REFLEXION

Ali Haddad, le forum des chefs d’entreprises et les perspectives du développement du secteur privé algérien

Il ne faut pas être utopique. Dans tous les pays du monde y compris les pays de l’ex-camp communiste, les importants hommes d’affaires tissent des relations étroites avec les hommes politiques soit du pouvoir soit de l’opposition. Il appartient aux hommes politiques de privilégier l’optimum global de la Nation et d’éviter de mélanger les intérêts publics et les intérêts privés : difficile acrobatie comme en témoigne les différents scandales financiers tant au niveau des pays développés que des pays émergents.



1.-Ayant été membre fondateur de l’Association  algérienne de développement de l’économie de marché  ADEM fondée en 1992 regroupant  experts, universitaires  et opérateurs de toutes les  régions du pays  nous avons dès le départ  préconisé de concilier l’efficacité économique et une très profonde justice sociale, mettre sur le même pied d’égalité opérateurs publics et privés, que l’on opposait du fait  de l’ancienne culture ,  de  la nécessaire dédiabolisation du secteur privé tant local qu’international qui crée de la richesse et je puis que me féliciter après plus de 20 ans que nos idées soient reprises par le candidat à la présidence du Forum des Chefs d’entreprises FCE Ali HADDAD (voir notre programme diffusé en arabe- anglais- et français  au niveau national , en Europe et aux USA).  Je tiens à remercier Messieurs Abboud BENDJABEUR, Abdelmajid DENNOUNI  et  Abdelmajid KERRAR  pour l’aide apportée à cette diffusion entre 1995/2000). Je considère  que le véritable nationalisme se mesure quant à la capacité de créer de la valeur ajoutée interne  et qu’un véritable entrepreneur est celui qui contribue à la valeur ajoutée interne du pays. Selon une étude de New World Health l’Algérie compterait en 2012 35 milliardaires et 4100 millionnaires  ce nombre pouvant atteindre 5600 en 2020. C’est que le pari  entre 2015/2020 est que ces femmes et hommes transforment leur argent en capital productif  et que la  rente des hydrocarbures richesse virtuelle , soit transformée  en richesses réelles dans le  cadre des valeurs internationales et non la gaspiller à des utilisations improductives. Dans ce cadre, je   considère  que le véritable nationalisme se mesure quant à la capacité de créer de la valeur ajoutée interne  et qu’ un véritable entrepreneur est celui qui contribue à la valeur ajoutée interne du pays et le secteur privé national peut y contribuer  grâce à une organisation efficace, mais non soumise, autonome dans ses prises de positions ,  comme interlocuteur des pouvoirs publics Je me félicite de l’émergence d’entrepreneurs algériens dynamiques comme Issad REBRAD avec le groupe  CEVITAL, le Groupe HADDAD, le   groupe  RAHIM contrôlant   ARCOFINA, le -groupe BENAMOR, le  groupe OTHMANI, le groupe BENHAMADI , le groupe transport TAHKOUT,  les sociétés HASNAOUI, le groupe BIOPHARM , le groupe  KOUININEF, la  société HAMOUD BOUALEM , le   groupe ATTIA, le groupe  EDEN ( Cherif Othmane) , le groupe BENDJABEUR, le groupe DENNOUNI,   la société  ALLIANCES ASSURANCES , la société LA  BELLE, la Sarl CVA BELLAT. -Pourtant je déplore le manque d’unification des organisations patronales  privées pour des raisons  souvent d’intérêts étroits de  leadership   où sans être exhaustif nous  avons la  Confédération générale des entreprises algériennes (CGEA)  la Confédération générale du patronat (CGP-BTPH), la Confédération des industriels et producteurs algériens (CIPA), la Confédération nationale du patronat algérien (CNPA, la Confédération algérienne du patronat (CAP) , le Conseil supérieur du patronat algérien (CSPA),  l'Association des femmes chefs d'entreprises (Savoir et vouloir entreprendre-SEVE), le Club des entrepreneurs et des industriels de la Mitidja (CEIMI).
