REFLEXION

CHU D’ORAN : Passer le Ramadhan sur un lit d’hôpital

En ce mois sacré du Ramadhan où les liens sociaux se resserrent davantage et parviennent à réunir les membres de la famille autour des repas copieux du f’tour dans une ambiance des plus conviviales et si agréables, d’autres membres de famille et qui sont si nombreux n’ont point cette chance, ils sont hospitalisés pour diverses maladies qui les obligent à garder les lits d’hôpitaux par nécessité de traitement. Ils sont des milliers à passer le mois, loin de leurs proches, et ce mois revêt pour eux encore un mois d'une double terrible souffrance, celle du mal et de l’éloignement.



Chaque jour demeure un combat pour la survie et la lutte contre la douleur. ‘’Réflexion" est parti s’enquérir des conditions d'existence de ces malades au sein du centre hospitalo-universitaire d'Oran. Il était presque 19 heures, et l'établissement hospitalier grouillait encore d'un monde fou, des  voitures commencent à affluer à l’intérieur et rien ne semble indiquer que la vie à cesser à l'appel du muezzin appelant au f'tour. Au bord des véhicules qui circulaient d'un service à l’autre, des membres de familles des malades hospitalisés, apportent des repas bien chauds et descendent, chargés de couffins bien remplis, de casseroles et d'autres ustensiles. Ils tiennent à  offrir à leurs proches malades  le même repas que la famille  mange à la maison. A quelques minutes seulement de la rupture du jeûne, les agents de sécurité présents de garde ce jour-là, s'efforcent gentiment d’expliquer aux visiteurs qu’il est strictement interdit de rester auprès des malades et qu’il faut respecter les horaires des visites autorisées. Le service de gynécologie obstétrique semble être le plus ciblé par les visites familiales, et  parait être opérationnel en permanence, de par la présence  de femmes accompagnées attendant leur tour pour être admises. Leurs courages et leurs patiences  sont surprenants et fort admirables  face  à la douleur et au jeûne. Deux autres services sont aussi animés, celui de la pédiatrie, et le laboratoire des analyses sanguines. Quant aux urgences, il ne reste que quelques personnes qui font les cent pas, en attendant d’avoir des nouvelles de leurs malades. Il est à signaler que les personnes qui viennent pour être auprès des patients vivent un calvaire au quotidien en raison du manque de moyens de transport, certaines d’entre elles viennent des villes de Mostaganem, de Relizane, de Mascara et aussi de Chlef, et sont contraintes de faire le trajet aller et retour souvent plusieurs fois en une seule journée.  A  20 heures, les repas sont acheminés vers les patients  d’une chambre à l’autre, avec des plats de chorba, des salades et quelques fruits. il est à noter qu’il est strictement interdit que les patients prennent leur repas ailleurs qu’au niveau de leur chambre. Quant au personnel médical et paramédical, il va par  petits groupes et prend place au niveau de la cantine dans une bonne ambiance pour oublier l’espace de quelques minutes qu’ils sont loin de chez eux et oublier aussi une longue journée de travail et de carême.  Le f’tour terminé, l’activité reprend  de plus belle et  l’hôpital reprend vie. Les cas admis après le f’tour relèvent souvent de ces graves  intoxications alimentaires, en raison d'une forte indigestion si précipitée  et la consommation excessive de différents produits alimentaires, plusieurs personnes sont admises dans un piteux état aux urgences, avec  de vives douleurs abdominales et  des vomissements. Par ailleurs les malades hospitalisés, et en dépit de leurs souffrances quasi quotidiennes, gardent une lueur d’espoir d’être bientôt guéris et de rentrer chez eux pour profiter de la fête de l’Aïd en famille. Certains d’entre eux n’auront malheureusement pas cette chance. Ils savent pertinemment que leur maladie nécessite plus de traitement et plus de temps selon les avis médicaux. Ils seront encore là et au-delà des jours de l'Aid.

L. Ammar
Mercredi 31 Juillet 2013 - 22:00
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Oran
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