : Action d'instruire quelqu'un, un groupe, de leur donner des connaissances, de leur délivrer un enseignement : L'instruction que j'ai reçue à l'école.Le savoir : Connaître la valeur, l'importance de quelque chose : Je sais mes obligations envers vous.La science : Ensemble cohérent de connaissances relatives à certaines catégories de faits, d'objets ou de phénomènes obéissant à des lois et/ou vérifiés par les méthodes expérimentales.
La connaissance : La connaissance est une notion aux sens multiples à la fois utilisée dans le langage courant et objet d'étude poussée de la part des philosophes contemporains.



Ce que Jung –notamment- appelle " la synchronicité " constitue, justement,  une communication avec l'univers, avec la Vie, avec ces forces.
Et ces forces-là, se manifestent dans les profondeurs de l'inconscient humain, l'inconscient collectif essentiellement.
Mais pouvons-nous nier, à l'heure scientifique actuelle, la connexion de toutes choses ?  Cette synchronicité chère à Jung, et défendue aussi par Einstein et d'autres scientifiques.  De quoi s'agit-il exactement ?   Je pense que nombre d'entre nous ont pu déjà observer que lorsqu'on est " en harmonie ", l'univers semble répondre à nos besoins.  Il nous parle……par signes essentiellement.  Le fameux " Langage des oiseaux ", cher aux Soufis et à François d'Assise, par exemple.Lorsque nous nous soumettons à ces forces, à cette conscience, nous favorisons cette harmonie et découvrons d'autant plus cette grande communion.Mais, peuvent dire certains, nous sommes des hommes libres et refusons de nous soumettre à qui ou à quoi que ce soit.   En effet, libre à chacun de s'installer dans le feu par exemple. Ou de nier les forces de la pesanteur et de sauter par la fenêtre du dixième étage. Et libre aux autres de croire en la Conscience de l'Univers.  Et  lorsque notre Ego croit pouvoir dépasser, être plus fort que ces forces, et s'estime libre de le faire, il se coupe de l'harmonie et ne peut être sensible au langage des oiseaux dont je parlais plus haut. Ce faisant, il ne se gêne pas pour soumettre la partie la plus profonde, la plus sensible, la plus vraie de notre Etre.Pour ma part, croyant Musulman, mon intention ici est d’expliquer pourquoi je ne crois plus au concept d'athéisme. Et ce tout simplement parce que ce concept implique une croyance au concept de Dieu.Ce paradigme triangulaire: Dieu, Déisme, Athéisme est basé sur une interprétation fausse de ce qu’est l'essence du monde, l'essence de la vie.  André Chouraki nous explique qu'on a très mal traduit le mot hébreu " Elohim " par Dieu.  En effet, ce sont des Grecs qui, les premiers, ont traduit la Bible et ils ont illustré le sens en prenant ce qu'il y avait de plus élevé à leurs yeux, à savoir Zeus, le roi des Dieux.Mais Zeus, c'est un personnage, divin certes, mais personnage quand même : il a un caractère –et une représentation (la fameuse grande barbe blanche…du " Bon Dieu ", ne vient-elle pas de lui ?).  On peut savoir comment influer sur lui, ce qu'il aime, ce qu'il n'aime pas, etc… Une sorte de super-père en quelque sorte.  Zeus est tirer du mot Deus et Dieu.Une traduction littérale du mot " Elohim " d'après André Chouraki serait " les Forces ". Et Allah, on entend bien qu'il s'agit de la même racine, c'est le même mot, mais au singulier.
Alors, la notion de Dieu n'a absolument rien à voir avec Allah ou Elohim.
Par conséquent, si on se considère comme déiste, c'est qu'on reconnaît l'existence de un ou des personnages bien précis, bien typés, aux pouvoirs divins… Et, si on se dit athée, c'est qu'on nie leur existence mais qu'on croit à ce concept.
