REFLEXION

Agriculture : l’engrais fait encore parler de lui

Au début du mois de juin 2009, une information de taille est passée inaperçue. La nouvelle est tombée au moment où l’équipe nationale algérienne de football affrontait son adversaire égyptienne à Blida. Pendant que l’on traitait de scores, de pronostics et de formation des deux équipes, d’autres équipes infatigables celles-ci et en uniformes procédaient à des arrestations par paquets entiers.



Pas moins de  420 agriculteurs furent écroués en même temps que 50 commerçants et 3 cadres d’Agrifert pour différents motifs liés à la vente ou  l’utilisation d’engrais réglementés par  les décrets n°03/451 et 03/452 datés de décembre 2003 relatifs aux mesures de sécurité applicables aux activités portant sur les matières et produits chimiques dangereux. Ces produits sensibles entraient, il y a peu de temps, comme composant principal dans la confection de bombes artisanales qui ôtèrent la vie à des milliers de nos compatriotes et détruisirent écoles, ponts, sièges administratifs et autres biens publics et privés. Si la mort à la dynamite artisanale ne guette plus au coin de rue, la situation liée à ces produits sensibles reste encore explosive. Elle éclaboussera, selon notre enquête, des petits et des grands, des inconscients et alléchés par le gain facile. La quête de la fortune gagne du terrain et l’argent ne parait plus sale tel qu’il l’était, il y a quelques décennies. Les responsables, administrateurs et dirigeants, défilant  à la tête de directions, se retrouvent souvent dans des milieux ou les plis pris par des enracinés à leurs postes dont les mentalités n’ont pas changé d’un iota.  Ils ne peuvent sévir si tout se trame en catimini, à leur insu, mais au vu et au su de tout le monde. Il n’y a que le chef qui voit la fumée sans pour autant  voir le feu qu’on lui cache. Les engrais font parler d’eux et ils feront encore parler d’eux car il ne suffit pas de décrets et de forces de l’ordre, mais de culture du respect des règles et des lois. Il ne suffit pas de se faire octroyer d’une autorisation d’escorte auprès du délégué à la sécurité de wilaya et des accompagnateurs eux-mêmes pour voir ces fertilisants utilisés sans faille aucune mais encore une fois du dévouement de l’utilisateur à ces gens qui peinent à mettre sur les rails une agriculture qu’ils voient facile à rendre forte, l’avenir certain de toute une nation, afin de ne plus dépendre de l’étranger. Un fellah conscient est un fellah qui se voit utile à la société et dévoué à ce beau pays. Un fellah qui se voit octroyer,  avec la complicité ou la négligence avérée de paperassiers,  des quantités de fertilisants pour une terre qu’il ne cultive pas, pour  s’enrichir au détriment d’autres qui suent, est un fait divers et courant par les temps qui courent. Pourtant, il casse la chaîne, établie en haut lieu et qui n’a d’yeux que pour des étals bien garnis et des produits à la portée des petites bourses.  Une terre qui n’a pas vu le soc de la charrue ou une bêche la retourner depuis plus d’une trentaine d’années, a enrichi son propriétaire  qui ne fait que se rouler les pouces grâce à quelques complicités ça et là au détriment d’un état généreux et d’employés mis à son service avec leurs moyens humains, matériels et financiers et nous n’en citerons que les prêts Rfig et les bureaux des DSA à l’écoute. Si le prix de la courgette ou de la pomme de terre grimpe c’est aussi parce qu’un maillon de la chaine a craqué. Un maillon qui a laissé une brèche à la deuxième, la troisième main et les intrus. L’on se demande si le mal a atteint la wilaya de Mostaganem, connue pour la discrétion d’une population paisible qui préfère étouffer tout ce qui porte atteinte à la renommée du douar, de la tribu ou même de la ville ; mais surtout à la dignité de la personne.

Sadek Amine
Mercredi 24 Février 2016 - 18:13
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