REFLEXION

Algérie 2012 : Un système politique obsolescent, un système politique inefficient et une société civile impotente

Vieillissement des élites politiques issues de la guerre de libération nationale, gestion volontariste, obsolescence du système politique et enjeux de pouvoir internes, crise économique, sociale et culturelle et, enfin, contraintes externes de plus en plus pesantes ont révélé une réalité bien amère : l’absence dramatique d’une véritable stratégie nationale d’adaptation tant aux mutations internes qu’externes, une diplomatie non adaptée aux nouvelles réalités mondiales se croyant encore aux années 1970, le tout aboutissant à des incohérences au manque de visibilité dans la démarche.



Algérie 2012 :  Un système politique obsolescent, un système politique inefficient et une société civile impotente
 La conjonction de facteurs endogènes et exogènes et l’intervention massive –  parfois directe et par moment insidieuse – d’acteurs internes et externes a abouti finalement à une crise systémique d’une ampleur inattendue et à une transition chaotique  qui se traîne en longueur depuis au moins 1986  et malgré les évènements  sanglants de 1991 à 2000, aucun changement de fond  avec pour résultante le  statut quo  Quelle perte de temps depuis  des  années ?  L’objet de cette contribution  est un bref rappel des conclusions de différents travaux que j’ai eu à diriger  posant les liens   entre les  réformes politiques et économiques. Comme  nous l‘on apprit les fondateurs de l’Economie, Adam Smith, David Ricardo, Karl Marx, plus près de nous Joseph Schumpeter et les institutionnalistes  l’Economie est avant tout politique. 
 1. Un système politique  devenu obsolescent
  L’absence volontaire ou préméditée d’une élite organique agissante, capable d’élaborer des idées structurantes et peser par ses analyses sur les tendances et les choix majeurs qui  fondent et marquent le lien social, s’est faite sentir particulièrement face à la déferlante des idéologies peu crédibles et souvent impertinentes.  La logique des alliances et la sémantique des discours politiques en vogue expriment actuellement cette sorte d’égarement intellectuel qui frappe de plein fouet l’action politique et particulièrement son rapport avec la société.  Les Algériens veulent vivre leurs différences dans la communion et non dans la confrontation que leur imposent les idéologies réfractaires et à tous point de vue fragmentaires. La refondation  de  l‘Etat  doit saisir les tendances réelles de la société algérienne en mutation. Le rôle de la recherche et la nécessité de nouvelles idées s’imposeront comme incontournable pour sortir du volontarisme populiste qui a empoisonné nos choix antérieurs. Le renforcement de l’Etat de droit avec la limitation des mandats présidentiels et une option claire ente soit  le  régime parlementaire ou présidentiel  devient alors plus urgent quand on sait que la  démocratisation des institutions et l’autonomisation vont encourager l’éclosion de nouvelles identités qu’on croyait mortes et qui exigent le pilotage d’un Etat et d’un pouvoir fort de sa légitimité et crédible de sa compétence. La refondation de l’Etat, pour ne pas dire sa fondation comme entité civile, passe nécessairement par une mutation profonde de la fonction sociale de la politique. La fin de l’Etat de la mamelle, puis celle de la légitimité révolutionnaire,  signifie surtout que le pouvoir bienfaisant ou de bienfaisances inaugurées comme contrat politique implicite par les tenants du socialisme de la mamelle afin de légitimer l’échange d’une partie de la rente contre la dépendance et la soumission politiques et qui efface tout esprit de citoyenneté active, ce pouvoir  doit céder la place à un pouvoir juste, justicier et de justice. C’est la norme du droit qui reprend sa place pour légitimer le véritable statut de  la citoyenneté nationale.  Le passage de l’Etat de «  soutien » à l’Etat de justice   est de mon point de vue un pari politique  majeur, car il implique tout simplement un nouveau contrat social et un nouveau contrat politique entre la Nation  et l’Etat. La construction politique passe aujourd’hui nécessairement par la dialectique de l’alternance politique.  