Donc, bien sûr, le mot athée a un sens: celui de ne pas croire au Bon Dieu à barbe blanche.  Mais il me semble inutile de mettre de l'énergie dans cette-non croyance. Je ne perdrais pas mon  temps et mon énergie à expliquer le non-sens de cette croyance….Tant qu'on ne tente pas de me l’imposer.
On pourrait me dire qu'il ne s'agit là, que d’une querelle de mots.
Je pense hélas qu'il ne s'agit pas que de mots mais que la croyance qui traîne dans  nombre d'esprits –occidentaux en tout cas- est bien, encore à l'heure actuelle, celle du Bon Dieu barbu.Qui plus est, ce Dieu –ou ces dieux- vu(s) comme des personnages avec des caractères bien précis, peuvent engendrer la peur: " si je lui désobéis, je vais aller en enfer "; je ne dois pas entrer dans les détails ils sont connu.Ou alors, au contraire, on croit pouvoir établir avec lui un contrat commercial: " je fais ce que tu dis et en échange tu me laisses une place au paradis ".  Cela dit comme si on réservait une chambre d'hôtel. Ces notions d'enfer et de paradis étant interprétées comme étant des lieux, bien entendu (pour moi, ils existent, mais sont des états) des espèces d'hôtels qu'on se paierait pour aller y passer sa mort.  Mais au lieu de payer en argent, on paie en comportement.  D'avance.  On paie d'avance (la confiance règne!).  Il faut dire que je le comprends de ne pas avoir confiance en nous parce que quand même, nous exagérons…En résumé, je considère donc que le positionnement en tant que déiste ou athée est un faux problème; un paradigme qui n'a pas lieu d'être.Cependant, même en n'ayant pas lieu d'être, il a entraîné bien des conséquences fâcheuses parce que, au nom de ce –ou de ces- Dieu(x) avec un caractère bien précis, on se bat: " mon Dieu est plus fort que le tien ", ou " le mien existe et le tien pas ", ou le mien est bon alors que le tien, c'est le Diable ", etc…Et, dans l'autre sens (des athées vers les déistes), moins de violence visible –qu'elle soit physique ou pas- sans doute, mais bien souvent, une sorte de condescendance qui fait dire à l'autre (ou penser de l'autre) qu'il est bien brave même s'il n'est pas assez intelligent pour comprendre que tout cela est de la foutaise…. Que ces élucubrations ne servent qu'à protéger les faibles de la peur de l'anéantissement, et autres pensées disgracieuses qui ne se gênent pas pour hanter les esprits de bien des soit disant " champions " de la tolérance.               Pour moi, ce type de condescendance est le fruit d'une violence d'autant plus forte qu'elle n'est généralement pas exprimée et passe donc, pour l'essentiel, avec une force multipliée par sa discrétion.  C'est l'insultante violence du mépris, violence qui ne prend pas la peine de s'attaquer à l'autre qu'il considère comme tellement " inférieur " que ça n'en vaut pas la peine.
Et cela à mes yeux, et une antinomie paradigmatique absurde. Mais alors quoi ?Si on ne peut plus (puisque je le dis) se revendiquer du Déisme ou de l'Athéisme…. Que sommes-nous ?   Quelle étiquette pouvons-nous porter ? Ne vous inquiétez surtout pas, je ne me permettrais pas d'écarter un paradigme sans en propose un autre.
Et pour cela, sans prétention aucune,  permettez que je remplace ce qui relève de la croyance par ce qui relève de la Connaissance –avec un grand C, s'entend.Je propose donc comme paradigme, l'opposition –encore que- entre gnose et agnosticisme.
Généralement l’agnostique dit, quelque chose du genre: " je ne me prononce pas sur l’existence ou la non-existence de Dieu ; je n’en sais rien "A propos  " d’encore que…" en parlant d'opposition entre gnostique et agnostique ! Je serais plus proche du vrai,  je crois en parlant de la zone sur laquelle on se situe dans un continuum (Continuité d’ensemble de valeurs d’une grandeur dont les variations sont continues) s'étendant de l'agnosticisme absolu, rare à mon sens –puisqu'il signifie " je suis sans gnose " à la gnose, encore plus rare, me semble-t-il.  Si " gnose " signifie " Connaissance ", comment peut-on être absolument sans Connaissance ?  C'est pourquoi je parle d'un continuum.  Et, bien sûr, pour ne laisser planer aucune confusion,  je tiens à souligner que la Connaissance est fruit de l'expérience: on peut être savant, étudier, lire et mener de grandes recherches sans avoir développé " La Connaissance ".
