REFLEXION

Après les émeutes



Pendant et après le déroulement des dernières émeutes qui ont secoué plusieurs villes du pays, beaucoup d’encre a coulé et des langues se sont diluées pour relater et débattre du sujet. Chacun, selon sa propre vision des faits, a essayé d’exprimer son point de vue quant aux raisons qui ont poussé les jeunes à envahir la rue dans une colère incompréhensible. Pour sa part, la presse a relaté, sans parti pris, les faits tels qu’ils sont observés au quotidien. Elle a rapporté une image réelle de la rue avec tous les ingrédients qui entouraient les émeutes. Chaque jour nous étions informés, presque dans le détail, des nouvelles de la rue à travers les quatre coins du pays. C’est le rôle de la presse diriez-vous ? Légitimement c’est son rôle, voire même son devoir, mais encore faudrait-il qu’elle ait les mains libres pour commenter ce dont elle est témoin, parce qu’elle a cette capacité d’analyser et de commenter les situations que n’ont pas ceux qui tentent d’interpréter les faits selon leur mode de réflexion et de déduction. Elle doit être en mesure de jouer ce rôle sans avoir à être inquiétée. Ainsi, dans la rue, dans les cafés, dans les taxis ou sur la place les interprétations des événements diffèrent d’un groupe à un autre et d’un interlocuteur à un autre. C’est à croire que chaque Algérien détient la raison et est seul à comprendre ce qui s’est réellement passé dans la rue. Certains ont approuvé de gaité de cœur la casse et les saccages. Selon eux, « il fallait que ça explose». Ne pensant qu’à leur estomac ils donnent raison aux jeunes qui, eux avaient autre chose à revendiquer que la cherté de la vie. Les jeunes ont, eux aussi,  leurs propres ennuis que les adultes ne peuvent pas connaître s’ils ne font pas preuve de bon sens, de tact et de doigté. Car le fossé entre les uns et les autres est tel que le dialogue ne passe pas facilement. Et puis il y a les autres, ceux qui sont tout à fait contre les émeutes et déplorent les dégâts causés par les émeutiers. Ceux-là auraient souhaité que les protestations aient eu lieu  sans casse et regrettent que la situation ait dégénéré. D’autres encore ne sont ni pour ni contre mais expriment un tout autre sentiment. Cette frange de la population, qui tient  un discours presque neutre, est contre l’emprisonnement des émeutiers, quel que soit leur âge, parce que selon eux, les émeutes ont eu lieu parce que les jeunes en avaient  ras-le-bol. Quant aux mères des émeutiers, étant plus sensibles, en tant que femmes, que les hommes, elles regrettent amèrement ce qui s’est passé et ont du mal à supporter que leurs enfants soient en prison. En tout état de cause le mal a été fait et la plaie est profonde. Reste à savoir ce que l’avenir nous réserve.

M. Bentahar
Dimanche 16 Janvier 2011 - 10:09
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CHRONIQUE
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