REFLEXION

"Ah… le peuple"



Le «peuple» est le mot le plus répété en ces temps de révolutions et toutes les revendications sont émises en son nom. On constate partout dans le monde arabe que les peuples n’ont plus peur et font sauter comme des bouchons de champagne des autocrates qui bâillonnaient leur voix avec une superbe et une imbécillité affligeantes. Oh oui, que partent tous ces roitelets d’un autre âge, adipeux et libidineux, arrogants et suffisants, que partent tous ces présidents chamarrés de leur cruauté mais que partent aussi tous ces barbus aux yeux fiévreux et fanatiques qui détournent avec leur violence et leur prétention le message de bonté et de tolérance de L’Islam. Les peuples arabes sont en train de conquérir leurs droits légitimes à l’existence et nous assistons à une nouvelle ère véritablement historique, bouillonnante… et incertaine car on est en droit de se demander, une fois la révolution acquise, ce que vont faire les peuples de leur nouvelle liberté ? Engendrer sous d’autres formes de nouveaux tyrans ou appliquer cette fameuse démocratie censée faire le bonheur des peuples ou du moins définie comme le moins mauvais système de gouvernance. Ce n’est pas faire insulte aux peuples arabes de dire que la «Démocratie», entendue comme l’héritière de la démocratie athénienne, n’est pas dans leur culture et la «Choura» que revendiquent certains n’est qu’un organisme de consultation. D’ailleurs, pour être honnête, beaucoup d’islamistes renient la démocratie en tant que telle et la considèrent comme une hérésie issue d’un occident honni. Mais la majorité des peuples arabes semblent réclamer la démocratie comme la garante de leurs droits politiques et sociaux. Le drame est que la démocratie exige une lente maturation des consciences et ne s’obtient pas d’un claquement de doigts comme l’affirment certains avec une prétention aveugle. Nous allons nous heurter dans nos pays à deux référents essentiels du monde arabe, la religion et le régionalisme tribal. Ces deux appartenances sont des poisons mortels qui peuvent causer divisions et ruptures. Même si la l’Algérie peut se croire protégée par son vécu républicain durant ces quarante dernières années, le danger reste réel puisque l’on voit surgir des partis qui revendiquent leur appartenance religieuse et arabe en vue de la restauration ô combien hypothétique d’une grandeur passée. Comment allons-nous nous protéger de ce chaudron culturel en ébullition qui risque de nous emporter dans un tourbillon qui nous plongerait dans les abysses d’une histoire tragique et meurtrière ?

Charef Slamani
Mardi 16 Août 2011 - 10:41
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CHRONIQUE
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