Et quand je parle d'expérience, il ne s'agit pas de n'importe quelle expérience mais de celle de l'intériorité. Je parle donc de cette connaissance lumineuse qui nous éclaire de l'intérieur et qui ne doit rien à l'instruction, aux livres, etc…Et très peu même à la raison. Car la raison ne sert pas à connaitre, elle sert à trier, à mettre de l'ordre, et à élaguer.  Et là se trouve à mon sens la grande erreur des approches rationalistes: croire que la raison permet de Connaître.  Il s'agit bien là d'une croyance. Rien ne démontre en effet que c'est la raison qui fait connaître.  Puisque même, de grands savants, de grands créateurs, expliquent généralement qu'ils sont partis d'une intuition pour découvrir ce qu'ils ont découvert.   Et puis, ils ont utilisé leur raison et leurs outils scientifiques pour vérifier leur hypothèse.Einstein rapporte qu’il allait au fin fond de la forêt pour " Ecouter le chant du monde ".  Et puis, tout à coup, une idée lui venait et il retournait avec elle à ses expériences et calculs afin de vérifier si l'idée tenait la route.Mais pour être plus explicite, il me faut revenir à cette notion d'Allah ou d’Elohim,D'abord en citant une phrase de la Bible qui dit: " si tu vois des traces de pas dans le sable, dis: " Elohim-(Allah) est passé par là ".  Ce qui signifie bien que chacun d'entre nous est Elohim-Allah. C’est-à-dire une de ses facettes, ou petite goutte de lui.  Dans ce sens-là, il est assez difficile de dire " Elohim –Allah n'existe pas ". Parce qu’alors cela signifierait nier l’évidence de notre existence.
Et, par ailleurs, " les forces ", contrairement à Zeus, ce n'est pas un personnage.
Qui peut nier la -ou les- forces ?
Les hommes préhistoriques, déjà, constataient et vénérer des forces de la nature (ou tout au moins les craignaient –et ils avaient de quoi !).  Elles étaient multiples: le vent, la pluie, le feu, l'orage, etc…Donc, tous les êtres vivants connaissent la force de l'eau, du feu, et pour rester dans les 4 éléments, de la terre et de l'air.  Les humains les ont déifiés; et ont ainsi trouvé le moyen de dialoguer avec ces forces.  Et puis, des hommes, qui étaient des êtres de Connaissance, voire même de Conscience, de vrais gnostiques, donc, sont venus dire: " eh bien, toutes ces forces, en fait, elles proviennent de la même source…et leurs messages se rejoignent.  Arrêtez donc de vous dispersez : mettez-vous à l'écoute et en communication avec le Tout.  Ou, en des termes plus proverbiaux: " mieux vaut s'adresser à Dieu le Père qu'à ses Saints...".En tout cas, les religions monothéistes en tant que telles étaient nées.Je précise " en tant que telles " parce qu'il semblerait qu'en fait, beaucoup de religions dites polythéistes ou animistes soient en fait monothéistes, en ce sens qu'elles vénèrent un " Dieu créateur " (comme on traduit habituellement….).  (Et personnellement, je dirais plutôt " une Conscience créatrice ").  Et elles reconnaissent des déités, c'est-à-dire des êtres qui arrivent sur terre comme des incarnations humaines –ou semi-humaines- de cette conscience créatrice, pour éclairer les hommes sur leur chemin.A la lumière des connaissances scientifiques actuelles, on ne peut pas ne pas voir l'unité de ce qui Est.On reconnaît une sorte de loi centrale d'où découlent une série de lois de fonctionnement.Cette Loi qui est pour moi ce que j'appelais plus haut " conscience créatrice " a, comme tout architecte, " créé ", dit-on dans les traditions créationnistes, ou généré de par son Essence même, une structure de base, un plan à partir duquel ce qui est peut Etre selon une architecture qui permet la vie et la conscience.Et cette architecture est un hologramme dont chaque partie est porteuse de l'ensemble du plan.  Et donc, à mon sens, d'une parcelle de La Conscience universelle.C'est ainsi que dans " Le pendule de Foucauld " de Umberto Ecco, on voit le personnage qui a tenté de mettre les lettres hébraïques de la Torah dans tous les sens, mourir d'un cancer.   Il l'explique en disant qu'à force de jouer avec les structures du texte sacré écrit dans une langue sacrée, il a comme donné l'exemple à ses cellules de tripoter leurs assemblage de lettres à elles, leur code génétique et a, ainsi, déclenché le cancer. Et si l’on prend en considération le fait que notre corps est à base de cellule cancéreuse, cette explication est facile à comprendre.
