REFLEXION

BECHAR : Des ‘’Ksours’’ en constante dégradation

L’absence d’entretien des Ksours, patrimoine national classé, dans la wilaya de Bechar, est de plus en plus flagrante. En effet, il est à noter que plusieurs ksours dans cette wilaya ont bénéficié de travaux de rénovation et d’aménagement, notamment ceux de Kenadsa, Taghit, Béni-Abbes et Béni-Ounif, et demeurent totalement vides d’habitants et de toutes activités artisanales, ou autres ayant une relation sociale ou culturelle au sens large du terme, permettant à ces espaces touristiques de jouer leur véritable jeu, en matière de développement du tourisme.



Ces ksours restent toujours sans statut juridique, et la plupart des habitations ont été abandonnées depuis des années. Les efforts déployés par les pouvoirs publics dans leur aménagement, pour beaucoup de gens n’ont pas donnés les résultats escomptés.  En effet, la réhabilitation de ces ksours était conçue pour qu’ils puissent  avoir une âme et retrouver leur lustre d’antan, indispensable au développement  d’une industrie artisanale et du touristique, il n’en est rien. Peu de gens se sont intéressés à de telles activités, en l’absence d’infrastructure hôtelière moderne ou traditionnelle, encourageant l’afflux touristique, notamment en cette période printanière propice au tourisme saharien. Il est à signaler aussi, que même les travaux de rénovation effectuée dans certains sites étaient entamés sans connaissance, aucune, des  matières et substances spécifiques à ce genre d’activité de réhabilitation d’anciens sites. En l’absence d’utilisation de matériaux de construction spécifiques, tels que la pierre et le pisé, et un suivi rigoureux des services techniques habilités à cet effet.  Certains ksars, comme celui de Kenadsa par exemple a commencé à connaitre des dégradations, et pour beaucoup d’observateurs de la scène locale n’hésitent pas à assimiler cette opération de réhabilitation de ces ksours, lancée en 2001 à de l’argent jeté par les fenêtres. La direction de la culture de la wilaya qui peut exercer une sorte de tutelle sur ces ksours considérés au regard de la loi comme mémoire collective et patrimoine national classé, ne dispose pas de moyens lui permettant  de jouer véritablement son rôle; se trouve les mains liées et assiste impuissante à toute sorte d’acte de vandalisme et de dégradation que ne cessent de subir ces ksours, après leur réhabilitation. Le cas du ksar de Kenadsa est illustratif, visiblement des fissurations et autres dégradations par endroit, témoignent du sort qui lui est réservé et l’état lamentable dans lequel il se trouve actuellement. Rien ou presque n’a été fait pour sa préservation. Seul le ksar de Taghit et à un degré moindre celui de Béni-Abbès, Boukais et Mougheul, qui semble t’il  ont été habités,  enregistrent une reprise d’activité dans le domaine artisanal et touristique. Tandis que les ksours de Kenadsa, Beni-Ounif, Lahmar…etc. restent inhabités. Aussi, le vieux ksar de la ville de Bechar, habité à plus de 100%  et qui connaît d’intenses activités, est resté en marge de tous travaux d’aménagement et de réhabilitation. Ce ksar situé au cœur de la ville, peuplé par plus de 35 000 âmes, vivant autour de sa mosquée antique et du mausolée de son saint patron « Sidi Abdallah Ben Salah », n’a bénéficié d’aucune opération de rénovation.  Cet espace, existe depuis 1775, et ayant servi à tous les événements qui ont marqué l’histoire de cette région, commence à tomber en ruine lors des intempéries. Ce ksar mérite aussi qu’on lui accorde un peu d’intérêt et de considération, nous ont fait savoir les habitants.  Toutefois, ce même ksar demeure toujours occupé par ces premiers habitants, qui tiennent à leur quartier ancestral, mais seulement sollicitent l’aide de l’Etat pour des travaux de restauration de leurs vieilles bâtisses, témoins d’un passé glorieux, indiquera un président d’une association culturelle. Et de poursuive, grâce à ces ruelles et à l’étroitesse de ces passages, ce ksar a joué un rôle de premier plan durant l’époque coloniale, il était un vrai refuge des « fidais » après l’exécution des opérations armées. Disposant d’une seule et unique place publique, appelée communément « N’ouwader » dont les jeunes de ce quartier mythique utilisent une partie pour des rencontres de football, et l’autre partie pour les soirées des mariages et autres réjouissances. Ce ksar, mérite aussi une attention particulière de la part des responsables concernés, afin que ses habitants aient un cadre de vie agréable, ne cessent de répéter à ceux qui veulent bien les entendre, un groupe de jeunes désœuvrés. On croit savoir que depuis l’indépendance, jusqu’à l’heure actuelle, toutes les APC qui se sont succédées à la tête de la municipalité de Bechar, n’ont pas jugé utile de faire profiter les habitants de ce vieux ksar du progrès et de la modernité. Les ruelles sont restées toujours poussiéreuses et mal éclairées, les murs délabrés et fissurés par endroit, menaçant à tout moment de s’écrouler. Dans certains passages, le réseau d’assainissement déborde et les eaux usées se répandent partout. Devant ce triste décor de ce ksar, ses habitants sollicitent aussi la visite sur place du premier responsable de la wilaya, afin qu’il prenne les décisions qui s’imposent, indiqueront plusieurs habitants de ce quartier.                                                          

Fendaoui Hadj
Vendredi 28 Mars 2014 - 17:09
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