REFLEXION

CONTRIBUTION : Benaissa Abdelkader : L’Art au service de la patrie

Mostaganem peut s’enorgueillir d’avoir consacré à la culture nationale , une palette de noms prestigieux qui enluminent presque toutes les efflorescences de l’Art. Pourtant , à y voir de plus près , d’autres noms non moins prestigieux manquent à l’appel et continuent ,depuis des années, à se morfondre dans un glacial oubli . Qu’il nous soit donc permis , à travers ces lignes ,d’ exhumer et de raviver le souvenir de l’un parmi ces illustres oubliés :
le regretté Benaissa Abdelkader .



Figure  emblématique  de l’Art , personnalité  attachante et  d’une  révérence rare , Benaissa Abdelkader  fut  tout à  la  fois,  écrivain , dramaturge ,  historien , pédagogue  et  éducateur , comme il restera aussi  pour  l’histoire, l’inoubliable  et  dévoué  directeur  de  la  mythique  troupe  musico-théâtrale  mostaganémoise  d’ El Mesrah Essaïdia  des  années  cinquante,  années  bouillonnantes  où  l’art  devient  partie  prenante du  combat  libérateur .
Homme  à  l’ engagement  remarquable  , Benaissa  Abdelkader  était  habité  par  une  inextinguible  ferveur  nationaliste  qu’il  réussira à   transmettre  à  sa  troupe , laquelle sublimée  par ce  credo ,  ira  investir  avec  beaucoup  d’éclat ,  une scène  musicale  mostaganémoise  quadrillée  en ces années là , par  des  ensembles  musicaux français  plus nantis et plus aguerris ,comme la philarmonique ,l’harmonie  mostaganémoise, le jazz symphonique, le cercle  symphonique ... et  par toute  une  escouade  de  petits  groupes  qui  faisaient  gambiller  la cité  européenne .
Plus qu’une  troupe, Essaïdia  sera  ce creuset  artistique  où viendront s’affirmer  des  noms qui porteront  haut  la  culture  algérienne , parmi  lesquels  nous citerons  le  dramaturge  Ould Abderrahmane  Kaki  et  le chanteur  de chaabi  , maazouz Bouadjadj  ainsi  qu’une  fournée  de jeunes et brillants artistes, formés  pour  la  plupart  dans  la  section scoute  d’El Falah  . Et c’est  donc  ,armée  de talent  et  de  patriotisme  que  notre  troupe  ira  briser  le carcan d’une  étouffante aliénation culturelle , imposée  par  l’occupant  français.
Le regretté  Benaissa  Abdelkader,  dont le nom restera  à  jamais  lié  à  cette  fabuleuse  épopée  , mériterait  que  son  parcours soit  non  seulement   connu  mais  aussi  médité  
Mais  au  fait, qui  était  Benaissa  Abdelkader ?
Né  le  12 avril  1928  à  Mostaganem, de  parents  de condition  très modeste, Benaissa Abdelkader est  inscrit tout  d’abord  à l’école  coranique puis à  l'école Jeanmaire  de Tidjditt A  la  fin  du  cycle  primaire  , bien qu’auréolé  d’un certificat  d’ étude  , il  se  retrouve  dans la  rue  « comme   la  plupart des  enfants  de  mon âge »  écrira-t-il  dans  ses  annales . Il  a vingt ans  quand il dégote  un emploi à  la  manufacture Jobert  de tabac  de  Mostaganem.
Parallèlement ,Il se passionne  pour la lecture et pour l’histoire .Mû par un patriotisme à  fleur de  peau ,  nous le retrouvons aux premières  loges  de la  marche  du 08 mai 1945 , qui  s’ébranle  de Tidjditt ,reprenant avec ardeur  des slogans  nationalistes . Le  frêle adolescent Benaissa  n’avait que 17 ans.
De 1947 à 1952 , il  poursuit  à Tunis  ses  études  à  djamaa  Zitouna  .Durant  cette   période  tunisoise ,Benaissa  Abdelkader  fait  le plein de  conférences ,de veillées poétiques et  s'inscrit  à  l'école de  musique Naciria  . Gagné  par  le  virus des  planches ,  il  suit  des  cours  à  l’ institut  d’art  dramatique .  
