REFLEXION

COMMEMORATION DU 20 AOUT 1956 : Le congrès historique de la guerre de libération

Ne dit-on pas que les guerres naissent de mensonges et d’intrigues ! La guerre d’Algérie en est la preuve formelle de
ce qui s’est réellement passé lorsque des Français malintentionnés ont envahi le pays le colonisant pendant 132 ans. C’est pour chasser cet oppresseur que les algériens ont redoublé d’offensives et de stratèges en organisant des luttes armées et des congrès, engendrant des pertes humaines énormes au sein des rangs de l’envahisseur. Parmi les évènements historiques, il y a ce fameux congrès de la Soummam qui s’est tenu un certain lundi 20 Août 1956 faisant toujours figure historique marquant un tournant décisif dans l’histoire de la révolution algérienne.



Le congrès, un évènement très déterminant pour la réussite de la guerre au profit de l’Algérie. C’est tout à fait à l’honneur des hommes qui l’ont organisé, avec un objectif précis à savoir : Doter la révolution de structures manquantes, ce qui a abouti à une charte adoptée pour la création des six wilayas et/ou états-majors dans un cadre politique où le FLN avait été désigné comme seul représentant du peuple algérien et surtout pour le fondement de «la primauté du politique sur la gestion civile et  militaire» Un congrès où ont été prises des décisions structurant toutes les zones et bases nécessaires au combat et à la lutte armée contre l’oppresseur français qui s’est accaparé d’un pays dans le but de voler ses ressources et humilier ses habitants. Cette réunion qualifiée d’historique de ces hommes décidés à libérer le pays du joug colonial avait pour but d’organiser et structurer les infrastructures militaires dans le souci de gérer le côté logistique et administratif militaire et civil afin de coordonner toutes les missions et activités qui plus tard aboutiront à l’objectif tant recherché et qui est l’indépendance d’une Algérie libre, indépendante et démocratique  où le tout le peuple algérien prendra sa destinée en main. Sur le plan militaire, le congrès définit les unités de combat, qui ne resteront pas rigides. Elles seront dirigées par des officiers disposant de la latitude d’adapter leur organisation en fonction des impératifs de la lutte sur le terrain qui peuvent varier selon les régions et les tactiques imposées par l’ennemi. Le congrès a eu lieu le 20 août 1956 dans la maison forestière d’Ighbal, à Ifri, commune d’Ouzellaguen, sur la rive gauche de la Soummam, à quelques kilomètres d’Akbou. Les prémices du congrès avaient commencé au lendemain des attaques dans le Nord-Constantinois, selon les contributions d’historiens (voir Ali Cherif Deroua, ancien responsable au MALG). Au lendemain des événements du 20 août 1955, dont il n’avait aucune information, Abane avait entamé un échange épistolaire avec les dirigeants des différentes zones et des responsables à l’extérieur, au Caire, pour la tenue d’une réunion des responsables de la révolution. Zighoud Youcef donna son accord, se proposant même de l’organiser dans sa zone et d’en assurer la sécurité. Cette réunion est la suite logique de celle prévue pour janvier 1955 par les six pères de la révolution avant même son déclenchement. Elle devait permettre de faire le bilan des opérations et de coordonner leurs actions. Organisé principalement par Abane Ramdane et Larbi Ben M’hidi, ce congrès a débuté le lundi 20 août 1956 à 8h avec six personnes, selon le procès-verbal de la première séance. Ben M’hidi, représentant de l’Oranie (président de séance), Abane Ramdane, représentant le FLN (secrétaire de séance), Omar Ouamrane, représentant l’Algérois, Krim Belkacem, représentant la Kabylie, ayant assuré la prise en charge logistique et la sécurité du congrès dont il était l’hôte, Zighoud Youcef, représentant le Nord-Constantinois, Lakhdar Bentobbal, adjoint de Zighoud. En dehors des séances, les six membres présents se retrouvaient chacun avec d’autres membres de sa zone : Ali Kafi et Mostefa Ben Aouda avec Zighoud et Bentobbal, Saïd Mohammedi et Aït Hamouda Amirouche avec Krim (zone 3), Dehiles, si M’hammed Bouguerra et Ali Mellah avec Ouamrane. (Source fondation Ben Khedda). Le congrès comptait aussi des absents, dont les représentants de l’Ouest algérien, de l’Aurès (Mustapha Ben Boulaïd), du Sud algérien (Si Cherif, excusé après avoir adressé son rapport à la réunion). L’absence du représentant des Aurès est due au fait qu’avec la mort de Ben Boulaïd, la zone 1 traversait une crise de pouvoir entre Abbas Laghrour, Adjel Adjoul et Omar Ben Boulaïd, chacun prétendant succéder à Mustapha Ben Boulaïd. Omar Ben Boulaïd, ayant reçu l’invitation, s’est présenté début de juin 1956 en zone 3 où il a rencontré Krim sans le mettre au