REFLEXION

Bien que leur nombre s'accroit chaque annee : Prise en charge imparfaite des toxicomanes à Oran

Au niveau de la wilaya d’Oran, comme dans les autres wilayas du pays notamment dans la région-ouest, le nombre de toxicomanes s'accroît, d'année en année, alors que les centres de prévention et de désintoxication existants sont incapables de les prendre en charge. Ouvert en 1998, le centre de désintoxication de l'établissement hospitalier, spécialisé en psychiatrie de Sidi Chami reçoit annuellement quelque 2.000 toxicomanes, soit une moyenne de 5 par jour.



D'une capacité de 30 lits, ce centre ne permet pas l'hospitalisation de tous les toxicomanes orientés vers cette structure. La majorité des cas est suivie à distance. Selon une étude menée par une équipe médicale du centre, 50% des toxicomanes pris en charge par le centre rechutent pour diverses raisons, dont l'absence de volonté chez le malade et le manque de structures de prise en charge, après la cure de désintoxication.  Pire encore, nombreux d'entre eux sont sujets à d'autres complications psychologiques notamment la schizophrénie. Ainsi et durant les 10 dernières années, il a été enregistré une vingtaine de décès parmi ces derniers, par suicide ou suite à des overdoses.  Selon la même étude, 4% des cas ont touché à la drogue avant l'âge de 10 ans et 33% sont devenus toxicomanes durant l'adolescence. Proies faciles en raison de leur vulnérabilité, même les lycéens sont pris au piège par les stratégies de dealers qui font des établissements scolaires un terrain de prédilection pour écouler leur marchandise. La drogue y circule, de plus en plus, au vu et au su de tout le monde. Cette situation a fait que le nombre de toxicomanes se multiplie, d'année en année, alors que les centres de prévention et de psychothérapie existants sont incapables de les prendre en charge. Les données actuellement disponibles, insuffisantes et parcellaires, ne permettent pas d'apprécier l'ampleur du problème de la toxicomanie. Une grande panoplie de drogues est disponible. Cela peut aller de la cocaïne, au cannabis, kif, et autres amphétamines. Pour arriver à leurs fins, les dealers s'ingénient, concoctant des plans élaborés et d'innombrables stratagèmes pour attirer en «douceur» leurs jeunes proies dans le monde infect de la drogue. Au début, les dealers vont jusqu'à offrir gratuitement leurs services pendant quelque temps.  Les spécialistes avancent l'absence d'autorité paternelle, au sein de la cellule familiale, fait que l'enfant perd ses repères. En outre, le manque de structures éducatives laisse le jeune livré à lui-même, dans un environnement social favorable à l'acquisition de ce mal qui s'ancre, de plus en plus, au sein de la population. L'Algérie qui était un pays de transit de drogue est devenue actuellement un pays consommateur. Plus de 26% des quantités de drogue qui transitent par notre pays sont consommés localement, alors que 48% des trafics de drogue se font dans la région-ouest du pays », selon l'Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie. Les jeunes âgés entre 18 et 25 ans représentent 43,5% des consommateurs de drogue au moment où la tranche 25-35 ans constituent 38%. Dans le but de prendre en charge les jeunes toxicomanes, Oran a bénéficié de deux centres intermédiaires dont l'un à Haï Yaghmoracen et l'autre à El Mohgoun. La mission de ces établissements se limite à l'aspect préventif, à donner des orientations et des conseils à travers des séances d'écoute, outre l'accueil de cas critiques qui sont réorientés vers le centre anti-toxicomanie de l'hôpital de Sidi Chami. Cependant, cette structure reste insuffisante pour une grande wilaya comme celle d'Oran qui reçoit également les jeunes des autres wilayas. Il est ainsi prévu la réalisation d'un nouveau centre de désintoxication à la cité Akid Lotfi à l'est d'Oran. Une fois réalisé le nouveau centre antidrogue va contribuer à alléger la surcharge que connaît le centre de désintoxication de l'établissement hospitalier spécialisé de Sidi Chami. Et devant le nombre croissant des consommateurs, cette structure n'arrive plus à répondre aux besoins de la wilaya.

Medjadji.H
Mardi 12 Mars 2013 - 09:30
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Oran
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