REFLEXION

CONTRIBUTION : 34 ANS APRES LE SEISME DE CHLEF DU 10 OCTOBRE 1980 : Quelles leçons tirées ?

Trente-quatre ans se sont écoulés de ce funeste jour du 10 Octobre 1980 où la terre trembla à Chlef (appelée à l’époque El Asnam), dévastant la quasi-totalité du chef-lieu de la wilaya et provoquant la mort de milliers d’habitants et le désarroi de tant d’autres blessés qui vivent jusqu’à présent dans des baraquements de fortune. Aujourd’hui, à l’occasion de ce tragique anniversaire, revenons sur ces moments douloureux de l’Histoire de la sismographie de notre pays.



Indéniablement, la première question qui vient à l’esprit des analystes, journalistes et autres experts en catastrophes en milieu urbain, est bien sûr quelles leçons de préventions contre les catastrophes naturelles ont été tirées en Algérie afin d’éviter à la population locale un nouveau drame macabre de déchirement et d’exode. Car, regardons la vérité en face, nous sommes toujours sous la menace de nouvelles activités sismiques aussi dangereuses que celle qui a frappé la région de Chlef par le passé si ce n’est une plus grande ! Les données sismographiques très récentes enregistrent régulièrement l’accélération de ladite activité sismographique surtout sur le littoral algérien, et notamment Alger et sa banlieue. À chaque anniversaire du 10 Octobre, la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme de Chlef alerte sur la situation des sinistrés du séisme en déplorant que ceux-ci « continuent, malgré les promesses des autorités, de vivre dans des chalets ». Déjà l’an passé la LADDH a publié un rapport en avril 2013 intitulé ‘’ Rapport sur les logements préfabriqués dans la Wilaya de CHLEF’’ faisant un état descriptif de la ville de Chlef, de l’époque romaine à ce jour, et qui revient sur les différents tremblements de terre qui l’ont affectée (1922, 1934, 1954 et 1980), notamment le séisme de 1954, qui a causé la mort de 1 340 personnes et celui du 10 octobre 1980, qui a provoqué la mort de 2 700 personnes et “détruit la ville à 80%”. Il est fait état des 3 phases du plan d'urgence, mis en place à la suite de la catastrophe, à savoir le recasement des familles sinistrées sous des tentes, leur relogement dans des habitations en préfabriqué (la durée de validité des chalets devait expirer en 1995), et la reconstruction définitive de la région sinistrée. La ville a connu deux tremblements de terre majeurs. Le premier le 9 septembre 1954 (bilan  : 1 340 morts et 5 000 blessés), et le second le 10 octobre 1980 qui a détruit la ville à 80 %. Après ce nouvel évènement tragique, la ville est renommée Chlef en 1982 par décret. Par un vendredi après midi vers 13h30, cette forte secousse inattendue d’une magnitude de 7,2 à l'échelle Richter qui a ébranlée la grande plaine du grand Chéliff , ainsi que les localités qui ont été sévèrement touchées par cette catastrophe naturelle du 10 Octobre, le centre-ville, Hai-Nasr, dit Monoprix aujourd'hui baptisé « L'Esplanade place de la Solidarité » où est implanté l'hôtel El-Wancharissi dit Tazgait, également l'hôtel Baudouin à l'époque, siège de la société nationale D N C de Chlef et le siège et bureaux administratifs du club local, l’ASO Chlef, détruit à 100%. Le Grand Hôtel du Cheliff, ainsi que d'autres localités telles la commune de Sendjas, Béni-Rached et Zeboudja, El-Abadia, El-Attaf dans la wilaya d’Aïn-Defla. L’image d’antan de la belle ville d’El-Asnam, a disparu à jamais et ce malgré les nombreux  réaménagements et la réhabilitation de certains quartiers, mais tous ces travaux quoiqu’ils ont apporté un changement, mais pas celui de la vieille ville d’El-Asnam.
Chlef et Alger deux cas a mediter
Chlef comme Alger sont deux villes emblématiques menacées au même titre que les autres villes du pays sauf que d’après certains « experts » c’est dans la capitale que sont concentrés les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire sans compter les grandes institutions.  Alger sera presque complètement rasée si un séisme d’une magnitude 7 sur l’échelle de Richter vient à l’ébranler. Mais il est totalement illusoire de penser déplacer la capitale algérienne à l’heure actuelle. Scientifiquement, le phénomène des tremblements de terre est expliqué comme cela ; la planète Terre est divisée en plusieurs plaques tectoniques. Ces plaques sont en mouvement les unes par rapport aux autres. La friction de ces plaques entraine au niveau de leurs bordures l’occurrence de séismes. Certaines des plaques tectoniques se rapprochent d’autres. C’est le cas du rapprochement entre la plaque Africaine et la plaque Eurasiatique ou de la collision entre la plaque Indienne et la plaque Eurasiatique. L’évolution de Chlef est marquée par une urbanisation formée d’une succession de plans d’urgence entrepris lors de séismes successifs.  Au lendemain de cette catastrophe naturelle, l’Etat a dégagé d’importants moyens financiers pour les premières opérations de secours qui ont permis, quelques mois plus tard, de normaliser les conditions matérielles, psychologiques, sociales des personnes sinistrées. Hélas, lorsque la reconstruction d’El-Asnam-ville a été confiée aux autorités locales, rien ou presque rien n’a été fait dans ce sens. Dès le 10 octobre 1980, le Président de la République de l’époque déclarait devant le monde que la ville d’El-Asnam revivrait et serait reconstruite, annonçant ainsi le plan national d’urgence destiné à liquider les séquelles et les stigmates du séisme et à réhabiliter toute la zone sinistrée. Environ 1 400 milliards de centimes ont été dégagés pour la réalisation de ces opérations. En somme, et schématiquement, le plan d’intervention pour la reconstruction de toute la région s’est développé en trois grandes phases. La première, qui s’étend du 10 octobre 1980 à la fin janvier 1982, a consisté en l’organisation des services, l’évacuation des blessés, l’installation d’une couverture sanitaire ainsi que le recensement et la prise en charge des 20 042 sinistrés vivant sous les tentes. La deuxième phase, qui a démarré dès la fin janvier 1982, s’est articulée autour de quatre priorités. La première rassemble 21 000 logements ruraux et plus de 20 042 logements préfabriqués urbains, 1 706 classes d’enseignement primaire, 132 cantines scolaires, 41 CEM, 1 024 logements d’accompagnement, 8 lycées, 8 hôpitaux, 47 centres de santé, 18 polycliniques, 3 écoles paramédicales et 9 grandes surfaces commerciales. La deuxième priorité rassemble 74 logements de fonction des P et T, 18 Cfpa, 1 600 magasins de petit commerce de détail, 2 salles de cinéma polyvalentes, 1 unité principale de la Protection civile, 13 postes avancés de la Protection Civile et 6 grandes surfaces de stockage.