2.-Quant au Forum des chefs d’entreprises (FCE), il  regroupe environ  499 entreprises qui peuvent corollairement appartenir à des associations syndicales, couvrant 18 des 22 secteurs économiques et représentant un chiffre d’affaires de 14 milliards de dollars, employant environ  105.000 salariés. Le  FCE n’est pas un syndicat mais a été conçu à l’origine surtout comme une force de propositions , surtout dans un contexte passé de diabolisation du secteur privé national et international, allant dans le sens de la dynamisation et du renforcement des entreprises algériennes dans un cadre concurrentiel, loin de toute distribution passive de la rente des hydrocarbures. J’espère qu’il en restera ainsi. L’Algérie devra s’orienter vers  une économie participative et citoyenne,  contre un capitalisme sauvage débridé  qui n’existe nulle  part d’ailleurs, donc  une transition maîtrisée vers l’économie de marché concurrentielle conciliant les coûts sociaux et les coûts privés grâce au rôle stratégique de l’Etat régulateur. Mu uniquement par les intérêts supérieurs de l’Algérie, personne n’ayant le monopole du nationalisme, je ne puis qu’adhérer aux récentes propositions du candidat à la présidence du FCE de son pragmatisme : privilégier le dialogue économique et social, mettre  tous les opérateurs  sur le même pied d’égalité  devant aller vers un environnement concurrentiel loin de tout monopole qu’il soit public ou privé source de surcouts, d’autoriser le privé national à investir à l’étranger , la récente circulaire de la banque d’Algérie bien insuffisante étant un premier pas  devant aller vers la création d’un fonds souverain  alimenté par 15/20% de nos réserves de change pour des prises de participation dans des segments où l’Algérie est actuellement importatrice,   de faire participer notre émigration au redressement national , de lever certains tabous comme  la règle des 49/51% aux segments non stratégiques, qu’ils ‘agira de définir avec précisions,  d’ouvrir certains espaces marchands ( transport- industries-agriculture- services) au privé national, l’ouverture partielle du capital de certaines banques publiques, de nous préparer au tarif zéro horizon 2020 de l’Accord signé en toute souveraineté par le gouvernement algérien le 01 septembre 2005, avec l’Union Européenne,  de l’expérience russe  et celle de l’Arabie Saoudite  pour bien négocier notre adhésion à l’organisation mondiale du commerce (représentant 85% de la population et 97% du commerce mondial) l’Algérie ne pouvant rester isoler des mutations mondiales. Ce sont  des idées  novatrices au profit exclusif d’une Algérie nouvelle au sein d‘un monde nouveau que je défends depuis de longues années. . Ces objectifs ne seront atteints que grâce à un nouveau management stratégique privilégiant la ressource humaine et les entreprises créatrices de richesses quel que soit leurs statuts juridiques, loin de l’organisation familiale dominante dépassée. Et ce en levant l’ensemble des contraintes d’environnement : bureaucratie étouffante, qui renvoie à la bonne gouvernance existant durant cette transition en Algérie des liens dialectiques entre gouvernance centrale/locale et la gouvernance d’entreprises ; un système financier rénové qui doit devenir un véritable partenaire ; l’épineux problème du foncier et une symbiose entreprises système socio- éducatif dont le niveau s'est nettement détériorée depuis le primaire au supérieur.
3.-Reconnaissons qu’existent des entraves dans le milieu des affaires, freinant les  initiatives créatrices  de valeur ajoutée à l’instar de la politique salariale qui favorise des  emplois rentes au lieu du savoir et du travail. Une organisation et des lois sont de peu d’efficacité sans vision stratégique globale.  Cela explique   que les entrepreneurs privés  face à une concurrence étrangère (nombreux  privés dans l’import)  à laquelle ils n’étaient pas préparée,  ont des filières d’importation afin d’équilibrer  leur comptes globaux. Que l’on visite bon nombre d’anciennes zones industrielles (Est- Centre – Ouest ou la zone de Ghardaïa)   et l’on constatera  que bon nombre d’anciennes usines  se sont transformées en aire de stockage expliquant d’ailleurs le dépérissement du tissu productif. La raison essentielle sont les contraintes d’environnement : bureaucratie pour  plus  de 50%, un système financier administré (plus de 90% des crédits octroyés sont le fait de banques publiques), un système socio-éducatif  inadapté  et