Son  engagement  politique  l’amène tout  naturellement  à  activer  dans  la cellule PPA-MTLD  de Tunis , coordonnée  alors  par Abdelhamid Mehri.  En 1952 , lauréat  de  la  prestigieuse  université  tunisoise  , il rentre  définitivement à  Mostaganem  la tête  foisonnante   de projets .Mais une  conjoncture  difficile  tempère  ses ambitions. Après quelques menus métiers  ,on le retrouve  professeur  vacataire  à  l'école privée  « cours Racine »…Puis sa  destinée  se  mêlera  à  celle  d’ Essaïdia
   La  renaissance  d’ Essaïdia   
C’est  dans  le  sillage de  la promulgation  de la  loi  du  01 juillet  1901 sur les  associations, que  les  algériens  créeront   les  premières « sociétés »  . A  Mostaganem  , « le  cercle  du croissant » , « l’union  littéraire » , le « groupe  scout  d’ El falah » sont   tour à tour  agréés…En 1938 , l’association  Essaïdia  obtient  son quitus  et s’apprête  à  activer  , mais l’irruption de la seconde guerre  mondiale  en  freine  la  dynamique .
Durant  la  période  de  l’entre-deux-guerres et même  dans  les années  quarante , quelques troupes  algériennes  populaires  comme  la troupe  de Bachtarzi  , de  Mohamed Touri   mais  également   celles  de Allalou  et du truculent  rachid  Ksentini , s’échinaient  à  occuper  vaillamment  les limites  d’un espace  culturel  dont  le sésame  était  détenu  par l’occupant.
Dans les années  douloureuses  qui  suivront   les  massacres  du 08 mai 1945  , le  combat libérateur qui  se  met en branle ,rassemblera  tous  les  moyens  de  lutte .L’Art « indigène », que  l’occupant  considérait  déjà comme suspicieux  voire  subversif ,  bravera  l’ordre établi et  deviendra  de  ce  fait  , partie  prenante  d’un  même  idéal  d’indépendance .
En  ce  début  de l’été  1952  , Abdelkader  Belhamissi  ,membre  fondateur d’ Essaïdia  de 1938 , a dans  l’idée  de ressusciter  l’association .Il  fait pour cela  appel  à  deux  jeunes  brillants  éléments , Benaissa  Abdelkader  et  Mohamed Tahar .Emballés  par le challenge , ces amis d’enfance vont se  lancer un incroyable défi : créer une  troupe  musicale ,calquée  sur  le  modèle occidental, c’est-à-dire  utilisant  des  instruments « modernes » (cordes , clavier, accordéon , cuivres  , batterie , conga , bongo , maracas…) ,mais qui  proposera –et  ceci  deviendra  son  label- une  palette musicale fortement  jaspée ( musique  moderne  algérienne , chaabi  ,  ouahrani , chansons  orientales , marocaines , rythmes  sud-américains , parodies  musicales …). La nouvelle  troupe  d’Essaïdia , s’installera au Derb  , dans l’ancien  local  de la rue Grande.
Les premiers musiciens  qui formeront  le noyau de ce  groupe musical  sont : Abdelkader Bensaid  (violon), Mohamed  Bennegouch (violoncelle) , charef  Bettadj (saxophone ténor), Mohamed  Benabdelkader (accordéon) , Lagraa  charef  (violon )  ; mustapha  Remaci (violon) ; ahmed  Benaceur (percussion)...
Benaissa   Abdelkader  , investi de la direction  de la troupe  , va  dès  lors  se vouer  corps  et  âme  dans  une  œuvre  des  plus  palpitantes  : encadrer   cette   frétillante jeunesse , susciter  en  elle  des  vocations  ,  canaliser   ses   aptitudes , perfectionner  sans  cesse  son   niveau artistique  et  veiller  en bon  père  à  son  intégrité   morale
En cette  époque  particulièrement  enfiévrée ,  la nouvelle  musique  s’impose  grâce à  la  TSF et  au microsillon . La jeunesse  algérienne  des  villes  est  elle aussi  sensible à  la déferlante de rythmes  latino-américains  et jazziques  qui débarquent  d'outre-atlantique . Dans le domaine  théâtral , les jeunes  pensionnaires d’ Essaïdia  découvrent  grâce  à  Kaki , une  autre  forme  d’expression scénique  inspirée du « système » stanislavskien et de la «méthode » -plus cinématographique- de  l’Actor’s  studio  new-yorkais ,qu’adaptera à l’écran , avec beaucoup  de  réalisme  , le réalisateur  américain   Elia Kazan .
