REFLEXION

BOUGUIRAT : Souidi, une forêt qui meurt à petit feu

’A quoi bon sert-il de reboiser si l’opération menée en grande pompe devant les caméras de l’ENTV se limite à la mise en terre des petits plants dont plus personne ne s’en occupera ? La conséquence et l’œuvre vaine se réduisant à une perte de temps et d’énergie, saute aux yeux du visiteur !’’ les propos du Dr Senouci, président de l’association de protection de l’environnement, qui se retrouve pratiquement seul à livrer bataille contre le laisser-aller sur le terrain, suscitent peine et désolation.



Effectivement, sur les quelques 1500 plants mis en terre à la forêt de Souidi, le printemps dernier, par les militaires, il ne subsiste qu’une maigre poignée de plantules, ayant échappé à la sécheresse ou aux dents des moutons, qui luttent avec la mort. En effet, en certains endroits soit disant reboisés, il ne reste que des traces de trous évasés des plants. L’échec consommé est quasiment total, et le grand malheur de cette futaie située à la porte est de l’agglomération de Bouguirat, ne tient ni de la sécheresse ni de la nature, mais plutôt et surtout de la main de l’Homme ! Certes, l’agression contre l’environnement sévit partout en Algérie, mais, ici, l’ampleur s’apprête à dépasser l’entendement. Il y a péril en la demeure et il y va de la vie de cette forêt. Le bois, censé être un magnifique espace de loisirs et de détente pour les habitants de la localité, se transforme lentement et sûrement, par l’incivisme des riverains conjugué, voire encouragé, au laisser-aller des autorités locales, en une vaste décharge sauvage et en un lieu infréquentable. L’Etat, à travers l’administration forestière, brille par son absence. Les gendarmes qui y patrouillent régulièrement à la traque des bistrots clandestins, ne semblent point s’intéresser aux infractions et délits affectant l’arbre et la forêt. Sur le terrain, le constat est douloureux. Quiconque, habitant au village ou dans un douar riverain, veut se débarrasser de cadavres d’animaux, n’a qu’à venir les y déposer. On s’en rappelle, en novembre 2011, on y a même jeté le cadavre d’une jeune fille. Croyant avoir affaire à un sac de boissons alcoolisées abandonné par un éventuel revendeur clandestin de vin, les gendarmes de la compagnie de Bouguirat, qui effectuaient une ronde de routine en cet habituel site de beuverie, ont vite réalisé qu’il s’agissait d’une découverte macabre, dès lors que l’odeur fétide, particulière, qui se dégageait, sentait de très loin. Quiconque entrepreneur a besoin de piédroits et de bois de coffrage, n’a qu’à venir y puiser directement, sinon passer commande auprès d’un riverain. La nature des rebuts abandonnés, des décombres de construction, de l’emballage cartonné, des bouteilles de plastiques, parfois des déchets de soins médicaux, souvent des chutes de confection textile, renseigne amplement sur la provenance. Les tortues, hérissons, et autres chacals qui, parmi la faune diversifiée, peuplaient autrefois ce bois, ont été pratiquement éradiqués. Des meutes de chiens errants lâchés par les riverains et autres bergers délimitent des aires ‘’privées’’ dans l’enceinte desquelles promeneurs, sportifs, ou randonneurs sont décrétés indésirables, en attendant la privatisation effectivement matérialisée. Plus curieux que tout autre dépassement encouragé par le silence complice, on se met à ériger, dans le domaine forestier public, non pas des baraques de fortune, mais des constructions en dur.    Récemment en proie aux flammes ayant totalement ravagé herbes desséchées et broussailles, et partiellement de nombreux arbres, le triste petit parc naturel de Souidi meurt à petit feu, dans l’attente d’un garde forestier permanent que la conservation des forêts de la wilaya ne daigne pas désigner.

M. Ould Tata
Mardi 1 Juillet 2014 - 14:16
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MOSTAGANEM
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