REFLEXION

CLOTURE DU COLLOQUE SUR L’INFORMATION INSTITUTIONNELLE A L’UNIVERSITE BENBADIS. Brahim Brahimi : « La presse…Service public ou presse d’intérêt général ? »

L’information institutionnelle. Tel a été le thème du colloque organisé par l’université Abdelhamid Benbadis de Mostaganem et l’Ecole nationale supérieure de journalisme et des sciences de l'information d’Alger.



CLOTURE DU COLLOQUE SUR L’INFORMATION INSTITUTIONNELLE  A L’UNIVERSITE BENBADIS. Brahim Brahimi : « La presse…Service public ou presse d’intérêt général ? »
L’information institutionnelle. Tel a été le thème du colloque organisé par l’université Abdelhamid Benbadis de Mostaganem et l’Ecole nationale supérieure de journalisme et des sciences de l'information d’Alger. Un colloque qui a duré deux journées au niveau de l’auditorium de la prestigieuse institution sis à Kharrouba et qui vu défiler une constellation d’étoiles du monde des sciences et de la connaissance.
Dès le coup d’envoi, donné mercredi dernier par le ministre de la Communication, M. Nacer Mehal, comme rapporté dans nos précédentes éditions, les honorables universitaires se sont succédés l’un après l’autre devant un parterre de collègues, d’étudiants et d’invités de tous bords, pour déverser leur substantifique moelle sur l’assistance.
M. Seddiki M’hamed Salah Eddine, recteur de l’université Abdelhamid Benbadis, dans son mot d’ouverture de la rencontre n’a pas manqué de souligner que la liberté de la presse est un acquit de la société algérienne et que celle-ci doit être libre et professionnelle. Pour lui, on doit être le premier informé et le mieux informé avec les outils modernes de la communication.
A noter que M. le ministre a assisté à quelques interventions des conférenciers.
Une première séance a vu intervenir le Dr Hadj Salem Attia, du Dsic de l’université d’Alger, qui a fait remarquer que l’entreprise moderne doit tenir compte de son environnement pour saisir les opportunités. Egalement cette entreprise devra déceler en temps opportun les dangers qui la guettent dans ce même environnement. L’entreprise doit produire l’information exacte en vue de la prise de la décision adéquate.

CLOTURE DU COLLOQUE SUR L’INFORMATION INSTITUTIONNELLE  A L’UNIVERSITE BENBADIS. Brahim Brahimi : « La presse…Service public ou presse d’intérêt général ? »
M. Brahim Brahimi, directeur de l’Ecole nationale supérieure du journalisme et des sciences de l’information, s’est attaqué aux paradoxes des années et des siècles. A chaque moment ses caprices et l’histoire en a bien connu tels ces « pour » et ces « contre » l’intervention de l’état en matière d’information. D’où le titre de sa conférence « Service public ou presse d’intérêt général ». Fascisme, nazisme et totalitarisme en général ont blessé et marqué négativement les mémoires. Bien avant ce colloque M. Brahimi a eu l’occasion de s’entretenir avec 40 chefs d’entreprises à Mostaganem et sa question était fort simple à ses interlocuteurs : « Que voulez-vous de nous ? »
Reste s’ils regretteront au moins de n’avoir pas su profiter de ce colloque qui répond parfaitement à leurs attentes et où ils ont brillé par leur absence.
La deuxième séance s’est passée sous l’œil attentif du Dr Mimouni Mustapha.
Le Dr Yamine Boudhane, de l’Université de Sétif s’est attaqué à « La précision en communication ». Par contre le professeur et écrivain, Taïbi Mohamed, de l’université d’Oran a étalé « La stratégie de la communication novatrice ».
La Dr Hamzaoui Wahiba, de l’Ecole nationale supérieure du journalisme et des sciences de l’information a traité du service public. Sa conférence s’intitulait tout simplement « Le service public ». La demande du service public est sociale et utile à maints égards.
La troisième séance est passée sous la supervision du Professeur et écrivain Taïbi Mohamed. Trois conférenciers se sont succédé.
Le docteur Djemaï Noui de l’université Ferhat Abbas de Sétif a traité de « L’information de proximité et la promotion de la citoyenneté ». Une intervention préparée en collaboration avec la professeur Sahed Fatiha de l’université de M’sila. Une citoyenneté active, démocratique, participative est obligatoirement liée à la bonne communication et c’est ainsi que s’atténuent la crise de légitimité politique et le manque de confiance qui rongent les institutions. Les collectivités locales, sont-elles conscientes de l’importance de l’outil « communication » ?
Le Pr Hamadi Mohamed, de l’université de Mostaganem, a marqué son passage par une intervention où les ressources humaines furent sa pierre d’achoppement. « L’entreprise et les différentes méthodes d’administration des ressources humaines », tel était son thème. Un bon développement d’une entreprise dépend de la bonne gestion des ressources humaines-GRH. La communication institutionnelle dans tous ses états et à tous les niveaux doit tenir de l’organigramme et la GRH.
Le Dr Badredine Zouaga, professeur au Dsic de l’université Hadj Lakhdar de Batna s’est attaqué à un sujet brûlant : l’administration électronique et son application en entreprise. « Tous les secteurs vitaux des pays avancés ont accueilli avec ferveur l’administration électronique, a-t-il dit en substance. » Si celle-ci est devenue une nécessité, elle n’est pas prête d’être la bienvenue dans les pays arabes et islamiques pour diverses raisons. Pour certains, elle est une forme de dépendance.
Le Dr Reziki de l’école nationale supérieure de journalisme et des sciences de l'information a abordé la communication et la culture de l’entreprise.