Je pense donc, en conséquence, que lorsque nous invoquons la Conscience de l'Univers, nous nous soignons contre d'éventuels cancers.  Physiques ou/et psychiques.
Donc, la question, à l'heure de la théorie du Big Bang, n'est pas tant de croire ou de ne pas croire en cet ensemble de forces, ou en la force centrale originelle, mais plutôt de savoir si une conscience l'habite.
Le gnostique est à mon sens celui qui a conscience de cette Conscience universelle avec laquelle il communique, voire même communie. Parce que l'interaction est permanente entre chaque parcelle individuelle de conscience et La Conscience du tout.  Et lorsque je dis " chaque parcelle de conscience ",  je parle de tout ce qui vit au sens habituel du terme (animal et végétal) et aussi de ce que nous considérons comme non-vivant: le minéral. Je sais qu'il est difficile de considérer le minéral comme étant conscient.  Là, je ne peux rien démontrer; juste dire que certaines expériences intérieures permettent de rencontrer la conscience du minéral…  Il n’est pas donner à tout le monde de comprendre que le minéral puisse avoir une conscience, mais beaucoup le savent.  « Et j'ai vécu ce type d'expérience, c'est pourquoi j'en parle "à l'aise "».
Je voudrais vous inviter à ne pas classer verticalement ce type d'expérience dans la poubelle de la douce folie, grâce à la mise en pratique du doute, lequel doute qui peut en l'occurrence un peu s'éclairer par les découvertes à propos de la mémoire du minéral… Découverte d'ailleurs largement appliquée dans le domaine de l'électronique.
Alors, s'il a de la mémoire, pourquoi devrait-on absolument bannir l'idée que le minéral puisse aussi avoir de la conscience ? (même si elle ne ressemble pas à la nôtre, de conscience, évidemment), surtout si l'on garde en tête la structure holographique de l'univers.
D'autre part, chez le croyant on rencontre généralement une croyance en une continuation de la vie après la mort.
Et je dirais bien que le gnostique vit une conscience de la vie dans son Eternité.
J'ose parler de conscience plutôt que de croyance parce que le gnostique se trouve dans un état de communion suprême avec La Conscience.
Personnellement, ça fait longtemps que je ne me pose plus la question de savoir si une telle Conscience habite et anime l'univers.  En effet, de par un certain nombre d'expériences que j'ai vécues (et parfois que d'autres ont vécues), je Connais de l'intérieur certaines choses que la rationalité d'aujourd'hui ne suffit pas toujours à expliquer) et j'ai la chance d'en trouver quelques bribes d’explications cohérentes et notamment dans la vision jungienne de la psyché humaine.  Mais aussi, parfois chez des physiciens quantiques par exemple.
Ce que Jung –notamment- appelle " la synchronicité " constitue, justement,  une communication avec l'univers, avec la Vie, avec ces forces.t ces forces-là, se manifestent dans les profondeurs de l'inconscient humain, l'inconscient collectif essentiellement.