Quelles mesures de prévention contre les séismes dévastateurs en Algérie ?
De par leur nature meurtrière et destructrice, les séismes doivent avoir l’attention  maximale des plus hautes autorités du pays, en posant les bases d’une prévention réelle à l’échelle nationale. D’après le Docteur Abdelghani Meslem, spécialiste algérien en structure et génie parasismique «L’application stricte des règles parasismiques est la meilleure stratégie de prévention», dans un entretien accordé au quotidien El Watan, le même spécialiste déclara « Je souhaiterais que les responsables, dans nos ministères, se rapprochent de nos scientifiques et de nos universités avant d’appeler les étrangers et, par là, montrer au grand public que l’université algérienne, avec 50 années d’existence, n’a pu former des scientifiques capables de réaliser une étude de vulnérabilité, alors que plusieurs études de microzonation et d’évaluation de vulnérabilité des structures stratégiques ont été déjà réalisées par les scientifiques du CGS. » « Je recommande aux autorités concernées par la réduction des risques de catastrophe d’aller creuser dans les archives des centres de recherche algériens avant d’appeler des consultants étrangers. » Pour la réduction des dégâts, la meilleure stratégie est principalement l’application stricte des Règles parasismiques algériennes (RPA1999/2003) pour les structures nouvelles et le renforcement des structures existantes vulnérables qui ne répondent pas aux normes d’aujourd’hui ; la formation des administrateurs et des ingénieurs au sein des administrations ainsi que des entrepreneurs à la réduction des risques de catastrophes sismiques au sein des universités. Il faut aussi sensibiliser et encourager les propriétaires privés à renforcer leurs maisons conformément au RPA1999/2003 par la mise à leur disposition des crédits nécessaires, renforcer les prérogatives du Contrôle technique des constructions (CTC) et jouer un rôle de force publique.

Azi Mohsen
Mercredi 8 Octobre 2014 - 20:50
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ACTUALITÉ
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