Ain Nouissy, une commune riche mais pauvre..!

Malgré ses multiples richesses naturelles du mont de Chegga qui la surplombe, Ain Nouissy est restée si pauvre, et largement dépendante de subventions étatiques à l’instar de tant de communes. Ni la station thermale de Sidi El Mokhfi et sa source souffrée, nouvellement concédée à l’AFMOS pour sa relance, et sa renaissance, qui demeure encore à l’arrêt, ni ses immenses carrières d’argiles, fermées pour des raisons de préservation de l’environnement, ni tout son nouveau gisement de sel, concédé également à un privé, n’ont pu malheureusement lui offrir toutes les finances pour le développement tant attendu par les citoyens d’une commune plus que centenaire… !



Ain Nouissy, une commune riche mais pauvre..!
Ain Nouissy, est l’une des plus anciennes communes de la wilaya, elle a été crée en 1848, par des colons agriculteurs, d’origine française, qui avaient d’immenses parcelles de vignoble qui cernaient le village ; seule une dizaine de familles arabes y vivait au voisinage du bourg, elle était totalement composée d’ouvriers agricoles et de deux ou trois gérants de fermes de colons. Selon le maire M.B.A ,son nom remonte à la nuit des temps, elle s’appelait depuis Ain Nouissy pour l’une des sources qui coulait au pied du mont de Chegga qui surplombe la localité, ce point d’eau qui fut canalisé vers le centre du village à l’aide de buses transitant par le pont romain, en installant une fontaine publique qui se déversait au sein d’un abreuvoir, elle était surtout destinée à offrir de l’eau aux citoyens et aux chevaux qui tiraient les carrosses de l’époque. Durant l’ère coloniale, elle fut rebaptisée « Noisy les bains » pour la similitude de son nom avec celui d’une localité française dénommée « Noisy le sec », mais surtout pour mettre un terme à tout usage de nom arabe des localités.
La fameuse conduite d’eau a continué toujours de couler dans les années 80 mais a fini par disparaitre dès la transformation du lieu de l’ex-jardin public, en la superbe mosquée de l’Emir Abdelkader en plein centre de la ville. Aujourd’hui, Ain Nouissy, chef-lieu de daïra regroupant 03 communes (Ain Nouissy, Fornaka, El Haciane) connait un nouvel essor de développement, tous azimuts, faisant d’elle une ville prospère, enviée par ses pairs, malgré les difficultés de sa gestion administrative par une assemblée populaire communale qui vient d’être désertée par ses membres, et dont seul le brave maire, l’unique membre restant, continue de diriger avec une certaine habilité grâce à son expérience de plus de 15 années d’exercice au service de la collectivité locale. Forte d’une population estimée, selon le dernier recensement général à 14.530 âmes vivant à travers une dizaine de douars, Ain Nouissy se repositionne sur le plan local, en tentant de renouer avec un développement socio-économique harmonieux et équitable de l’ensemble de son territoire, ses plans communaux de développement le démontrent de par l’amélioration des conditions de vie au sein des douars de la zone éparse.

 Il était une fois “ hammam Sidi El Mokhfi”
Certains citoyens rencontrés au sein de l’un des plus anciens « cafés publics » de la ville, se remémorent encore et avec une pointe d’amertume cette magnifique station balnéaire où ils allaient se détendre et « se refaire une santé » selon les dires du vieux Abdelkader, 76 ans, retraité de l’éducation, il se souvient de ces centaines de familles qui hantaient les lieux, surtout au cours des vacances scolaires, elles venaient cherchaient la bénédiction du Saint Sidi El Mokhfi et surtout se barbouiller au sein de ces eaux sulfureuses de sa source, si chaudes qui avaient pour propriétés de traiter toutes maladies dermatologiques et offrir une certaine jouvence au corps. Malheureusement, la station thermale n’est plus là, elle a été totalement rasée par le nouveau concessionnaire, qui a voulu en faire un nouvel établissement thermal avec tout un nouveau décor, mais pour le moment rien n’a pu pousser sur ce lieu désertique… ! Le bain en question existait depuis le temps du colonialisme, il était géré par un juif selon certaines versions, O7 vastes bassins existaient et faisaient office de lieu de baignade, il était surtout fréquenté par des personnes souffrant de maladies diverses dont les dermatoses, et les douleurs rhumatismales. Ces derniers se glissaient au sein de ces cuves d’eau, et demeuraient pour des heures au sein de l’eau qui sentait le souffre, ils revenaient presque toutes les semaines et ne cessaient de le faire qu’après l’obtention d’une guérison totale. Vers les années 197O, cet établissement fut pris par l’A.P.C qui lui porta de légères transformations grâce aux subventions étatiques (A.P.C, et wilaya), et il fut réceptionné en 1979 et fut mis sous la régie de l’A.PC qui l’exploita durant une dizaine d’année. Il fut de nouveau concédé à un privé pendant 05 années, mais la gestion de cette station balnéaire n’a pas pu s’améliorer ; l’état du lieu se dégrada davantage d’année en année, le concessionnaire ne paraissait accorder de l’attention qu’à sa caisse, il ne contribua nullement à l’entretien de l’état de l’établissement. Cette situation assez critique de la station poussa l’A.P.C a résilier le contrat en 2008 et à s’orienter vers la recherche d’un autre partenaire plus motivé par la gestion d’une station thermale de renommée régionale .L’agence foncière de Mostaganem porta un vif intérêt à relancer l’activité de l’établissement, une convention fut signée entre l’A.P.C et l’AFMOS. L’agence ne tarda guère à lancer les travaux, qui ont consisté en une première phase à la démolition des 16 bungalows mais depuis les travaux ont pris fin et rien de nouveau ne semble pointer à l’horizon de ce projet de relance et de rénovation de la station thermale de Sidi El Mokhfi, la fierté d’un temps de toute une commune …. !