courant de la mort de son frère ni de la crise dans la zone. En ce qui concerne l’Oranie, Larbi Ben M’hidi était revenu au Maroc venant du Caire le 21 avril 1956. Après un séjour de dix jours à Oujda et des réunions quotidiennes avec Boussouf, il avait quitté le Maroc en franchissant à pied la frontière pour prendre le train Tlemcen-Oran. Le 6 mai, il prenait le train de nuit Oran-Alger dans un wagon couchette pour arriver dans la capitale le lundi 7 mai 1956 à 7h, avec en poche une somme de 300 000 francs avec laquelle il pouvait, en cas de contrôle, justifier son standing de commerçant et pourquoi pas acheter le silence d’un contrôle d’identité imprévu. A sa descente du train, à la gare de l’Agha, il était attendu par un monsieur à lunettes, portant un manteau noir et un chapeau sur la tête : Benyoucef Ben Khedda sous la fausse identité de M. Albert Molina, juif et commerçant, habitant Alger. Il avait choisi cette identité de juif pour deux raisons : son accent qui pouvait le trahir, en cas de fouille au corps et la circoncision. Ben M’hidi avait donc remplacé Boussouf qui était prévu à cette réunion. La même source ajoute que «Abane, multipliant les itinéraires, les rendez-vous manqués, entretenant les incertitudes sur la tenue, puis, enfin, allant à cette réunion sans les avertir, leur signifiait de la sorte qu’il ne voyait aucune utilité à leur présence, ou, du moins, qu’il pouvait s’en passer». L’absence des délégués de l’extérieur et l’adoption du fondement de la primauté de l’intérieur sur l’extérieur avaient fini par provoquer une crise au sein de la direction de la révolution. Certains voyaient d’un bon œil cette absence, en ce sens qu’elle avait diminué les antagonismes entre les membres réunis à la Soummam. On relève en outre que Lakhdar Bentobbal n’aurait assisté à cette réunion qu’à titre exceptionnel (Mabrouk Belhocine – Courrier Alger Le Caire, page 51 et Mahfoud Kaddache, Et l’Algérie se libéra 1954-1962, page 48) alors qu’il est cité comme membre de plein droit en tant qu’adjoint de Zighoud dans la correspondance de Abane en date du 3 avril 1956. En revanche, Ouamrane n’était pas prévu parmi les invités. La discussion de sa participation demandée par Krim a créé une friction entre Abane, qui était pour, et Bentobbal, qui était contre. Ce premier incident a été pour beaucoup dans l’animosité future entre les deux hommes. Aussi, il n’était en aucun cas question de la participation de Ali Mellah (Cherif) puisqu’il n’avait aucune existence légale ou reconnue de cette zone avant la réunion. Elle n’a été intégrée dans la structuration officielle de la révolution qu’après le congrès de la Soummam. Cette partie du territoire occupée par les forces de Bellounis, se revendiquant du Mouvement national algérien de Messali Hadj et bénéficiant de l’appui officiel des autorités françaises et de leurs troupes, était à cheval sur les 3 zones (wilayas I, III et IV). Aussi, des forces de l’ALN des zones 3 et 4 ont été dépêchées pour détruire ces maquis ennemis. La zone 1, confrontée elle-même à des problèmes, n’avait pas envoyé de troupes. La participation de la Fédération de France n’était pas prévue, puisqu’elle était elle-même l’objet d’un litige de responsabilité entre Abane et Boudiaf. D’autres chefs de la révolution, notamment les «Six», qui se sont donnés rendez-vous, n’ont pas pu se rencontrer. Didouche Mourad meurt le 12 janvier dans un combat face à l’ennemi. Ben Boulaïd est arrêté le 12 février 1955 à la frontière tuniso-libyenne en se rendant au Caire afin d’activer l’entrée des armes promises. Boudiaf et Ben M’hidi se déplacent entre le Maroc et l’Egypte en vue de prospecter les armes et d’organiser leur acheminement en Algérie. Rabah Bitat est arrêté en mars 1955. Ouamrane lui succède à la tête de la zone 4 et confie, en accord avec Krim Belkacem, la responsabilité d’Alger à Abane.Cette structuration imposée par ces chefs politiques nous démontre  tout le sens de ces décisions ne pouvant être décidées  que par un Etat libre et indépendant. Les militaires organisés  issus de la branche du FLN, une primauté politique et combattante s’occupant des combats, de la logistique, de l’armement, du recrutement des soldats, de l’improvisation des opérations etc….tout en étant à la tête de structures administratives , s’occupant de tout ce qui est état civil, conflits intestinaux , divergences entre tribus, impôts, quête d’argent,  ravitaillement alimentaire etc.  Le congrès de la Soummam fait figure de jour historique de la révolution algérienne ; il a été déterminant pour sa réussite.

 

B. Adda
Mercredi 19 Août 2015 - 18:35
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ACTUALITÉ
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