REFLEXION

Bouguirat, devanture sud de Mostaganem :Silence ! On fomente un crime écologique !



Bouguirat, devanture sud de Mostaganem :Silence ! On fomente un crime écologique !

A ceux qui veulent bien l’entendre, le maire de la sinistre bourgade prétend que l’œuvre de basse besogne d’abattre une trentaine d’arbres séculaires et presque, et d’une essence rare et en voie d’extinction, afin d’ouvrir une chaussée carrossable d’opportunité absolument nulle, est une instruction formelle de Mme le wali !

 

Ainsi, curieusement, compte-t-on endosser à Mme le wali, ce chef d’exécutif particulièrement connu pour son attachement scrupuleux à la légalité, un véritable crime écologique, parfaitement gratuit ! Alors que le marché a été attribué à un entrepreneur, la conservation des forêts ne semble pas prête à cautionner le forfait en délivrant l’autorisation d’abattre une végétation aussi précieuse. Tout porte à croire que l’indécision serait définitive pour la simple raison qu’aucun argument justifiant la nécessité, ‘’cruciale et absolue’’, d’une voie carrossable séparant le jardin public de la mairie en construction et de la mosquée qui la jouxte, ne peut être avancé. Depuis 1897, l’année de la construction de la brigade de gendarmerie, à la place de laquelle le siège de l’APC est en cours d’édification, jamais une telle séparation n’a été entrevue. De tout temps, l’ancienne brigade de gendarmerie, de l’église reconvertie depuis 1974 en mosquée, et du presbytère occupé pendant au moins une décennie par les services de la sûreté de Daïra, ont donné sur le jardin public qui les sépare de la route nationale traversant l’agglomération.

Depuis qu’il a eu vent du projet, dont ‘’l’enveloppe financière aurait servi à meilleur escient à bitumer la voirie quasiment impraticable de nombreuses cités de l’agglomération’’, Dr Senouci, le président de l’association locale œuvrant pour la préservation de l’environnement, est dans un désarroi indescriptible. Il ne sait à quel Saint se vouer, ni à quelle autorité s’adresser pour empêcher ce désastre gratuit, mais surtout inutile. Il n’arrive pas à comprendre comment Mme le wali ose ‘’piétiner’’ l’arrêté édictant classification et préservation des jardins publics et espaces verts des communes de la wilaya, promulgué par son prédécesseur à la tête de l’exécutif de la wilaya, en exigeant l’aménagement d’une route dont personne, ni autorité, n’a éprouvé la nécessité depuis que l’agglomération existe !

En dépit de sa classification officielle, en vertu de l’arrêté du wali daté du 1er mars 2004, le dit jardin, hérité de l’ère coloniale, est livré à l’abandon et à la déshérence. Souffrant cruellement de la sécheresse, mais également de la main destructrice de l’homme et de l’autorité communale notamment, il a commencé par perdre ses beaux massifs floraux, ses arbustes et sa végétation la plus fragile. D’importantes aires en ont été grignotées pour l’érection de kiosques, commerces et même logement. Pour ne pas trop remonter dans le temps, un certain jeudi 22 avril 2004, la malédiction inhumaine avait frappé au triste espace vert et a emportée un pin d’une essence rarissime que les services des forêts, ni encore moins de l’APC, auteurs de l’initiative géniale de l’abattage, n’ont jamais été capables de remplacer. Le pin abattu, un gigantesque arbre vieux de plusieurs décennies, était ‘’condamné’’ pour son tort d’avoir donné asile à des oiseaux insectivores en extinction qui salissaient le sol sous l’arbre ! Le jour du drame, pas un seul passant, enfant ou vieux, de la localité ou simplement visiteur de passage, ne s’est abstenu de maugréer et d’injurier les responsables de cet acte criminel. Le particulier ayant bénéficié des droits payants de l’abattage a entendu moult mots désagréables. En quelques heures, un ‘’monument’’ incarnant et se confondant avec l’histoire de moult générations du village a disparu, coupé ras afin de ne jamais reprendre. Dans la foulée, plusieurs dizaines d’oisillons n’ayant pas encore la force de fuir, avaient été cruellement décimés.

Sans le moindre entretien, ni irrigation, et persévérant dans ‘’l’agestion’’, voire dans le crime écologique, voilà que maintenant on ne daigne même pas laisser la nature s’en occuper. Les arbres élancés qui tentent d’opposer la résistance naturelle risquent d’être passés à la tronçonneuse ! Avec la bénédiction des autorités locales !




M. Medjahri
Dimanche 3 Mai 2009 - 00:55
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MOSTAGANEM
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