REFLEXION

Blida : « Douirette », un quartier au passé glorieux

Le chef lieu de la wilaya de Blida, est connu par ses sept portes, dont chacune d’elles a servi à l’espace d’un quartier, c’est le cas de Bab Erahba qui fut parmi les premiers qui joua un rôle important avec celui de "Bab Djazair " dans le développement du quartier des "Ouled Soltane " communément appelé « Douirette », qui a enfanté de nombreux talents dans les divers arts.



Ce quartier dont les premiers jalons auraient été posés au lendemain de  l’arrivée des premiers migrants andalous ayant fui l’Andalousie après la chute de Grenade. D’ailleurs, de l’avis de  nombreux anciens blidéens dont certains  connaisseurs en matière de préservation du patrimoine, estiment que les premières maisons de quartier «  El Djoun » et celui des «  Ouled sultan » datent approximativement du 16ème  siècle car la conception architecturale des maisons et le tracé des ruelles ressemblent beaucoup à ceux de l’Andalousie. Qualifié d’un des quartiers à forte concentration populaire du chef lieu de la wilaya, avec  plus de 15.000 habitants, ce quartier situé à quelques encablures du centre ville, n’est toujours pas classé comme patrimoine national. Avec ses ruelles en forme de labyrinthe et ses maisonnettes avec patios et terrasse, qui servaient beaucoup plus aux fêtes familiales. D’ailleurs, la terrasse était le meilleur moyen notamment pour les femmes de se rencontrer et discuter sans être dérangées, ou du haut de laquelle,  elles pouvaient assister aux cérémonies de mariage ou de circoncision sans être reconnues. C’est ce qui confirme la ressemblance avec les quartiers de la casbah d’Alger ou à celui de Ghardaia pour ne parler que d’Algérie. C’est cette architecture qui a permis  de délimiter la période de création de ce quartier à celle d’Andalousie ou une ressemblance existe avec certaines villes de cette région ibérique. Si par le passé le style de ce quartier a pu être maintenu, mais, avec le temps et surtout l’occupation des maisonnettes par des familles qui faut il le souligner ignoraient avant de longer le côté sud-Est pour aboutir sur la route de Chréa, relèvera,  que certaines maisons gardent encore  leur style du passé,  mais pour d’autres  les occupants  ont remplacé les belles voûtes surmontant les portiques en bois sculpté dans le pur style arabo-musulman, par des portes banales en bois blanc, et que d’autres ont érigé de hauts murs fortifiés. L’urbanisation de ce quartier a servi la révolution contre l’occupation coloniale. En effet, le fait d’être situé au bas de l’atlas blidéen, cela permettait  aux moudjahidine de mener leur combat avec bravoure tout en donnant du fil à retordre aux militaires français plus nombreux et mieux armés qu’eux. D’ailleurs, en dépit des moyens de persécution employés par les militaires français au niveau de ce quartier et notamment par le bouclage  des rues en employant du fil barbelé, les moudjahidine étaient beaucoup plus proches de la population et en particulier des jeunes qui ne manquaient pas une occasion pour  s’en approcher. Ceci  me fit rappeler une embuscade que des fidayîn avaient tenté de mener un début de soirée de Novembre  1957, contre une patrouille de l’armée française. En effet, au moment ou l’un des moudjahidine s’apprêtait  à prendre de revers la patrouille militaire, l’un des membres de cette dernière aperçu une ombre, qui attira son attention avant de tirer la première rafale avec sa mitraillette. Quoique, la patrouille se lança à la poursuite du fidayî qui  avait réussi à rejoindre la boulangerie du quartier ou d’autres combattants s’y trouvaient déjà. Il faut souligner  que cette action n’était ni la première, ni la dernière  et, ce type d’embuscade provoque à chaque fois  des opérations d’envergure que l’armée française lance contre les moudjahidine