REFLEXION

CONTRE LA PROLIFERATION DES CLANDESTINS : La colère monte chez les transporteurs en commun à Oran



CONTRE LA PROLIFERATION DES CLANDESTINS : La colère monte chez les transporteurs en commun à Oran
Il n’y a, désormais, plus que les taxis qui sont concurrencés par les chauffeurs de véhicules de tourisme clandestins. Les conducteurs de fourgons ont également investi le créneau du transport en commun et, comble de l’ironie, semblent mieux accueillis par les voyageurs en dépit du prix du billet plus cher que chez les transporteurs agréés et les mauvaises conditions de voyage. Dans certains cas, ce sont d’anciens colporteurs d’eau qui, devant la baisse extraordinaire de la demande, se sont reconvertis en transporteurs de voyageurs. Ils n’ont pas été se casser la tête pour se doter de véhicules spécialement aménagés pour le transport des passagers. Dans beaucoup de cas, ce sont les mêmes fourgons qui portaient les citernes d’eau qui ont été tout simplement réaménagés pour le transport de voyageurs. Il leur a suffi de retirer la citerne, mettre à sa place des sièges achetés auprès des ferrailleurs de Chtaïbo, et le tour est joué. Souvent les sièges, inconfortables, ne sont même pas fixés au plancher du véhicule par sécurité. L’extérieur des véhicules, ayant une vingtaine d’années d’âge moyen, reste le même. C'est-à-dire sale, sans vitre et rouillé par endroits. Les conducteurs, de jeunes écervelés pour la plupart, semblent ignorer totalement le code de la route, ou s’en fichent superbement en exposant la vie de leurs passagers à chaque tournant, à chaque manœuvre de dépassement dangereux visant à devancer son concurrent, c'est-à-dire le vieux tacot qui le précède et qui n’est pas prêt de se laisser doubler, et risquer de voir des clients potentiels lui échapper. «Est-il jamais permis de jouer ainsi avec la vie des gens ? » s’est demandé un citoyen, témoin horrifié d’une course poursuite sur le pont menant à la localité de l’Emir Abdelkader, ex-St. Rémy. Mais cela n’empêche en rien l’affluence des passagers qui semblent les préférer aux bus normaux et moins cher. Un choix qui reste inexplicable pour le commun des quidams. Les conducteurs inconscients de tous ces vieux tacots déglingués ne font même pas dans la discrétion. Pire ! Ils stationnent aux abords arrêts désignés pour les autobus pour racoler des clients qui ne se font pas prier. On ne comprend pas pourquoi ils se précipitent vers ces « clans » et se bousculent parfois pour s’y engouffrer. « Ils démarrent vite et sont plus rapides que les autres. » A déclaré un passager. Concernant les risques d’accident, il dira, fataliste : « Quand un accident doit arriver, il arrivera, même neuf. C’est Dieu qui décide de notre sort… » En attendant, c’est la colère qui monte chez les transporteurs agréés. Ceux-là s’insurgent contre cette concurrence déloyale devant laquelle ils se trouvent désarmés. « Nous payons des impôts, nous sommes soumis à des contrôles réguliers, on doit tenir nos bus en parfait état, offrir le confort aux passagers, donc procéder à un entretien qui nous coûte beaucoup d’argent, et voilà que les gens les préfèrent alors qu’ils paient 20 DA la place au lieu de 15 DA que nous appliquons nous.» Se plaint un transporteur qui ajoute que certains conducteurs de ces «tombeaux roulants », conduisent sans permis de conduire et devraient être sérieusement contrôlés. Ont déclarés des transporteurs dans une conférence de presse animée dernièrement par les représentants du syndicat SNTT. Ils seraient, selon eux, plus d’une cinquantaine de vieilles guimbardes à charrier les passagers sur certaines lignes desservant les quartiers périphériques où «…le transport est mal assuré par les réguliers qui se comportent avec les passagers comme s’ils les transportaient gratuitement. Avec les clans, on n’a aucun problème. Et puis, ils sont disponibles à tout moment.» Déclare un passager. Pour leur part, les affiliés du syndicat de transport de voyageurs et de marchandises (SNTT) ont déclaré ne plus accepter de travailler dans ces conditions, et demandent l’intervention rapide des autorités concernées pour mettre fin à cette pratique et menacent de déclencher une grève en cas de besoin.

A. Salim
Lundi 4 Octobre 2010 - 00:01
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