REFLEXION

CONFLIT MINISTRE DE L’INDUSTRIE ET LE GROUPE CEVITAL : Eviter les débats stériles, privilégier les intérêts supérieurs de l’Algérie en mobilisant, sans exclusive, tous les opérateurs algériens

Etant fondateur de l’association nationale de développement de l’économie de ADEM qui a regroupé intellectuels, opérateurs du secteur public et du secteur privé de toutes les régions du pays , ayant été son président pendant plus de 20 ans , militant depuis plusieurs décennies pour une économie de marché à vocation sociale réalisant la symbiose entre l’efficacité économique et une très profonde cohésion sociale, le capitalisme sauvage ou le Tout Etat reposant sur une vision idéologique dépassée, devant être pragmatique, je me désole, au moment où face à une crise sans précédent qui risque d’être de longue durée, de voir cette polémique stérile entre deux de mes connaissances de très longue date dont j'ai une estime de part et d'autre, entre un grand groupe industriel et le Ministre de l’Industrie et des Mines.



Je pense fermement  que l’Algérie  a besoin  de rassembler  tenant compte de toutes les sensibilités,  si l’on veut éviter de réitérer les impacts dramatiques  de la crise de 1986,  avec plus d’intensité du fait des tensions géostratégiques au niveau de notre région et d’une jeunesse habituée à un modèle de consommation au dessus de nos moyens et  qui a besoin d’un discours de vérité pour être mobilisée. Tous les opérateurs publics ou privés doivent être associés par les  pouvoirs publics afin de contribuer à la croissance pour atténuer les tensions sociales,  car le véritable nationalisme  se mesurera à l’avenir par  la contribution  de tous les algériennes  et algériens  à l’accroissement de la valeur ajoutée interne, personne n‘ayant le monopole du nationalisme et de la vérité.  
A.- En plus des grands groupes publics comme SONATRACH, SONELGAZ , COSIDER , les banques publiques BNA-CPA-BADR-BEA qui contrôlent  plus de 85% des crédits octroyés , devant également dynamiser les banques privées comme soutien à l’investissement productif, , tous  les opérateurs privés qui doivent reposer leur management stratégique sur l’économie  de la connaissance,  doivent être encouragés devant lever  toutes les entraves bureaucratiques  qui freinent l’épanouissement des énergies créatrices.  Je ne citerai que les groupes les plus connus,  liste  qui  n’est pas exhaustive et ne traduit pas forcément le poids réel de chaque groupe. 1.-Nous avons le groupe CEVITAL. 2- . Le Groupe HADDAD active dans les secteurs des travaux publics, de l'hydraulique et des transports -3- Le groupe RAHIM contrôlant ARCOFINA est un groupe algérien diversifié, dans des métiers aussi différents que la distribution pharmaceutique, la banque, les technologies de l’information, la grande distribution, l’hôtellerie, l’immobilier d’affaires et l’assurance. - 4.-Nous avons le Groupe MEHRI a étendu son champ d'activité au monde des affaires internationales dès 1965  5- Le groupe BENAMOR est spécialisé dans la filière agro-alimentaire et leader sur le marché national. 6- Le groupe OTHMANI -(Propriétaire de Coca Cola Algérie) avec, NCA  7- Le groupe BENHAMADI active dans l'informatique, électronique, électroménager.– 8- Le groupe HASNAOUI, «Bâtiment» et «Agriculture - 9- Le groupe BIOPHARM est un laboratoire pharmaceutique Algérien, indépendant, fondé en 1992 10- Le groupe SIM composé de huit filiales notamment dans l’agro-alimentaire - 11- Le groupe HAMOUD BOUALEM entreprise familiale, fondée en 1889–12- Le groupe ATTIA spécialisé en fabrication de briqueteries, tuileries, boissons, eaux minérales. –13- Le groupe EDEN, les domaines d'intervention étant l'industrie de transformation, le tourisme et l'hôtellerie, la promotion immobilière 14- Le groupe DENNOUNI  activant dans le BTPH, –15- Le groupe Alliances /Assurances  -16 -Le groupe KOUININEF , allant de l’immobilier , au BTPH à l’industrie-17- Le groupe LA BELLE, - 18- Le groupe BELLAT, mais il existe par ailleurs des centaines d’entreprises privées nouvelles performantes, animées par de jeunes entrepreneurs notamment dans les prestations de services, devant éviter la vision matérielle du passé, qui contribuent à la valeur ajoutée, comme l’entreprise SLC fournisseur de haut débit internet. L’Algérie a besoin  de 300 à 400 grands groupes cités précédemment