 Le logement social insuffisant , face d’une forte demande
Le logement à Ain Nouissy ne semble point aller de pair avec la demande qui ne cesse de croitre, et qui avoisine déjà le millier de dossiers déposés. Le rythme de réalisation, reste au delà des attentes des citoyens, les logements construits n’ont pu suffire à satisfaire les besoins exprimés. Le logement social n’a pu également répondre à la demande sollicitée, la première tranche de 110 logements distribués, n’a pu faire que d’heureux bénéficiaires, certains citoyens paraissent mal digérer la distribution qui n’a pas été aussi transparente, selon H.M, un jeune marié, père d’un enfant. La version d’un agent de la daïra, chargé de l’étude des dossiers, contredit totalement la déclaration du jeune homme qui ne peut accéder au logement selon les critères établis par le décret ministériel régissant l’attribution de ce type de logement, et surtout pour le nombre de points qu’il a pu obtenir et qui le classent à l’arrière de tant d’autres citoyens qui n’ont pu postuler à l’acquisition d’un logement en cette première liste et qui sont obligés d’attendre la prochaine liste des 100 logements restants. L’autre type de logement, le LSP (logement social participatif) est fortement disponible, seuls 36 logements ont été distribués,200 sont en voie de construction et une centaine est déjà en étude ,mais les citoyens ne semblent pas trop se bousculer pour cette offre qui reste privilégiée par les citoyens disposant de revenus assez conséquents et surtout les couples fonctionnaires. Aoued, un enseignant vient de se rétracter en face du prix global du logement qui a dépassé le million de dinars, il déclare qu’il ne pourra jamais solliciter l’acquisition d’un tel logement, et qu’il lui faudra bien d’autres rappels pour se le payer. Le logement rural s’est payé la part du lion, en faisant la joie de 200 bénéficiaires en milieu rural, 30 autres logements vont bientôt l’être et de prochains quotas sont à l’étude. Le maire pense que les quotas du logement social, doivent être revus à la hausse en fonction de la demande et surtout pour pouvoir protéger la paix sociale et contenir cette grogne populaire qui ne cesse de se manifester de liste en liste et de commune en commune…. !

 Une polyclinique fonctionnelle à plein temps et un hôpital à l’horizon
En matière de santé, la commune d’Ain Nouissy est mieux pourvue en infrastructures sanitaires que les autres communes voisines, elle dispose de 04 salles de soins avec des consultations médicales hebdomadaires, sises au sein de sa zone rurale, elle a bénéficié en 2008 de la construction d’une nouvelle polyclinique , qui fonctionne à présent à plein temps (24/24) et durant toute la semaine (7/7),elle prend en charge la totalité des malades de toute la daïra, qui se sentent soulagés de ce long déplacement vers la ville, pour des cas urgents qui se traitent aujourd’hui au sein de cette magnifique polyclinique avec son personnel si accueillant. Rencontré sur place, un malade d’El Haciane, A.B est si content d’être pris en charge et vacciné pour la légère morsure causée par un chien qui l’a surpris au sein d’un des champs agricoles de la région. Les citoyens des 03 communes de la daïra se rendaient en ville, pour se faire vacciner et se faire consulter par le médecin des urgences de Kharouba. A présent, tout se fait au sein de cette structure sanitaire où 04 généralistes se relayent durant la nuit et 02 autres au cours du jour, une consultation psychologique est également assurée. Un laboratoire et un appareil de radiologie existent aussi, et offrent des prestations en matière d’analyses et de clichés radiologiques. Une ambulance présente sur les lieux, s’occupe de tout transport urgent vers la ville, surtout pour les évacuations des femmes enceintes, qui présentent de sévères pathologies obstétricales qui ne peuvent nullement être prises en charge au sein de la maternité de la polyclinique. Un nouvel hôpital de 60 lits va bientôt voir le jour, le choix de son implantation a été effectué, il sera probablement installé au carrefour des O3 chemins reliant les 03 communes de Fornaka, de Stidia et d’Ain Nouissy. Son étude est en cours et va être incessamment lancé.