L’Algérie ne peut revenir à elle même que si les faux privilèges sont bannis et les critères de compétence,  de loyauté et d’innovation sont réinstaurés comme passerelles de la réussite et de promotion sociale. La compétence n’est nullement synonyme de postes dans la hiérarchie informelle, ni un positionnement dans la perception d’une rente, elle se suffit à elle-même et son efficacité et sa légitimité se vérifient surtout dans la pertinence des idées et la symbolique positive qu’elle ancre dans les corps et les acteurs sociaux.  Et la compétence n’est pas un diplôme uniquement mais une conscience et une substance qui nourrissent les institutions et construisent les bases du savoir et la référence privilégiée des pouvoirs qui sans elles resteront  alors prisonniers des schémas sans impact réel sur la dynamique sociale globale. Sans cela, les grandes fractures sont à venir et la refondation de l’Etat actuellement  ne dépasserait pas une vaine tentation de vouloir perpétuer un pouvoir  qui  n’est  plus en mesure de réaliser les aspirations d’une Algérie arrimée à la modernité tout en préservant son authenticité.  La refondation de l’Etat ne saurait se limiter à une réorganisation technique (changement de gouvernement ou de ministres)  Elle passe par une  nouvelle gouvernance, une transparence totale et une clarté sans nuance dans la pratique politique et les hommes chargés par la Nation de la faire, une moralité sans faille de ceux qui auront à diriger la Cité avec cette corruption qui prend des tendances  dangereuses pour  l’avenir de l’Algérie étant facilité par une économie totalement rentière. Après 50 années d’indépendance en ce mois de septembre 2012, l’économie algérienne se caractérise par 98% d’exportation d ‘hydrocarbures à l’état brut et semi brut   et important 70-75% des besoins des ménages et des entreprises quelles soient  publiques ou privées. Sonatrach c’est l’Algérie et l’Algérie c’est Sonatrach ayant engrangé entre 2000- et juin 2012 environ 560 milliards de dollars et allant vers 600 milliards de dollars fin 2012. Les réserves de change au 01 juillet 2012 sont d’environ 190 milliards de dollars et selon le dernier rapport du FMI allant vers 200 milliards de dollars fin 2012. Par contre  au niveau de la sphère réelle malgré  une dépense publique de  7 milliards de dollars entre 2000-2002- 200  entre 2004-2009 et 286 entre 2010-2014 mais dont 130 milliards de restes à réaliser. Le rapport de 2009 toujours d’actualité de la banque mondiale remis aux autorités algériennes montre clairement des projets inutiles, des abandons de projets, des projets non maturés, des retards de plusieurs années   et  des surcouts  pour certains projets allant de 30 à 40%. Malgré l’importance de la dépense publique  le taux de croissance moyen 2004-2012 ne dépasse pas 3% en termes réels, alors qu’il aurait du dépasser 10% l’Algérie dépensant deux fois plus pour avoir deux fois moins de résultats  comparée à des pays  similaires de la région MENA. Le taux de croissance (production intérieure brut –PIB)  hors hydrocarbures des officiels  de 5-6% est biaisé. Le taux de croissance du   BTPH et la majorité des secteurs hors hydrocarbures est du à plus de 80% à la dépense publique via les  hydrocarbures laissant aux entreprises créatrices de richesses  pouvant s’insérer dans le cadre des valeurs internationales moins de 20% du PIB. Il y a dépérissement du tissu productif(le secteur industriel représentant moins de 5% dans le PIB), du fait des contraintes d‘environnement notamment le poids croissant paralysant de la bureaucratie et de l‘instabilité juridique qui freine l’épanouissement de l’entreprise locale ou étrangère créatrice de richesses durables  du fait du manque de vision stratégique. Le rapport, publié à Genève le  5 septembre par le Forum économique mondial de Davos, a passé au crible les 144 pays les plus importants économiquement dans le monde. Globalement, l’Algérie