REFLEXION

Béni Saf : autopsie d'une ville en chute libre !

A l’inextricable problème de circulation automobile surtout pendant la période d’été où l’embouteillage commence à faire partie de nos mauvaises mœurs d’aujourd’hui et qui se conjugue aux nuisances du quotidien faute de plan réfléchi de circulation mais l’alternative cliché se fait sans faire bouger les neurones, par une profusion des dos d’âne évidemment pour l’amélioration négative du cadre de vie des citadins sans les ralentisseurs.



L’autre phénomène, l’’exode rural né de l’indépendance d’abord,  avait pris encore plus d’ampleur lors de la décennie noire, en plus du laisser faire, et la désertion de l’Etat a complètement détruit le plan architectural de la ville et de la plage du puits,  pour répondre aux besoins générés, ils ont eu  recours anarchiquement à des cités dortoirs, dénuées de tout espace vert et d’équipements de loisirs et de culture. Le petit centre ville de Beni-saf  se trouve confisqué géographiquement par une  station de pompe à essence accaparant exagérément  un interstice urbain, utile et nécessaire pour une bouffée d’air de l’espace de  la ville, se greffe la défectuosité d’un éclairage public au niveau de tous les quartiers de la ville avec des supports exécrables, le noir fait bien peur et favorise bien le climat d’insécurité. L’éclairage public du quartier  de la plage du puits et de la plage de Sidi Boucif, un réseau  récent et tout neuf que les malfaçons le rendent déplorable et même pernicieux, s’insèrent dans le même ordre d’idées noires une foultitude  permise  de constructions illicites et anarchiques dans le désordre par une impunité disant absolue. L’absence d’une conception urbanistique permettant  de faire de la Cité une  métropole, elle  l’a réduit à une Dachra où  des Villas fortunées côtoient allègrement ,des maisons inachevées et  des cités dortoirs, où des bâtiments hideux  qui s’entassent pour ne pas dire s’alignent indéfiniment, sans aucun équipement  social d’accompagnement. L’absence volontaire  d’études d’urbanisation qui consiste normalement,  premièrement à réserver des terrains pour les constructions collectives séparément des terrains destinés à des résidences individuelles. Deuxièmement les façades de ces habitations individuelles sont  préconçues  normalement par les services d’urbanisme selon la nature de la ville et imposées selon la conformité, y compris pour le nombre de niveaux à tout constructeur. A Sidi Sohbi ou bien d’autres quartiers, on peut trouver aisément une cité résidentielle construite anarchiquement où se côtoient des villas avec étages à d’autres d’un seul niveau, d’autres inachevées datent de plusieurs années faussant tout décor ,s’ajoute celui de la saleté et des ordures qui jonchent chemins, rues , ruelles et escaliers sans parler des autres nuisances à commencer par  chiens errants en plein centre ville, et dans chaque quartier de la ville son lot de chiens créant une situation de panique et de frayeur pendant la tombée de la nuit, des rats qui désertent  les canaux d’assainissement via les avaloirs non entretenus depuis et autres dépotoirs pour aller faire leur emplette animale dans les poubelles humaines pendant la nuit.  Les  moustiques se plaisent face à cette situation qui fait leur décor favori,  l’inexploitation de toilettes publiques fait que des odeurs pestilentielles se dégagent des espaces sales et des  jardins publics. Ces toilettes existent belle et bien mais ne sont point exploitées sinon délaissées au gré de la dégradation comme ceux (toilettes mobiles) qui ont été installées et octroyées à la commune de Benisaf , par la direction de l’environnement au niveau de la plage de Rachgoun , leurs inutilisations sont dues principalement à une forte altération négative, inconsciente  et volontaire .
De nombreux points de dépôt d'ordures existent à Benisaf dépassant de loin le nombre d’abris bus  de la ville, comme partout ailleurs. Le service de nettoyage de la ville est manifestement dépassé non pas par manque de moyens mais par manque d’organisation entre la ressource humaine, les moyens matériels et le plan ou schéma directeur ( éco système) qui ne trouve pas celui qui le met en application.  Le service de nettoiement  montre beaucoup de lacunes en matière de gestion, d’art, de service et de collecte des ordures ménagères.  Plusieurs ruelles , artères et escaliers  de Beni-saf ont perdu de leur esthétique, en raison des amas de déchets qui jonchent les trottoirs, les coins de rues et marches d’escaliers notamment dans les quartiers abritant des marchés anarchiques et informels, comme aux quartiers de  Benikhaled, Boukourdan , la Zhun, Sidi-Sohbi et au PlanII où l’insalubrité fait désormais partie du nouvel affreux, sale ,dégueulasse et méchant décor, entraînant de facto la prolifération d’insectes, de rats et de  chiens errants en quête de nourriture. L’esthétique naturelle de nos falaises et nos pinèdes a été défigurée par le nombre impressionnant de sachets bleus contenant les nuisances de la saleté et dégageant des odeurs nauséabondes.