enfin l’épineux problème du foncier. A cela s’ajoute du fait  de l’ancienne  culturelle,  une méfiance  vis-à-vis du privé tant local qu’international  du fait que les  tenants de la rente ont peu de perdre des parcelles de pouvoir. Or le véritable dynamisme  de l’entreprise, qu’elle  soit publique ou privée  suppose une autonomie de décisions face aux contraintes tant internes qu’internationales évoluant au sein de la mondialisation caractérisée par l’incertitude,  la turbulence  et l’urgence de prendre des décisions au temps réel. Par ailleurs, selon  l'Office national des statistiques (ONS) nous avons la prédominance du secteur commercial dénotant  le caractère «tertiaire de l'économie nationale plus de 83% du tissu économique global ;  le secteur industriel ne représente que 5% du produit intérieur brut  dont 95% de PMI-PME fortement dominé par les personnes physiques à 95% alors que les personnes morales (entreprises) représentent seulement 5%.  Ces  résultats sont   révélateurs d'une économie basée essentiellement sur des micros- entités peu initiées au management stratégique.   Car si  le secteur privé réalise 80% de la valeur ajoutée hors hydrocarbures du pays, qui ne représente d’ailleurs que 2/3% du total des exportations  contre 97/98% pour Sonatrach,  sa part dans l’investissement global est négligeable, certaines sources donnant seulement 2% du total de l’investissement. Les  plus grosses fortunes en Algérie ne sont pas forcément   dans la  sphère réelle mais  au niveau de la sphère informelle notamment marchande avec une intermédiation informelle à des taux d’usure. Selon Deborah Harold, enseignante américaine de sciences politiques à l’université de Philadelphie et spécialiste de l’Algérie se basant sur des données  de la banque d’Algérie,  l’économie informelle brasserait  50 % de la masse monétaire en circulation soit 62,5 milliards de dollars. Ces données  sont corroborées  dans un document en date du 18 février 2013  du Ministère du commerce algérien pour qui existeraient 12.000 sociétés écrans avec une transaction qui avoisinerait 51 milliards d’euros soit 66 milliards de dollars, plus de quatre fois le chiffre d’affaires de  toutes les grandes entreprises du FCE  réunies.  Cette sphère contrôle au niveau de la sphère réelle 65% des segments des produits de première nécessité : fruit/légumes, marché du poisson, marché de la viande blanche/rouge et à travers des importations informels le textile/cuir,  avec une concentration du capital  au profit de quelques monopoleurs informels. Mais il ne faut pas se tromper de stratégie. Nous avons de nombreux entrepreneurs dynamiques  informels qu’il s‘agit d’introduire dans la sphère réelle non par mesures administratives autoritaires mais par de nouveaux mécanismes économiques de régulation.
 D’une manière générale,  le   rôle du secteur privé créateur de richesses a besoin d‘être démystifié souvent assimilé faussement à voleurs à l’instar des entrepreneurs publics,  alors que la majorité  sont  honnêtes impliquant la dépénalisation de l’acte de gestion.  Le secteur tant public  que privé national productif  a besoin de plus  d’autonomie  et d’espaces de liberté, ne signifiant pas  capitalisme sauvage. Espérons que les idées développées par la  nouvelle direction du Forum des chefs d’entreprises  qui devra intégrer les centaines  d’entrepreneurs algériens qui réussirent à l’étranger qui peuvent être un pont entre  l’Etranger au sein des espaces euro-méditerranéens et africains,  favoriseront le transfert managérial et technologique grâce à des co-partenariats et des co-localisations avec des investisseurs étrangers, et donc de  contribuer au développement économique et social de l’Algérie.   

 

Abderrahmane MEBTOUL
Dimanche 23 Novembre 2014 - 18:16
Lu 806 fois
ACTUALITÉ
               Partager Partager

A LA UNE | ACTUALITÉ | MOSTAGANEM | RÉGION | CULTURE | SPORTS | CHRONIQUE | DOSSIERS | ISLAMIYATE | Edito | RAMADANIATE | NON-DITS | DÉBAT DU JOUR | TRIBUNE LIBRE | PUB | Spécial 1er Novembre 54 | Aidons-les ! | MOSTA-HIER | بالعربي






Edition du 07-12-2016.pdf
3.31 Mo - 06/12/2016





Flux RSS


Retrouvez-nous sur Google+