REFLEXION

ARZEW –MERS EL HADJADJ : Plages de la nuisance et de la pollution

Cette année, en raison du mois de ramadan qui coïncide avec le deuxième mois des grandes vacances, les juillettistes sont en effervescence. Comme pour mieux profiter du mois qui s’enfuit.



ARZEW –MERS EL HADJADJ : Plages de la nuisance et de la pollution
Hélas, le bonheur de ces chanceux ne se conjugue pas avec civisme et respect de l’environnement ! Si tous les vacanciers ne sont pas à incriminer, le crime de pollution implique la grande majorité de nos compatriotes et, pour le reste, la minorité malfaisante réussit à gâcher le décor. Voilà ce que nous avons constaté sur les plages des communes d’Arzew et de Mers El Hadjadj. Nos villes balnéaires sont bien prêtes à accueillir les visiteurs. La plupart de ces bourgades côtières que nous avons visitées ont fait la toilette annuelle: bordures de trottoirs traditionnellement repeintes, axes de circulation réorganisés en fonction de l’affluence particulière des candidats à la baignade et à la bronzette. Les plages ont aussi fait sable neuf pour se débarrasser des détritus de la saison précédente qui n’ont pas été emportés par le ressac hivernal. Tout pourrait se passer dans les meilleures conditions si ceux-là même qui jouissent des avantages de notre littoral l’agressaient un peu moins. Il y a d’abord le comportement des automobilistes qui veulent se soustraire à la file d’attente des véhicules soumis au contrôle des barrages des services de sécurité et empruntent les bandes d’arrêt d’urgence lors de l’accès dans les agglomérations ou en violent carrément la voie réservée à la circulation en sens inverse, compliquant ainsi l’embouteillage. Les contrevenants abusant ainsi de la vigilance des agents de la voie publique occupés sur leur poste fixe. Puis, sur les aires de parkings surveillés, les gardiens habitués aux visiteurs doivent faire toutefois un grand effort de patience pour réussir à les convaincre de se garer rationnellement sans gêner d’autres véhicules. Le prix du parking varie de 50 à 100 dinars la journée. Une fois installés sur la plage, les réflexes égoïstes d’une bonne humeur débridée commencent à gâter l’atmosphère. Ce ne sont pas les enfants qui courent insouciants sur le sable en piétinant de temps à autre la serviette du voisin qui perturbent la cohésion des estivants. Par contre, la musique s’échappant du grand lecteur de CD d’un jeune célibataire, faisant fi de la quiétude des familles, les joueurs de badminton dont la peau dorée précocement par le soleil veut imposer une certaine légitimité sur les lieux, sautant bruyamment et envoyant leur volant sur les autres en oubliant de s’excuser, les nageurs indisciplinés qui importunent leur entourage ou qui s’aventurent au large en obligeant les surveillants de baignade à faire un usage intensif de leur sifflet strident suffisent à ternir le tableau. Ce sont-là quelques exemples de nuisance faisant suite à des gestes anodins mais récurrents qui peuvent transformer une journée de détente en un moment de conflit ou de grosse déception, comme nous l’ont raconté plusieurs vacanciers qui déplorent que les mentalités soient si rétrogrades chez des algériens qui ont paradoxalement la culture de la générosité et de l’échange. S’ajoutent à cette énumération partielle des actes d’incivilité, l’atteinte généralisée à l’environnement sans que personne ne s’en indigne. Les pots de yaourt, de glaces, les bouteilles vides de bière et mégots de cigarettes, sachets en plastique jonchent la plage dès les premiers jours de juillet témoignant de l’absence de conscience chez les usagers et d’un manque de sensibilisation de la part des pouvoirs publics. Ne pourrait-on pas créer des brigades de vigilance qui traqueraient le flagrant délit de pollution ou de nuisance ? Des jeunes que les recettes réalisées par le prix exorbitant des places de parkings pourraient rémunérer. Mais qui s’offusque encore de la dégradation de nos sites touristiques quand c’est tout le pays qui subit les affres de la pollution et du tempérament envahissant du nouvel Algérien ? Nos plages sont donc à l’image de l’Algérie, une image qu’il est urgent de changer.

M.Medjadji
Vendredi 22 Juillet 2011 - 10:20
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Oran
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