et plus de deux (2) millions de petites et moyennes entreprises dans  l’agriculture, le tourisme, les nouvelles technologies et les industries écologiques, les industries mécaniques, éclectiques, électroniques, par des contrats de sous traitante avec les grands groupes,  afin de réaliser la transition économique dans le cadre des valeurs internationales. D’où  l’importance de revoir certaines lois  qui ne tiennent pas  compte du contexte tant local qu’international dont la règle 49/51% généralisable à tous les  secteurs, l’Algérie supportant tous les surcoûts,  devant aller pour les segments non stratégiques à des minorités de blocage favorisant le  transfert technologique et managérial.
 B.-Car nous assistons à un dépérissement tissu productif où l’industrie représente moins de 5% du produit intérieur brut. Selon les données quantitatives du recensement économique (RE) effectué par l'Office national des statistiques (ONS) en 2011, toujours d’actualité,  le nombre d'entreprises recensées sur le territoire national a atteint 990.496 entités dont plus de 934. 250 entités économiques avec la «prédominance» du secteur commercial et le caractère «tertiaire de l'économie nationale plus de 83% du tissu économique global). Par ailleurs, cette enquête a révélé que le tissu économique national est fortement dominé par les personnes physiques à 95% (888.794) alors que les personnes morales (entreprises) représentent seulement 5%, soit 45.456 entités, ce résultat étant révélateur d'une économie basée essentiellement sur des micro- entités peu initiées au management stratégique. Les quelques cas analysées précédemment qui sont d’ailleurs confrontés à de nombreuses contraintes, ne peuvent permettre à eux seuls une dynamisation globale de la production hors hydrocarbures, nécessitant des milliers d’entrepreneurs dynamiques. Car le montant  des exportations   hors hydrocarbures est négligeable. Si l’on analyse la structure, nous avons les demi-produits, la totalité des dérivées d’hydrocarbures  qui sont  dominants avec 83,6% pour une  valeur totale de 2,34 milliards de dollars sur  un total  de 2,81 milliards  de dollars  d’exportation hors hydrocarbures. Ainsi, les   solvants-naphta  représentent 1,105 milliard de dollars – l’ammoniac pour 610,3 millions de dollars, les engrais pour 312,3 millions de dollars, ces trois produits totalisant  plus de 2 milliards de dollars soit 72% des exportations hors hydrocarbures. Ces exportations sont suivies   par   l’alimentation qui   représente 11,5% dont le sucre pour une exportation d’une  valeur de 228,14 milliards de dollars, et pour le reste c’est marginal,  les équipements industriels pour 0,53%, les biens de consommation non alimentaires (0,36%) les  produits bruts  seulement de 3,91% (dont  le phosphate   pour 96 millions de dollars).
 C.-La raison essentielle de cette tertiairisation de l’économie avec la dominance de l’économie informelle  est que le  milieu des affaires est peu propice aux initiatives créatrices de valeur ajouté à l’instar de la politique salariale qui favorise des emplois rentes au lieu du savoir et du travail. Cela explique selon notre enquête que les entrepreneurs cités, face à une concurrence étrangère (nombreux privés dans l’import) à laquelle ils n’étaient pas préparée, ont des filières d’importation afin d’équilibrer leur comptes globaux. Que l’on visite bon nombre d’anciennes zones industrielles (Est- Centre – Ouest ou la zone de Ghardaïa) et l’on constatera que bon nombre d’anciennes usines se sont transformées en aire de stockage expliquant d’ailleurs le dépérissement du tissu productif où l’industrie représente à peine 5% du produit intérieur brut. La raison essentielle sont les contraintes d’environnement : bureaucratie pour plus de 50%, un système financier administré, (plus de 90% des crédits octroyés sont le fait de banques publiques), un système socio-éducatif inadapté et enfin l’épineux problème du foncier. A cela s’ajoute du fait de l’ancienne culturelle, une méfiance vis-à-vis du privé tant local qu’international du fait que les tenants de la rente ont peu de perdre des parcelles de pouvoir. Cela explique d’ailleurs ces alliances entre la sphère bureaucratique et certaines sphères privées spéculatives mues par des gains de court terme via la rente. Or le véritable dynamisme de l’entreprise, qu’elle