CLOTURE DU COLLOQUE SUR L’INFORMATION INSTITUTIONNELLE  A L’UNIVERSITE BENBADIS. Brahim Brahimi : « La presse…Service public ou presse d’intérêt général ? »
La quatrième séance sous la supervision du Dr Hadj Salem Attia a vu défiler trois éminences.
Le professeur Belarbi Yahia du Dsic de l’université d’Oran a traité de « La communication institutionnelle et la gestion des crises en Algérie ». La protection et la restauration de l’image de l’institution en temps de crise a été le résultat des recherches précoces des Anglo-saxons en matière de stratégie de la communication. L’américain William Benoit a été l’un des premiers à comprendre le phénomène, ce qui l’a poussé à écrire « Accounts, Excuses, and Apologies: A Theory of Image Restoration Strategies» ou comment gérer les crises et restaurer l’image de l’entreprise et son produit en se basant sur la communication et l’amélioration de l’image de l’entreprise.
Le Pr Belhouari Hadj de l’université de Mostaganem a exposé à sa manière « L’entreprise économique algérienne entre économie et société ». Selon lui, l’apparition des nouvelles technologies de l’information et de la communication n’ont pas fait réagir l’économie. En principe, il devrait y avoir une complémentarité entre les Ntic et le système économique. Le développement en Algérie a été acquis aux dépens des ressources naturelles.
Pour le Dr Djameleddine Gouaïche de l’université de Mostaganem, nul ne peut se passer de « communiquer ». Il est primordial de communiquer. Toute défaillance dans le système de communication administratif est source de retard dans la gestion. Les décisions, les objectifs, les orientations et la planification dépendent de la bonne communication.
La cinquième séance sous la direction du Dr Saïdate Hadj Aïssa a été la dernière de la première journée.
Le Pr Benadjmia Bouabdellah de l’université de Mostaganem s’est vu confier la mission de décortiquer le développement des relations humaines à l’intérieur de l’entreprise algérienne.
Pour le Pr Abdellah Thani Mohamed Nadir, également de l’université de Mostaganem, la communication est devenue par les temps qui courent le problème crucial de tout organisme qui voudrait s’imposer dans le système de l’économie de marché où la concurrence est rude. Une « prise de conscience stratégique » doit être mise en œuvre en ce 21ème siècle par les organisations qui veulent survivre. Les pays arabes avancent bien lentement, selon le professeur, dans le domaine de la communication.
Le Professeur Grid Samir s’est étalé sur « La stratégie de la communication organisationnelle dans l’entreprise et ses effets sur les changements culturels ». Selon lui, « le monde de la communication change à grande vitesse et les employés d’une entreprise ne peuvent aucunement opposer de résistance aux changements culturels qu’ils subissent quoique ces changements créent en eux une certaine solidarité et une volonté de protéger l’identité du groupe. »

CLOTURE DU COLLOQUE SUR L’INFORMATION INSTITUTIONNELLE  A L’UNIVERSITE BENBADIS. Brahim Brahimi : « La presse…Service public ou presse d’intérêt général ? »
La seconde journée, soit le jeudi 5 mai, n’a eu que la matinée comme temps imparti à une seule séance. La sixième et dernière, au lieu des deux prévues. Comme à son habitude, le Pr Elomari Boudjemaâ, un homme de grande culture et au large sourire, a dirigé de main de maître cette dernière séance dans la bonne humeur. Il faudrait assez d’audace et de savoir quand du parterre intervient le Pr Taïbi Mohamed. Un Taïbi dont les interventions n’apportent que du cru et du nouveau. Le temps imparti à cet homme intarissable, en deuxième séance, la veille, ne lui aurait certainement pas suffi. Ainsi, il profita de la seconde journée pour inonder de savoir l’assistance, mais surtout de matière à penser. Histoire, anthropologie, économie, marketing, sociologie, géographie, islamologie… enfin M. Taïbi a gavé l’auditoire de tout.
Le Dr Tadjine Ali, de l’université de Mostaganem dont les mots clés de son intervention furent « entreprise, organisation, communication, ressources humaines, information, système d’information, ressources humaines », a pour sa part souligné que « l’entreprise économique algérienne se trouve dans l’obligation de revisiter ses missions, ses procédures et ses comportements à tous les niveaux. »
Interrogation légitime de la Professeur Hamdad Sabiha de l’université de Mostaganem : « Comment se fera la communication entre les employés d’une entreprise quand les croyances sont différentes, les cultures distinctes et les modes de vie dissemblables ? ». Son thème « Le rôle de la communication interne dans la réalisation de la collusion entre les employés », dans l’entreprise bien entendu, a répondu aux attentes.
Pour le Dr Sikouk Kouider de l’université de Mostaganem, « L’incubateur, outil stratégique de la communication et création d’entreprise » est une réalité chez d’autres. « Il faudrait, a-t-il souligné, accompagner les idées issues des grandes écoles, des universités et instituts » Les idées deviendront des réalisations concrètes. L’incubateur détecte puis fait ressortir les capacités. L’accompagnement ne doit être nullement une prise en charge. On doit imposer la vision de l’université à l’université. »
Le docteur Ghobrini Mustapha de l’université de Mostaganem conçoit qu’un système éducatif performant va de pair avec un système économique puissant tout en étant en relation avec le marché. Le professeur a eu à traiter « Le projet d’un système de télémédecine régional dans les urgences hospitalières de Mostaganem » qui va du traitement de l’information jusqu’à la prise en charge du malade en passant par l’économie de marché, la performance, le coût, la qualité, les problèmes de gestion des ressources humaines, etc. Une belle remarque du docteur : « Le chargé de communication chez nous, dans nos entreprises et institutions, est soit le réceptionniste soit le préposé à la sécurité des lieux au lieu d’être un vrai homme de communication. » A méditer.
Pour le Dr Belazaar Sid Ahmed de l’université d’Oran, l’existence virtuelle n’est plus un luxe, mais une nécessité. Le docteur a mis en relief pour les entreprises, les dangers d’une trop grande précipitation dans l’intégration de cette société virtuelle.
Selon certaines indiscrétions, toutes les interventions feront l’objet d’une prochaine publication. Chose ardue. Si au moins la sponsorisation s’y mettait, car cet ouvrage ne sera que bénéfique aux institutions et entreprises algériennes. Et pourquoi pas maghrébines et arabes, tant on se plaint ?