Les comédies  musicales  américaines emplissent  les cinémas. Et  alors que  les  quartiers  européens  se  trémoussaient  les samedis soir  sur  les airs  de  rumba  , cha-cha-cha   , mambo   et se  balançaient  sur les  notes  cuivrées  et cadencées  du  swing   , notre   troupe  emballera  la  jeunesse  locale ,  par de savoureux  mambos  mâtinés  de  heddaoui  du  compositeur   Mohamed  Tahar , de  même  qu’elle lui proposera un bouquet musical  où  se  mêleront   les  senteurs du  chaabi  , des  variétés   marocaines   et  algériennes   ainsi  que  celles ,très  prisées ,  des  mélodies  égyptiennes ( les chansons  de Mohamed Abdelwahab et  de farid El Atrache  font  fureur ) …
Le talent  d’El Mesrah-Essaïdia  se  raffermissant  , notre  sémillante  troupe  est  à l’affiche à Oran, Mascara , Tiaret  , Alger  ,Sétif,  Skikda ,  Constantine  …
…Et  El Mesrah -Essaïdia   entre  en  scène
Confortant  son  allant  , la  troupe musicale va  enrichir peu  à  peu  son  programme en y  incluant  sketchs  ,  interludes  musico-poétiques   ,chansons  burlesques… Après  des  mois de   persévérance  , notre  talentueuse  troupe commencera  à  s' imposer  sur  la  scène artistique, à  tel point  que  notre  ensemble  sera  approché par la  troupe française  "Arts  et  Théâtre"  ,  laquelle  sollicitera  Mohamed Tahar  pour  composer  la musique  du  ballet  "le malade  imaginaire"  de  Molière  . Visiblement conquis  par la  qualité  du  travail  , jean  Revret , président  d’« Arts et Théâtre » ne  tarira  point  d’éloges à  l’égard de  notre  troupe, lançant  à l'adresse des pétulants  musiciens d' Essaïdia  un pathétique « donnez- nous ce  sang  qui  nous manque » !  
Notons  que  ces relations  professionnelles -au demeurant  excellentes   avec  les troupes françaises- rendront  insoupçonnable  notre  association  lorsque  cette  dernière   s’engagera  dans  le  combat  nationaliste ,  de  même  qu’ elles constitueront  un inespéré  sésame qui  ouvrira   les  très convoités  «  cahiers  poétiques  nord-africains » à  Benaissa  Abdelkader , lequel  y  publiera des  essais.
Entre 1953  et  1955  ,de  jeunes  amateurs  musiciens  pleins  de mordant  , vont  rejoindre  Es-Saidia : Mezadja Bouzidi , Bentriki M'hamed  , Beladjine Hamou  Cheikh , Benaichouba   Benabdellah  , boukheddouma  lakhdar   et  Abbou   Bouasria  ,  bientôt rejoints  par  Benkartaba  Toufik et  Benyekhou  Rachid   , tandis que  l’assise  théâtrale se met   peu à peu en  place  grâce   à  de jeunes comédiens qui  ont   fait  leurs  classes  , dans  le vivier  scout d’ El  Falah  : Benmokaddem  Abdelkader, Bensaid  Mekki , Bachali  Allel  , Osmane  Fethi  , Benchougrani  Mustapha , Ould  Abderrahmane Maazouz … Le  volet  théâtral  ,  jusqu’alors  embryonnaire , va   dès lors  focaliser  toute l’énergie  du  directeur   Benaissa   Abdelkader. Dans  cette  optique , Benaissa  Abdelkader , a  l’ingénieuse  idée  de faire  appel  ,au jeune Ould  Abderrahmane  Abdelkader  dit « Kaki » qui  s’impose dans le foyer scout comme auteur  et metteur en scène ,encouragé par son mentor, Djillali Benabdelhelim. Le  jeune  prodige  répond  à  la sollicitation  et  prend   en main  les  destinées  de  la   nouvelle  section   de  théâtre . Après  avoir   tâté   des  tréteaux,  les  jeunes comédiens d’Essaïdia feront, sous la  férule de leur jeune  maître, l’expérience d’une approche  théâtrale  novatrice. Le théâtre  et  la  musique  se  partageront  désormais  les  programmes  de notre  sémillante  troupe d’El Mesrah-Essaïdia , dont  le mot d’ordre sera  de  « dépasser  en beauté  les spectacles donnés par  l’occupant » .
