REFLEXION

BETHIOUA : La ville attend beaucoup de ses nouveaux élus

Elle tend même à devenir un véritable mouroir urbain de 40 000 habitants. Bethioua, distante de 43 km du chef lieu de la wilaya d’Oran, traversée par la zone industrielle et le nouveau port El Djeddid d’Arzew, ainsi que le vieux port des ruines romaines « Portus Manus » qui date de l’ancienne époque, un patrimoine classé par l’UNESCO du fait que ce grand port avait pour nom Arzew, peine à retrouver ses repères et se cherche un second souffle.



BETHIOUA : La ville attend beaucoup de ses nouveaux élus
Vers 19h déjà, tous les commerces sont fermés et les rues sont désertées, pas âme qui vive. Depuis une dizaine d’années, la vie nocturne peine à redémarrer dans cette ville de Sidi Amarla, qui à une certaine époque offrait à ses habitants et aux visiteurs des soirées mémorables. Dès le coucher du soleil, Bethioua est une ville fantôme, une réalité qui remet bien en cause le nom de cette ville « Sidi  Amar, un grand marabout maître de la ville !». A l’instar de plusieurs villes du pays, et de l’Oranie en particulier, sa situation socioéconomique est des plus déplorables, peinant à répondre aux aspirations de croissance de sa population. Et comment le pourrait-elle avec l’implantation de deux importantes zones industrielles et d’activité  et sans un réel programme de relance économique. Hormis quelques projets, à l’exemple de la bibliothèque communale Cheikh Mehadi Bouadelli  qui date des années 2002, sans aucune salle de cinéma ni encore moins une piscine olympique qui est pourtant inscrite et n’a pas vu encore le jour. Pire encore, elle ne dispose pas d’un hôpital de 60 lits pour les accouchements au moins, alors que ce projet a été bel et bien inscrit et présenté au wali d’Oran lors de sa première visite dans le cadre du programme sectoriel, mais il a été mis aux calendes grecques, le bitumage qui touche à sa fin avec 4 opérations sur cinq d’achevées, aucun autre projet d’envergure n’est venu sortir la ville de sa léthargie.  Poursuivant notre escapade dans les artères de la ville, nous constatons l’état de délabrement avancé des trottoirs, la quasi totalité de ces espaces piétons sont effondrés, abimés ou enfoncés. La chaussée est loin d’être mieux lotie, constituant un danger et pour les piétons et pour les automobilistes. Les opérations d’aménagement urbain du centre-ville qui seront bientôt lancées vont peut être remédiés  à cette situation. Dans le cadre d’un projet sectoriel relevant du ministère de l’Habitat, 240 logements LPA (logement promotionnel aidé) (ex LSP) sont attendus  pour environ 6800 demandes enregistrées. Ces logements seront implantés à proximité de la salle omnisport au sein même de la ville. Ville «poubelle» Il vous suffit juste d'entamer une petite virée dans les rues et ruelles de la ville pour s’apercevoir du grand dépotoir que devient, lentement mais sûrement, Bethioua. Les causes sont connues: au désordre, à la gestion catastrophique et aux manques croissants qui règnent dans les services municipaux viennent s'ajouter l’incivisme des citoyens et leur piètre rapport à l’environnement. Nous commençons notre tour d’horizon par le quartier des Fouaga, véritable décharge sauvage à ciel ouvert. Les ordures ont envahi les lieux, même à proximité d’un organisme sensé assurer la santé des gens, à savoir le  centre de santé de la polyclinique de Bethioua. Les ordures s’entassent dans tous les coins et recoins de la ville, à proximité de l’APC, des commerces, des arrêts de bus, des quartiers… presque aucun espace n’échappe à l’insalubrité qui gagne du terrain chaque jour. Du côté du marché, le constat est des plus sordides. Des déchets de toutes sortes et des relents nauséabonds empestent les sols et l’air.  Par ailleurs, un centre d’enfouissement technique (CET) est prévu dans la commune de  Bethioua, il sera mis à la disposition des trois communes dont celles de la daïra de Bethioua à savoir Ain El Bia, et  Mers El Hadjadj,  afin d’en finir avec la décharge publique intercommunale de Ain El Bia, située à l’entrée de la ville sur la bordure de la RN 46, et qui constitue un grand problème de santé publique. En effet, les déchets y sont incinérés et les fumées toxiques qui s’en dégagent sont très nocives pour la santé et néfastes pour l’environnement. Au sujet de l’abattoir communal, ce dernier est abandonné à son triste sort avec des retombées néfastes pour la santé des habitants. Son état est très préoccupant, pourtant il ne rencontre que mutisme et indifférence de la part des autorités locales et des associations. En l’absence d’une station d’épuration, les eaux usées de toutes les communes limitrophes s’y déversent sans traitement préalable. Les huiles usagées, à l’exemple de celles des lavages et dégraissage et les margines « Amourej » en cette période de cueillette d’olives, dégradent les propriétés bactériologiques et physicochimiques de ces eaux. Sans oublier que la flore de l’environnement immédiat de la mer est gravement affectée. En attendant une prise en charge sérieuse et rapide, la ville de Bethioua fait appel à plus de conscience et de civisme et attend beaucoup des prochains élus locaux, les habitants étant unanimes quant à la gestion calamiteuse de leur commune ces dernières années. Le nouveau magistrat, Cherif Amar, hérite d’un chantier en ruine.  

Medjadji.H
Jeudi 27 Décembre 2012 - 00:00
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Oran
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