 Une jeunesse adepte de l’internet que du football
C’est le centre culturel qui semble rassembler le plus de jeunes au sein de la ville des thermes, beaucoup sont pris à surfer sur le Net, de site en site, d’autres s’offrent des parties ininterrompues de « baby-foot » .
Quant aux filles, elles sont plutôt enclines à apprendre le métier de couturière que l‘organisme culturel dispense à celles qui le sollicitent, quelques unes préfèrent s’armer de savoir par le biais de la lecture. Ce lieu de culture demeure le meilleur de toute la daïra, de par la palette d’activités qu’il offre à ses adhérents qui se comptent en dizaines, tous les jeux sont présents, le scrabble, les jeux d’échecs, le billard, les jeux électroniques occupent toute une vaste salle où des dizaines s’activent à tuer sainement et utilement le temps. L‘encadrement de cet établissement est assuré par un brillant directeur de la direction de la jeunesse et des sports, qui a su habilement former une dizaine d’autres jeunes qui le secondent et animent tant de cercles d’activités culturelles diverses. Malheureusement, ces animateurs recrutés contractuellement n’ont pas pu être permanisés au sein de leur poste, et ne perçoivent que de maigres salaires. Souvent, après la fin des contrats, ces derniers par amour au métier, ne désespèrent point, ils continuent sans le sou, à exercer en attendant le prochain contrat. Ils souhaitent que le dévouement à la tache qu’ils assument, soit pris en considération pour une meilleure prise en charge de leurs doléances, dont le relèvement de leurs salaires si bas, et des conditions de travail qui méritent de légères améliorations (de subventions conséquentes pour la rénovation du matériel de travail, l’aménagement de douches, etc..).
La dizaine de postes (ordinateurs de première génération datant d’au moins de 05 années) destinés à l’Internet ne semble plus suffire à la forte demande d’utilisation, exprimée dès 16 heures sur ces moyens de distraction qui permettent aux jeunes d’échapper à la morose monotonie qui le guette dès son réveil. Selon des animateurs, un problème de taille se pose avec acuité au sein de cet établissement culturel, qui reste sans la moindre sécurité surtout le jour, et dont certains jeunes désœuvrés profitant de cette flagrante négligence, n’hésitent pas à semer la pagaille pour des banalités, et gâchent le temps à des dizaines d’autres jeunes…. !

 L’éducation, un secteur à pourvoir par de nouvelles écoles
L’éducation n’est pas aussi gâtée que le secteur de la santé, la commune déplore une certaine insuffisance en établissements scolaires au sein des zones secondaires, telle la localité de Ouled Hamdane qui nécessite la construction d’un collège de l’enseignement moyen, pour suppléer à la surcharge des classes de deux collèges existants. Le lycée des « frères Ouali » ne peut à lui seul contenir tous les effectifs d’élèves venant des localités de la commune et de celle d’El Haciane et toutes ses localités. La construction d’un nouvel établissement secondaire est plus qu’une nécessité absolue afin d’alléger le lourd fardeau d’élèves au sein du lycée cité. Les 06 écoles primaires situées à travers le territoire de la commune n’ont pas pu répondre à la demande d’inscription des nouveaux écoliers, toujours croissante d’année en année. La réalisation prochaine d’un nouveau groupe scolaire au chef-lieu (à l’est de la localité) est l’une des solutions tant attendues par les citoyens réjouis de voir leurs petits s’instruire juste à quelques mètres de chez soi.

 L’évacuation des eaux usées, un défi à relever
La commune d’Ain Nouissy est parvenue à satisfaire à la demande en eau potable de ses citoyens, à un taux fort appréciable avoisinant les 100% en milieu urbain, à 80% en milieu rural et a fini avec les plans d’alimentation en citernes d’eau, mais malheureusement, l’évacuation des eaux usées n’a pu suivre le rythme porté à l’eau potable. La vidange des fosses septiques en milieu rural pose de sérieux problèmes d’entretien régulier de ces dernières, l’unique vidangeur disponible ne parvient plus à respecter ses programmes établis. La nécessité de l’achat d’un nouveau camion hydro-cureur est plus qu’une nécessité, et la solution pour la bonne gestion des eaux usées de la zone rurale est l’établissement d’un schéma directeur aboutissant à l’évacuation de ces eaux sur un trajet de 09 kilomètres aboutissant à Oued Tin où presque toutes les eaux usées de la région sont déversées à l’attente du démarrage de la station d’épuration de la commune de Fornaka.

 Le virage de la RN 17, un danger de mort en permanence
Le virage de la route nationale n° 17, a été à l’origine de dizaines de graves accidents dont certains ont été mortels, et aucune attente ne semble être permise, le projet d’évitement du trafic routier des poids lourds doit être effectif pour éviter d’autres morts. Ce vœu tient à cœur à tous les citoyens de la ville des thermes abandonnés, qui mérite un peu plus d’intérêt de ceux qui tiennent à la revoir s’épanouir et prendre l’essor nécessaire pour un nouveau départ vers un avenir meilleur…. !

Mohamed El Amine
Vendredi 23 Septembre 2011 - 10:34
Lu 1101 fois
Reportages
               Partager Partager


Les plus lus

Edition du 30-07-2014.pdf
2.62 Mo - 30/07/2014




Flux RSS



Retrouvez-nous sur Google+