REFLEXION

Ali et incertitudes



Ali et incertitudes
Il est né par une nuit incertaine de voir lever le jour, et depuis il tricote, Ali est sûr que son sort, celui de voir le bout du tunnel ne peut prendre fin, il y est entré par l’incertitude qui lui a été confirmé par un chef de poste en face d’une administration qui travaille à guichets fermés depuis que la crise du logement existe. Et qui lui a confirmé une seconde fois, qu’il ne peut point attendre un abri parce qu’il n’a pas d’adresse stable, n’est pas marié malgré la cinquantaine et n’a aucun enfant pour bonifier son calcul de notation et surtout qu’il n’a pas cet argent qui devait lui permettre de faire d’abord un dossier « recevable » et le faire pousser d’année en année, ni ces « épaules larges » pour ne plus attendre le tour et acquérir le fameux sésame… Un bon chef qui lui a tant évité d’attendre inutilement et lui a craché l’amère vérité que certains tiennent à cacher avec des mots démagogues, et pensent qu’avec le million de logements réalisés sur du papier noir et blanc et sur des bilans établis qui ont pris du poids d’une administration à une autre. Cette pénurie de logements, ne sera qu’un vague cauchemar… Il sera encore là, dans les années à venir, à broyer du noir dans son noir sans lueur et sans abri, il continuera à se regarder vieillir, sans pouvoir se gâter et s’offrir quelques joies « alimentaires » ou accéder à ce travail stable qu’il attend depuis des lustres, depuis qu’il avait juste 20 ans. Cela fait 30 ans qu’il l’espère… Un emploi qu’il n’a pu avoir parce qu’il n’a eu jamais l’occasion de l’exercer pour se faire cette expérience qui lui est toujours demandée avec des certificats qui se vendent comme des petits pains fourrés, au marché noir et au plus offrant… Un travail, dont il faut également et d’abord obtenir un « aval » qui se monnaye fortement d’une agence d’emploi à une autre, puis tenter sa chance avec le chef du personnel qui délivre les postes à pourvoir en fonction des sous à verser. Le poste d’agent de sécurité est le plus côté en 2010, il varie selon le lieu et l’entreprise, de 20.000 à 50.000 dinars, dont 50% à l’embauche… Ali a fini par s’assurer qu’il sera retraité sans le moindre jour de travail et s’est encore assuré que le travail sera également une incertitude totale, qui l’aura accompagné depuis qu’il a engagé son long parcours à la quête d’un labeur qu’il n’a jamais pu avoir en ce monde d’incertitudes pour certains uniquement.
Au sommet de la hiérarchie, on soutient que les 3 millions de postes d’emploi promis, finiront par venir à bout de ce cauchemar qui menace les jeunes et tout ce qui se dit, à travers, la presse n’est que balivernes de journalistes en panne d’idées et surtout à la recherche du sensationnel, et qu’Ali n’est qu’un personnage fictif sorti directement d’un conte. Et pourtant aucun de nous ni des leurs, ne pourra aller à l’encontre de la réalité des choses. Ali restera chômeur et si par miracle, ce dernier accèdera à son rêve, cela signifie qu’il est passé par une injection intraveineuse pour lui soutirer quelques gouttes de sang.

L. Ammar
Samedi 27 Mars 2010 - 10:08
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CHRONIQUE
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