Au  summum  de leur art   , des comédiens  de  la  troupe  seront distribués dans  la pièce « figure  de  proue » donnée à  l’Opéra  d’Alger  mais  également  dans la  pièce « l’Espagnol courageux » jouée  à  Mers-El-Kebir , lors  du  festival de  théâtre  professionnel .En  cette  fin des  années cinquante ,à Alger, El Mesrah- Essaïdia  fera  vibrer une salle pierre Bordes pleine à craquer .
Durant  la  même  époque  , notre  troupe  présente  la  pièce « Voyage » de  Kaki  à  la salle des Actes de  l’ Université  d’ Alger. Au  décours  de  la représentation ,  Benaissa   Abdelkader  distribuera  son pamphlet «  Verrons nous  un théâtre  national  populaire  d’expression  arabe  ? » , distribution  aussitôt  interrompue  par l’ inspectrice  des  mouvements  de jeunesse  d’Oran , qui parrainait  la  manifestation . Offusquée par  cette  audace  et par  le caractère  un tantinet frondeur  du texte, l’inspectrice  désormais en  froid avec  Benaissa  , le  mettra  illico  dans  sa  ligne  de  mire.
  L’Art  au  service  de la patrie
En 1959, la guerre  de  libération  entame  un tournant. La troupe du FLN présente « El Khalidoun » .A la même période ,un clivage  va  s’opérer au sein de la troupe d’El Mesrah-Essaïdia  : Benaissa  Abdelkader  fonde « El  Mesrah »  , troupe  musico-théâtrale  semi-professionnelle , qui  sera régie par un statut  «commercial»  donc  indépendante  de l’inspection  des mouvements  de  jeunesse , tandis  que  Ould Abderrahmane Kaki  créera de son côté  la troupe théâtrale  « Mesrah  El  Garagouz » , avec un  noyau   formé  de  Mezadja  bouzid , Benchougrani  mustapha , Osmane fethi  ,Benmokadem  abdelkader , Bachali  allal, Bensaid  mekki  , maazouz Ould Abderrahmane  , bientôt rejoints  par Benmohamed  Mohamed  , Mezadja  belkacem  , mohamed Chouikh  , Djamel  Bensaber…troupe  avec laquelle  Kaki  poursuivra  ses  innovations dramaturgiques  et  réalisera des  pièces  dont  la  thématique  sera  puisée  dans  les  contes  et  légendes  du  vieux Tidjditt  ,ce  qui constitue  une autre  forme  de  résistance  à  la  déculturation .
Pour  sa  part , la  troupe  d’ El Mesrah  se  mettra  en catimini , sur  l’instigation de  Benaissa  Abdelkader, au service  de la révolution (collecte de  fonds, de  médicaments, de  renseignements, de  vêtements …).
Pour  assurer le  nerf  de  la guerre  aux djounoud  et  subvenir  aux besoins de leurs familles,  Benaissa  Abdelkader  optera délibérément pour  le  théâtre  moliéresque  que le public  affectionnait  tout  particulièrement, ceci  afin  de  renflouer  plus aisément les  caisses  de la  révolution .Pour ce faire, la  troupe s’astreindra, l’année durant, à  d’ harassantes tournées à travers  toute  l’ Oranie .
Ces  pièces  calquées  sur  les  modèles  vaudevillesques  de Bachtarzi  et de Ksentini ,  servaient  à  divertir bien sûr , mais  aussi  à  mettre  à  nu les contradictions  d’une  société déstructurée  et  avachie  par  un  assujettissement  colonial  de plus en  plus  avilissant .
Benaissa  Abdelkader écrira  et  mettra  en scène «Titène », « Brahimou »,« Ksikis » , « Ghoziel » , « Diwan »…  .
