REFLEXION

CONTRIBUTION: Les Lobbys, la Politique et l’Histoire …Le Clash des Memoires: L’édifice politico-judiciaire et médiatique

Quant à l’année 2010, elle a été des plus fécondes. Le film « La Rafle du Vel d’Hiv » sort en même temps dans plusieurs cinémas européens (France, Belgique, Luxembourg, Suisse).



CONTRIBUTION: Les Lobbys, la Politique et l’Histoire …Le Clash des  Memoires: L’édifice politico-judiciaire et médiatique
Leur opiniâtreté maladive et leur génie leur permet de faire de chaque détail, de chaque partie une globalité, un tout, dans le sens où aucune parcimonie en matière de communication, de propagande et d’affect, n’est épargnée pour donner à l’événement un aura quasi national, international. De ce qui n’était au début qu’une manifestation cinématographique comme tant d’autres devient un show politico-médiatique et presque une fête nationale. L’un des rescapés de cette rafle dont l’histoire a inspiré le Film, Joseph Weismann, a été reçu par Le premier Ministre François Fillon lequel lui a solennellement exprimé « La reconnaissance de la Nation », et comme il est de coutume, car c’est devenu un rituel quasi religieux et mystique, le Premier Ministre n’a pas pu s’empêcher de reconnaitre pour une millième fois l’avilissement de la France, comme toujours. « La France doit célébrer ses jours de grandeurs et reconnaitre ses heures de honte car la mémoire d’un grand peuple ne peut pas se diviser. » En dépit de son succès commercial, le film a essuyé de nombreuses critiques assez violentes de la part de la presse française. La réalisatrice du Film, Roselyne Bosch, ex/journaliste à l’Hebdomadaire nous donne, par ses réparties, un aperçu sur cette faune politico-intellectuelle qui avance dans l’histoire et s’insinue dans les mémoires à coup de Diktats. Interviewé par l’hebdomadaire L’Express en Mars 2010, elle déclame obséquieusement « Moi, je tiens à préciser que je n’ai pas fait le film par devoir de mémoire. J’ai horreur du mot « devoir », je ne pense pas qu’on puisse imposer l’histoire aux gens comme on gave des oies. » Neuf mois plus tard, la cinéaste qualifie les critiques qui n’ont pas apprécie son film de « Pisse-froid qui rejoignent Hitler en esprit ». A vouloir imposer des émotions et requérir des plébiscites, c’est plutôt elle et sa confrérie qui rejoignent les totalitaires. Se rappeler et s’émouvoir pour ne pas être traitée de collaborateur et de nazi, c’est cela la leçon de morale qui nous est léguée par cette réalisatrice entretenue par l’escarcelle des juifs. Il y a tellement de tragédies humaines, de barbarie et d’agressivité qui essaiment le globe mais qui passent totalement inaperçues. El il y a tellement de gens comme Joseph Weismann, pauvres malheureux éternellement anonymes qui ont échappé à des régimes de terreur (Pol pott-Timor- Rwanda-Soudan-Srebrenica….) Fort malheureusement, ces lieux de déchéance ne recèlent pas les moyens financiers nécessaires , la politique ultra volontariste et offensive adéquate ainsi que l’amour ou l’intérêt indéfectibles et indivisibles pour la cause commune, le bien commun , et le destin commun. La seule partie visible de l’iceberg que l’on s’évertue à garder la plus étincelante demeurera le Spleen, la nostalgie et le ressentiment juifs. Je ne voudrais pas clore cette anthologie de films carnavalesque et boulimique qui s’adresse à nos mémoires sans évoquer le dernier film en liste, de, sortir sur les écrans le 13 Octobre. Sur les écrans de la télévision, on n’en est pas moins gâté ; la chaîne parlementaire LCP prend le relais en essayant de nous présenter comme des nouveautés des documentaires : Vichy et les juifs 1940-1944, de Patrick Rotman (octobre 2010), Une épuration Française, d’Emmanuel Hamon (Décembre 2010), L’occupation sans relâche, d’Yves Rioux et Philipe Pouchain (Décembre 2010 sur France5) et repassé sur TF1 le 10 Janvier 2011.Bien évidemment tous ces documentaires ne sortent pas du cadre de la démythification d’une France Héroïque et résistante ou de la stigmatisation d’un passé français collaborationniste ainsi que d’une Justice assez laxiste et complaisante lors de la période de l’Epuration et jusqu’au règne de Mitterrand. Au moyen de quelques archives télévisuels savamment incrustés au débat, L’outrage est présenté autrement, réorienté ailleurs, ce n’est plus de la barbarie nazie, ni de l’insoutenable souffrance des juifs dont il est question, mais d’un ensemble de duplicités présidentielles, administratives, intellectuelles et artistiques évoquées déjà par le passé. En Décembre 2010, le Sénat français organise un colloque sous le thème « 1940-1962 : les troubles de la mémoire française », plusieurs historiens et personnalités politiques françaises présentent des conférences assez intéressantes au sujet des faits qui les préoccupent, ce concentré d’histoire jalousement circonscrit entre 1940-1962 