occupe la 110ème place, soit 3 rangs plus bas que l’année 2011, -93éme au niveau des soins de santé et de son système d’enseignement ; 89éme en matière d’ « exigences de base », 144éme ( le dernier ) en matière de « facteurs d’innovation et de sophistication » avec un score déplorable de 2,31, et 136e en terme de « efficiency enhancers » (indicateurs d’efficience). Parmi les cinq, sur les seize facteurs, qui entravent le développement économique en Algérie figurent les lenteurs bureaucratiques (1), l’accès au financement (2), la corruption (3), l’absence d’infrastructures (4) et le manque de main d’œuvre qualifiée. Une  enquête  de l’ ONS  publiée officiellement  le 10 aout 2012  montre clairement que le tissu économique national est fortement dominé par les micros unités  dont les personnes physiques à 95%  alors que les personnes morales (entreprises) représentent seulement 5%, et que  le  secteur commercial et services concentrent 83% des activités de l’économie algérienne en 2010, soit 88% du total, ce qui dénote clairement le caractère tertiaire de l’économie. Aussi, grâce à cette  aisance financière artificielle, dépenser sans compter, importer au lieu de privilégier la production locale se fondant tant sur l’entreprise locale ou étrangère créatrice de richesses,   telle est   la  situation de l’actuelle gouvernance. C’est le syndrome hollandais. Car, la gouvernance est une question d’intelligence et de légitimité réelle et non fictive.  Cela implique des réaménagements dans l’organisation du pouvoir devant  poser la problématique stratégique du futur rôle de l’Etat  largement influencé  par  les effets de la mondialisation dans le développement économique et social  notamment à travers une réelle décentralisation. Les exigences d’un Etat fort de sa droiture et de son droit, si elles constituent un outil vital pour la cohésion nationale et le destin de la nation, ne doivent pas occulter les besoins d’autonomie de pouvoirs locaux qui doivent être restructurés en fonction de leur histoire anthropologique et non en fonction des nécessités électoralistes ou clientélistes. La cohésion de ces espaces et leur implication dans la gestion de leurs intérêts et de leurs territorialités respectives enclencherait alors une dynamique de compétitions  positives et rendront la maîtrise des groupes  loin de la centralité politique largement dépassée. L’autonomie des pouvoirs locaux ne signifie pas autonomie de gouvernement mais un acte qui renforce la bonne gouvernance en renforçant le rôle de la société civile. Cellule de base par excellence, la commune algérienne a été régie par des textes qui ne sont plus d’actualité, autrement dit frappés de caducité. « L’objectif central de notre analyse  se veut une tentative devant transformer la commune « providence  » en « commune entreprise ». Cela suppose que toutes les composantes de la société et les acteurs de la vie économique, sociale et culturelle, soient impliqués, sans exclusive, dans le processus décisionnel qui engage la configuration de l’image de l’Algérie de demain qui devra progressivement s’éloigner du spectre de l’exclusion, de la marginalisation et de toutes les attitudes négatives qui hypothèquent la cohésion sociale. L’implication du citoyen dans le processus décisionnel qui engage l’avenir des générations futures, est une manière pour l’Etat, de marquer sa volonté de justice et de réhabiliter sa crédibilité en donnant un sens positif à son rôle de régulateur et d’arbitre de la demande sociale. L’image de la commune-manager  doit reposer sur la nécessité de faire plus et mieux avec des ressources restreintes. Il n’y aurait donc plus de place pour le gaspillage et le droit à l’erreur, ce qui exclut obligatoirement le pilotage à vue, au profit des actions fiabilisées par des perspectives de long terme d’une part, et les arbitrages cohérents d’autre part, qu’implique la rigueur de l’acte de gestion. Ce qui nous amène à aborder les fondements politico-institutionnel démocratique, la refonte du  système partisan,  et de la société civile.