En  août  1961, Benaissa  abdelkader  prépare  El Mesrah  à  intégrer la vaillante troupe artistique du FLN dirigée par mustapha Kateb. Accompagné  du musicien Benkartaba Toufik,  Benaissa  gagne  Genève via  l’Allemagne  afin  de  soumettre  l’ idée à  Abdelhamid  Mehri, alors ministre des affaires  sociales  dans le 2éme GPRA  .Mais  la  rencontre  n’aura pas  lieu  en  raison  du  changement   de  gouvernement.
En novembre  1961, soit  quelques  semaines  après  leur  retour  au  pays, Benaissa  Abdelkader  et  Benkartaba  Toufik  sont  arrêtés  et  emprisonnés, après  l’attentat qui  eut  lieu  au quartier d’ El  Arsa  . Décapitée, la  troupe  cessera  toute  activité.   
D’autres  éléments  de la troupe  connaîtront  la  prison : le  musicien  et  comédien Abbou Bouasria  et  le  chanteur  de  chaabi  Maazouz  Bouadjadj  lequel , accusé  de  détournement de médicaments  au profit  des « rebelles », sera incarcéré  au camp de Cassaigne ( Sidi-Ali) ,après avoir  transité  par le camp  de  triage  d’ Ain-Tédelès . Après  l’indépendance  , la  troupe   passe  sous  la  coupe  du  ministère  de  la  jeunesse et  des  sports   et  ouvrira   ses  classes  à  de  jeunes  talents  .Elle  poursuivra avec la   même  verve  et  la  même  générosité  sa  production  artistique , tout  en  encadrant  de jeunes  vocations  d’Oran , Tlemcen , Constantine , Annaba …A  partir  de 1963  , Benaissa  abdekader  écrira  et mettra  en  scène  les pièces  : Youghourta  , Bouhcine , Nidhal , …
En  1967,  la troupe présente  au  cinéma   Afrique  à Mostaganem  , « Massinissa », une tragédie de  Benaissa  Abdelkader…qui sera reprise l’année d’après, lors du 2éme festival du théâtre amateur, par la troupe « Emir Abdelkader ». Dans  les années qui  suivront, notre troupe représentera  avec  panache l’Algérie  à des  festivals  à  l’étranger (France, Suisse, Egypte, Libye…) .En 1972, la troupe est  dissoute.
En  guise  de  conclusion   et  pour  ne  point   oublier …
Rappelons  que  le regretté  Benaissa Abdelkader El  Moustaghanemi   fut  écrivain  ( Essais , Nouvelle,  Annales…) , pédagogue  (Manuel  de grammaire  arabe)  ,dramaturge (Pièces de  théâtre ;  Traité  d’art  dramatique ; Etude  sur  le  théâtre  arabe), historien (Mostaganem  et sa  wilaya  dans  l’histoire et  la préhistoire ) , musicologue (Regards sur  la musique  en Algérie ; La musique  bédouine )  et…directeur  de la mythique  troupe  musico-théâtrale  d’El Mesrah-Essaïdia, troupe qui  fut la  fierté  de  toute  une jeunesse .
Après  l’indépendance  ,l’infatigable  Benaissa  se  réinvestit  dans  l’enseignement  et  professera  à l’ ITE  et  à l’école des  Beaux  Arts  de Mostaganem , avant  d’être  désigné  directeur de  la culture de la wilaya  de  Mostaganem. Homme  d’une  grande piété , il  accomplira  en 1977 , le  pèlerinage  aux Lieux  Saints  .De 1982 à 1987 , il est  député de  la daïra de  Mostaganem … Et  fidèle à sa culture et à ses convictions  , ses  dernières  volontés  furent  de  léguer  sa  riche  bibliothèque au musée  du Moudjahid de Mostaganem.
Benaissa  Abdelkader  décède  le 01septembre 2002 à Oran à l’âge de 74 ans .
Le plus  bel  des  hommages   et  la  meilleure  des reconnaissances  à  l’égard de  cette Icône  mostaganémoise  , serait  d’attribuer son nom  à une  institution  culturelle de  sa  ville (institut  de  musique , bibliothèque…), afin  que  les nouvelles  générations  puissent  s’imprégner  du parcours  sublime  d’un  authentique  « moudjahed  de l’Art » , dont  la profession de  foi  fut  tout  au  long de ces années de feu  : l’ Art au service de la  patrie.

 

Dr. Mahfoud BENTRIKI
Samedi 12 Mars 2016 - 18:29
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