 Des sites environnementales introuvables dans d’autres horizons à savoir la piste de « Fanta-guerra » située en plein milieu d’une pinède de sapin d’Alep ainsi que celle de la plage du puits appelée communément par les « plagistes »( les habitants de la plage) « Ghar El Machina »  parsemée par toutes les nuisances, saletés, déchets et  ordures toutes catégories confondues de déchets admis à savoir les résidus verts  ,les objets encombrants ( carcasses de restes de réfrigérateurs , tv ,cuisinières meubles…des pneus, des métaux ferreux, des rocs de pierres ,gravats et béton et débris de démolition ,de la terre végétale, des déchets domestiques   parfois dangereux( piles batteries et huiles de vidange) du papier, du verre ( bouteilles de boissons alcoolisées), tous ornés par du plastique.
 Le marché  des fruits et légumes de Beni-Saf se   situe au centre  de la ville même ,pour tout visiteur ou plus exactement étranger ,des odeurs nauséabondes  qui s’échappent de l’intérieur d’ un amas d’ordures et des putrides  qui se trouvent aux entrées du principal marché de la ville , et en face  de l’école  primaire « IBN ROCHD ». Cet amas contourne une benne communale, la même esquisse  existe au niveau du  quartier Boukourdan ou à la Zhun  en face d’une crèche  très bien agrémentée, et même idéalisée par son enchérisseur. Ces odeurs  accueillent vos narines  pour les terroriser à l’extrême nausée, C’est  aussi une bien piètre image qu’offre ce « décor » d’un paysage indigne pour les humains, outré pour la  société  dite civile, scandalisée pour les responsables de la cité ; c’est la véritable image du centre-ville du chef-lieu de la daïra. Le  marché situé au cœur de ce centre ville comme si les responsables étaient totalement déserteurs ceux de l’APC et les services de l’hygiène communale. Les agents d’entretien désertent  le terrain pour le ramassage d’ordures et denrées à la ville, l’image qui lui revient, déjà bien ternie par la présence de dizaines de vendeurs de poissons confondus qui l’ont littéralement envahies informellement  et par la force  pour être plus précis, la situation reste extrêmement déplorable et les clients qui y affluent doivent s’adonner à des acrobaties pour obliquer les montagnes d’ordures et se boucher les narines pour pouvoir atteindre leurs marchands, alors que les insectes et les bestioles pullulent autour de ces hideuses saletés, à un endroit dit privilégié , source de notre substances en nourriture végétale.
 En effet,  personne ne prend la petite peine enrobée par un acte  civique pour alerter le ou les qui de droit, intérieurement ,ils se sentent  révoltés et scandalisés par ce fléau qui nuit  leur existence ,même de leur petit détour obligatoire pour faire leurs petites emplettes,  autant que les marchands de l’intérieur et de l’extérieur pour que soient prises dans l’immédiat tant souhaité sinon rêvé, quelques  dispositions nécessaires avec l’intervention des responsables concernés , car dans le cas contraire, plus personne ne pourra circuler devant pareil  dépotoir que chacun l’utilise comme vidoir.
 Par ailleurs, certains quartiers  de la ville ;les déchets ménagers n’ont pas été collectés depuis plus d’une semaine, engendrant des points noirs nocifs pour la santé et l’environnement, à tel point que la population exhorte les responsables de la commune  à intervenir pour pallier à cette situation qui risque de déraper, peuvent éventuellement provoquer des situations pouvant être   catastrophiques pour la santé publique comme ce qui se passe ailleurs ; imputant la prolifération de certaines maladies dermatologiques et respiratoires, comme les allergies et l’asthme, à la pollution due à l’amoncellement des ordures dans les rues et sur les trottoirs si ce n’est pas la peste ,le paludisme ou autres maladies qui se conjuguent avec l’état de sous développement de la mentalité de nos responsables de la matière qui ont déserté depuis belle lurette leur habilité.