et le rôle éminent des médias dans la préservation et la reconstruction de la mémoire vigilance . Dans son intervention, l’Historien Benjamin Stora essaye de nous convaincre que la question algérienne n’a pas été si dénigrée comme tentent de le penser certains et il passe en revue les films qui traitent de cette période. Il omet seulement de rappeler qu’aucune comparaison ne peut se faire entre l’immense et de très haute facture filmographie qui n’a eu à traiter que des cinq années de la Shoah et l’insignifiante production cinématographique concernant la guerre d’Algérie, et ce qui est plus bizarre encore, c’est leur entêtement incompréhensible à cantonner le drame algérien dans les sept années de la guerre de libération. En s’y prêtant à des lectures comparatives au sujet de l’attention que portent les médias (Films, documentaires, débats, archives…) à l’analyse du fait historique, on constate de flagrantes disparités significatives entre leur manière de gérer leur mémoire et l’écriture de l’histoire, notamment celle de la Shoah d’une part et l’histoire de la guerre d’Algérie d’autre part, pour ne prendre que cet exemple. Ainsi, la quasi-totalité des films ou débats qui traitent de la période de la Shoah restent essentiellement axées sur la dénonciation du régime nazi en tant que système totalitaire et de l’idéologie foncièrement antisémite et irréductible du régime de Vichy. Ces Médias dénoncent accessoirement les duplicités politiques et administratives françaises, scrutent sans complaisance la complexité d’une nature humaine sans chercher à aucun moment ni à l’exonérer ni à l’absoudre : Un tempérament français suspect, truffé d’ambivalences au point d’osciller allégrement entre une horrible compromission et les tentatives désespérées de se racheter, comme par exemple le fait de collaborer avec l’ennemi et essayer aussitôt d’aider la résistance. Toutes ces subtilités, soyons en surs, nul ne pourra les déceler à travers aucun des films (et encore moins à travers un documentaire quelconque puisqu’il n’en existe pas) qui portaient sur la guerre d’Algérie et encore moins sur les périodes antérieures. Les raisons fondamentales ou plutôt les déficiences qui minaient dés le départ ces réalisations cinématographiques sont les suivantes :
1-De par leur pouvoir prétendument suggestif, les films sur la période coloniale font davantage appel à notre imagination ou à une hypothétique culture historique dont nous ne sommes forcément pas tous pourvus au lieu de décrire de manière explicite ,scrupuleuse et exhaustive par le biais de la fiction ou du documentaire une chronique du système colonial à travers ses manifestations multiples qui dévoileraient précisément sa véritable nature qui s’étale sur plusieurs dizaines d’années ponctuées par des cycles de spoliations et d’oppression qui ont tantôt recours à des stratagèmes juridiques et tantôt usent sans détours ni scrupules de la violence la plus abjecte.
2-Probablement pour être intelligibles et rentables sur un plan commercial, ces films ont plutôt préféré parler d’histoires et de destins individuels dilués dans les soubresauts d’une époque tumultueuse, ce qui ne contribua guère à la compréhension du système colonial dans son ensemble et sa complexité.
3- Comme si la nation algérienne ainsi que son destin n’ont commencé clairement à se négocier qu’à partir de 1954, il est malheureux de constater que tous les débats sur cette mémoire collective autour de laquelle s’agglutinent historiens et cinéastes restent étrangement circonscrits à la guerre de libération nationale. En escamotant avec une maladresse inouïe toutes les périodes antérieures et qui demeurent de loin les plus représentatives de la férocité du système colonial, il est difficile de rendre compte du colonialisme tel qu’il a été.
4-Les programmes scolaires français ont façonné la mémoire collective avec des représentations qui ont toujours visé à glorifier globalement l’empire colonial.
5-Pour de raisons historiques, seuls les Juifs ont pu bénéficier d’une opportunité incomparable : en qualité de victimes et en citoyens français, ces derniers ont dénoncé et condamné la France sur son propre territoire. Concomitamment Juges et parties, Français et Juifs, revendiquant partout dans le monde leur judaïté en tant que victimes et se réclamant de la citoyenneté du pays dans lequel ils résident, ils ont fini par infléchir toutes les volontés dans le sens de leurs désidératas ainsi qu’à sensibiliser, émouvoir et formater les consciences. En définitive, voila assez brièvement pourquoi nous ne pourrons jamais prétendre pénétrer leur mémoire collective avec autant de charge émotive, d’ajustements, de précision, de rigueur et d’authenticité historiques. (A suivre)

MAZOUZI Mohammed - Enseignant - Mostaganem
Mardi 22 Mars 2011 - 09:24
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