Lorsqu'on a nettoyé pas mal de choses qui encombrent le Moi, il semblerait qu'on puisse plus facilement, plus clairement surtout,  se " brancher " sur La Conscience.  Et alors, on n'a plus qu'à aimer le Soi.  Je dis bien le Soi, et pas notre Moi.  Par contre, si on ne donne pas ce coup de balai, ce même Moi nous aveugle.  Il ne nous permet pas de voir au-delà de lui.  Normal: il est trop en lutte contre la souffrance.
Or, notre Moi est la partie étroite de notre conscience psychique telle qu'elle s'est structurée pour s'adapter socialement, alors que le Soi est beaucoup plus large et est illuminé, dirais-je par notre petite flamme intérieure qui, selon ma compréhension, est une parcelle de ces Forces, de cette conscience de l'Univers.  Et quand je dis " notre "... Il n'y a, à mes yeux, rien qui soit nôtre, bien au contraire, mais c'est la parcelle de conscience de l'univers qui anime notre individualité.  Laquelle est en connexion avec le Tout... Allah – Elohim (ou autre, selon les langues), donc.
__Mais pouvons-nous nier, à l'heure scientifique actuelle, la connexion de toutes choses ?  Cette synchronicité chère à Jung, et défendue aussi par Einstein et d'autres scientifiques.  De quoi s'agit-il exactement ?   Je pense que nombre d'entre nous ont pu déjà observer que lorsqu'on est " en harmonie ", l'univers semble répondre à nos besoins.  Il nous parle……par signes essentiellement.      Le fameux " Langage des oiseaux ", cher aux Soufis et à François d'Assise, par exemple.
Lorsque nous nous soumettons à ces forces, à cette conscience, nous favorisons cette harmonie et découvrons d'autant plus cette grande communion.
Mais, vous pouvez me dire, nous sommes des hommes libres et refusons de nous soumettre à qui ou à quoi que ce soit.   En effet, libre à chacun de s'installer dans le feu par exemple. Ou de nier les forces de la pesanteur et de sauter par la fenêtre du douzième étage.
Alors, ne pas s'y soumettre, c'est faire dominer le Moi, voire l'Ego.  Celui qui dit: " c'est moi qui décide, c'est moi qui agit ".  Et s'il est vrai qu'on a pu créer des avions pour faire la nique aux lois de la pesanteur, c'est bien la preuve que ces lois sont là.   Avec notre gros Ego, ce type de découverte technologique nous fait penser que nous pouvons dominer les lois universelles.... Jusqu'au jour où nous payons la note parce que nous avons exercé ce pouvoir de contourner les lois sans leur " payer tribu ".  Mais ceci n'est qu'une parenthèse sur laquelle je ne veux pas m'étendre ici.
Je voulais seulement illustrer la puissance des forces de l'Univers par ces lois physiques qui ne souffrent pas de contestations.  Il n'y a pas qu'elles !   Mais celles-là au moins font l'unanimité. Les autres, les lois psychiques, par exemple, sont peut-être plus difficiles à détecter, à accepter surtout.
Et  lorsque notre Ego croit pouvoir dépasser, être plus fort que ces forces, et s'estime libre de le faire, il se coupe de l'harmonie et ne peut être sensible au langage des oiseaux dont je parlais plus haut. Ce faisant, il ne se gêne pas pour soumettre la partie la plus profonde, la plus sensible, la plus vraie de notre Etre.
Si je prends l'exemple du mot " Musulman ", contrairement à ce que beaucoup croient, il ne s'agit pas d'une étiquette propre à une pratique religieuse spécifique: « Musulman » veut dire quelqu'un qui s'en remet à  Allah et, de cette manière, atteint la Paix (Salam).  C'est donc, textuellement, un Pacifié. Et ce, quelle que soit la forme ou l'étiquette religieuse concernée. Il accepte ses lois –lois auxquelles, de toute façon, il ne peut pas échapper- En fait il lui fait suffisamment confiance pour accepter ses décrets. A quelque niveau que ce soit, il dialogue avec Il/Elle. Et, comme l'on sait, il existe plusieurs moyens pour ce dialogue, au centre desquels, et de manière universelle, on trouve prières, méditations, rituels…  Des techniques qui nous sont fournies pour faciliter ce dialogue.