   2.  Un  système  partisan inefficient   et une société civile impotente
  En raison des crises internes qui les secouent périodiquement, du discrédit qui  frappent la majorité d’entre elles, de la défiance nourrie à leur égard et à l’endroit du militantisme partisan, les formations politiques actuelles sont dans l’incapacité aujourd’hui de  faire un travail de  mobilisation et d’encadrement efficient, de contribuer significativement à la socialisation politique et donc d’apporter une contribution efficace à l’œuvre de redressement national . Pour preuve les dernières élections législatives du 10 mai 2012. Les bulletins nuls  ont représenté 7,87 % par rapport aux inscrits (une nette progression par rapport à 2007) ce qui nous donne 100   moins  43,14% soit  un taux d’abstention de  56,86%  plus  7,87% de bulletins nuls, donnant le nombre de personnes n’ayant pas  fait un choix  de 64,73%  environ les deux tiers de la population algérienne.  Mais pour une analyse plus fine il faut aller plus loin. Les abstentionnistes, suivi  des partis n’ayant obtenu aucun siège et ceux ayant opté pour un bulletin nul  sont majoritaires représentant 16.112.799 voix soit 74,44% du nombre d’inscrits. Si l’on ajoute les personne sen âge de voter  ne s’étant pas inscrits, selon l’enquête de l’ONS de janvier 2012,  environ 1,7 millions  ce taux ce rapproche de 80%.  Ainsi plus des 3/4 de la population algérienne ne sont pas  représentés.  Le parti FLN à ne pas confondre avec le FLN historique propriété de tout le peuple algérien, qui devrait après 50 années ne plus être instrumentalisé à des fins politiques, certains clans utilisant honteusement la mémoire des héros de la  révolution  comme une rente,  est  en nette régression au sein  de la population algérienne, malgré environ 3 millions de  nouveaux électeurs.  Par  rapport à 2007 si  l’on fait un calcul en valeur relative/, nous avons 6,11% contre 7,01% en 2007  et majoritaire  au  nombre de sièges  de députés ,  47,83% contre 34,96%  en 2007  pour  un total  de 136 sièges sur  389 siègesAussi, faut-il   revoir profondément ce  mode de scrutin, ce qui supposera à l’avenir de donner une dose de proportionnalité.  La question stratégique est la suivante : le parti FLN avec 6,11% de voix par rapport aux inscrits, 8,53% inclus le RND peut-il engager l’avenir du pays?  Mais la question stratégique est la suivante : Ira-t-on vers un réel changement salutaire en réorganisant la société, du fait des bouleversements géostratégiques  mondiaux annoncés entre 2015/2020,   ou  simplement du replâtrage différant les  tensions sociales inévitables à terme grâce à la distribution passive  de la rente. Ce sont là des raisons suffisamment importantes pour envisager sérieusement de réorganiser le système partisan  pour qu’il puisse remplir la fonction qui est la sienne dans tout système politique démocratique. D’où l’urgence de  sa  restructuration loin des injonctions administratives. En effet, le discrédit qui a frappé les formations politiques nationales doit laisser la place à des formations crédibles non crées artificiellement supposant  une appréciation objective  du statut et du rôle qui doivent être les leurs dans une société qui ambitionne de rejoindre le rang des sociétés démocratiques. Afin de mobiliser la société d’autant plus que pour els années à venir, les réformes différées pour une  paix sociale fictive, transitoire, seront  très douloureuses. Quant à la société civile force est de constater  qu’elle  est impotente. La confusion qui prévaut actuellement dans le mouvement associatif national rend malaisée l’élaboration d’une stratégie visant à sa prise en charge et