REFLEXION

BRUIT D’AVIONS EN MEDITERRANEE : La France courtise l’Algérie !

La visite de fin de semaine dernière du chef de la diplomatie Française, M. Alain Juppé en Algérie, est en fait le fruit de plusieurs tentatives de rapprochement entre les deux pays depuis l’arrivée à l’Elysée du Président Nicolas Sarkozy.



BRUIT D’AVIONS EN MEDITERRANEE : La France courtise l’Algérie !
Ainsi le processus de rapprochement a été comme on dit, mis sur rails lors de la dernière visite éclair de l’émissaire du Président Français, Jean pierre Raffarin. Mais les dirigeants algériens exigent en premier lieu des éclaircissements et des explications, sur l’ingérence brutale de la France dans les affaires des Libyens, et aussi la position de la France en ce qui concerne la nouvelle politique de la Tunisie. C’est deux pays membres de l’UMA (l’Union du Maghreb Arabe), dont la France est devenue partie prenante dans un jeu de poker. Les observateurs, se rendent compte aujourd’hui, que cette France est toujours frappée d’une nostalgie d’un mal qui se nomme colonialisme. Raffarin, qui a dîné avec le chef du gouvernement Ahmed Ouyahia, est retourné à Paris dument satisfait d’avoir obtenu d’Alger un visa primaire pour renouer les contacts est s’expliquer sur cette ingérence dans les affaires d’un territoire Maghrébin et d’une intervention militaire sans contact au préalable des autres Etats membres. C’est pourquoi Alain Juppé a atterri mercredi à Alger, officiellement pour une réunion de travail à Oran et officieusement pour s’expliquer devant son homologue Algérien Mourad Medelci. Ainsi, cet amorçage de rapprochement a commencé le 20 juin de l’année écoulée, par la visite de Claude Guéant à Alger, où il a été reçu par le président Bouteflika, a amorcé une normalisation feutrée. La France a compris le message, pour qu’elle revienne à la raison et le droit chemin, en rejetant la mentalité colonialiste. Pour cela on a remarqué la sortie du film ‘’Des hommes et Des Dieux’’, de Xavier Beauvois, qui a sanctifié la vie des moines de Tibéhirine, sans se perdre sur la piste des auteurs de leur exécution. Le non-lieu, accordé le 31 août par la cour d'appel de Paris à Mohammed Ziane Hasni, ouvre la voie à la reprise du dialogue. «Un verdict dicté par la raison d'État» dénonce l'opposition

Raffarin chargé de mission
Exit donc les sujets qui fâchent, place au négoce. Et c'est Anne-Marie Idrac, la secrétaire d'État au Commerce extérieur, qui a ouvert à son tour, le bal des retrouvailles, accompagnée d'une forte délégation d'hommes d'affaires. Sa mission est de baliser le terrain à Jean-Pierre Raffarin, chargé par le président Sarkozy «d'identifier et de lever les obstacles entre la France et l'Algérie pour leurs investissements économiques respectifs». Premier partenaire économique de l'Algérie, la France a été taclée ces dernières années par plusieurs concurrents, d'Europe et du Moyen-Orient, qui ont raflé de nombreux marchés. Sans parler de la nouvelle poussée des américains. Dans ces retrouvailles, c'est un vieil «ami de l'Algérie», Jean-Pierre Chevènement, qui a tenté comme toujours de jouer les trouble-fête. Au Centre culturel français d'Alger, il anima, une conférence sur le thème: «démocratie, religion et laïcité» faisant allusion aux pseudos chrétiens qui jouent les « victimes oppressées » «Positive et très bénéfique» : c’est ainsi que le ministre algérien de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement, Mohamed Benmeradi, a qualifié, visite de travail en France. Il est l’interlocuteur désigné de Jean-Pierre Raffarin, chargé par l’Elysée de relancer la coopération franco-algérienne. L’ancien Premier ministre français avait, d’ailleurs, effectué un voyage en Algérie, fin 2011, afin de «réchauffer» les relations entre les deux pays. Selon le ministre algérien, sa venue à Paris, les 21 et 22 avril, a permis de réexaminer «des dossiers particuliers mais aussi les perspectives de la coopération algéro-française en général». A l’occasion de l’inauguration du 1er salon algérien inversé de la sous-traitance (SANIST) à Alger, le ministre algérien a insisté sur le caractère économique de son déplacement. «Nous étions partis sur un ensemble de dossiers qui avaient connu un certain nombre de contraintes. Nous les avons évalués mais en plus nous sommes en train d’essayer de bâtir un partenariat avec les entreprises françaises», a-t-il ajouté,

L’installation d’une usine Renault toujours en discussions
Mohamed Benmeradi a indiqué qu’il avait rencontré à Paris les représentants d’environ 180 PME françaises intéressées à investir en Algérie. S’agissant des négociations avec Renault pour l’implantation d’une usine de fabrication de voitures, le ministre algérien a qualifié le dossier de «très lourd» et assuré que «chaque point est examiné pour que le projet soit viable». L’Algérie veut lancer une industrie automobile et propose à Renault d’y produire 100 000 véhicules de gammes variées par an. Lors de sa seconde visite en Algérie, le 21 février, Jean Pierre Raffarin avait indiqué que les négociations sur Renault, mais aussi sur les dossiers de Total et Lafarge, étaient à «mi-chemin» d’accords. Les deux pays ont organisé également un forum des entreprises françaises et algériennes fin mai dernier à Alger. Le volume total des échanges commerciaux entre l’Algérie et la France, son premier fournisseur, a atteint en 2009 quelque 9 milliards d’euros. Les 430 entreprises françaises présentes en Algérie emploient plus de 35 000 personnes, selon des sources françaises. Ce qui est très peu, diront les officiels Algériens. Pour autant, tout est loin d’être réglé. C’est important que les relations se renouent, note l’historien Benjamin Stora, mais ce n’est pas pour autant que tout s’évanouit. Le nationalisme algérien est très profond et se transmet entre générations. Nous sommes aux portes d’une échéance importante, celle du cinquantenaire de l’indépendance algérienne en juillet 2012. Est-ce que d’ici là on va se réconcilier avec une grande puissance géostratégique, ou allons-nous repartir dans la guerre des mémoires ? Il suffit de pas grand-chose… Une crainte que ne partage une source diplomatique française. Cette amélioration des relations n’est pas si fragile, puisque c’est aussi un chois algérien, remarque-t-elle. A Paris, on veut croire que la ‘’paix des braves’’ est bien signée. Mais en Algérie on attend toujours le pardon de la France colonialiste. Chose à ne pas oublier !

Ibn Khaldoun
Samedi 18 Juin 2011 - 10:50
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ACTUALITÉ
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