à titre de représailles. Dans ce même contexte, on rappellera, que l’artiste Mohamed Touri qui habitait ce quartier comme tant d’autres, est décédé quelques jours après avoir été arrêté lors du bouclage du quartier en question en 1959. Ce vieux quartier de la ville des roses, a non seulement donné au pays prés de 400 de ses meilleurs enfants qui sont tombés au champ d’honneur durant la lutte pour l’indépendance, il fut aussi un réservoir de talents au plan intellectuel, artistique et sportif notamment. Ainsi,  parmi les hommes du culte issus de ce quartier, ont citera Cheikh Baba Ameur qui fut Mufti de la grande mosquée d’Alger, Cheikh Bendjelloul, Hadj Kara Mostefa dit « Bouaiba »,  Mohamed Brinis dit  Bouleidi ou encore  cheikh Zoubir. Vu que le centre ville de Blida était « réservé » à la communauté européenne, les algériens de souche ne voyaient pas d’autres moyens que d’habiter ce  quartier, alors que d’autres ont opté pour «  El Djoun », ou encore pour Bâb Khouikha ou Bâb Zaouia. Ce regroupement  au quartier « Douirette » a permis à plusieurs familles de voir leur progéniture émergée dans le domaine sportif ou artistique notamment. Au plan sportif,  plusieurs athlètes dans les différentes disciplines sont issus de ce quartier populaire qui a donné au sport national des titres de noblesse. En football, on retiendra les noms de  Abdelaziz Chekaimi, Rachid Hadji, Menacer Abderahmane, Mustapha Begga, Maamar Ousser, Ahmed  Daridja, Ahmed Yantrene ou encore Dahmane Meftah. A ce propos, Hacen Chalane dont deux de ses frères ont porté les couleurs de l’USMB, n’a pas manqué de nous rappeler d’autres noms de joueurs en nous affirmant que la plupart des sportifs blidéens en général et ceux ayant optés pour le grand club blidéen  était natifs de ce quartier. En boxe, on citera Merakech Mahmoud ou encore El Djouer, en Athlétisme on se rappelle de  Zoukel, mais il y a aussi plusieurs autres jeunes qui ont défendu avec hargne et fierté ce  quartier qui les a vu naitre. Ce quartier a aussi fait connaitre des personnalités du monde artistique, c’est le cas de Hadj Mahfoudh, son cousin Mohamed , la chanteuse Seloua, les chanteurs Rabah Driassa sans oublier le doyen des planches du théâtre Mohamed Touri, les comédiens Keltoum, Tayeb Aboulhassan, Tebteb et même Hassen el Hassani a habité ce quartier en quittant sa généreuse Berrouaghia. On ne manquera pas de souligner que plusieurs journalistes  sont issus de ce quartier populaire. Parmi les vestiges que ce quartier comptait, on citera le Hammam Zahar, que son propriétaire un  habitant de Ghardaia a eu l’idée de le réaliser aux environs de 1940. Ce hammam, fut à l’époque un vrai chef d’œuvre, tant il ressemblait à ceux  construit dans le passé en Turquie. D’ailleurs, il attirait des clients qui venaient d’autres  quartiers que celui de Douirette, tant le confort, l’architecture et l’accueil étaient appréciés, En plein cœur de ce quartier,  il y avait aussi  la résidence ou le Roi Behanzin Kando de l’ex Royaume du Dahomey  (aujourd’hui le Bénin) a été placé en résidence par les autorités coloniales françaises aux environs de 1906.  Selon  des habitants du quartier, ni le Roi, ni même les membres de sa famille  n’étaient autorisés de parler avec le voisinage. «  Son fils a fréquenté peu de temps seulement le Collège Colonial (aujourd’hui Lycée Ibn Rochd) sans pour autant lier une amitié avec ses camarades, ou parler de sa situation ».  Quant le roi est tombé malade, et qu’il fut hospitalisé à Alger, sa famille demeura à Blida, mais une fois son état de santé s’est aggravé  toute la smala a été déportée à Alger ou le roi est décédé au début de l’année de 1907.

Hadj Mohamed Hichem
Dimanche 3 Août 2014 - 19:00
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ACTUALITÉ
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