REFLEXION

Bouhanifia, une ville victime de ses investisseurs

La ville de Bou-hanifia, ou Oued El Hammam comme appelée par ses habitués est située dans la wilaya de Mascara dont elle est distante du chef lieu de quelques 2O kilomètres et se trouve au milieu de quatre centres urbains importants de l'Ouest du pays, il s'agit de Sidi Bel Abbès qui se trouve à 8O Km, Oran à 1OO Km, Mostaganem à 8O Km et Mascara à 2O km.



Bouhanifia, une ville victime  de ses investisseurs
La ville de Bou-hanifia attire des curistes de toutes les wilayas du pays au vu de sa situation stratégique et de son climat sec, cette ville porte également des vestiges historiques. Cette ville n'avait que 12 hôtels et restaurants durant toute la période coloniale, pour atteindre juste après l'indépendance à 45 hôtels sur les 5O existants sur le territoire de la wilaya de Mascara, pour 1911 lits dont 488 lits dans les quatre hôtels classés. Quatre hôtels sont du secteur public et renferment 591 lits. La ville de Bou-hanifia vient de faire peau neuve suite à l'aménagement urbain opéré sur l'ensemble de ses rues et places publiques, elle présente devant ses visiteurs un nouveau visage et d'autres travaux sont toujours en cours, on pouvait même remarquer que certains hôtels ont reçu des aménagements qui leur permet de conquérir la clientèle devant leurs concurrents.

HOTELLERIE :
 La ville thermale de Bou-hanifia compte 45 hôtels pour une capacité de 1911 lits répartis entre O4 pour une capacité de 591 lits appartenant au secteur étatique, 41 pour le secteur privé pour une capacité de 132O lits, ces hôtels affichent la plupart du temps vide, les propriétaires disent qu'ils commencent à s'inquiéter de cette situation qui ne fait que s'aggraver de jour en jour. Les causes avancées par ces derniers demeurent la cherté des bains disent ils, par contre les prix des hôtels sont à la portée aussi bien des petites que des grandes bourses. Les hôtels privés affichent pour des chambres ordinaires climatisées et avec des T.V. entre 8OO,OO à 9OO,OO DA, les hôtels classés sont taxés entre 1.5OO,OO DA à 4OOO,OO DA suivant le confort demandé, les hôtels modérés sont taxés entre 12OO,OO DA à 2OOO,OO DA avec petit déjeuner servi. L'hôtel des PTT qui est affecté aux personnels du secteur adhérents à  la Munatec affiche 9OO, OO DA /personne restauration comprise.

 LES BAINS:
Le prix des bains a fortement augmenté ces dernières années, les bains traditionnels comme celui dit Hammam SAA (la montre) que l'on payait il y a quelques temps seulement à 6O,OO DA est subitement passé à 8O,OO DA pour le bassin et 12O,OO DA cabine, celui d'El Baraka même chose. Les bains des thermes qui présentent quelques commodités supplémentaires aux bains traditionnels affichent des prix allant de 25O, OO DA à 4OO, OO DA, des prix qui ne sont pas à la portée de toutes les bourses. De l'avis de certains habitués des lieux, qui disaient que ces prix peuvent être acceptés au vu des services rendus et de la propreté qui règnent sur les lieux.

 RESTAURATION
La ville ne dispose pas de vrais restaurants, ce sont seulement une multitude de gargotes qui cherchent à se spécialiser dans la rôtisserie de la volaille chose qui n'est pas facile, le citoyen se trouve parfois devant une facture salée pour avoir consommé une cuisse ou une aile de poulet cuite dans des conditions qui laissent à désirer et  servi dans un décor hygiénique indescriptible. Les gargotiers se sont habitués ces derniers temps à l'harcèlement des clients.

 LE PAIN :
Bou-hanifia dispose d'une seule boulangerie au centre de la ville c'est-à-dire à la disposition des curistes avec des pénuries répétées, les autres boulangeries ouvertes dans les périphéries de la ville ne peuvent être atteintes par les curistes qui n'aiment pas s'aventurer dans une ville qu'ils ne connaissent pas.