CLOTURE DU COLLOQUE SUR L’INFORMATION INSTITUTIONNELLE  A L’UNIVERSITE BENBADIS. Brahim Brahimi : « La presse…Service public ou presse d’intérêt général ? »
Le Professeur Hadj Smaha Djilali, doyen de la faculté des sciences sociales qui n’a pas manqué de souligner l’importance de la communication institutionnelle a surtout voulu que l’on réfléchisse à tous les niveaux pour donner un cachet particulier au colloque, créer un label de la rencontre par les organisateurs de la rencontre et puis la thématique des rencontres, les participants, la durée et le temps, le comité d’organisation, le comité de lecture, le comité scientifique, etc. Pour le docteur Hadj Smaha, la déception est grande quant à l’absence des entreprises économiques et sociales de la région, malgré leur invitation.
Pour appuyer, les propos du Professeur Hadj Smaha, cf. Réflexion du 3 mai 2011 où les entreprises ont été invitées nommément.
Avant de clôturer le colloque définitivement, le Dr Bensbia Abdelhak a lu le communiqué final qui stipulait :
1- L’importance du rôle de l’université dans l’expansion de la culture de la communication institutionnelle ;
2- L’appel aux entreprises publiques et privées à vulgariser les techniques modernes de communication et les théories scientifiques de stratégie de communication ;
3- L’institution d’un LMD en communication institutionnelle en accord avec les entreprises ;
4- L’insistance sur la généralisation du numérique et technologies modernes à l’intérieur et à l’extérieur de l’entreprise ;
5- La nécessité d’éclaircir et réactiver le décret du 4 juillet 1988 concernant le droit du citoyen à l’information;
6- L’activation du rôle du service public au niveau de toutes les entreprises chargées de l’information afin d’encourager un changement de l’information dirigée vers la jeunesse ;
7- La disposition du Département des sciences de l’information et de la communication pour la création d’un master professionnel en « communication institutionnelle », et ce dès l’année prochaine en accord avec les entreprises économiques locales.
Selon, M. Bousbia, l’année 2012 connaitra au même auditorium un colloque international sur le même thème, soit la communication institutionnelle.
Enfin, des tableaux d’honneur ont été remis aux méritants, car après tout, même chez « les crânes bourrés » les encouragements « encouragent » et surtout les plus érudits qui en ont tant et bien besoin par les temps qui courent. Le Dr Brahim Brahimi, le Dr Taïbi Mohamed, le Pr Hadj Smaha Djilali, le Dr Gouaïche Djameleddine, le Dr Abdelhak Bousbia, M. Belkacem Belhamideche, directeur général du quotidien Réflexion, d’autres professeurs et organisateurs ont été complimentés.

Benatia B.
Samedi 7 Mai 2011 - 17:16
Lu 3704 fois
MOSTAGANEM
               Partager Partager

A LA UNE | ACTUALITÉ | MOSTAGANEM | RÉGION | CULTURE | SPORTS | CHRONIQUE | DOSSIERS | ISLAMIYATE | Edito | RAMADANIATE | NON-DITS | DÉBAT DU JOUR | TRIBUNE LIBRE | PUB | Spécial 1er Novembre 54 | Aidons-les ! | MOSTA-HIER | بالعربي






Edition du 01-12-2016.pdf
3.59 Mo - 30/11/2016





Flux RSS


Retrouvez-nous sur Google+