REFLEXION

CONTRIBUTION : Formation professionnelle : S’adapter aux évolutions

Cet article traite des aspects classiques de la formation professionnelle. On décrit brièvement la genèse de ce système. On remarque que, malgré des progrès remarquables, notre pays souffre de certains maux liés à l’intégration très partielle du sous- système de la formation professionnelle dans son système général de formation



De manière plus précise, le dispositif de la formation professionnelle s’avère incapable d’anticiper les métiers d’avenir. Pis encore, quand certains métiers ne sont plus demandés sur le marché du travail, le dispositif continue à former des candidats en faisant-fi des mutations de la demande en main d’œuvre. De même, la qualité de la formation professionnelle continue à véhiculer, une image négative auprès du grand public, mais aussi auprès des entreprises. Enfin, les passerelles entre la formation continue et les autres composantes du système de formation sont peu nombreuses, voire inexistantes.
Quel est le rôle des organismes de formation ? Est-ce la délivrance d'un savoir, sanctionné par un diplôme ou la formation est-elle plus tournée vers le développement de la capacité à trouver un emploi, et à le garder...
Pour accompagner le développement des entreprises, et également contribuer au développement de la croissance d'un pays, la formation professionnelle doit s'adapter à un certain nombre de contraintes et d'objectifs.
Les objectifs des formations doivent être liés aux objectifs et prévisions de recrutement des entreprises notamment les PME. La formation  doit- elle seulement préparer à des diplômes, et délivrer des savoirs théoriques, ou dit-elle aller plus loin dans la réflexion, et préparer les jeunes  à obtenir un emploi, faciliter leur insertion sociale ou professionnelle, et dans quelle mesure doit-elle prendre en compte les besoins des entreprises ?Lorsque l'on étudie avec les entreprises, on est frappé par le nombre de chefs d'entreprises qui se déclarent insatisfaits des compétences et savoirs développés au sein des centres de formation.
 Réformer la formation professionnelle ou l’organisation du marché du travail améliorerait-il l’insertion professionnelle des jeunes?
 Les réformes organisationnelles du monde du travail resteront inefficaces si la formation n’est pas au rendez-vous. La réforme structurelle majeure à mener sur le marché de l’emploi, c’est la formation, initiale (éducation) et professionnelle. L’apprentissage est délaissé et stigmatisé dans notre pays, ce qui prive l’économie nationale d’un moyen imparable pour permettre aux jeunes d’être en position de force lors de leur entrée sur le marché du travail. De même, la formation professionnelle souffre d’une gouvernance complexe, les contrôles de qualité y sont inexistants, il y a des gaspillages de fonds publics en matière de choix de spécialités qui vont en parallèle avec l’évolution du marché de l’emploi.
La formation professionnelle véhicule toujours une image négative malgré les efforts des responsables politiques. Les causes de la persistance de cette image négative sont assez connues : le manque de la culture de métier et d’apprentissage, le refus des élèves de poursuivre des études dans des domaines peu valorisants (bâtiment), malgré l’existence de demandes d’embauche forte de la part des entreprises, l’inefficacité du système d’orientation. Sans oublier l’inexistence de campagne moderne de sensibilisation, auprès des élèves et de leurs parents et même de l’opinion publique de manière générale, sur les caractéristiques des métiers proposés par les organismes de la formation professionnelle ainsi que les opportunités offertes par ce créneau.
Incapacité du système à anticiper les besoins de l’économie
Le dispositif de formation professionnelle tel qu’il est conçu actuellement a montré ses limites dans la mesure où il a été incapable d’anticiper l’évolution des métiers et les besoins du marché du travail dans certains secteurs. Il en est ainsi de beaucoup de secteurs qui ont connu des bouleversements importants (couture et textile, agent de saisie …etc). En même temps, le nombre de stagiaires dans ces mêmes secteurs a continué à évoluer de manière ascendante. L’ouverture de nouveaux centres de formation (ou la réhabilitation des anciens) a suivi le même rythme d’évolution. La conséquence de ce dysfonctionnement est que la capacité de formation dans ces secteurs a été largement supérieure aux besoins du marché.
 Le manque d’interaction entre les centres de formation et les autres établissements est aussi un facteur défavorable pour développer le niveau de proposition de nouvelles spécialités et ce à travers une carte professionnelle efficace et non théorique.
Même le privé, tant attendu à s’investir dans ce créneau, n’a pas joué le jeu et a contribué négativement dans la délivrance de diplômes, sans formation dans certaines wilayas.Le système actuel de formation, avec ses faiblesses, assure à vrai dire une formation sociale loin de tout horizon professionnel du moment qu’il continue à assurer des spécialités dites mortes.

 

Taoufik Hamiani
Mercredi 17 Février 2016 - 19:38
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ACTUALITÉ
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