REFLEXION

CHANTIERS DE RESTAURATION DES IMMEUBLES DU CENTRE-VILLE : Sans salaires, les ouvriers entament une grève

Les chantiers de l'entreprise italienne «Refit Algeria SARL» chargée de la restauration d'une partie des immeubles du centre-ville sont depuis avant-hier paralysés par une protestation des travailleurs algériens pour cause de salaires non perçus depuis plus d'une dizaine de jours.



Un phénomène qui a «tendance à se répéter chaque mois», selon les protestataires, et que les dirigeants italiens de l'entreprise justifient, à tort ou à raison, et à chaque fois, soit par «le non versement par la wilaya de l'argent» couvrant les frais relatifs de ces travaux, conformément au contrat qui lie les deux parties, soit par «un problème de bureaucratie au niveau des instances centrales à Alger». Une situation qui a poussé les travailleurs algériens au niveau des quatre chantiers italiens à tenir avant-hier une assemblée générale qui s'est soldée par le dépôt d'une lettre de doléances composée de neuf points. L'une des premières revendications a trait naturellement aux salaires, plus particulièrement au virement qu'ils exigent d'être «effectué le premier de chaque mois». Les travailleurs demandent également qu'on leur accorde «une journée de week-end supplémentaire par semaine», et ce «conformément au code du travail», soit un volume horaire de travail qui ne dépasse pas «40 heures par semaine». Aussi, on exige la remise, à chaque mois aux employés, des fiches de paie, avec le respect rigoureux du système de pointage qui doit traduire fidèlement le nombre exact d'heures travaillées. Les protestataires demandent également à ce que des copies du contrat de travail leur soient données et que tout employé jouit de son droit inaliénable de lire son contrat avant qu'il n'appose sa signature. Les sanctions, notamment les ponctions sur salaires, en cas d'absence ou de retard, doivent également être «appliquées d'une manière équitable», lit-on dans la même lettre de doléances. Les travailleurs algériens demandent également «une prise en charge totale de l'employé en cas de maladie» tout en respectant ses obligations en matière de fourniture d'équipement de sécurité. Les employés exigent enfin qu'ils soient traités sur le même pied d'égalité que leurs collègues étrangers en matière de droits et devoirs. Rencontrés hier sur un des chantiers du centre-ville, les travailleurs algériens de l'entreprise italienne ont vivement critiqué des pratiques qualifiées de «discriminatoires» de la part de leur employeur qu'ils accusent de «vouloir sciemment les maintenir dans un statut de précarité» en utilisant «un langage de menace à peine voilé» contre toute voix qui «oserait remettre en question ces abus».

Rafik M
Jeudi 14 Février 2013 - 00:00
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Oran
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