LA RIVIERE, CE LIEU ABONDONNE
 Ce lieu splendide qui faisait autrefois la fierté des jeunes de la ville de Bou-hanifia et ses environs immédiats, ces jeunes qui faisaient des plongeons du haut du pont qui relie le centre de la ville au reste des quartiers longeant la rivière. Cette rivière s'est transformée en un dépotoir sauvage, les sources qui se trouvent tout le long d’où se dégage une eau chaude  que les personnes âgées trouvées à leurs goûts pour la cure des pieds se sont  transformées en toilettes à l'air libre pendant que d'autres furent envahies par les eaux usées qui se dégagent des hôtels se trouvant à proximité. La route qui servait d'accès à la rivière est transformée en souk où le passage se fait par le coude à coude et tout juste en bas des escaliers aménagés pour le passage, des tas d'ordures sont entassés attendant on ne sait qui pour les ramasser. Ces ordures viennent bien sûr des marchands qui manquent énormément de civisme dans une ville touristique. Sachant que l'eau qui coule dans cette rivière alimente d'autres personnes au niveau du barrage de Mohamadia, et autres localités situées sur la trajectoire de cette rivière.
Au niveau du salon du grand hôtel, on rencontre des curistes habitués des lieux venant de la wilaya de Mostaganem  qui nous ont donné leurs impressions sur la cure qu'ils trouvent très bonne malgré la cherté des prix et en particulier la restauration  au niveau du grand hôtel, le restaurant assure des menus copieux et à des prix forts qui vont en apport avec la commande, dans les gargotes, les services sont mal assurés pour une ville touristique.
Les vieux nostalgiques âgés de plus de soixante dix ans assis là devant la grande mosquée assistant patiemment aux va et vient des gens qui se baladaient avec leurs familles à travers la place publique du saint Mausolée de Sidi Bou-hanifia, un lieu que les gens trouvent à leur convenance pour ces espaces verts et le calme qui règne. Si Mohamed engage tout de suite une discussion pour nous dire qu'à une certaine époque, les gens venaient ici pour une cure qui dure plusieurs jours avec dans leurs bagages des ustensiles indispensables pour la préparation de leur repas, on mangeait  surtout du Berkoukes avec des épices, des produits qui peuvent nous offrir de la chaleur, on dormait sur des tapis de vannerie (hsira), le loyer couté à l'époque de 1958 à 1962 quelques 4O cts la chambre, le bain ne dépassait pas les 2O cts (Baraka).

 LE TRANSPORT:   
  Certains chauffeurs de taxis ne méritaient même pas d'être là, avec leurs tacots, il n'ont pas le statut pour être chauffeurs de  taxis dans une ville thermale qui reçoit les curistes de tous les coins du pays, leurs comportements laissent à désirer, les clients ne sont pour eux que des êtres qui doivent être déplacés d'un lieu vers un autre moyennant pécule sans aucune considération, les vieux qui ne présentent aucun confort, le même problème au niveau des bus.

 LA PROSTITUTION ET LES HOTELS DE PASSE
 La palme revient aux services de sécurité qui en un laps de temps sont arrivés à faire débarrasser la ville de toutes ces femmes qui faisaient le trottoir au vu et au su de tous racolant ouvertement des jeunes et des moins jeunes, l'instruction de Mr. Le wali est exécutée à la lettre et la ville reprend son look d'antan, plusieurs hôtels qui travaillaient le passé dans la clandestinité ont été fermés devant ces femmes. Les pères de famille ont accueilli cet acte avec la plus grande satisfaction. Les familles pouvaient s'installer dans n'importe quel hôtel sans gêne. En complément à  notre article on a tenté à deux reprises d'être reçu par le directeur du tourisme, mais celui-ci semble être pris par d'autres préoccupations.  

B.Boufaden
Mardi 13 Décembre 2011 - 21:52
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