Une histoire soufie raconte qu'il y avait une femme qui n'avait reçu aucune éducation religieuse mais qui sentait le besoin de prier et de méditer. Elle priait sur la plage, comme ça, comme elle le pensait, sans respecter aucune procédure prescrite.
Un jour vint à passer en barque un vieil homme très sage et très érudit.
La voyant prier ainsi il s'arrêta, vint près d'elle, et lui expliqua gentiment qu'elle ne priait pas comme il faut.  Elle lui demanda alors de lui apprendre à prier, ce qu'il fit avec grand plaisir. Ensuite, il la salua et retourna dans sa barque.
Il s'éloignait de la côte quand la femme se rendit compte qu'elle avait oublié une parole très importante à prononcer.  Elle l'appela mais à cause du vent il ne l'entendit pas.  Alors elle courut et courut jusqu'à rejoindre sa barque.  Essoufflée, elle lui posa sa question.  Il la regarda avec de grands yeux étonnés et lui dit :" non, continue à prier comme tu l'as toujours fait, moi je serais bien incapable de marcher sur l'eau comme tu le fais ".
Tout cela est évidemment plus facile à dire qu'à faire…Et cette histoire nous sert à comprendre que le plus important est dans la pureté de la foi. Les paroles ou les règles sont secondaires.
Quand le Coran dit " Je suis plus près de vous que votre veine jugulaire ", c'est bien, à mon sens ce que ça veut dire.  " Il " est plus près de nous parce qu'il est notre petite flamme intérieure.
Alors, à mon sens (forcément), tenter de s'y soumettre, c'est tenter de se soumettre à cette petite flamme intérieure. C'est-à-dire, lui permettre d'assumer son rôle, en nous, de guide, celui de l'Imam caché du Chiisme duodécimain.
Dans cet acte de soumission à la petite flamme intérieure, on veille à maintenir l'Ego et le Moi à leur juste place, c'est-à-dire à celle d'outils qui vont permettre à cette petite flamme de se dévoiler de plus en plus.  Donc, de nous guider de mieux en mieux. Parce que l’Ego, lui, si on le laisse faire, il gonfle et tente de devenir le maître.  Rûmi disait : " ta tâche n'est pas de chercher l'amour, mais simplement de chercher et trouver tous les obstacles que tu as construits contre l'Amour. "
Le gnostique est donc quelqu'un qui, non seulement, développe cet objectif, mais encore a rencontré, peu ou prou, cette flamme.  Il la Connaît –même s'il n'a fait que l'entre-apercevoir, il est dans la Connaissance que cette flamme l'habite et constitue son essence.  Et comme il la connaît, il ne peut que l'aimer parce qu'elle est aimable, parce qu'elle est Amour.Mais, pauvres êtres humains que nous sommes, il nous est difficile d'être entièrement ouverts à cette force intérieure…Parce que nous n'arrêtons pas de nous voiler, de mettre des obstacles entre notre Moi et la petite flamme…Le gnostique a soif… Il souffre et jouit tout ensemble de cette soif de se baigner entièrement dans la source; oui,  je sais,  je saute d'un mot à l'autre;  je passe de la flamme à la source.  Mais la flamme est en même temps une source.  Elle est le feu qui rafraîchit, le buisson ardent de Moïse, mais aussi la fontaine qui coule sur nous et en nous en de multiples ruisseaux et nous oint de sa grâce.  Les Orientaux parlent de cette flamme, ils l'appellent la Kundalini. On peut la connaître livresquement.  Mais alors il est difficile –aux Occidentaux à l'esprit trop rationnel- de la prendre au sérieux. Ça peut avoir un petit air d'élucubration.  Cependant il est possible de la connaître de l'intérieur, lorsqu'elle est éveillée en soi et qu'on la sent.  