à sa mobilisation. Sa diversité, les courants politico-idéologiques qui la traverse et sa relation  complexe à la société et à l’Etat ajoutent à cette confusion et rendent impératif une réflexion qui dépasse le simple cadre de cette contribution. En raison de la jeunesse très grande  de la société civile, des conditions historiques qui ont présidé à sa naissance et des évènements tragiques qu’a connus notre pays et auxquels elle a été directement ou indirectement associée, la question qui touche à sa mobilisation doit être traitée avec une attention et une vigilance soutenues. Héritière, dans une certaine mesure, des anciennes organisations de masses du parti unique - puisqu’elle y puisera une partie substantielle de ses cadres et de ses militants - elle va littéralement exploser dans les tous premiers mois qui ont suivi l’avènement du multipartisme. Paradoxe : malgré un contexte sécuritaire particulièrement difficile et dissuasif, dans les  années 1990,  elle va connaître, à l’instar du système des partis, un développement intensif et débridé durant la décennie écoulée.  Constituée dans la foulée des luttes politiques qui ont dominé les premières années de l’ouverture démocratique, elle reflètera les grandes fractures survenues dans le système politique national.  Ainsi la verra-t-on rapidement se scinder en deux sociétés civiles fondamentalement différentes et antagoniques, porteuses chacune d’un projet de société spécifique : une société civile ancrée franchement dans la mouvance islamiste, particulièrement  active, formant un maillage dense et d’une efficacité   redoutable ;   une société civile se réclamant de la mouvance démocratique, faiblement structurée, en dépit du nombre relativement important des associations qui la composent, et  minée par des contradictions en  rapport, entre autres, avec la question du leadership. Sollicitée à maintes reprises, et à l’occasion d’échéances parfois cruciales, cette dernière manifestera souvent sa présence d’une manière formelle et ostentatoire, impuissante presque toujours à agir sur le cours des choses et à formuler clairement les préoccupations et les  aspirations de la société réelle. Aujourd’hui, l’état de désorganisation et de léthargie dans lequel se trouve la société civile nécessite une action vigoureuse de  réorganisation et de redynamisation qui ne pourra être que salutaire pour elle. Cette action permettra, entre autres d’offrir un cadre adéquat d’expression collective à des centaines de milliers de jeunes et de moins jeunes qui ne sont pas structurés et qui ne demandent qu’à être utiles et à mettre au service de la communauté leur bonne volonté et leur générosité. Dans cet ordre d’idées, l’Etat doit encourager la création d’associations dans des secteurs qui    sont porteurs mais qui restent vierges et complètement ignorés du mouvement associatif ; de faire de ce cadre un instrument efficace d’encadrement de forces vives qui agissent dans la société de manière dispersée et un  levier puissant de leur mobilisation en vue de leur implication active dans l’œuvre de redressement national. Mais cette politique n’a de chance de réussir que si le mouvement associatif est assaini et que si les associations qui le composent ne soient pas au service d’ambitions personnelles inavouables et parfois douteuses. L’assainissement en question peut se faire sur la base d’une évaluation objective de l’ancrage réel de ces associations dans les milieux où elles sont supposées agir. Le soutien multiforme qu’accorde l’Etat au mouvement associatif peut s’avérer un puissant levier de promotion pour peu que son utilisation se fasse sur la base de critères objectifs.