Au centre ville, le marché anarchique est la principale cause du cumul des ordures dans les rues et les espaces verts des parages. Dans ce sens, l’hygiène et l’environnement à l’Assemblée populaire de la communale (APC) de Beni-Saf a insisté sur la nécessité d’installer au niveau des quartiers et agglomérations de grosses bennes pour la collecte des déchets via le dépotoir.
 La dégradation de l’environnement à Beni-Saf n’est pas essentiellement le résultat d’attitudes des habitants qui ne respectent pas les horaires fixées pour le dépôt des ordures .Plusieurs habitants ne mettent pas leurs ordures dans les bacs. Ca c’est un fait qui désoriente et perturbe le comportement civique des habitants. Puisqu’ il y a passage de voitures d’enlèvement d’ordures, il s’agit d’informer par tous les moyens les habitants de l’heure exacte du passage de la voiture d’enlèvement et instruire à cet effet, la population afin de  mettre leurs déchets  à la portée du niveau de passage de la voiture d’enlèvement d’ordures   .Par conséquent les bacs  verts deviennent inutiles pour les quartiers résidentiels et encore nuisibles car ils créent des  lieux pour vidoirs propices aux dépotoirs ; en plus   de la  désorientation du comportement des habitants qui font qu’à tout moment une sortie d’ordures dans la rue est effectuée et enfin un cout supplémentaire pour le budget de  la commune  et un cout pour le mauvais décor.
 C’est à partir des mauvaises coutumes que naissent les bonnes lois
Cependant, la majorité de ces bacs, dont le prix  est conséquent, ils  sont dérobés ou bien  saccagés  de par leurs mauvaises manipulations lors de l’enlèvement des ordures, dans plusieurs quartiers de la ville. Il s’agit  en sorte que les autorités concernées contribuent aux opérations de sensibilisation, visant à ancrer la culture de l’éducation environnementale chez les générations montantes, si vraiment nos responsables sont conscients de l’ampleur du désastre environnemental. Le citoyen algérien pour peu de considération, il respecte bien et même très bien les règles d’hygiène. Lorsqu’il voyage en dehors de son pays, son civisme réapparait instantanément et de plus fort, mais chez lui, il jette ses ordures ménagères dans la rue, car il s’est habitué à le faire par insouciance, ajoutant néanmoins que l’acquisition d’une éducation et d’une culture environnementale n’est qu’une question de temps. A commencer par le respect des biens ensuite des lois et que l’impunité soit exclue du lexique social du pays afin d’enlever à tout jamais la saleté de la ville.  
On nous a appris au niveau élémentaire dans les années 67-68 « que cracher par terre, c’est cracher sur son pays » tout môme que j’étais, une  attention particulière pitonnait ma salive vers le fond de ma bouche  pour faire avaler et faire  valoir mon civisme et croire à ma petite citoyenneté.
  La nécessité fait la loi
Les érudits en la matière existent et savent bien concevoir, préparer et planifier tout un schéma directeur intégré  pour l’enlèvement des ordures conformément aux dispositions de la loi n°01-19 du 12/12/2001 relative à la gestion ,au contrôle et à l’élimination  des déchets  qui a institué l’obligation pour les communes de disposer d’un schéma de gestion des déchets  comportant :
*l’inventaire de la nature des quantités des déchets *le système d’organisation des services en charge de la gestion des déchets urbains (circuits-fréquences-contrôle-balayage)
*la gestion des  ressources humaines et matérielles qui leur sont affectées par zone-secteur…*le système de collecte et toutes ses caractéristiques par secteur et par zone urbaine.
*la maintenance et l’entretien du matériel roulant (garages-station de service-station de lavage-atelier de réparation-carnet de vie du véhicule suivi et contrôle- magasin de pièces détachées.
* les différents types d’activités générateurs de déchets (mécanicien abattoir-bergerie-entreprises…..)
Une application d’un pareil système bien étudié par les personnes du savoir éviterait probablement et certainement  énormément de nuisances , ajouter en plus, une opération de sensibilisation accrue ,les individus se métamorphoseront  de fait en citoyens et la cité se transformera par une nouvelle force qu’est ce civisme tant souhaiter et tant attendu pour vivre convenablement dans son quartier et non exister comme n’importe quel autre objet mobile  de la nature.

Benallal Mohamed
Lundi 17 Mars 2014 - 17:35
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