C'est quelque chose de réel, pas du tout d'imaginaire. Les Orientaux l'appellent Kundalini (ce qui signifie "l'enroulée") mais d'autres traditions la connaissent également, sous d'autres vocables.  Et ces vocables, généralement, évoquent le Souffle.  En Arabe, Rouh (et en Hébreux aussi) et nafs sont 2 mots qu'on traduit habituellement par âme, ou par souffle.  Ainsi, d'ailleurs que le Spiritus et l'Anima du latin. Et le Khâ et le bâ des anciens égyptiens; le pneuma et la psychè des Grecs.  Pour ce que j'en ai compris, l'un des deux, nafs, kha, psychè et Anima, désignerait plutôt les fonctions psychiques (qui vient de psychè justement) également traduit par âme en Français; Alors que l'autre,  (rouh), bâ et Spiritus, désigneraient plutôt ce que plus haut j'appelais " la petite flamme ", cette goutte Allah qui nous habite et que la tradition chrétienne nomme Esprit.  On parle d'ailleurs de l'Esprit qui souffle, du souffle de l’Esprit…   Et les Soufis sont " Les serviteurs du souffle ".
Il existe plusieurs portes d'entrée vers la gnose, la Connaissance. L'éveil à ce souffle en constitue une; l'art sacré, dont les chants et psalmodies en particulier,  la méditation en est une autre encore, la méditation sur des textes sacrés en particulier.   Et j'insiste sur le mot " méditation " car une simple lecture, même éclairée, même savante, ne permet pas d'en comprendre l'essence.  S'il faut en effet une capacité d'analyse pour lire et comprendre ces textes, cette dernière ne suffit pas, loin s'en faut.  Pour prendre l'exemple du Coran, un grammairien syrien a écrit une dizaine de gros et grands volumes rien que pour interpréter, de l'Arabe à l'Arabe et purement grammaticalement, chacune de ces phrases.  Il paraît que chacune peut avoir une dizaine de significations; j'insiste: il s'agit d'interprétations strictement linguistiques, sans lecture théologique et/ou philosophique.
Dès lors, celui qui lit le texte se doit évidemment d'avoir les connaissances linguistiques suffisantes pour entrevoir, si par la dizaine, au moins plus d'une des significations possibles. De toute façon, il interprétera, selon sa grille de lecture à lui, son filtre personnel du moment. Donc, à partir de sa compréhension linguistique, c'est l'intuition, la connaissance profonde illuminée par la petite flamme, qui lui permettra de comprendre l'essence du texte. S'il est un cheminant de la gnose, ce filtre évoluera et s'élargira en permanence. Il aura donc, à chaque relecture, une compréhension de plus en plus profonde du texte.
Sa propre compréhension, bien sûr, dépendant du degré d'éveil de sa conscience, de là où il en est de son évolution intérieure; ou d'état de conscience -quoique j'ai peur que ça ne prête à confusion à cause de la notion d'états de conscience modifiés- où il se trouve lui-même.  Cette compréhension dépendra aussi de ses choix philosophiques et théologiques qui découlent de son niveau de conscience.  Etc...  Il s'agit donc bien de méditation, plus que de lecture (et cela est trop souvent mal compris par les religions qui ont figé l'interprétation du texte).  Je crois pouvoir dire que la Kabbale, par exemple est un processus qui favorise une lecture méditative du texte. J'ai envisagé ici quelques portes d'entrée, sans prendre le temps d'être exhaustif.Je vous invite donc à laisser retentir en vous, non pas mes paroles qui ne peuvent tout à fait exprimer ce que je voudrais dire, mais le petit souffle d'absolu que j'ai tenté de laisser me traverser à travers elles.
        *Chabane Nordine, Auteur écrivain.                       

             

Chabane Nordine*
Mercredi 6 Janvier 2016 - 19:13
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