REFLEXION

ARRET DES TRAVAUX DE RESTAURATION DE L’HOTEL DE VILLE : Les élus d’Oran à la recherche d’une mairie

En raison de la lenteur prise pour la concrétisation du projet de restauration du siège de l’hôtel de ville, les services de la commune d’Oran continuent de vivre cette situation de dispersion forcée. Aujourd’hui, malgré l’installation d’un échafaudage et un immense voile sur sa façade principale, aucun travail de restauration n’a été effectué et l’édifice, vidé de ses occupants, risque de se dégrader davantage



Personne, à l’échelle locale, ne sait où se situe le blocage même si l’étude commandée à un bureau étranger a nécessité 23 mois de délai pour un coût avoisinant 700 millions de DA, selon une source proche du dossier. L’ancien wali d’Oran Abdelmalek Boudiaf (aujourd’hui ministre de la Santé) a mis en avant le caractère prioritaire de l’opération mais il n’est plus là pour expliquer les raisons du retard sachant que le dossier est géré à partir d’Alger. A titre provisoire, le cabinet du
maire et ses bureaux annexes ont squatté ce qui était destiné à abriter le centre culturel Emir Abdelkader.  Les locaux de l’ancien «Prisunic», qui ont été récupérés puis rénovés (malgré les ratages), devaient initialement être mis à la disposition des artistes plasticiens ou d’autres acteurs de la vie culturelle locale, nationale ou même internationale. L’entrée principale est située juste en face de l’hôtel Royal, ce qui confère au lieu une valeur ajoutée certaine. Il faut savoir que la mairie d’Oran emploie près de 8 000 personnes et, malgré une décentralisation relative grâce aux secteurs urbains (une douzaine), ses services administratifs et ses principales divisions ont besoin d’un espace adéquat pour une meilleure coordination. L’ancienne bâtisse de l’hôtel de ville étant définitivement perdue, c’est la carcasse du Châteauneuf (un ancien projet d’hôtel abandonné car situé à l’intérieur de l’enceinte d’un site archéologique) qui devait être réaffectée pour abriter la nouvelle mairie d’Oran. Mais là aussi, le projet semble être perdu dans les dédales des administrations centrales dont le ministère de la Culture qui l’a revendiqué sans en définir la destinée. «Même s’il venait à être concrétisé en faveur de l’APC, le projet d’aménagement de la carcasse de l’hôtel Châteauneuf doit d’abord passer par la démolition de la moitié de ses 20 étages et de la résolution du problème des accès publics, les murs d’enceintes étant protégés par la loi concernant les monuments historiques», explique-t-on à sujet. Cette tâche noire, qui défigure l’image de la ville d’Oran depuis plus de 40 ans, a pourtant fait l’objet de plusieurs propositions d’aménagement. L’une d’elles a été formulée par  une délégation espagnole qui a séjourné à Oran dans le cadre d’un programme de coopération.Javier Galvan, architecte qui s’est beaucoup impliqué dans la mise en valeur du quartier Sidi el Houari, a proposé d’en faire, à moindres frais, un symbole de la ville en gardant telle quelle la structure mais avec un habillage et un éclairage nocturne, une préoccupation purement esthétique, faute de mieux, mais qui a le mérite de mettre, une bonne fois pour toutes, un terme à la spéculation et à la controverse qui a entouré cet édifice inachevé depuis maintenant plus de 20 ans.«Un des ratages de l’APC d’Oran est d’avoir cédé (dans des conditions obscures, ndlr) l’esplanade de la place Karguentah», a indiqué un cadre de la même assemblée pour qui, la préservation de cet espace, une structure en bois d’un ancien marché détruit par un incendie, aurait pu régler le problème du déménagement de la mairie sur trois ou quatre étages, d’autant plus que cette esplanade était dotée d’un espace pour un parking souterrain. Aujourd’hui, faisant fi de toutes les règles urbanistiques, les nouveaux acquéreurs, des particuliers, ont construit un centre commercial d’une quinzaine d’étages à l’aspect hideux car défigurant toute la place et les bâtisses aux alentours dont le palais de la culture.

Medjadji H.
Vendredi 5 Septembre 2014 - 16:43
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Oran
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