REFLEXION

Aoued est mort..!

Il est mort sans bruit, il est parti sans trop se faire prier, il est passé de l’autre coté sans fanfares et sans le moindre vacarme, il n’a pas répondu à l’appel de sa mère qui est allée le voir à sa chambre totalement nue et sombre comme ses jours qui ont filé sans lui sourire...



Le redoutable mal a fini par l’emporter,les douleurs vives qui lui tordaient le cou,ont fini aussi par venir a bout de sa patience,le métastase a fini également par se répandre le long de son cou en lui déformant toute sa tête qui est devenue méconnaissable,cette terrible infection l’empêchait de déglutir, il ne vivait que d’eau et de jus que les voisins lui ramenaient de temps à autre ,le traitement ne parvenait plus a le soulager,les comprimés que sa mère lui faisait avaler ,ne lui offraient aucun répit,il se morfendait de jour et de nuit,la mort le tirait vers ses berges de mètre en mètre au fil de ses atroces jours…. ! Il est mort brutalement parce qu’il puait, faute de soins, de médicaments et de rejet par une mère qui se bouchait le nez en allant le voir et répondre à ses tapes qu’il donnait à un sol nu, en guise d’appel de secours en face du mal qui lui rongeait la chair,il a trépassé parce qu’ une chef de service lui a interdit de séjourner encore sur le lit d’un hôpital public,car il dégageait des odeurs insupportables à son nez et aux nez de son personnel ,il a décédé parce qu’aucune assistance médicale et sociale ne lui a été accordée,ni de la part de ces pouvoirs publics censés protéger ces couches défavorisées par le sort,ni par la lâche société qui n’a pas osé le sauver ,car il ne faisait pas le poids et il n’était presque qu’un rien,un rien qui ne comptait pour personne,et comme tous les riens,il est mort sans trop attirer l’attention de quiconque,il est parti sans soulever la moindre question sur son départ précoce…. ! Il est mort atrocement parce qu’il était du coté où tout manquait, le fric pour se soigner et se payer les médicaments nécessaires, les épaules pour défoncer les portes qui tardaient a s’ouvrir et s’offrir un lit d’hôpital sans se faire éjecter pour des raisons d’humeur personnelle, les bons aliments pour gâter un estomac malade et surtout pour résister un tant soi peu au mal qui avançait en pas de loup …De ce coté ,où on a juste de la terre nue à titre de lit, des bras frêles pour se couvrir du froid qui sévit et de l’eau pour gargariser un ventre qui crie sa faim sous la douleur qui le plie en tous les sens ,et presque rien pour faire face au mal qui prend du plaisir a cerner un corps sans aucune défense,un mal qui prend tout son temps a malmener ce triste corps de région en région ,un mal que seul la mort parvient a soulager et mettre fin a ses vives douleurs,et qui a fini par bien emporter Aoued en ce printemps…. !

L.Ammar
Mardi 25 Mai 2010 - 10:47
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CHRONIQUE
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