soit publique ou privée suppose une autonomie de décisions face aux contraintes tant internes qu’internationales évoluant au sein de la mondialisation caractérisée l’incertitude, la turbulence et l’urgence de prendre des décisions au temps réel. D’une manière générale que représente le secteur privé algérien dans la sphère réelle  face au chiffre d’affaires de Sonatrach qui contribue directement et indirectement via la dépense publique/via les hydrocarbures à plus de 80% du produit intérieur brut ? Par ailleurs, les  plus grosses fortunes en Algérie ne sont pas forcément dans la sphère réelle mais au niveau de la sphère informelle notamment marchande avec une intermédiation informelle à des taux d’usure. Ici existe des données contradictoires, le premier ministre annonçant pour 2014 37 milliards de dollars et le nouveau ministre des Finances dans plusieurs déclarations publiques avant sa nomination entre 40/50 milliards de dollars. Selon Deborah Harold, enseignante américaine de sciences politiques à l’université de Philadelphie et spécialiste de l’Algérie se basant sur des données de la banque d’Algérie, l’économie informelle brasserait 40/50 % de la masse monétaire en circulation soit 62,5 milliards de dollars soit plus de quatre fois le chiffre d’affaires de toutes les grandes entreprises du FCE réunies. Ces données sont corroborées  en date du 18 février 2013 par  un document du Ministère du commerce algérien pour qui existeraient 12.000 sociétés écrans avec une transaction qui avoisinerait 51 milliards d’euros au cours de 2012 soit 66 milliards de dollars. Les dernières mesures, tant des chèques que de l’obligation de déposer l’argent de la sphère informelle obligatoirement au niveau des banques algériennes qui sont actuellement de simples guichets administratifs, ignorent le fonctionnement de la société algérienne. On n’impose pas par la contrainte des mesures. Je préconise trois actions au gouvernement.
 -Premièrement, la suppression de la taxe des 7% car si cet argent sert à dynamiser le secteur productif, à terme, c’est plus bénéfique par l’accroissement future de l’assiette fiscale.
-Deuxièmement un large emprunt national sous couvert de bons anonymes, dont les taux rémunérateurs approchent le taux d’inflation et la dépréciation du dinar par rapport aux devises fortes, devant forcément dynamiser la bourse d’Alger.
-Troisièmement un décret exécutif, afin de redonner confiance aux citoyens, et éviter les erreurs des décrets de 2005 et 2011 qui n’ont jamais vu le jour, de séparer la fonction bancaire et du contrôle fiscal qui ne devra se faire qu’après une exécution judiciaire (cas de recyclage de l’argent de la drogue par exemple) pour la vérification des comptes, les contrôleurs fiscaux ou service de sécurité n’ayant pas à s’immiscer dans la gestion bancaire.
  D.-En résumé, un  large front intérieur  regroupant tous les Algériens sans exclusive devient stratégique évitant les polémiques stériles qui nuisent aux intérêts supérieurs du pays. Il serait souhaitable  l’intervention des plus hautes autorités du pays  pour faire entendre raison aux deux parties. Car il est inutile  que le Ministre de l’Industrie via Cevital  s’attaque  à la France sous tendant qu’il y a eu malversation de parts et d’autres, et dans ce cas  devant apporter des preuves tangibles, ou à un autre pays récemment comme  l’Allemagne. Le capital privé  national et international créateur de valeur  ajoutée et de transfert technologique  doit être démystifié  et encouragé. L’Algérie est un Etat souverain, et les potentialités existent pour maîtriser notre propre destin avant qu’il ne soit trop tard. Il existe une Loi dans la pratique des affaires, la discrétion  ce qui ne saurait signifier manque de transparence. Le chauvinisme n’a jamais payé dans les  relations internationales. Comme rappelé précédemment, le véritable nationalisme à l’avenir, face à la baisse des recettes de SONATRACH qui peut conduire le pays à une cessation de paiement horizon 2018/2020, en cas de non changement de la trajectoire socio-économique, supposant une participation  de TOUS,  de profondes réformes structurelles, se mesurera par la contribution de tous les Algériens à la valeur ajoutée locale.

 

Dr Abderrahmane MEBTOUL
Mercredi 30 Septembre 2015 - 10:38
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