 3.-. La dialectique   contradictoire rente/réformes
 En conclusion, il   n’est plus permis aujourd’hui de faire l’impasse sur le rôle que des acteurs résidents, mus puissamment  par des intérêts organiquement liés à la distribution de la rente, ont pu à un moment où à un autre peser dans un sens franchement défavorable aux réformes politiques et économiques. De même qu’il n’est plus possible, du point de vue de l’analyse aussi, d’occulter le rôle que d’autres acteurs, externes ceux-là, ont pu jouer dans un sens tout aussi défavorable, motivés qu’ils étaient eux aussi par la défense d’intérêts  de groupes ou de personnes que la poursuite d’un commerce hautement lucratif rendait allergiques à toute velléité de changement et de réforme.  Des acteurs internes aussi bien que des acteurs externes ont agi clairement dans le sens contraire, encourageant et défendant, par des moyens divers, la mise en œuvre de réformes dont la nécessité n’échappe à personne. Comme il n’est plus permis  d’ignorer la nécessaire intégration maghrébine, et plus globalement de l’Afrique du Nord, pont entre l’Europe et l’Afrique,  face aux nouvelles mutations mondiales. Aussi les réformes  en profondeur du fonctionnement de la société algérienne et non des replâtrages organisationnels, impliquent  d’analyser avec lucidité  les relations  dialectiques réformes  et  les segments  de la production de la rente ( Sonatrach) et  celui de sa redistribution ( système financier) qui   bouleversent  des intérêts, les gagnants de demain  n’étant pas forcément ceux   d’aujourd’hui. Lorsque  la valeur de la rente  des hydrocarbures s’accroit, paradoxalement les réformes  sont  freinées  et l’on assiste à une redistribution passive de la rente  pour une paix sociale éphémère avec l’extension de la corruption  et  une concentration excessive du revenu national  au profit d’une minorité rentière. Ce couple contradictoire  rente/réformes explique fondamentalement l’instabilité juridique et  le manque de cohérence et de visibilité dans la réforme globale. Il semble bien que le pouvoir actuel   est tétanisé par ce que l’on appelle « le printemps arabe », des évènements actuels en Syrie, des tensions au niveau du Sahel, des remous sociaux qui se généralisent  qui ont un impact sur son  devenir l’Algérie. Pourtant  L’Algérie qui traverse une phase  cruciale de son histoire ; a d’importantes potentialités,  a besoin qu’un regard critique et juste soit posé sur sa situation sur ce qui a déjà été accompli et sur ce qu’il s’agit d’accomplir encore au profit exclusif d’une patrie  qui a besoin de se retrouver et de réunir tous ses enfants autour d’une même ambition et d’une même espérance : un  développement harmonieux conciliant efficacité économique et une profonde justice sociale, conditionné par de profondes réformes  économiques et politiques, le statut quo actuel étant suicidaire pour le devenir de la Nation. Aussi, pas de changement en Algérie sans   de profondes reformes  structurelles économiques et  politiques.
NB : (1)- Comme ne pas rappeler  que dans un proche passé, (2005),  j’ai eu l’honneur de coordonner un  ouvrage pluridisciplinaire , d’une brulante actualité ,ayant  abordé les  réformes politiques, sociales  et économiques, fruit d’un travail collectif à la rédaction duquel ont contribué des collègues spécialistes en anthropologie, en économie et en sciences politiques des universités d’Oran et d’Alger. A cette époque  j’ai donné plusieurs conférences aux universités  de Annaba, de  Tizi Ouzou, de Sid Bel Abbès  et d’Oran  avant de clôturer à l’école nationale  d’administration d’Alger(ENA) qui a vu la présence de représentants de la présidence  de la république, des membres du gouvernements , des ambassadeurs accrédités à Alger, de hauts cadres de l’Etat et des professeurs d’ Universités et ce afin  pour expliquer notre démarche  de la transition  fondée  sur l’alternance démocratique Voir Ouvrage collectif toujours d’une brulante actualité  sous  la direction du professeur Abderrahmane MEBTOUL «  Les enjeux de l’Algérie : réformes et démocratie »  2 volumes Casbah Edition Alger- 2005 (520 pages) avec la participation du professeur  en sciences économiques  Bouchama CHOUAM- du professeur en sociologie culturelle  Mohammed TAIBI, de Youcef IKHLEF enseignant  en sciences  politiques Université d’Alger- de Boutlelis ARAF  universitaire financier- Mohamed SABRI diplômé en  sciences politiques Paris.

Dr Abderrahmane MEBTOUL
Lundi 10 Septembre 2012 - 23:01
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