REFLEXION

Bahara-Mostaganem : Les citoyens bloquent la route en guise de protestations

Après un autre accident de la circulation, les habitants de « Bahara » protestent et bloquent la RN 11. Protestation et obstruction de la chaussée. Le même scénario qui se répète après chaque accident de la circulation.



« Bahara », un douar dont la population, est estimée à plus de 3000 habitants et relevant de la commune d’Oued Boughalem, est un paisible hameau situé à l’extrême Est de la wilaya de Mostaganem, distant de 95 km du chef lieu de la wilaya, juste à la limite de la frontière avec la wilaya de Chelef. Ses habitants ont vécu une nuit exceptionnelle et mouvementée après qu’une centaine de jeunes et d’adolescents sont sortis à la rue dans un mouvement de contestation suite à un énième accident de la circulation dont la victime est une vieille dame âgée d’une soixantaine d’années qui s’apprêtait à traverser la chausse pour rejoindre l’autre côté du douar. On dit que : les mêmes causes produisent les mêmes conséquences. L’excès de vitesse et l’inexistence de ralentisseurs résultent sur des accidents souvent tragiques. Conséquences : colère, protestation et blocage de la rue. C’est un scénario, devenu une règle, qui se répète fréquemment, partout sur le territoire national, après chaque accident de la circulation. C’est un phénomène qui mérite l’attention de nos sociologues.
L’accident a eu lieu dans l’après midi de jeudi dernier, vers 15h30. Une sexagénaire, qui s’apprêtait à traverser la rue, a été renversée par une voiture lui causant des blessures graves. Souffrant d’un traumatisme crânien, la victime a été évacuée en urgence vers l’hôpital de Sidi Ali. Vu la gravité de son état, elle a été placée sous surveillance médicale. Une demi heure après, une centaine de jeunes, et moins jeunes, ont envahis la RN11 dans un mouvement de protestation en bloquant la chaussée à l’aide de troncs d’arbres, de pierres et de pneus brulés. Après avoir donné l’alerte, un renfort de la gendarmerie nationale ainsi que les autorités locales, à leur tête, le chef de la Daïra de Achaacha; Mr M Smail, se sont déplacés sur les lieux pour contribuer au déblocage de la situation. Présents sur les lieux, nous avons recueillis les déclarations des protestataires. Ils nous ont déclaré qu’ils ont demandé, à maintes reprises, à l’APC l’installation des ralentisseurs qui ont été arrachés après les travaux de revêtement de la chaussée en béton bitumé et ce depuis quelques mois, mais rien n’a été fait. A noter qu’en 2006, Bahara a déjà vécu le même scénario de protestation après un accident de circulation meurtrier. Cette fois-ci et d’après les confessions de plusieurs protestataires, l’accident n’est que la goutte qui a fait déborder le vase. Se sentant l’exclusion et la hogra, Les habitants demandent une présence en charge adéquate de leurs problèmes puisque leur hameau souffre d’énormes insuffisances. En plus d’un chômage galopant, on relève l’inexistence d’un réseau d’AEP et d’infrastructures socio-éducatives. Le projet de réalisation du réseau d’assainissement est à l’arrêt depuis plusieurs mois. Pourtant la région de Bahara recèle d’énormes potentialités naturelles. Des terres fertiles, une force active et qualifiée et un littoral riche en produits halieutique d’une longueur de plus de 7 km. D’ailleurs le nom de la région est inspiré de la mer « Bahara veut dire les gens de la mer ». Depuis des décennies, la mer représente le cordon ombilical pour la vie de la majorité de la population de Bahara. Le douar est implanté à deux cents mètres du littoral mais plusieurs jeunes pêcheurs nous ont déclarés qu’ils souffrent le martyr pour rejoindre la mer puisqu’il n’existe aucune piste qui mène à la plage. Les terres situées entre le douar et le rivage font partie du patrimoine privé et elles sont exploitées en plasticulture pour la production de la tomate qui faisait depuis une décennie la renommée et la fierté de toute la région. Les pécheurs nous ont déclaré qu’ils sont forcés de parcourir à pied plus de 2 km, moteurs et matériels sur le dos, pour atteindre la plage de « Kharbete » où sont stationnées leurs embarcations. Dans la région de Dahra, Bahara s’est distinguée ces dernières années par le phénomène de la harrga. On dénombre plus de 80 individus qui avaient pris le large à bord des embarcations de la mort pour rejoindre l’autre côté de la méditerranée. Il y en a ceux qui ont réussi l’aventure et s’installaient depuis en Europe, par contre plusieurs familles se sont endeuillées par la disparition de leurs progénitures qui ont laissé la vie en essayant de rejoindre l’eldorado espéré à cause d’une mer souvent perfide. Plusieurs harraga ont été arrêtés et refoulés vers le bled. Certains parmi eux sont rentrés au bercail volontairement vu les conditions de séjour difficiles sur le territoire espagnol, Comme elle est capable de commettre des malheurs, notre jeunesse est aussi capable de faire des miracles. La preuve : à 23h nous nous sommes déplacés à l’autre côté du douar où la route était encore fermée. Le chef de la daïra et le commandant de la compagnie de la gendarmerie étaient là entrain de dialoguer avec les contestataires. Le chef de la daïra, en subtil diplomate, a déployé des efforts considérables pour les convaincre. Il a écouté avec patience toutes les requêtes en promettant que l’état prendra en charge les doléances des plaignants dans un futur proche. Au cours de son intervention, il a pu avec brillance calmer les esprits et renverser la vapeur en transformant la contestation en un élan de solidarité et de patriotisme dans la mesure où ces mêmes contestataires ont entamé le nettoyage de la chaussée semée de grosses pierres et de différents débris. A minuit, la foule s’est dispersée dans le calme et la route est ré-ouverte à la circulation. Il est de notre devoir de saluer et de valoriser les efforts consentis par le chef de la daïra de Achaacha ainsi que le commandement de la compagnie de la gendarmerie nationale qui ont été à la hauteur de leurs responsabilités. Ils ont amplement contribué au dénouement heureux de cette contestation qui n’aurait pas eu lieu si les élus locaux avaient tenu leurs engagements envers leurs concitoyens. Ils sont tenus de communiquer et de s’approcher davantage de la population pour prévenir et éviter de tels événements qui menacent la paix sociale et engendrent des dégâts inutiles.

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Samedi 26 Septembre 2009 - 08:00
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MOSTAGANEM
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